Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - JUILLET 2018

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

 

Le 01/07/2018

 

Il n'y a pas d'énergie renouvelable.

 

Il y a seulement de très mauvais carburants gratuits (les marées, le vent et la lumière solaire essentiellement) qui ne sont pas utilisables comme tels.

Pour en tirer quelque chose - toujours avec de très mauvais rendements thermodynamiques -, il faut des installations gigantesques et non durables, qui consomment énormément de ressources non renouvelables (béton, métaux non ferreux, fibres de carbone, terres rares, matériaux composites, cellules photovoltaïques, etc …), tant pour leur construction que pour leur exploitation et leur maintenance.

Ces carburants "gratuits" sont gratuits précisément parce que, dès le départ, leur entropie est trop élevée (donc leur qualité trop faible) pour en tirer quoique ce soit de rentable dans des laps de temps courts, avec des densités énergétiques compatibles avec les activités humaines.

La photosynthèse réalisée par les arbres, capturent de la lumière solaire dans ses biomolécules, mais il faut trente à cinquante ans pour fabriquer ainsi un arbre adulte.

Il n'y a jamais de miracles en physique : pour aller vite et/ou faire beaucoup, il faut payer très cher (en énergie, en ressources et, donc, en argent) !

 

Il est indispensable d'éradiquer tous ces mythes de la "transition énergétique" ou des "énergies renouvelables", etc …

 

Les carburants "forts" à haute densité énergétique (l'uranium, les hydrocarbures, etc …) existent en quantité limitée dans le monde terrestre ; ils résultent de processus physiques qui ont demandé des milliards ou des centaines de millions d'années de transformations lentes dans les étoiles, d'abord, et dans la croûte terrestre, ensuite. Aucun n'est renouvelable et tous leurs gisements sont en passe d'être rapidement (un siècle, au plus, au rythme actuel) épuisés ou inaccessibles.

La fusion nucléaire est un faux espoir car elle implique de très mauvais rendements globaux et, pour extraire l'indispensable hydrogène, elle requiert des destructions massives de cette eau douce qui est le liquide de vie le plus précieux et le plus pénurique déjà.

La seule filière énergétique qui perdurera est l'hydroélectricité ; mais presque tous les sites pouvant recevoir un barrage sont déjà en exploitation.

Tout le reste n'est que leurre et baliverne. Il n'y aura aucune transition énergétique ; il n'y aura rien de neuf après le pétrole et l'uranium.

 

La pénurie énergétique est inévitable.

 

Le problème n'est pas de produire de l'énergie autrement ; le problème est d'en consommer, dès maintenant, beaucoup moins.

L'hydroélectricité fournira, au mieux, 10 à 15% de la consommation actuelle. Cela signifie que, dès 2050 (la population mondiale sera de 10 milliards d'humain, à ce moment), il faudra diminuer par 7 notre consommation globale d'énergie (c'est la seule "transition" qui vaille).

Cette consommation globale est le produit de deux facteurs : la population mondiale et la consommation moyenne d'énergie par humain. Tous deux doivent diminuer drastiquement et urgemment.

Les deux mots d'ordre sont donc, dès maintenant : décroissance démographique (contrôle des naissances, planning familial, incitation à la stérilisation, etc …) et décroissance consommatoire (frugalité).

Tout le reste n'est que bavardage idéologique et somnifère politicien.

 

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Aujourd'hui, sévit le règne de l'émotion !

Or, l'émotion est le poison de l'âme et de l'esprit.

Dans la conscience, il y a souvent conflit entre la sensibilité et l'intelligence. C'est sain afin d'engendrer une dialectique qui permet de s'élever et de grandir.

Aujourd'hui, il est dit que, dans tous ces conflits, c'est la sensibilité et elle seule qui doit triompher ; telle est la grande voie de cette médiocrité qui peut devenir létale.

Paul Bloom propose de dépasser les émotions en cultivant "la compassion rationnelle" : "la prise en compte du bien-être d'autrui est évidemment nécessaire pour agir moralement, mais elle n'exige pas l'identification stricte avec ses sentiments ni ne remplace un examen des avantages et inconvénients de nos actions".

 

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Les masses n'ont jamais fait l'Histoire (heureusement !). Quel que soit le nombre des wagons, un train n'avance que grâce à sa locomotive.

 

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Le Vatican vient de publier un rapport sur l'évolution économique intitulé : "Œconomicae et pecuniariae quaestiones" où l'on trouve ceci :

 

"La récente crise financière aurait pu être l'occasion de développer une nouvelle économie plus attentive aux principes éthiques et une nouvelle régulation de l'activité financière, en éliminant les aspects prédateurs et spéculatifs et en valorisant le service à l'économie réelle. Aucune réaction, cependant, n'a permis de repenser ces critères obsolètes qui continuent de gouverner le monde."

Le Saint-Siège accuse : "l'égoïsme et la cupidité de ceux qui y travaillent, leur pouvoir démesuré, l'opacité des transactions, la déconnexion avec l'économie réelle, la mise en danger des petits épargnants, l'accroissement des inégalités, les paradis fiscaux, l'enfer des dettes, etc …"

 

Je ne dis pas autre chose depuis longtemps.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"(…) le principal défaut des marchés n'est pas d'être dirigés par une 'main invisible' de nature divine, mais bien au contraire d'être 'humains trop humains'."

 

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De stéphane Foucart :

 

"2007-2008  : la crise des subprimes plonge le monde dans la stupeur. Personne, ou presque, ne l’a vue venir, et surtout pas les économistes mainstream. L’économie n'était-elle pas censée être une science infaillible ?

Peut-être est-ce tout le contraire. Dans l’Occident post-religieux, le discours économique semble avoir pris la place du sacré. Ce culte a pour principe divin le Marché, incarné par une multitude de Marchés dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces grandes bâtisses d’allure gréco-romaine où valsent les indices, reflets des humeurs divines changeantes  . Il a ses rites de consommation ; il a son clergé, la finance, et ses archiprêtres, les grands banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux."

 

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Le 02/07/2018

 

Jean-Jacques Rousseau est mort il y a 240 ans, jour pour jour. Mais il faut le tuer encore. Non seulement, sa vie et son œuvre, et les parties de son œuvre entre elles, sont en perpétuelles contradictions, mais tout s'y agence autour des deux idées les plus fausses du monde, fondatrices du socialo-gauchisme :

  1. L'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt.
  2. Lorsqu'ils vivent à l'état de Nature, tous les hommes sont bons et égaux.

Il est rare de voir autant de crétinisme en si peu de mots !

 

Les hommes naissent faibles et dépendants (donc mauvais), dotés de tares et de talents différents chez chacun (donc inégaux). Le chemin de vie de chacun doit viser la force (la grande santé physique, intellectuelle et spirituelle) et l'autonomie (physiologique et, surtout, psychique), la maîtrise des tares et le développement des talents.

La société n'est que le rassemblement de ceux qui restent faibles et dépendants, qui ont "besoin des autres".

Quant à "l'état de Nature", c'est un pur phantasme ! Le "bon sauvage" est un pur mythe (pire : une totale contre-vérité anthropologique) !

 

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Les institutions de pouvoir (le politique et le médiatique, essentiellement) d'un paradigme finissant refusent obstinément de reconnaître l'effondrement du paradigme qui les a fait émerger, qui est, donc, leur fonds de commerce et dont elles ont mission d'assurer la pérennité, et d'acter l'émergence d'un nouveau paradigme fondé sur d'autres logiques politiques, économiques, technologiques, éthiques et spirituelles que les siennes.

Elles s'installent donc profondément et durablement dans une philosophie du déni qui fonde le "politiquement correct" du moment.

Ces dénis de réalité sont d'autant plus nombreux que la déliquescence du système avance.

Et pourtant, il est aisé d'annoncer la fin :

 

  1. De l'étatisme et du nationalisme.
  2. Du mondialisme et de l'universalisme.
  3. De l'égalitarisme et de l'indifférentisme.
  4. De l'uniformisme et du conformisme.
  5. Du républicanisme et du démocratisme.
  6. Du socialisme et du gauchisme.
  7. Du financiarisme et du productivisme.
  8. Du hiérarchisme et du dirigisme.
  9. De l'humanisme et de l'anthropocentrisme.
  10. Du spécisme et de l'anthropisme.
  11. Du progressisme et du technologisme.
  12. Du mécanicisme et du scientisme.
  13. Du multiculturalisme et de l'intégrationnisme.
  14. Du féminisme et du machisme.
  15. Du monothéisme et de l'athéisme.
  16. De l'hédonisme et de l'eudémonisme.
  17. Du moralisme et de l'immoralisme.
  18. Du ludisme et du sensationnalisme.
  19. Du nihilisme et du relativisme.
  20. De l'idéologisme et du politicalisme.

 

Ce qui change fondamentalement, c'est la raison d'être de l'homme à ses propres yeux qui, après avoir été au service de la Cité, puis de Dieu, n'a plus été au service que de lui-même, soit individuellement, soit collectivement.

Demain, s'il veut survivre, l'homme devra se mettre au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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L'art talmudique du questionnement …

 

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De Mathieu Bock-Côté :

 

" La moindre différence est désormais pensée comme une discrimination illégitime à combattre. "

 

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La valeur première du libéralisme, c'est l'entrepreneuriat c'est-à-dire l'initiative privée et l'accomplissement, par chacun, de son propre projet de vie, de façon autonome, quitte à ce qu'une collectivité adhoc fournissent les moyens nécessaires si le projet est motivant (cfr. Amartya Sen).

En revanche, l'ennemi juré du libéralisme, c'est l'assistanat sous toutes ses formes.

Le libéralisme veut promouvoir l'homme adulte et responsable, autonome et libre.

 

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Le mythe de la "croissance" doit impérativement être éradiqué d'urgence.

La décroissance démographique est vitale.

La décroissance matérielle est vitale.

La décroissance énergétique est vitale.

La décroissance urbaine est vitale.

La seule croissance envisageable est tout intérieure, eudémonique et naturelle, spirituelle et intellectuelle.

Il faut que cesse l'agitation humaine.

L'homme est devenu un parasite nuisible de la Vie.

 

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De Simone Weil :

 

"Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu'à l'avenir. C'est une illusion dangereuse de croire qu'il y ait même là une possibilité. L'opposition entre l'avenir et le passé est absurde. L'avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c'est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés en nous. De tous les besoins de l'âme humaine, il n'y en a pas de plus vital que le passé."

 

Pour qui n'a pas de mémoire, il n'y a pas de projet possible. De là l'impérieuse nécessité de renvoyer, dos-à-dos, le progressisme et le conservatisme et de cultiver un traditionalisme vivant.

 

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La surproduction matérielle détruit la Nature.

La surproduction immatérielle détruit la Culture.

 

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D'Ivan Illich (d'après Léopold Kohr, également maître à penser d'Ernst Friedrich Schumacher) :

 

"Il semble qu'en dernier ressort il n'y ait qu'une cause derrière toutes les formes de misère sociale : la taille excessive (…). Celle-ci se révèle le seul et unique problème présent dans toute la création. Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros. (…) Il y a certains seuils à ne pas franchir. (…) Car, passé un certain seuil, l'outil, de serviteur, devient despote."

 

"Rien de trop" comme écrit au fronton du temple apollinien de Delphes …

Mais aujourd'hui, tout est trop … et trop n'est pas encore assez !

 

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Tout système possède deux tailles critiques : celle en-dessous de laquelle il n'est pas viable et celle au-dessus de laquelle il ne l'est plus.

Au-delà d'un certain seuil, la croissance devient destructrice !

Aujourd'hui, l'humanité a dépassé ce seuil.

 

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La juste taille. La juste place. Le juste moment. La juste mesure.

Ni trop, ni trop peu.

 

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D'Olivier Rey :

 

"(…) contrairement aux croyances inculquées par la propagande, les plus grands bénéfices sont apportés par des techniques relativement peu sophistiquées et des organisations d'étendue limitée."

 

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La taille optimale d'un système est une question de bonne proportionnalité entre des paramètres intérieurs (le volume de bois et la surface racinaire et foliaire pour les arbres) et des facteurs extérieur (le flux photonique, l'humidité et la fertilité des sols, l'espace disponible, toujours pour ces braves arbres qui ne poussent jamais jusqu'au ciel)

 

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Tout l'économisme ambiant est façonné par la dialectique du productivisme et du consumérisme, le tout porté par un financiarisme à courte vue.

 

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Avec Emile Durkheim, il faut distinguer les représentations individuelles ou opinions, et les représentations collectives ou croyances.

Opinions et croyances sont en relation dialectique. Il serait faux de croire que les croyances sont la résultante additive des opinions ou que les opinions sont des reflets des croyances. Elles se modèlent l'une l'autre dans un dialogue permanent. Les leaders d'opinion influencent les croyances, mais les croyances adoubent les leaders d'opinion.

 

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Le 03/07/2018

 

Les six ordres de la Mishnah qui, augmentés des discussions de la Guémarah, donnent le Talmud, portent sur les six dimensions de l'existence humains : le Travail, les Fêtes, le Mariage, la Civilité, les Rites et la Pureté.

Ceci permet d'élaborer une "matrice de vie" très générale :

 

 

Espace public

Espace privé

Espace intérieur

Faire le Bien

Travail

Mariage

Fêtes

Combattre le Mal

Civilité

Rites

Pureté

 

Le nihilisme du 20ème siècle a quasi détruit l'espace intérieur.

La bien-pensance actuelle tend à anéantir l'espace privé.

Et bientôt les robots feront le travail.

Il ne restera plus alors que le pauvre territoire de la moralité publique.

Nous sommes déjà bien tristement engagé sur cette voie …

 

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Une belle expression :

 

"S'ils devaient réfléchir pour respirer, ils seraient morts depuis longtemps"

 

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En matière de spiritualité, il faut cesser de courir derrière le mirage oriental (surtout bouddhique qui me sort des pores).

Il y a, dans la Tradition européenne, des trésors de spiritualité, d'initiation et de mystique souvent très mal connus. L'erreur à combattre, c'est l'équation perfide suivante : "Spiritualité européenne" = "Religion catholique".

C'est faux car le catholicisme est probablement la religion la moins spirituelle et la moins mystique du monde : du pur exotérisme.

 

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D'Antoine Jacob, père de Simone Veil-Jacob :

 

" Si le peuple juif demeure le peuple élu, c’est parce qu’il est celui du Livre, le peuple de la pensée et de l’écriture."

 

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Le 04/07/2018

 

Les trois voies de l'humanité : la Nature, la Technique et le Sacerdoce.

 

Accepter le monde.

Transformer le monde.

Sublimer le monde.

 

Ces voies engendrent trois paradigmes qui se succèdent :

  • L'hellénité voulait accepter le monde et prônait l'imitation de la Nature, le contentement, le stoïcisme, la sagesse.
  • La romanité voulait transformer le monde, le modeler selon ses principes moraux, juridiques et militaires.
  • La chrétienté[1] voulait sublimer le monde en tendant tous les regards, tous les actes et tous les espoirs vers ce Dieu personnel que ses théologies inventèrent.
  • La féodalité voulut accepter (voire dédaigner) le monde comme parenthèse, comme épreuve, comme royaume du diable en attendant le Salut.
  • La modernité voulait transformer le monde avec ses idéologies, ses techniques, ses conquêtes poussées à l'extrême.
  • Le nouveau paradigme qui vient - qui est là - voudra sublimer le monde éthiquement par un authentique écologisme désidéologisé et spirituellement par un profond monisme impersonnel.

 

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Nous sommes de plain-pied entrer dans un monde et une ère de la manipulation généralisée (et le mot "manipulation" me paraît encore beaucoup trop faible ; c'est d'esclavagisation mentale qu'il s'agit).

Le big-data en est la terrible caisse de résonance et l'amplificateur démentiel.

Le but : fabriquer artificiellement toujours plus d'assuétude (qui est le mot français pour éliminer le franglais "addiction"). Car c'est bien de drogue mentale qu'il s'agit, spécialement avec les téléphones portables, les réseaux sociaux et les jeux vidéos.

Les déclencheurs de ces processus d'esclavagisation mentale, sont des ressorts primaires : la peur, l'ennui, la tristesse, la solitude, … bref : les émotions.

 

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Il faut cesser de parler d'intelligence artificielle. Ce qui est nommé ainsi n'est que la rencontre entre l'informatique (une technique électromécanique inventée par l'homme, il y a environ 70 ans) et l'algorithmique (une méthode de résolution de problème créée par l'homme, il y a plus de 2.500 ans).

Il n'y a que de la production humaine, là-dedans.

Certes, ces systèmes techniques, comme tous les autres, sont des artéfacts et relèvent donc de l'artificiel, mais il n'y a là-dedans aucune autre intelligence que celles des informaticiens et des algorithmiciens qui les ont conçus, réalisés et exploités.

L'intelligence est un des cinq moteurs de l'esprit (avec la mémoire, la volonté, la sensibilité et la conscience) et le fonctionnement de l'esprit n'est jamais réductible ni à un réacteur chimique (comme le prétendent les neurophysiologistes) , ni à une machine électromécanique (comme le prétendent les neuroscientistes).

 

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De Thibaut Giraud :

 

"Je suis réaliste (anti-idéaliste) au sens où j’admets les présupposés suivants :

  1. Il existe un monde indépendant de notre langage.
  2. La vérité d’au moins certaines propositions de notre langage dépend de certains aspects du monde.
  3. Il y a donc une relation monde/langage qui est une relation vérifactionnelle, car le monde (la façon dont certaines choses sont dans les mondes) rend vraies certaines propositions de notre langage."

 

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Tout étant épiphénomène (vague à la surface de l'océan), rien n'a d'existence propre.

 

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Il est criminel, intellectuellement et spirituellement parlant, de confondre le Réel, la Manifestation, la Représentation et le Langage.

La Manifestation exprime le Réel, mais n'est pas le Réel.

La Manifestation provoque ses Représentations qui induisent des tentatives de Représentation imaginaire ou intuitive du Réel.

Le Langage traduit la Manifestation en Représentation, selon un Code donné, artificiel et conventionnel, et, selon le même code, tente d'exprimer la Représentation induite, imaginaire ou intuitive du Réel.

Ces Représentations ne sont ni la Manifestation, ni le Réel.

 

Le schéma ci-dessous résume assez bien ma réflexion à ce sujet :

 

 

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Comprendre c'est représenter en cohérence.

 

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Les langages sont les seuls outils de l'intelligence.

 

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Le 05/07/2018

 

Les quatre éléments d'Empédocle ont peut-être choisi comme fondateur, en réponse à la terreur que leur déchaînement induit en l'homme : l'Eau des déluges, l'Air des tornades, le Feu des incendies, la Terre des sècheresses.

De là aussi, peut-être, l'idée que les éléments doivent être enchaînés au sein des harmonies complexes de la Nature pour s'apaiser mutuellement.

 

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L'humanité d'aujourd'hui court cinq périls majeurs :

  1. Le délire démographique avec, pour conséquences, la pénurie de toutes les ressources et le réchauffement climatique ;
  2. L'esclavagisation et le crétinisation par le mauvais numérique ;
  3. La montée des totalitarismes idéologiques, populistes, religieux et bien-pensants ;
  4. Le cancer généralisé du financiarisme ;
  5. L'effondrement spirituel et éthique.

 

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Rappelle-toi la puissance de la Nature ;

Tu es fétu de paille, grain de poussière d'eau,

Sache d'où tu viens petit homme à peine éclos.

Tu n'es rien mais te crois trop, nabot immature.

 

 

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La science - la physique, donc - n'en est qu'à ses premiers balbutiements puérils.

 

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La France est un pays jacobin, bureaucratique et fonctionnaire où le bien commun, plutôt que d'être une croisade, est une sinécure confisquée par des parasites fainéants, privilégiés, syndiqués et protégés.

 

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Tout langage est outil de reliance permettant de construire des relations syntaxiques cohérentes entre divers éléments lexicaux de la représentation. Cette cohérence est garantie par la précision lexicale et la rigueur syntaxique

Les langages sont les seuls outils de l'intelligence : penser c'est dire ou écrire.

Plus les langages sont sophistiqués et maîtrisés, plus l'intelligence est efficace.

 

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Les systèmes éducatifs actuels, par leur négligence coupable envers les langages de base, au bénéfice des idéologies et des "expérimentations", amplifie la crétinisation ambiante.

On enseigne trop peu et trop laxistement la langue nationale, on enseigne mal les mathématiques et les langues étrangères, on n'enseigne plus du tout les langages musicaux et philosophiques, et on enseigne à peine les langages informatiques.

 

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Les langues difficiles (français, allemand, russe, grec, latin, hébreu, persan, sanskrit, mandarin, …) permettent de bien mieux penser que les langues faciles ou bâtardes (anglo-américain, lingala, arabe, …). Il suffit, pour s'en convaincre, de repérer les cultures (dites "fortes") qui ont été les plus fécondes, au travers de la histoire de la pensée, en termes de spiritualités, de philosophies ou de sciences. Au mieux, les autres cultures dites "faibles" (américaine, arabo-musulmane, …) se sont contentées de piller, par la force ou par la ruse, les culture "fortes" et d'y ajouter quelques applications techniques.

 

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Les théories physiques de la relativité ou de la quanticité ne sont que des langages, donc des formalismes, qui permettent de mathématiser certains problèmes que le langage trop simpliste de la physique classique (galiléenne, newtonienne) était incapable de traiter.

Derrière ces formalismes se cachent, bien sûr, des intuitions métaphysiques (les discussions âpres entre Einstein et Bohr en témoignent), dans le cadre de la foi galiléenne en la "mathématisabilité" du Réel. Mais il faut prendre garde - et de nombreux philosophes des sciences actuels sont tombés dans ce piège - de confondre ces formalismes langagiers et ces intuitions métaphysiques.

L'incompatibilité foncière entre l'approche relativiste et l'approche quantique ne relèvent pas seulement des formalismes en usage, mais relèvent surtout de postures métaphysiques inconciliables l'une ontologique, poétique et mystique, l'autre phénoménologique, technique et pragmatique.

Il me paraît clair que la posture quantique ne tiendra plus très longtemps : elle vacille déjà dangereusement à force de recourir, de plus en plus, à des hypothèses fantasmagoriques, injustifiables et invérifiables, pour "sauver le bateau qui coule".

Ce sera donc la métaphysique ontologique qui devra triompher, mais le formalisme relativiste n'y survivra pas non plus car, lui aussi, pour sauver le modèle standard cosmologique, doit recourir, sans cesse, à des hypothèses supplémentaires de plus en plus abracadabrantesques.

 

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La physique de demain sera construite sur une métaphysique ontologique (au-delà, donc, des métaphysiques phénoménologiques actuelles) qui, pour triompher des impasses actuelles, devra aussi être téléologique, holistique et processuelle.

La vraie question qui demeure est celle de la réelle mathématisabilité du Réel (et donc de la foi galiléenne qui en est le fondement).

Personnellement, je ne crois plus, depuis des années, que le Réel soit réellement mathématisable (sauf exception dans les cas les plus rudimentaires) ; le langage mathématique est trop analytique, mécanique, "fermé", causaliste, idéalisant, trop prisonnier de la notion de l'infini (notamment dans le calcul infinitésimal indispensable à la mise en équation telle qu'actuellement pratiquée), car, dans le Réel, rien n'est infini..

En revanche je pense que le Réel est plus algorithmisable puisqu'il est un processus en construction permanente qui met en application des recettes génératives d'émergences ; mais il faudra alors que les langages algorithmiques sortent du carcan simpliste et analytique imposé par le mécanicisme des machines numériques.

Il ne s'agira plus de mettre en Réel en équation, mais de le mettre en simulation.

Il ne s'agira plus de le quantifier, mais de le reproduire ou de le mimer.

 

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Au fond, un phénomène physique est une boîte noire.

On observe des intrants et des  extrants. Le but de la science est de comprendre ce qui se passe dans la boîte noire. Le physique classique mesure les intrants et les extrants, obtient des nombres et tente, alors, de trouver des équations mathématiques qui rendent compte, le mieux possible, avec le plus de précision possible, de la relation "causale" entre extrants et intrants.

Les limites de cette méthode sont évidentes :

  • Dès lors que la mesure des intrants et extrants interagit lourdement avec eux, cette mesure perturbe fondamentalement le phénomène au point de ne plus rien signifier ;
  • Si la "boîte noire" est trop petite ou trop grande et sort complètement de l'horizon mésoscopique de l'homme (même augmenté de ses prothèses technologiques surpuissantes), le phénomène nanoscopique ou gigascopique devient inaccessible (c'est le cas tant en physique quantique "particulaire" qu'en physique relativiste "cosmologique") ;
  • Les équations que l'on peut trouver, traduisent les relations quantitatives entre intrants et extrants, mais ne disent rien du processus interne de la boîte noire.

Le grand défi de la physique de demain sera de simuler ce processus interne non pas en faisant appel à des lois équationnelles, mais bien à des "opérateurs algorithmiques universels" dont la mise en œuvre reproduira (mimera) le fonctionnement intime de la boîte noire jusqu'à produire les mêmes extrants au départ les mêmes intrants.

L'enjeu est évidemment colossal, mais oblige à renoncer aux concepts fondateurs de toute la physique actuelle comme l'espace-temps (il faudra parler d'espace des états), les objets (il n'y a pas d'objets particulaires dotés de masses, charges, spins, etc …, mais, seulement des configurations eidétiques exprimées par des facteurs de forme), les forces (il n'y a pas d'influence entre des objets, mais de perpétuelles reconfigurations d'un processus en vue d'atteindre son optimalité), les lois physiques (ces lois ne sont que des relations équationnelles entre intrants et extrants, sans rapport avec la réalité des phénomènes), etc …

 

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La philosophie analytique héritée de Russell et développée surtout aux USA, est un charabia particulièrement stérile et inutile.

Elle cherche à tout logiciser en quête, au sein du langage parlé et écrit, d'une rigueur parfaite comme la proposeraient la logique formelle ou les mathématiques.

Cette vocation est particulièrement absurde :

  • d'abord, parce que les langages logiques et mathématiques n'ont d'intérêt que par les interprétations qu'elle nourrissent dans les langages courants,
  • ensuite, parce que c'est précisément la polysémie et le flou des langages courants qui permettent une indispensable créativité conceptuelle que ne permettent ni les logiques, ni les mathématiques,
  • encore, parce que les monument axiomatiques que sont les logiques et les mathématiques n'échappent nullement au théorème de Gödel qui les fait descendre de leur piédestal,
  • enfin, parce que le Réel n'est pas analytique et que l'obsession de l'analycité conduit à des construction aussi artificielles et conventionnelles que les langages logiques et mathématiques eux-mêmes.

 

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Un monde est l'ensemble des phénomènes qui interagissent avec ou dans une entité quelconque posée a-priori comme centre de ce monde.

Chaque monde est une manifestation partielle et relative (donc partiale) du Réel.

 

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On définit le Réel comme l'ensemble de tout ce qui a existé, de tout ce qui existe et de tout ce qui pourrait exister, connus ou pas, perçus ou pas par celui qui pense le Réel.

Le Réel est le noumène de tous les noumènes.

 

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Les propriétés d'une entité sont les différentes manières par lesquelles elle se manifeste dans son monde.

 

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Le Réel est/devient ce qu'il est/devient et il se manifeste à l'homme qui, alors, s'invente des langages (les mots, les concepts, les logiques, les mathématiques, les schémas et leurs lexiques et syntaxes) pour représenter cette manifestation, d'abord, et pour, ensuite, se représenter ce Réel caché, reconnu comme source unique et cohérente de toutes les manifestations.

Cette idée du "Réel comme source unique et cohérente de toutes les "manifestations", est cruciale. Cette unicité et cette cohérence vont de pair et constituent les deux faces de la même médaille. L'incohérence foncière du Réel le rendrait majoritairement inconnaissable. La multiplicité ontique du Réel le rendrait globalement inaccessible.

Dans les deux cas, toute réflexion et tout travail métaphysiques ou physiques deviendraient absurdes.

 

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Qu'est-ce qui existe ? Le Réel (c'est une tautologie axiomatique)

Qu'est-ce que "exister" ? Appartenir au Réel.

Le Réel est le tout de ce qui devient et, devenant, advient parfois à l'esprit que le pense.

 

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Les notions de possible ou impossible, de contingent ou de nécessaire, de vrai ou faux, de probable ou d'improbable, etc … font partie de la représentation du Réel, mais ne sont pas des manifestations du Réel. Ce sont ces catégories qui rendent possible le pont entre la représentation de la manifestation du Réel et la représentation du Réel lui-même.

En gros : étant donné que X (dans la manifestation) alors il est possible/probable/vrai/ … que Y (dans le Réel).

 

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En son temps (il y a près de 50 ans), je parlais de trois univers : l'univers-réel (le Réel tel qu'en lui-même et qui se manifeste), l'univers-image (la représentation humaine de ces manifestations) et l'univers-modèle (la représentation humaine du Réel induite à partir de la représentation de ses manifestations).

Au centre de ce triangle, apparaît la difficile question du langage adéquat pour ces représentations tant de l'image que du modèle.

Il apparaît immédiatement que ce langage doit être le même pour ces deux représentation faute ne quoi elle ne pourrait pas être comparées (donc validées) entre elles.

Ensuite, il faut bien comprendre que le choix d'un langage est intimement lié aux intuitions que l'on a quant à la lecture et à la pertinence des caractéristiques supposées du Réel et de ses manifestations.

Ainsi, Galilée présuppose intuitivement l'adéquation du langage mathématique à un Réel totalement quantifiable.

Ainsi Newton présuppose l'existence d'un espace et d'un temps ontiques comme contenant absolu de tous les phénomènes.

Ainsi Einstein présuppose un causalisme absolu.

Quoiqu'en disent beaucoup de scientifiques : il n'y a pas de physique sans métaphysique.

 

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Pour moi, le Réel est :

  1. Un, unique, unitaire et unitif (principe d'unité).
  2. Cohérent dans toutes ses dimensions (principe de cohérence).
  3. Simple mais pas trivial (principe de simplicité)
  4. Complexe mais pas compliqué (principe d'émergence)
  5. Téléologiquement orienté (principe d'accomplissement)
  6. Economiquement agencé (principe d'optimalité)
  7. Non déterministe (principe de contingence)

 

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Le Réel est activité pure et cette activité englobe toutes les activités possibles sous un seul verbe d'action : s'accomplir, c'est-à-dire exploiter tous les potentiels qui se présentent pour atteindre un meilleur niveau d'excellence (atteindre l'état le meilleur possible).

Toutes les activités locales participent de et à cet accomplissement global, mais de façon plus ou moins efficace.

Ceci fonde une éthique globale : le devoir de chaque entité locale est d'optimiser autant que faire se peut, sa contribution à l'accomplissement global du Réel.

 

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Tout étant épiphénomène (vague à la surface de l'océan), rien n'a d'existence propre.

 

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Comprendre c'est représenter en cohérence.

 

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L'ontologie actuelle est déchirée entre "présentisme" et "éternalisme".

En gros, le présentisme proclame que seul ce qui existe dans le présent existe ; alors que l'éternalisme prétend que tout ce qui exista, existe et existera, existe vraiment.

Je pense que ces deux postures sont aussi fausses l'une que l'autre : seuls ce qui a existé et ce qui existe dans le Réel, existent vraiment (sous la forme d'une accumulation progressive) et il faut exclure le futur de l'existence puisque le futur est essentiellement contingent et virtuel : il n'existe donc pas dans le Réel.

 

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Le temps n'existe pas. Il n'est que la mesure d'autre chose. Il mesure la durée (la distance processuelle) qui sépare deux événements consécutifs.

Et puisque le temps n'est qu'une mesure, il est évidemment relatif à l'état (au sens systémique) et à la qualité (au sens technique) de l'instrument qui le mesure.

La théorie de la relativité ne dit pas autre chose.

Cette non-existence et cette relativité ne s'appliquent pas seulement au temps, mais elles s'appliquent aussi à toutes les grandeurs qui caractérisent l'état d'un système quelconque ou, plus précisément, à toutes les grandeurs qui caractérisent l'écart séparant deux états systémiques représentés dans l'espace des états avec ses myriades de dimensions.

 

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Il faut impérativement renoncer à donner un statut privilégié aux idées d'espace et de temps. Ces deux idées ne sont que des catégories de l'esprit qui, parce que liées aux perceptions des sens (la vue et l'ouïe, essentiellement), classent les événements par précédence et distance.

Le Réel, lui, évolue de manière telle qu'il impose un espace de représentation beaucoup plus riche. Cet espace s'appelle l'espace des états. Il inclut l'espace-temps classique, mais possède un nombre beaucoup plus riche de dimensions parmi lesquelles l'espace géométrique et le temps ne jouent aucun rôle particulier (sauf d'être plus facile à concevoir par l'esprit humain qui y a ses habitudes et ses préférences). Parmi les autres dimensions de l'espace des états, on peut citer l'énergie, l'entropie, la néguentropie, tous les facteurs de forme (masse, charges électrique, leptonique ou hadronique, spin, etc …), toutes les fréquences dynamiques (pulsatives, oscillantes, vibratoires, fluctuantes, etc …).

 

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Si l'on considère un ensemble de processus plus ou moins intriqués, l'espace géométrique permet d'en mesurer les volumétries relatives, le temps permet d'en mesurer les âges relatifs, l'énergie permet d'en mesurer les activités relatives, l'entropie permet d'en mesurer les expansions relatives, la néguentropie permet d'en mesurer les organisations relatives, etc.

De plus, les variations de ces grandeurs les unes par rapport aux autres, permettent de visualiser les transformations de cet ensemble de processus.

Mais, parce que l'esprit humain est ainsi fait, il a toujours privilégié les variations de toutes ces grandeurs par rapport à l'âge (les transformations dans le temps) et la volumétrie (les distributions dans l'espace géométrique) des processus impliqués, et a malheureusement négligé toutes les autres.

De là, le fait observable que presque toutes les équations de la physique expriment des variations dans l'espace et dans le temps.

 

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David Hume écrit qu'un premier objet est cause d'un second qui le suit "de telle sorte que tous les objets semblables au premier sont suivis par des objets semblables eu second" et "de telle sorte que le second objet n'aurait pas existé sans l'existence du premier".

Autrement dit, la précédence doit être récurrente et non contingente.

Cette manière de voir est absurde car la récurrence parfaite et la non contingence parfaite n'existent jamais puisqu'on ne peut jamais négliger tous les autres facteurs d'ambiance et d'influence qui ne sont liés à aucun des deux "objets" (il vaudrait mieux parler d'événements).

La seconde partie de la définition de Hume interpelle car, en disant que A est cause de B si, en l'absence de A, B n'aurait jamais existé, il implique que ni A ni B n'auraient jamais existé si l'ensemble de tous les événements de l'univers depuis son origine n'avaient pas eu lieu. De là, il est aisé de comprendre que tout est cause et effet de tout, que tout est cohérent dans la cohérence du Tout et que la notion de causalité et la doctrine du causalisme s'effondrent toutes deux.

Il n'y a ni causes, ni effets : il y a un processus global qui fait évoluer ses configurations en cohérence tant dans l'espace (cohésion) et le temps (intention) que dans toutes ses autres dimensions.

 

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La tolérance est certes un idéal recommandable.

Mais le pratique de la tolérance n'a rien d'idyllique.

Face à un musulman qui affirme que le Coran est la parole véridique du seul Dieu et que rien n'y est amendable, discutable, dubitable, questionnable ou critiquable, aucun dialogue n'est possible, l'échelle est retirée et il ne reste que le choix terrible entre la lâcheté et la violence ; ces deux solutions sont d'ailleurs du pain bénit pour l'intégriste d'en face qui, en cas de lâcheté, voit le signe de la confirmation divine de ses convictions et qui, en cas de violence, voit la même chose puisqu'il sera le martyr dont le martyre est preuve de sa vérité.

 

Il en va de même pour toutes les idéologies à la mode : l'antisionisme, l'hyperféminisme, l'homophilie, le véganisme, le zadisme, le populisme, le néo-racisme et toutes les variantes infinies du boboïsme et du socialo-gauchisme ambiants …

Le discours victimiste est toujours le même : "Je suis minoritaire ; donc, je suis opprimé par une majorité qui me déteste ; donc j'ai le droit de tuer, casser, brûler, violenter, violer, castagner, caillasser …". Le mot "donc" est ici deux fois totalement illégitime car il n'y a aucun lien logique entre ces trois propositions résolument étrangères les unes aux autres. La majorité se fout comme d'une guigne des minorités et les minorités, pourvu qu'elles jouissent des mêmes droits individuels que les individus de cette majorité, a juste un droit supplémentaire : celui de fermer sa gueule.

Que ce soit un musulman rabique dans un pays de racines judéo-helléno-chrétiennes ou d'un homosexuel dans un pays quasi totalement hétérosexuel, qu'il vive sa vie comme il l'entend pourvu que cela reste dans la sphère privée. Mais qu'il sache qu'il n'a aucune légitimité à jouer les donneurs de leçon, les accusateurs de quoique ce soit, les fomenteurs de troubles, les revendicateurs d'une autre culture que celle qui est. Si cette culture ne lui convient pas, qu'il s'en aille là où le "pré est plus vert".

 

La tolérance n'est possible que lorsqu'il existe un espace de contestation possible et une réelle écoute de cette contestation.

La tolérance n'est possible que lorsque l'autre sait qu'il a raison seulement pour lui - qu'il croit qu'il a raison seulement pour lui -, mais qu'il n'a pas raison pour les autres.

Un credo, quel qu'il soit, signifie "je crois que" et non pas "je sais que".

 

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Les anticapitalistes et les socialo-gauchistes n'ont rien compris au divorce profond entre la finance (et ses affidés, patrons des sociétés cotées en bourse) et l'économie réelle (le tissu des PME qui fait de l'entrepreneuriat une quête de valeur d'utilité plus que de richesse financière).

L'ennemi n'est pas le capitalisme (le financement privé de projets privés), ni le libéralisme (la volonté de réduire l'Etat et le secteur public), mais bien le financiarisme c'est-à-dire la spéculation, la rente et le court-termisme du revenu immédiat.

 

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Le 06/07/2018

 

La finance est le cancer de l'économie, les Bourses en sont les tumeurs malignes et les produits de placement en sont les métastases.

 

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La finance est le cancer de l'économie, comme l'Etat est le cancer des sociétés.

Ces deux rongent et détruisent les tissus vivants (les entreprises et les communautés) et prolifèrent à leur détriment.

 

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Certains médias découvrent et s'offusquent que l'égalité des chances est un leurre et que l'origine sociale des jeunes prédéterminent leur chance de réussir des études.

Celui qui naît dans une famille où l'on pratique le culte du foot et du McDo n'aura jamais les mêmes chances que celui qui naît dans une famille où on lit Einstein, Nietzsche ou Héraclite et où on discute ensemble de science ou de philosophie.

Cela s'appelle le darwinisme et le darwinisme - comme tout ce qui touche la Vie réelle - est profondément non-égalitaire et différencialiste.

Ce qu'il faut regarder, cependant, c'est la promotion des gamins doués qui naissent dans des familles "pauvres en esprit" ; c'est ceux-là qu'il faut repérer et accompagner. Quant aux autres, laissons-les à leur foot et à leur McDo (même honoré d'un baccalauréat de pacotille).

Les systèmes éducatifs doivent être au service de la construction de l'élite de demain et non des masses d'aujourd'hui.

 

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Le Marché est une fiction théorique qui exprime le simple fait que ceux qui dépensent de l'argent, ont leurs préférences légitimes. Le Marché est un nom abstrait pour désigner un des organes de régulation de l'économie libre.

Et, en tant qu'organe de régulation, le Marché applique certains critères : ceux de la préférence d'achat des gens. Si les gens achète des produits ou services possédant de la valeur d'utilité, l'utile sera vendeur. Si les gens achète des produits éthiques, alors l'éthique sera vendeuse. Si les gens préfèrent les bas prix et les mauvaises qualités, les bas prix et la mauvaise qualité seront vendeurs.

Ceux qui aujourd'hui se plaignent des critères du Marché, pleurnichent en fait sur la médiocrité des masses humaines.

Si le Marché conduit à des salaires de dizaines de millions d'euros par an pour un footballeur acéphale plutôt que pour un physicien de haut vol, ce n'est ni le Marché, ni le footballeur qu'il faut huer, mais seulement la lamentable médiocrité des masses qui préfère le foot à la science.

Le Marché, quel qu'il soit, n'est que le parfait miroir de la réalité des masses humaines et de leurs choix de vie.

 

Ceci posé, de deux choses l'une : ou bien l'on décide que l'humain a la pleine liberté de choisir la médiocrité, ou bien l'on décide que l'humain doit être mis sous contrôle et qu'une autorité (Laquelle ? L'Etat ?) a le devoir de l'éduquer dans le bon sens et de lui imposer des préférences préférables à celles qui lui sont naturelles.

Voilà un des nœuds d'opposition irréductible entre libéralisme et socialisme (ou étatisme, ce qui revient au même).

Pour le libéralisme, l'humain a le droit de librement choisir cette médiocrité que le Marché reflètera. Tant pis pour ceux que cette médiocrité révulse (dont moi).

On pourrait dire - et c'est une tentation que j'ai - que le Marché conduit l'humanité vers un terrible suicide collectif du fait que les masses sont incapables de comprendre les véritables enjeux écologiques et le cataclysmique effondrement (au sens de Jared Diamond) qui nous guette tous, et qu'elles préfèrent continuer à se goinfrer de saloperies et d'ignominies quelles qu'en soient les conséquences.

Je le sais bien, moi qui prêche la frugalité depuis bientôt 25 ans, que ce message ne touche pas grand monde et que le culte du confort douillet et de la grande goinfrerie prime les avertissements de Cassandre. Et alors ?

 

Faut-il imposer une dictature mondiale - qui verra fleurir aussitôt tous les marchés noirs que l'on voudra - et imposer la loi de l'intelligence à la médiocrité des foules ? On ne fait pas le bonheur des hommes malgré eux ! Les prisons seront pleines et les fraudeurs, faux-monnayeurs et autres contrebandiers feront fortune … mais cela ne changera rien à la médiocrité des masses, riches et pauvres confondus. Il suffit de voir la puissance et la fortune des marchés de la drogue (ou de l'alcool du temps de la prohibition, ou des "dons" d'organe, ou de la prostitution féminine et enfantine, ou des "mères porteuses", etc.) dans ce monde qui dit vouloir l'éradiquer, pour comprendre la vanité d'une telle dictature de l'intelligence sur la bêtise humaine.

Qu'on le veuille ou non, le Marché est la seule vraie démocratie : chacun peut y proposer ce qu'il veut et chacun peut y acquérir ce qu'il veut. Ce que la majorité veut est déplorable, voire détestable, mais : vox populi, vox dei !

 

Il y a un Marché de l'emploi, aussi, très contractualisé, où chacun peut louer ce qu'il est à quelqu'un (une personne morale ou physique) qui a besoin, temporairement de ce que l'on peut lui apporter de soi.

On parle ainsi d'un apport de temps, de travail, d'énergie physique ou mentale, de connaissances, de talents, de savoir-faire, de courage, de volonté, etc … en échange, selon Abraham Maslow, d'argent, de sécurité, d'appartenance, de reconnaissance et d'épanouissement de soi.

Sur ce marché qui est l'acheteur ? Les entreprises, essentiellement. Ce sont donc les préférences des entreprises qui devraient dicter à ce marché ses règles de fonctionnement. Il n'en est rien. Malheureusement.

Les critères qui régissent ce marché particulier sont purement idéologiques. Ce Marché n'est pas libre ; il est contraint … et fonctionne donc mal.

 

La notion de Marché, telle qu'esquissée ci-dessus, n'est pas qu'économique puisqu'elle s'étend aussi à la finance (les marchés de l'argent et des placements) et à la politique (le marché des suffrages en démocratie).

Le premier réflexe, lorsqu'on connaît la nocivité majeure du boursicotage et de la démagogie, serait, sans doute, de détruire les Bourses et les Etats (deux très vieux amis qui s'entendent, d'ailleurs, comme larrons en foire). Je ne suis pas contre.

Interdire, partout, les marchés de l'argent pour l'argent. Passer partout de la démocratie à la stochastocratie. Eliminer les Etats nationaux au profit d'instances socioéconomiques locales et d'instances stratégiques continentales. Je ne suis pas contre du tout.

Mais comment faire ? Comment faire sans passer par des formes autoritaires de pouvoir qui stimuleront, de facto, l'émergence de marchés noirs tant financiers que politiciens ?

 

Oui, je sais, c'est triste à pleurer, mais les humains sont ainsi faits que, très majoritairement, ils préfèrent les servitudes volontaires à des institutions viciées et vicieuses plutôt que l'intelligence et la sagesse, l'autonomie et la responsabilité de soi. Faut-il, alors, devenir révolutionnaire ?

Toutes les révolutions ont débouché sur des tyrannies pires que celles qu'elles ont renversées. Il faut donc se résigner à l'effondrement "naturel" des structures obsolètes et létales.

 

"Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage !"

Leçon du Rat au Lion …

 

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On ne perçoit de la manifestation que ce que le langage est capable d'en représenter.

C'est le langage qui impose sa grille de lecture : on ne voit que ce que l'on peut dire ou penser. N'est-ce pas là la thèse centrale d'Alfred Korzybski ?

 

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De Guillaume Roquette :

 

" Quiconque est animé d'une conviction se fait désormais un devoir de l'ériger en norme pour essayer de l'imposer à la société tout entière."

 

Et plus cette conviction est stupide, plus ce désir de l'imposer est agressif.

 

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Le 07/07/2018

 

La haine de l'Islam envers les Juifs et la Maison d'Israël est inscrite dans le Coran.

Mu'hammad a commencé à prêcher à La Mecque, mais les Mecquois l'ont si bien envoyé sur les roses qu'il a dû s'exilé à Médine (c'est l'Hégire) où vivaient des communautés juives. Dès son arrivée, l'illettré qu'il était, a cru que, ces Juifs étant monothéistes, ils allaient "évidemment" de rallier à son message. Ce ne fut évidemment pas le cas : en quoi le monothéisme primaire et puéril d'un illettré pourrait-il faire vaciller la foi de gens qui étudient la Torah depuis plus de mille ans, à cette époque ? Sa naïveté étant ainsi ridiculisée et son incommensurable orgueil étant ainsi blessé, Mu'hammad en conçut une rancœur terrible et une haine durable qui sévissent encore et qu'il a transcrites dans les sourates médinoises du Coran. Ces sourates médinoises sont de loin les plus nombreuses du Coran, mais aussi les plus haineuses, les plus belliqueuses, les plus violentes, les plus cruelles du livre ; elles ont été inspirées par un homme aigri par l'échec de ses prédications, par un homme qui veut s'en venger à tous crins et qui transforme sa première inspiration religieuse en idéologie guerrière et impérialiste.

Et c'est cette transformation qui aura fait le "succès" de l'Islam auprès des tribus pillardes, coutumières de la violence, de l'esclavage et de la razzia systématique contre les caravanes. Ces rezzous sont devenus le noyau dur de l'armée mahométane qui s'est alors lancée à l'assaut de La Mecque puis du monde avec les résultats absurdes que l'on sait.

La haine des musulmans pour les Juifs est du même bois que la haine de la masse des médiocres et des ratés, à l'encontre de l'élite qui brille.

Nietzsche appelait cela la "morale" du ressentiment.

 

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Le marché de l'emploi doit passer à une logique radicalement inverse de celle imposée par la Loi. Les entreprises devraient pouvoir faire les offres : "Je propose tel emploi, pour telle durée, à telles conditions (compétences, horaires, salaires, barèmes, statuts, performances, etc …). A prendre ou à laisser !".

Si l'offre est déraisonnable ou abusive, elle n'obtiendra pas de candidats ; si l'offre est alléchante, l'entreprise n'aura que l'embarras du choix.

De plus, contrairement à ce que raconte la vulgate socialo-gauchiste, cette pratique n'induira aucune précarisation de l'emploi car il est toujours de l'intérêt de l'entreprise de fidéliser les gens de qualité.

Ce n'est plus à l'entreprise à créer des emplois pour résorber le chômage, c'est aux individus à se former et à œuvrer pour mériter d'avoir un emploi.

Il faut que cesse cette ridicule victimisation des "travailleurs" face à des "patrons" exploiteurs et sadiques, tricheurs et fraudeurs, esclavagistes et manipulateurs. Le "Germinal" d'Emile Zola est un magnifique roman, mais il n'est plus du tout d'actualité ; il faut n'avoir jamais travailler dans une vraie entreprise d'aujourd'hui pour colporter encore de telles âneries.

 

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Hannah Arendt a eu raison de revivifier la distinction romaine entre potestas et auctoritas, entre le Pouvoir et l'Autorité.

On détient un Pouvoir, mais on fait Autorité.

 

On le sait par ailleurs, pour que la gouvernance d'un système complexe puisse être complète, il faut un troisième pilier : celui de la Foi (en un avenir voulu et construit).

Le malheur de nos sociétés européennes actuelles veut que l'Autorité et la Foi en aient disparu, par volonté nihiliste de la Modernité, et qu'il ne reste plus qu'un Pouvoir de pacotille qui tourne en rond autour de son nombril.

Le Pouvoir pour le Pouvoir (c'est le moteur de la carrière politicienne des pitres qui nous gouvernent) est une absurdité aussi ridicule que l'Argent pour l'Argent, que la Religion pour la Religion, que l'Etat pour l'Etat ou que l'Homme pour l'Homme.

 

L'Europe doit se reconstruire une Foi c'est-à-dire un Projet supérieur au principe duquel chacun puisse s'identifier et au service duquel chacun puisse se dédier (sauf une sempiternelle minorité d'environ 23% qui, quel que soit le Projet, s'y opposera, voire le sabotera - aujourd'hui, en France, ce sont les bobos socialo-gauchistes qui lisent le Monde ou Libé et adulent Mediapart et consorts).

Quel Projet ? Celui de construire une Europe fédérale et intégrée, débarrassée de tous les nationalismes (mais non des cultures nationales), qui puisse vivre librement, selon ses propres principes et valeurs, qui puisse offrir la joie et la paix pour tous ses ressortissants, qui puisse construire une prospérité frugale et une fécondité intellectuelle, respectueuses de la Nature, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

L'Europe doit se reconstruire une Autorité c'est-à-dire un socle de Valeurs spirituelles et éthiques (dérivées d'une Identité retrouvée), incarné par quelques textes ou personnages au-dessus de tout soupçon auxquels chacun puisse se référer et se ressourcer.

Ce socle est, historiquement et sociologiquement, un judéo-helléno-christianisme aujourd'hui quasi totalement laïcisé et très éloigné, pour la plupart, d'un quelconque Dieu personnel globalement moribond, … Mais ce socle est solidement ancré dans les principes bibliques, dans les philosophies grecques et dans les préceptes évangéliques, épurés de toute considération religieuse. L'Europe est l'héritière de Moïse, de Socrate et de Jésus.

 

A ces deux conditions, l'Europe pourra reconstruire ses outils de Pouvoir au service de sa Foi et sous le contrôle de son Autorité.

Elle pourra alors s'affirmer pacifiquement et sereinement, face au monde et tisser, avec lui, des relations utiles (du point de vue du Pouvoir), vraies (du point de vue de l'Autorité) et pures (du point de vue de la Foi).

 

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La Gauche a l'obsession de la diabolisation.

Il faut qu'elle diabolise tout ce qui s'oppose à elle. Elle s'invente ou s'approprie, en les dénaturant, des mots pour cela : islamophobie, racisme, homophobie, misogynie, discrimination, sionisme, … Ces mots sont autant de condamnations édictés par ses "maîtres-censeurs", comme les appelle Elisabeth Lévy.

Elle cultive les simplismes de préférence dualistes : les gentils (elle) et les méchants (tous les autres), la bien-pensance (elle) et la mal-pensance (tous les autres), … Ce simpliste est une vieille habitude contractée du temps de l'ouvriérisme mais, faute de militants ouvriers, reprise de bon cœur par les pseudo-intellectuels bobos citadins qui en sont les derniers affidés.

A Gauche, la vision du monde est duelle : d'un côté les "victimes" et de l'autre les "oppresseurs" (pour ne pas dire "tortionnaires" ou "gestapistes" ou "fascistes", - mais jamais ni staliniens, ni maoïstes, ni trotskistes - etc … cette phraséologie est aussi stupide que connue).

Son fonds de commerce, ce sont les "victimes", toutes les "victimes" du monde … et si l'on n'en trouve plus, on en invente (et ces nouvelles "victimes" inventées sont trop heureuses de se prêter au jeu, dans le vil espoir de quelques dividendes venant les "dédommager" de tant d'horreurs subies).

Ainsi des musulmans, ainsi des femmes violées, ainsi des sans-abri, ainsi des sans-emploi, ainsi des migrants, ainsi des roms, …

De la misère et des iniquités, il y en a, c'est certain et il faut les combattre, c'est évident. Mais là n'est le vrai problème. Valéry Giscard d'Estaing l'avait parfaitement exprimé face à cette crapule de François Mitterrand : "Vous n'avez pas le monopole du cœur !".

Le credo absolu de la Gauche est qu'elle incarne ce monopole du cœur et que si, en face, on montre de la commisération, de la compassion, de l'entraide, etc …, c'est l'effet, "évidemment", d'un calcul sordide, d'une rouerie madrée ou d'une hypocrisie honteuse.

Si un malfaisant multirécidiviste et musulman se fait abattre par la police lors d'un contrôle, c'est lui la victime est elle le fascisme. Si une vieille femme juive seule se fait torturer et défenestrer par un radicalisé musulman voisin, soit on n'en parle pas, soit on excuse la crapule, victime d'une société à la fois pro-sioniste (ça, c'est la meilleure !) et islamophobe.

La Gauche définit a priori ses "victimes" (et ses critères sont toujours les mêmes : la haine de son propre sang, de sa propre culture, de son propre monde) et tord ensuite les faits pour se donner raison.

Puisqu'elle croit incarner la bien-pensance, la pureté de l'idéal, la défense de la vertu (toujours outragée) et de la justice, il est évident qu'elle n'a aucune justification à donner de ses diktats, de ses mensonges, de ses iniquités, de ses aveuglements, de sa bêtise profonde.

La Gauche incarne la Sainteté ! Une bien diabolique sainteté …

 

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De George Santayana :

 

"L'empiriste (…) pense qu'il ne croit que ce qu'il voit, mais il s'en sort beaucoup mieux pour croire que pour voir."

 

Ce fait est essentiel : on ne voit que ce que l'on croit déjà, on ne voit que ce que l'on peut dire, on ne voit que ce que l'on recherche déjà, etc …

Ni nos sens, ni notre intuition (le sixième sens), ni nos langages (au sens le plus large), etc …  ne sont fiables. Le seul critère de "vérité" (de véridicité, plutôt) est la cohérence globale et intrinsèque de la connaissance à l'élaboration de laquelle concourent, bien pataudement et si itérativement, nos sens, notre intuition et nos langages.

 

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Je ne sais pas si une théorie est vraie ; je peux seulement dire que cette théorie est cohérente tant intrinsèquement (tous ses éléments s'y intègrent sans conflit ni contradiction) qu'extrinsèquement (sa cohérence est homomorphe avec celle du Réel).

Toutes les autres considérations sur "la vérité" ne sont que vent vide.

 

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Je ne sais pas ce qu'est la vérité ; je sais seulement c'est qu'est la cohérence.

 

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Le degré de cohérence d'un processus, tant intrinsèquement (en lui-même, pour lui-même), qu'extrinsèquement (avec les autres processus et avec le tout du Réel processuel) doit être une des grandeurs fondamentales pour le modéliser, au même titre que sa volumétrie/entropie, son énergie, sa néguentropie, etc …

 

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Le 08/07/2018

 

Dans "La quadrature des classes", Thibault Muzergues croit décrypter quatre comportements sociaux à l'œuvre partout en occident. Reformulés dans mes termes, cela donne : les créatifs (Macron), les traditionnalistes (Macron-Fillon), les nostalgiques (Le Pen) et les activistes (Mélenchon).

Cela rejoint la vieille (2001) analyse pertinente de Ray et Anderson sur les "créatifs culturels".

D'après Thibault Muzergues, ces quatre comportements sociopolitiques (et non pas "classes" si l'on veut éviter de sombrer dans le crétinisme marxiste) représentent, chacun, environ un quart de la population dans les divers pays occidentaux.

Les activistes représentent peu, mais font beaucoup de bruit et trop parler d'eux au travers de médias en quête de sensationnalisme (cfr. les zadistes et autres excités débiles de Nantes).

Lors de la plupart des élections récentes, c'est une alliance des traditionnalistes et des nostalgiques qui a triomphé (Etats-Unis, Grande-Bretagne lors du vote sur le Brexit, Italie avec la coalition contre-nature actuelle, Hongrie, Autriche, Pologne, Russie, …) : ces coalitions totalisent donc un peu plus des 50%. En France, aussi avec un total d'un peu plus de 50%, c'est une alliance des créatifs et des traditionnalistes qui a mis Emmanuel Macron sur le trône présidentiel.

Cela signifie donc, selon ce schéma, que ce sont les traditionnalistes qui détiendraient les clés du pouvoir au moyen de leur alliance soit avec les créatifs (en France), soit avec les nostalgiques (ailleurs).

Thibault Muzergues décrit ce traditionnaliste comme "boubour". Cette appellation s'oppose au "bobo", le bourgeois bohème citadin de gauche qui se veut "tendance", qui lit le Monde ou Libé, qui adhère à toutes les "causes" du victimisme ambiant : les femmes outragées, les homosexuels et autres déviants, les musulmans même radicalisés (au nom de la diversité, de la tolérance et de l'antiracisme), les migrants africains (les autres ne l'intéresse pas), etc ... et qui, surtout, pratique assidument, mais seulement en parole, l'activisme "caviar" et chic.

Le "boubour" (le mot est plus que malheureux parce que péjoratif et dédaigneux) signifie "bourgeois bourrin" et désigne le bourgeois provincial qui veut maintenir vivantes la tradition et les valeurs d'un art de vivre propre à son terroir (donc incompréhensible pour un citadin qui n'a plus ni terroir, ni art de vivre, ni valeurs, ni tradition, et qui vit "hors sol" dans un monde totalement artificiel et malsain, tant physiquement que mentalement).

Je pense que la quadripartition de Thibault Muzergues n'est pas la bonne. Il faut, je crois, la compléter par cette cinquième catégorie que sont, précisément, les bobos citadins, les "hors-sol", les névropathes urbains.

On aurait alors un paysage plus complet :

  1. Les créatifs,
  2. Les bobos,
  3. Les traditionnalistes,
  4. Les nostalgiques,
  5. Les activistes,

chacun représentant, en gros, un cinquième de la population.

En France, c'est l'alliance des trois premiers qui a mis Emmanuel Macron au pouvoir et qui a laminé Le Pen et Mélenchon. Mais cette alliance est fragilisée par l'inconstance et l'incohérence des bobos qui, quoiqu'il arrive, vont là où souffle le dernier vent à la mode (et la mode est au "Macron Bashing" du fait des médias trop enclins à ressasser, faute d'intelligence, les ronchonneries des activistes - qui, à leur manière sont aussi des nostalgiques mais de la nostalgie des vieilles utopies et idéologies surannées).

 

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De Ran Halevi :

 

" (…) la seule voie d'accès au réel suppose, requiert même, que l'on abdique toute présomption d'intelligibilité. «Ici il n'y a pas de pourquoi» : (…) règle de conduite assénée par un garde S.S. à Primo Levi au moment où celui-ci arrive à Auschwitz."

 

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D'Edmund Burke :

 

"Les tyrans ne manquent jamais de prétexte."

 

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De Droopy (Tex Avery) :

 

"Hello, happy taxpayers ! You know what ? I'm happy !"

 

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De Valérie Toranian :

 

"Aujourd'hui Desproges serait surveillé par le CSA et lynché sur les réseaux sociaux."

 

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Le 09/07/2018

 

Il est vital de viser la minimalisation de toute vie sociale.

Les autres ? Oui, mais de loin et le moins souvent possible.

La vie personnelle, la vie intérieure, la vraie vie, en somme, se dilue extrêmement vite dans la superficialité, la futilité et l'inanité de la vie sociale.

Il faut fuir comme la peste les réseaux sociaux, les foules, les divertissements publics, la télévision, les "amis", la vie associative, les comités, etc …

L'avenir de l'homme, c'est l'ours !

 

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L'esprit critique …

L'esprit critique, c'est le culte de la cohérence, c'est la chasse impitoyable à toutes les incohérences contenues dans les messages qui arrivent, quelle qu'en soit la source. Les opinions du plus grand nombre comme les affirmations d'une personnalité reconnue, ne sont pas fiables pour autant. Loin de là !

Le problème est que, pour vérifier la cohérence d'une information, il faut cultiver la connaissance. En effet, une information ne peut être cohérente ou incohérente que par rapport à un corpus cognitif riche et très structuré.

Faute de cette profonde "culture générale", il ne peut y avoir d'esprit critique.

On comprend alors pourquoi notre époque en général et les jeunes en particulier ont si peu d'esprit critique : leur niveau de culture générale est en-dessous de tout.

Et la "culture" numérique basée sur des savoirs parcellaires et disjoints, basée sur des faits isolés pris comme tels, sans analyse ni mise en perspective, basée sur une surinformation massive mais dont les sources sont tues, assassine, chaque jour un peu plus, l'esprit critique et la culture générale qui lui est indispensable.

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De Laurent Gayard :

 

" Au lieu de nous libérer, les réseaux sociaux nous ont enfermés dans une prison de verre virtuelle où chacun observe tout le monde. (…) Chacun est devenu le surveillant de l'autre, en vertu de l'interconnexion que permettent les réseaux sociaux. (…) la simple interconnexion (…) nous enserre dans une multiplicité de liens qui garantit une connexion permanente comparable à une forme d'addiction. (…)Les gens savent qu'ils contribuent à ce que leur vie privée soit monétisées mais ils s'y font. Il est légitime de parler de servitude volontaire."

 

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Incongruités : "sortir le soir", "voir des gens", "s'amuser", "une place ou une rue ou une ville animées", … Tout ce que je hais !

 

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Le seul homme a avoir été réellement heureux, ce fut Robinson Crusoé avant que ce crétin de Vendredi (déjà un migrant africain …) ne vienne lui pourrir la vie.

 

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Weinstein, Besson et les autres …

Lorsque le talent se mesure en tour de poitrine, pas étonnant que l'étalon de mesure soit sous la ceinture.

Ras-le-bol des pleurnicheries de starlettes, des tentatives légales d'extorsion de fonds et des "comportements inappropriés" copiés de la très hypocrite phraséologie américaine.

Le viol caractérisé est ignoble et doit être réprimé impitoyablement, bien sûr. Mais le droit à la drague et à la proposition, même indécente, est imprescriptible.

Entre la gifle et le refus poli, tout un spectre s'offre à la personne que cela n'intéresse pas. Il est temps que les médias arrêtent de nous emmerder avec l'hyperféminisme.

 

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Moins mais mieux.

De la valeur, pas du prix.

De la croissance qualitative et non quantitative.

Ni compétitivité, ni productivité : virtuosité !

 

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Le 10/07/2018

 

L'homme est l'accomplissement de l'humain.

L'humain est le chemin vers l'homme.

L'homme est l'humain dépassé.

L'humain est l'animalité de l'homme.

 

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A sa naissance, chaque humain est doté d'une puissance et d'une vocation que la vie lui permettra de transformer en œuvre et, ainsi, de contribuer, à sa mesure, à l'accomplissement du Tout.

Cette "puissance" est comme un réservoir d'énergie vitale ou psychique, un peu comme le Qi des traditions chinoises ; elle s'apparent à une vitalité intrinsèque qu'il faut entretenir par les pratique de bonne et grande santé. La tradition chinoise, notamment au travers de sa diététique, de sa médecine, du qi-gong ou du taï-chi-chuan, a particulièrement bien approfondi de thème vital.

Cette "vocation", d'autre part, est un réservoir de potentialités (talents, dons) qui doivent être mises en œuvre, cultivées, exploitées, enrichies tout au long de la vie.

Lorsque cette puissance est mise au service de cette vocation, celle-ci se réalise au travers des œuvres qu'elles produisent ; ces œuvres, si elles correspondent bien à la vocation spécifique de l'acteur, sont autant de contributions attendues à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit sur notre petite planète. En revanche, si elles ne correspondent pas à la vocation qui leurs donne sens et valeur, elles sont nuisibles et, au mieux, passeront totalement inaperçues et, au pire, attireront sur elles tous les maléfices.

 

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Accomplir au mieux tout ce qu'il est possible d'accomplir, au service de la Vie et de l'Esprit c'est-à-dire au service de ce qui dépasse infiniment les humains. Voilà toute l'éthique.

Il faut voir la naissance comme l'émergence locale d'un réservoir limité de possibles ; il faut voir l'existence comme la possibilité de réaliser ces possibles ; il faut voir la joie comme le signe de ces réalisations ; il faut voir la mort comme l'épuisement de ce réservoir, que le contenu de celui-ci ait été bien ou mal utilisé, que ce contenu ait été investi ou dilapidé.

Voilà tout ce que signifie "réussir" ou "rater" sa vie.

 

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La mort d'une personne n'est que le signe de l'extinction de tous ses possibles. Ce n'est pas la personne qui importe, ce sont ses œuvres. Lorsque toutes les œuvres possibles ont été faites, la personne est devenue inutile et elle peut s'en aller vers un repos bien mérité.

Les humains sont en général si attaché à leur ego, qu'ils ont bien difficile à comprendre qu'ils ne valent que par ce qu'ils font. En lui-même, l'homme ne vaut pas plus qu'un lombric ou qu'un légume. En revanche, en accomplissant sa vocation par les meilleures œuvres possibles, il donne de la valeur à son existence … sans prendre de la valeur pour lui-même.

 

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D'Albert Einstein :

 

"C'est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d'imbécillité et d'abrutissement."

 

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Le principe de fraternité ? On est frères lorsqu'on est né de même père et de même mère. Cela est vrai dans la nature. Cela est vrai dans la culture. La fraternité universelle, cela n'existe pas entre les hommes.

Je ne suis frère de quelqu'un que s'il me reconnaît comme tel, si l'on partage la même nature et la même culture.

 

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La "déclaration universelle des droits de l'homme" n'est pas universelle ; elle a été imposée au monde par Eleanor Roosevelt, au nom de principes chrétiens parfaitement américains, individualistes et moralisateurs, mais étrangers à toutes les autres cultures.

 

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Le football - et la coupe du monde en particulier - exalte trois des plus graves maladies mentales de l'humanité : la médiocrité, le nationalisme et la compétition.

Voilà le baromètre le plus puissant du non-progrès humain depuis Cro-Magnon.

 

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Le 12/07/2018

 

Avant-hier et hier, j'ai été amené à regarder, à la télévision, deux matches de demi-finale de la coupe du monde en Russie. Voici mon ressenti …

 

Le football est un jeu de voyous !

Une foire d'empoigne à tricheries, faux-semblants, coups-bas, coups de coude, croche-pied, invectives ; un ramassis de comportements primaires, d'émotions reptiliennes, …

Un étalage de bad boys acéphales qui jouent les héros auprès de masses populaires abruties, et qui se veulent porteurs de modes débiles (tatouages, coiffures semi-rasées et ornementées, femelles pin-up ou top-modèles ultra-bronzées et super-connes, luxe tapageur de nouveaux riches  illettrés, etc …).

Comme les enjeux financiers y sont devenus colossaux tant pour les babouins en short que pour le petit monde qui les entoure, le spectacle est insipide, défensif, sécuritaire, sans offensive ni intelligence, émaillé, de temps en temps, de quelques jongleries grandguignolesques.

Si, de plus, on ajoute à ce brouet humain, l'exacerbation chauvine des nationalismes et de toutes les idéologies les plus populistes, on comprend vite que le football est le creuset putride de toutes les infamies de notre époque … et de l'humanité en général.

 

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Toute idéologie n'est qu'une fantasmagorie infantile sur la "société idéale" et donc sur "l'homme idéal".

Lorsque la revue (Hors série n° 14 - 2009), assez primaire et sans envergure, intitulée "Sciences humaines" (ce qui est déjà un non-sens), exprime, dans son éditorial : "Les idéologies apparaissent pourtant plus vivantes que jamais" et défend : "la revendication d'une refondation idéologique, d'un retour à la bataille des idées", elle constate ou promeut une lamentable et délétère dégénérescence intellectuelle.

Toute idéologie, parce qu'elle définit un "idéal", est forcément sur un totalitarisme potentiel car obligée de réaliser son "idéal" malgré ou contre le Réel.

L'idéalisme, les idéaux et les idéologies participent de l'âme puérile de l'humanité. Lorsque celle-ci sera enfin devenue adulte, ces phantasmes infantiles seront remisés au rang des jouets cassés et l'humain pourra enfin apprendre à assumer le Réel tel qu'il est et à y construire son autonomie.

 

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Une religion, c'est une idéologie qui ancre son idéal sociétal et humain dans l'idée d'un Dieu.

 

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D'un anonyme commentant les injonctions de la FIFA aux cameramen de ne pas s'attarder sur les spectatrices les plus jolies ou les plus sexy … par respect pour la femme :

 

" A force de vouloir tout stériliser on laisse la place aux cornichons, il faudra admirer la laideur, céder la place à la bêtise par souci d'égalité, la liste est longue et on se demande comment de telles inepties peuvent gagner les esprits. Sans doute une maladie contagieuse est en train d'infecter la planète : la psychopathie."

 

Mais n'est-ce pas le plus bel hommage (mais non le seul, il y en a tant) à rendre aux femmes que de célébrer leur beauté ? Admirer la beauté d'une femme n'est ni viol, ni harcèlement ni sexualisation. C'est juste de l'admiration.

 

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Le 13/07/2018

 

Rien n'est l'égal de rien !

Et surtout pas l'homme et la femme, ni du point de vue physique, ni du point de vue mental, ni du point de vue social ou culturel.

D'abord tous les individus, n'importe le sexe, sont notoirement différents, mais ensuite, sur n'importe quel critère de mesure, les gaussiennes "homme" et "femme" ne se superposent pas.

Ni celles des races, d'ailleurs.

Ce n'est pas l'égalité qu'il faut viser, c'est l'éradication des violences.

 

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Séparer les notions de "sexe" et de "genre" est simplement un imbécillité. Ne serait-ce que parce que le physiologique dicte le psychologique, que le naturel induit le culturel (et non l'inverse !).

Il y a des exceptions, j'en conviens ; mais ces exceptions n'en demeurent pas moins des anomalies (qui ont le droit de vivre comme ils le veulent, mais à la condition qu'ils sachent qu'ils sont des anomalies qu'il ne faut ni banaliser, ni généraliser).

Pour être clair : l'homosexualité existe mais elle est contre-nature, elle est une anomalie comportementale, elle est un dysfonctionnement hormonal, elle est une tare fonctionnelle (au même titre que la dyslexie ou les allergies).

 

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Le rite nourrit la foi, mais ne la remplace pas. Le rite pour le rite et sans la foi, est un non-sens vide. Pour le dire autrement, la religion pour la religion, mais sans la spiritualité, est une absurdité.

La dimension verticale de la spiritualité qui relie l'esprit de l'homme au plus élevé et au plus profond, prime la dimension horizontale de la religion qui relie les hommes entre eux dans un culte commun.

Cette primauté de la spiritualité sur la religion est aussi un message prophétique fort et récurrent. En paraphrasant Rabelais, on pourrait écrire que : "religion sans spiritualité n'est que ruine de l'âme".

 

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L'idée d'intimité est de plus en plus mise à mal avec l'intrusion du numérique dans les vies privées

Etymologiquement, "intime" vient du superlatif latin intimus du qualificatif interior ; est "intime", ce qui est le plus à l'intérieur de soi ou de sa maison, ou de sa famille ou de sa communauté.

Les GAFA mettent la vie privée au ban de la vie sociale.

Eric Schmidt, patron de Google, a déclaré : "Seuls les criminels se soucient de protéger leurs données personnelles", et aussi : "Si vous faites quelque chose et que vous voulez que personne ne le sache, peut-être devriez-vous déjà commencer par ne pas le faire".

"Comme je ne veux pas me faire voler et que je ne sais pas qui est voleur autour de moi, je cache soigneusement l'endroit où sont planquées mes économies" ; donc d'après ce pitre de Schmidt, je ne devrais pas faire d'économie !

Ce genre de déclaration est honteusement ridicule et absurde : il est aberrant de confondre intimité et immoralité !

Ne pas vouloir "étaler quelque chose" ne signifie nullement vouloir "cacher quelque chose". Cet amalgame est indécent, mais reflète correctement la mentalité "socialisée" américaine (you have to be socialized) pour laquelle l'intériorité n'existe pas et pour laquelle seule l'extériorité compte.

 

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Si l'on ne peut plus être franc avec les amis, alors avec qui ?

 

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Ce que l'on appelle "homme" est apparu en divers endroits et pas seulement en Afrique. Il y a diverses souches d'humain. Il y a les africaniensis (dit, à tort, "sapiens"), les neanderthalensis, les floresiensis, les denisovensis, etc ... qui se sont hardiment hybridés, par continent (Afrique - souche archaïque -, Europe - africaniensis avec neanderthalensis - et Asie - africaniensis hybridé avec neanderthalensis, avec floresiensis ou denisovensis).

Les souches humaines différentes existent bel et bien, malgré ce qu'a entériné la Constitution française. Il y a de l'idéologie (universalisme, humanisme, antiracisme, etc …) derrière l'idée fausse que tous les humains dérivent d'une seule et unique souche.

C'est faux génétiquement. C'est faux épigénétiquement. C'est faux culturellement.

Il y a des Africains, des Indo-européens et des Asiates.

Noirs, Blancs, Jaunes.

Cessons de nous mentir au nom d'idéaux puérils et surannés.

Les races existent bien, elles sont différentes, chacune avec des talents spécifiques qu'il faut connaître et reconnaître, sans esprit de domination réciproque. Il faut éradiquer les égalitarismes qui font bien plus de tort que de bien.

 

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La Vocation : tout ce qui existe, a un bonne raison d'exister que l'on nomme sa Vocation. La réalisation de cette Vocation est la clé de la Joie et son abandon, la clé du malheur, de la tristesse et de la souffrance.

Et il n'est nullement facile, pour quiconque, que ce soit une personne ou une communauté, de connaître cette Vocation innée.

 

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Le 14/07/2018

 

Comment peut-on encore commémorer ce non-événement parisien du 14 juillet 1789. Il ne s'est rien passé d'anormal, ce jour-là. Une émeute parisienne comme il y en avait souvent en ces temps de disette et d'infortune (liées aux perturbations climatiques de la "petite glaciation").

En commémorant le 14 juillet, c'est Robespierre, les jacobins et le Terreur que l'on fête.

Honte !

 

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Le 15/07/2018

 

D' Alain Finkielkraut :

 

"Les footballeurs se pipolisent. Ce sont maintenant majoritairement

de nouveaux riches puants."

 

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Le problème posé par le symbole de  l'Echelle de Jacob est celui-ci : y a-t-il, ou non, des sauts, des discontinuités, de effets de seuil sur l'échelle des facultés humaines ?

L'accès à la Connaissance ou à la Gnose - donc à la prophétie - est-elle un chemin continu ou est-elle une échelle que l'on gravit par sauts successifs, chacun arrivant, un jour, devant un seuil pour lui infranchissable ?

Il faut mesurer l'ampleur de l'enjeu de cette question car, si le chemin est continu, tout qui marche - à son rythme, avec persévérance - peut atteindre le degré suprême ; en revanche, si le chemin est une succession de seuils et de sauts - un chemin quantique, en somme - alors l'humanité s'organise en strates successives de niveaux de conscience et de connaissance, avec, en dessous, la masse des crétins ignorants et inconscients, et avec, plus on monte, des élites puis des élites d'élites de plus en plus clairvoyantes.

La physique des systèmes complexes tranche : tout dans le Réel évolue par seuils et sauts, par émergences successives, contingentes et disruptives.

 

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La notion de "spoliation de terroir" devrait faire l'objet d'une définition juridique et légale et donner lieu à législation.

Lorsque quelqu'un choisit, avec conscience et soin, un lieu de vie et investit son existence, son temps, son être et son argent dans ce lieu choisi, il ne peut en être spolié. Une telle spoliation, si elle doit se faire (pour des raisons impératives et dûment justifiées), doit alors relever d'une procédure d'expropriation substantiellement dédommagée, au même titre que celle d'un patrimoine immobilier.

 

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Le 16/07/2018

 

De nos jours, le regard porté sur le futur est encore très imprégné de déterminisme. Les "sciences" dites humaines n'aspirent qu'à une chose : construire des modèles déterministes, mathématiques et quantitatifs pour imiter la science physique qui, elle, s'écarte de plus en plus vite de ce type de modélisations, trop simplistes pour rendre compte de la complexité intrinsèque du Réel.

Ce n'est pas le moindre des paradoxes de notre époque que de voir s'installer, en même temps, l'obsession des modèles déterministes (qui n'aboutissent à rien comme le prouvent, à longueur de temps, les échecs des prévisions économiques et financières) et la revendication souvent puérile des libertés (qui confond, le plus souvent, "liberté" et "caprice" … et qui, au moindre "coup de Trafalgar", comme disait Brassens, choisit la sécurité et la servitude volontaire, au détriment de la liberté).

 

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D'André Malraux :

 

"Les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais vécues."

 

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De Mencius :

 

"La distance qui sépare les êtres humains des animaux est infime. Les hommes ordinaires la comblent, les hommes accomplis l'agrandissent."

 

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Le 17/07/2018

 

Les morales ne sont que des conventions humaines, très relatives aux contrées et aux époques. Elles constituent une grille de lecture collective à un moment donné, parfois efficaces, parfois inefficaces (le bel exemple contemporain est la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" qui est bien une déclaration, mais qui est bien loin d'être universelle puisqu'elle est le reflet d'un individualisme américano-chrétien à la sauce Eleanor Roosevelt … et qui passe à côté des "Devoirs fondamentaux de l'Homme" envers l'Autre, la Nature, la Vie, l'Esprit et le Divin). Selon moi, il n'existe pas de "Droit naturel". Pascal avait bien résumé les choses : "Vérité en-deçà des Pyrénées, mensonge au-delà".

Au-delà des morales conventionnelles humaines, il n'y a, à mon sens, plus que la seule et grande question : quelle est la raison d'être de l'homme ? Au service de quoi l'homme doit-il se mettre ? On sait aujourd'hui, après un demi millénaire obsédé par une moraline appelée "humanisme", donc par une tautologie de "l'homme au service de l'homme", que cette voie mène à un vaste suicide collectif.

 

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Il faut d'urgence refonder une "raison d'exister de l'homme" qui dépasse l'humain.

Il faut que cesse rapidement le narcissisme et le nombrilisme qui sévissent depuis la Renaissance.

 

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Le 18/07/2018

 

Une question me taraude : toutes les traditions antiques de racine indo-européennes ont été tenaillées par la notion de Destin, personnel ou collectif, (les Grecs, les Romains, les Celtes, les Germains) … au contraire de la Maison d'Israël qui, elle, a été construite sur l'idée de Vocation. Pourquoi ? Est-ce la structure des deux familles linguistiques, l'une construite sur la tripartition passé-présent-futur, l'autre construite sur l'opposition accompli-inaccompli ?

Je pense très sincèrement que c'est cette structure linguistique qui est la clé de l'explication de ces deux attitudes opposées face au temps qui passe et face au mystère de la vie.

D'un côté : la fatalité du temps qui passe ; de l'autre : l'obsession de l'œuvre à accomplir.

La physique théorique moderne est, elle aussi, témoin de ce dilemme. Le temps, pour Galilée, Newton et même Einstein ou Bohr, est un contenant (une fatalité qui passe, indépendamment de ce qui se passe), alors que, pour les physiciens de la complexité et de l'émergence (Whitehead, Prigogine et consorts), le temps n'est que la mesure de ce qui se passe (s'il ne se passe rien, il n'y a pas de temps qui passe).

Reformulons : pour les uns (les "indo-européens"), le temps passe indépendamment de ce qui s'y passe (le Destin avec son déterminisme)  ; et, pour les autres (les "sémites"), le temps ne passe que s'il s'y passe quelque chose (la Vocation avec son intentionnalisme).

Autrement dit : pour les premiers, le temps accueille l'activité mais lui est antérieur (une cause, en somme) et, pour les seconds, l'activité crée le temps qui la mesure (une conséquence, donc).

La posture adoptée face à ces problématiques n'est pas insignifiante. C'est toute la question de la téléologie qui y est sous-entendue : le Réel a-t-il un sens ou non ? Le Réel est-il "dirigé" par une Intention immanente et transcendante ou non ? La réponse "indo-européenne" est négative (et elle prévaut, encore aujourd'hui en occident et dans les sciences occidentales : l'évolution des mondes est poussée par une cause) et la réponse "sémitique" est positive (l'évolution des mondes est tirée vers un accomplissement).

Métaphysiquement parlant, le débat est vite tranché dès lors que, si l'on prend la posture indo-européenne, la question inévitable et déstabilisante est : pour-quoi la Cause des causes a-t-elle causé le tout de ce qui existe ?

Si cette question possède une réponse, la thèse causaliste s'effondre puisqu'en amont de la "Cause" primordiale, il existerait un "Désir" (et donc l'intention de le satisfaire).

Si cette question ne possède aucune réponse (puisque, pour que cette thèse causaliste subsiste, elle ne peut en recevoir aucune), s'il n'y a aucun "Désir" à la source du Réel, alors tout est absolument et définitivement absurde !

Et tellement absurde que l'on se demande alors pour-quoi, un univers si résolument et indéfectiblement absurde, s'appliquerait, à lui-même, des règles d'évolution (les lois de la physique, les principes d'optimisation, etc …) … car si tout est absolument absurde, pour-quoi cette absurdité devrait-elle être "ordonnée", "organisée", "structurée" ?

On comprend, en finale, que l'absurdité est absurde … et que la posture "indo-européenne" n'est pas tenable.

Il faut donc revenir à la posture "sémitique" bâtie sur les notions d'Intention et de Désir, de Vocation et d'Accomplissement.

 

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Le mot "noétique" est un mot technique de la philosophie et dérive du mot grec Noûs ou Noôs qui signifie : "intelligence, connaissance". La noétique est la branche de la philosophie qui étudie le concept d'intelligence. Qu'est-ce que l'intelligence ? Qu'est-ce que "comprendre" signifie ? Comment les sensations, les données, les concepts et les idées peuvent-elles être reliés entre eux afin de construire des ensembles cognitifs cohérents ? Au fond, l'intelligence est cette capacité de relier entre elles des choses qui, jusque là, étaient restées éparses, disparates et étrangères les unes au autres.

 

En ce sens, le pouvoir noétique a pour mission d'assurer la pertinence, la permanence et la validité des connaissances, des modèles, des méthodes, des normes, des valeurs, des lois et des croyances qui fondent le fonctionnement d'une communauté, qui assurent la qualité de la vie, individuelle et collective, intérieure et extérieure.

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Le 19/07/2018

 

Hegel en une métaphore …

Observons un artiste peintre. Une inspiration germe dans son imagination. Le désir de peindre l'empoigne. Il "voit" plus ou moins ce qu'il voudrait faire ; il fixe l'Esprit de sa toile encore blanche. Il sait que la toile achevée matérialisera, accomplira et incarnera l'Esprit qu'il veut mettre dans sa toile et donc, un reflet de son Esprit à lui. Alors commence le travail de création. Ce travail n'est pas linéaire comme le serait une fabrication à la chaîne. Les couleurs se heurtent, s'harmonisent, se contrastent, les formes évoluent, rencontrent d'autres formes, se redéfinissent ; l'Idée commence à prendre forme, mais elle évolue en réservant des surprises, en offrant des opportunités nouvelles de formes émergentes ou de coloris inédits ; l'œuvre évolue, toujours dans l'Esprit de la toile, mais ce qui naît là est vivant, et tout interpelle tout, en bien comme en moins bien : couleurs et formes sont, à la fois, amies et ennemies. Le défi du peintre est immense : comment magnifier ces amitiés tout en réduisant ces inimitiés "par le haut", en faisant d'un heurt de formes ou de couleurs, une opportunité de beauté nouvelle, inédite. C'est là l'essence même de la méthode dialectique.

 

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Les Africains sont meilleurs en sport ; il est normal de recruter des Africains (et de les payer comme des milliardaires) dans des équipes sportives. Les Africains sont statistiquement mauvais en QI ; il est donc aussi normal de ne pas les recruter là où il faut réfléchir et travailler du cerveau !

 

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Le panem et circenses est toujours temporaire ; mais l'économie réelle est ailleurs, de plus en plus confinée au sein d'une élite managériale qui se passera, bientôt, des mains-d'œuvre peu qualifiées.

 

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Il y a deux ensembles plus précieux que tout : les livres et les arbres.

Il y a un ensemble merdique à éradiquer : les humains qui n'aiment ni les arbres, ni les livres.

 

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La vie sociale, avec du bruit et des crétins ? Pour quoi faire ? La Bible, Aristote et Nietzsche sont suffisants pour remplir toute une vie !

 

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De Marylin Maeso :

 

"Sur les sujets sensibles et polarisants, il devient difficile d'ouvrir une discussion franche et constructive. Essentiellement, je crois, parce qu'un nombre non négligeable d'entre nous se fait une bien étrange idée du débat. Quand l'insulte se substitue à la critique, l'attaque personnelle à l'objection et le procès d'   intention au désaccord, c'est que les certitudes dogmatiques ont pris leurs quartiers dans l'arène dialogique et qu'aucun échange véritable n'est possible ni sincèrement souhaité. Si on débat pour convaincre, on polémique pour anéantir."

 

Ma philosophie est extrêmement claire, en ce sens. Je ne débats pas et je me fous comme d'une guigne de l'avis des autres. Je marche en solitaire sur le seul chemin qui soit mien. Qu'il soit vrai ou faux, juste ou pas, cela m'indiffère radicalement. Je marche seul  et cela seul m'importe car cela seul m'apporte la Joie.

Que voulez-vous donc que le quidam numérique ou l'histrion médiatisé puissent donc m'apprendre ? Alors que je navigue, en permanence, aux côtés d'Héraclite et de Nietzsche, d'Aristote et de Bergson, de Spinoza et de Teilhard de Chardin, de la Torah et de Whitehead, du Zohar et d'Einstein, de Zénon de Cittium et de Hegel, etc …

 

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Le 20/07/2018

 

Mesurer, c'est comparer. Toute mesure est relative à un étalon de mesure.

Supposons que je veuille mesurer des durées et que je prenne comme étalon de mesure -ce qui est mon droit strict - les battements de mon cœur. Cette mésange, que j'observe, étant assis tranquillement dans mon bureau, a mis cinq battements de mon cœur pour aller de son nid au lilas. Tout à l'heure, je remesure le temps qu'elle met, mais je suis pressé et je refais la même mesure mais en marchant vite au travers de ma cour. Stupéfaction : la mésange a mis huit battements de cœur alors que son vol paraissait identique.

Refaisons l'expérience et cette fois, après un bon échauffement, je sprinte au travers de la cour et, par chance, la mésange fait le même trajet : mais elle le fait en douze battements de cœur.

Plus je vais vite, plus elle est lente.

Tirons la conclusion qui s'impose : la mésange va peut-être un peu plus vite (surtout si je l'effraie en courant comme un dératé) ou plus lentement, mais la mesure dépendra surtout du rythme de mon cœur (la nature de l'horloge utilisée) qui lui dépend de mon état d'activité.

La grandeur de l'étalon de mesure dépend de l'état d'activité de l'instrument (ici : mon cœur).

Cela signifie mathématiquement qu'une mesure M est donné par :

 

M = D(m.u) = Dm.u + m.Du

 

Cela signifie, dans le cas de ma petite métaphore, que la durée de vol de la mésange (M) dépend autant des fluctuations de l'ardeur qu'elle y met (m) que de celles  du rythme de mon cœur (u).

Et ce qui est vrai pour cette mesure du temps de vol d'une mésange, est vrai pour toutes les mesures imaginables : mesurer une variation, c'est mesurer autant une variation du phénomène qu'une variation de l'instrument de mesure.

 

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Le 21/07/2018

 

Le temps mesure une durée. Toujours. Et une durée, c'est la durée de quelque chose : la durée d'une transformation, du passage d'un état initial (arbitrairement choisi) à une état final (tout aussi arbitrairement choisi).

La nature de cette transformation déterminera la nature de la durée - donc du temps - dont on parle.

La physique classique, parce qu'étant essentiellement mécanique, s'est surtout préoccupée des transformations volumiques : déplacements, éloignements, translations, expansions, dilutions, etc …

Mais il existe d'autres catégories de transformation, non plus seulement volumétrique, mais aussi eidétique (durée d'une transformation des états d'organisation ou de complexité) et dynamique (durée d'une transformation des états de vibration ou de fréquences).

Ces autres catégories de transformation suggèrent, naturellement, qu'il doit exister d'autres catégories de durées et, aussi, d'autres dimensions de temps.

Ce point révolutionne la physique !

 

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Le 22/07/2018

 

La cohérence peut-elle accepter l'incohérence ?

 

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Qui est au service de qui ?

 

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La morale n'est pas un fait rationnel. Elle est pure convention, plus ou moins efficace.

 

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De Philippe Touchet :

 

"(…) l'effort de Bergson sera, contre l'intelligence fabricatrice, contre les exigences de la science, de restaurer le droit de la philosophie, et même de la métaphysique, à saisir la réalité avec plus de précision, sans l'interposition du symbolisme scientifique, sans les constructions pratiques de l'intelligence,  en se replaçant dans l'intuition de la durée."

 

D'abord, cette opposition entre science et philosophie, entre physique et métaphysique est aussi artificielle que fausse. Ensuite, pour le dire plus simplement, la connaissance progresse par résonance profonde (donc par intuition) entre un esprit qui pense et le Réel en lui et autour de lui.

 

En ce sens, Bergson, dans son "Introduction à la métaphysique", écrit :

 

"(…) s'il existe un moyen de posséder une réalité pleinement au lieu de la connaître relativement, de se placer en elle au lieu d'adopter des points de vue sur elle, d'en avoir l'intuition au lieu d'en faire l'analyse, enfin de la saisir en dehors de toute expression, traduction ou représentation symbolique, la métaphysique est cela même. La métaphysique est donc la science qui prétend se passer de symboles."

 

Ne pas dire, mais vivre !

 

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L'avenir se déploie dans un champ entre probable et improbable, entre possible et impossible, entre nécessaire et contingent, entre prévisible et imprévisible, entre certain et incertain, etc …

L'avenir n'est ni déterminé, ni indéterminé ; il est processus en marche qui s'invente à chaque pas !

 

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Il n'y a pas de temps. Il n'y a pas d'espace. Il n'y a que le Réel vivant qui se déploie et qui, pour ce faire, se crée de la durée, du volume, de la forme, de l'activité.

Le temps et l'espace ne sont que des conventions humaines pour mesurer cette création continue de durée et de volume.

 

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Il faut considérer l'évolution au sein du fleuve et non du haut d'un pont.

 

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Quant à l'intelligence supposée des foules, l'histoire des hommes est là pour continuellement prouver qu'elle n'existe pas !

 

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Une critique d'essence idéologique est, par définition, nulle et non avenue !

 

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Le néo-malthusianisme est une évidence sauf pour ceux qui ont intérêt, par confort, gloriole, démagogie ou pognon, à laisser croire qu'une croissance infinie dans un monde fini est possible … grâce à une technolâtrie suicidaire.

Cela fait bien longtemps que la politique de l'autruche fait office de réflexion de fond sur ces questions plus qu'épineuses, mais malheureusement sans issue.

 

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Le parangon de la crétinerie américaine, John Paul Getty, a fait fortune en pillant la lithosphère pétrolière avec la complicité, notamment, de l'Arabie saoudite ; et il ose dire :

 

"Quand on est pauvre, on ne pense qu’à l’argent. Quand on est riche, on l’est parce qu’on n’a fait que penser à l’argent. (…)  Si tu arrives à compter ton argent, c’est que tu n’es pas vraiment riche. (…) Pourquoi devrais-je me préoccuper des générations futures : qu’ont-elles fait pour moi ?".

 

Quelle imbécillité ! Juste une question : c'est quoi "riche" ?

Dire que cette saloperie financiaro-industrielle existe et sévit encore !

 

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Le 23/07/2018

 

Avec Nietzsche et Bergson, tout est dit. Tout le reste est soit obsolescence, soit redite.

 

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La mémoire implique l'irréversibilité.

Rien n'est jamais deux fois le même puisque le  second inclut déjà et tient compte du premier.

 

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La raison d'être de tout ce qui existe, est de produire son œuvre !

C'est-à-dire d'assurer et de réaliser sa vocation.

 

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La logique entropique est déterministe ; la logique néguentropique ne l'est pas.

La croissance entropique libère de l'énergie.

La croissance néguentropique capture de l'énergie.

 

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L'humanisme qui tient l'homme pour mesure de toute chose et la vie comme une fin en soi, est une impasse. Il faut en sortir, non pas contre l'homme, mais par-delà l'homme.

L'humanisme n'est que le nom noble et affriolant d'un nombrilisme infantile, d'un narcissisme puéril.

Il est temps que l'homme quitte son enfance et devienne adulte. Seul un môme peut croire qu'il est le centre et le sommet du monde. Devenir adulte, c'est surtout comprendre qu'on ne l'est pas, et que l'on est au service du monde et de ce qui le rend beau et riche.

 

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Chaque homme ne vit que pour accomplir son œuvre. Aucune vie humaine n'est une fin en soi. Chaque vie humaine n'est qu'un processus de transformation de potentialités en œuvres c'est-à-dire un processus de contribution à l'accomplissement de ce qui est au-delà de l'homme.

L'homme, chaque homme, est au service de son œuvre, c'est-à-dire de l'Œuvre.

L'homme ne vaut que par ce qu'il fait.

 

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Nous vivons un époque charnière. Il faut acter la fin des humanismes. Il faut mettre l'homme, individuellement et collectivement, au service de ce qui est au-delà de l'homme, au service d'une principe supérieur. Ce sera le rôle de l'enseignement de demain, de faire cette éducation.

Mais quel nom donner à ce principe supérieur ? Comment échapper aux pièges et tentatives de récupération que sont et seront les religions et les idéologies ? Comment dépasser toutes les religions et toutes les idéologies ?

Aujourd'hui, la vie des hommes tue la Vie tout court.

Aujourd'hui, la barbarie se réinstalle et dénigre l'Esprit en rejetant la culture, la noblesse et la vérité.

Commençons donc par remettre l'homme au service de la Vie et de l'Esprit.

Pour le reste, on verra bien, après …

 

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De Jules Lequier :

 

"(…) il est sage de régler ses prétentions

plutôt sur ses moyens que sur ses désirs (…)."

 

Et du même :

 

" FAIRE, non pas devenir, mais faire et en faisant SE FAIRE."

 

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L'existence individuelle n'est qu'un vecteur de transformation de Vie en Œuvre. La Vie est un courant qui traverse des myriades d'existences parallèles et successives en vue de construire son propre Accomplissement. La Vie est généreuse : elle se gaspille dans un nombre énorme d'existences inutiles - voire, parfois, nocives.

De même, l'Esprit est un courant traversant, irriguant et utilisant des myriades de consciences parallèles et successives en vue de construire également son propre Accomplissement. Et l'Esprit est aussi dispendieusement généreux que la Vie : combien de consciences inutiles parmi ces parasites humains qui saccagent et pillent le monde ?

 

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Une émergence peut parfois s'expliquer a-posteriori, mais elle ne peut jamais se prévoir a-priori.

 

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L'intelligence humaine, parce qu'elle a émergé comme instrument de survie afin de comprendre pour prévoir et anticiper, ne "voit" que les répétitions, les régularités, les constances, les mécanicités ; mais elle est terriblement aveugle à tout ce qui ne se répète pas, aux irréversibilités, aux innovations, aux singularités, aux originalités, bref : aux émergences.

De là, classiquement,  le réflexe mécaniciste (la métaphysique objets et des assemblages) de toutes les sciences qui cherchent à mathématiser des lois et des constantes universelles ; mais le souci est que tous les domaines suffisamment rudimentaires pour que l'approximation mécaniciste y porte des fruits, sont aujourd'hui épuisés. En conséquence, les sciences d'aujourd'hui, partout, - et spécialement les plus récentes - se heurtent violemment au "mur de la complexité" (à la métaphysique des processus et des émergences).

Les domaines restant à explorer sont d'un niveau de complexité tel que l'approximation mécaniciste n'y est plus possible (ce qui explique les échecs notoires des neurosciences ou de la socioéconomie).

 

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Le 24/07/2018

 

De Jules Lequier :

 

"(…) Je suis pour posséder la vérité, puisque je me sens fait pour l'aimer (…)"

 

Ou encore :

 

"(…) substituer (…) à la recherche de la vérité, la recherche moins ambitieuse d'une première vérité (…)"

 

Cette idée d'une vérité première (d'une première certitude absolue, d'un point d'appui sur lequel poser le levier de la pensée) a donné le Cogito ergo sum ("Je pense donc je suis") de Descartes … avec les dégâts collatéraux que l'on sait.

Pour ma part, la seule première vérité que j'entraperçois, c'est : "Il y a" ou, ce qui revient presque au même, mais en mieux : "Il advient" (sous-entendu : "Il se passe quelque chose") … avec, dans tous les cas, le "il" impersonnel de "il pleut".

 

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L'Absolu ne peut avoir qu'une définition apophatique : l'Absolu est ce qui n'est pas relatif, c'est-à-dire ce qui n'est relatif à rien.

Mais comme tout ce qui existe, est interdépendant de tout le reste, rien de ce qui existe, ne peut être absolu … sauf cette interdépendance même ou, plutôt, le principe de cette interdépendance absolue, autrement dit : le principe de cette cohérence absolue.

Et là, viennent des mots comme "Un" ou "Divin" ou "Dieu" (pourvu que ce soit quelque chose d'impersonnel) ou "Fondement" ou "Mystère".

 

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Est vérité ce qui fait vérité.

Toute vérité exprimée est relative puisque toute proposition porteuse d'une vérité, ne l'est que relativement à une culture, une langue, un code et toutes les conventions implicites qui les accompagnent.

Reste-t-il des vérité inexprimables qui échapperaient à cette relativité des langages ? Il s'agirait alors d'intuitions ou de sensations ou d'illuminations indicibles : une certitude sans nom ! Un informulable fondateur qui s'évanouirait dès que l'on tenterait de le nommer. Sans doute est-ce cela que Lao-Tseu voulait exprimer dans son fameux premier verset du Tao-Té-King : "Le Tao que l'on nomme n'est plus le Tao".

Sans doute est-ce aussi dans cet informulable que s'épanouit l'extase mystique authentique qui se vit sans pouvoir se dire.

Selon l'adage zen : "Ne pas penser !"

 

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De Jules Lequier  qui fut le maître de Renouvier et précurseur de Sartre :

 

"Se révolter n'est pas se délivrer"

 

Et aussi :

 

"(…) Je cherche, voilà ma force et voilà ma faiblesse ; ma force, car je suis libre de toute erreur ; ma faiblesse, car je n'ai pas la vérité."

 

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On ne peut, on ne doit dire que ce que l'on vit.

Mais il est impossible de dire tout ce que l'on vit.

 

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Mes opinions, mes convictions, mes croyances ne sont que mes vérités ; mais elles sont d'autant plus véridiques qu'elles forment un ensemble d'autant plus cohérent et pérenne, malgré l'assaut permanent des événements, externes ou internes.

 

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Le cœur et la raison ne doivent pas, ne peuvent pas s'opposer. Même si leurs cheminements sont de natures différentes, leur concordance, au contraire, est un gage de véridicité globale.

 

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Le 25/07/2018

 

De Michel Audiard :

 

" Le repos c'est fait pour les jeunes : ils ont toute la vie devant eux, moi pas."

 

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Plus un humain est ignorant et inculte, plus il a un avis sur tout - souvent péremptoire.

 

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Ce que Bergson appelle "l'élan vital" n'est en fait que le processus de la Vie au sein du cosmos, le déploiement de la Vie en parallèle avec celui de la Matière et celui de l'Esprit.

Il n'y a pas de procession entre eux trois, mais conjonction.

Ce qu'il appelle, par ailleurs, si inopportunément "psychologique" signifie, en fait, "spirituel" c'est-à-dire relevant de l'Esprit.

 

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Dans "L'évolution créatrice", à très bon droit, mais à contre-courant, - et aujourd'hui lui donne raison -, Henri Bergson réfute, vigoureusement et rigoureusement tout mécanicisme matérialiste, tout mutationnisme hasardiste, tout adaptationnisme épigénétique et tout finalisme ; en revanche, il affirme un créativisme c'est-à-dire un intentionnalisme qui fonctionne non pas assemblage, mais par émergence.

 

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Si l'évolution procédait par pure élimination (c'est le darwinisme), il y a belle lurette qu'il ne vivrait plus rien.

Il y a donc une créativité à l'œuvre dont le moteur est soit le hasard, soit adaptation épigénétique, soit la volonté. Or le hasard est entropique et il dégrade toujours sans rien faire émerger. Quant à l'adaptation épigénétique, pour-quoi se passerai-elle s'il n'y avait une bonne raison qui l'y pousse (ne serait-ce que la volonté de se vivre).

Il faut donc en conclure que l'évolution est créativiste c'est-à-dire intentionnaliste.

 

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Dans le Réel, il n'y a ni objets, ni assemblages d'objets, ni fabrications d'objets. Il n'y a qu'un seul processus unique, cohérent et cohésif, continu et fini, créatif et orienté (c'est-à-dire, à la fois poussé et attiré, sans déterminisme ni causaliste, ni finaliste).

Le Réel est soumis à une pression téléologique qui lui est totalement immanente ; il est le sujet d'une intention d'accomplissement en plénitude.

L'évolution du Réel est dialectique : elle se réalise dans un dialogue entre général et particulier, et, au niveau particulier, entre potentialités intérieures (exprimant ce particulier même) et opportunités extérieures (exprimant le général envers ce particulier).

Ce processus se perpétue, se développe et se complexifie en s'incarnant dans des avatars successifs.

Ces avatars successifs qui s'engendrent mutuellement, forment des phylums continus avec des bifurcations et des différenciations : le Réel se tissent de généalogies au service d'une téléologie.

Le regard analytique de l'homme prend ces avatars pour des objets matériels, des êtres vivants ou des consciences pensantes.

En fait, le Réel est un processus unique, mais produit par la conjonction et la conjugaison de trois modalités : la Matière (volumique), la Vie (dynamique) et l'Esprit (eidétique) qui lui sont consubstantiels et coéternels.

Ce ternaire primordial constitue une Logique à trois brins indissociables qui forment un complexe (un cum-plexus, un "tressé-ensemble"). Ce ternaire est le Logos unique qui est le fondement même du Réel.

Ce Logos (qui est le commencement, c'est-à-dire la source unique du Tout qui existe et qui forme le Réel) est l'Absolu indépassable et incréé (le Divin, si l'on préfère, à la condition expresse qu'il ne s'agisse, en aucune manière, d'un Dieu personnel). Ce Logos absolu est en-deçà (il fonde, engendre et nourrit tout) et au-delà (il contient, englobe et transcende tout) ; il est en deçà et au-delà de tout ce qui a existé, existe et existera. Il est une triple capacité à s'incarner (à se créer du volume et de l'espace), à se transformer (à se donner de l'accomplissement et de l'activité) et à s'ordonner (à se donner de la forme et de l'ordre).

 

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Ce qui caractérise la science parmi toutes les dimensions de la pensée, c'est sa nature quantitative, sa volonté de réduire le tout du Réel à un ensemble de grandeurs mesurables, interreliées par des lois mathématiques.

Cette prétention est-elle fondée ? Tout est-il quantifiable ?

Si une seule réalité, même infime, venait à ne pas l'être, non pour des raisons techniques, mais pour des raisons ontiques, alors tout l'édifice de la science à prétention mathématicienne s'effondrerait. Y a-t-il, dans le Réel, quelque chose qui soit indubitablement non mathématisable ?

Voilà la question …

 

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Décidément, Bertrand Russel incarne tout ce que je hais en philosophie. Il ne comprend rien à la réalité de l'intelligence et réduit tout à de la logique formelle, niaise et imbécile. Il ne comprend rien à Bergson et encore moins à l'importance cruciale de l'intuition dans la création scientifique, métaphysique et philosophique. Il ne comprend pas que la raison et la logique peuvent éventuellement valider, mais ne construisent ni ne créent rien. Il est l'initiateur de cette immense tartufferie qu'est la philosophie analytique, un loufoque galimatias et un pédant salmigondis de mots qui se renvoient les uns aux autres, en une risible tautologie, sans rien percevoir de l'idée floue qui se cache derrière ces mots : il confond fond et forme, signifiant et signifié, idée et langage.

Pourtant, en matière humaine, l'évidence est là : rien ne se dit, tout se suggère.

 

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Intention : à chaque instant  de mon existence, vivre le plus joyeusement possible …

 

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Le 26/07/2018

 

On n'apprend qu'en marchant.

 

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Plus on monte en complexité, plus on perd en univocité et plus on gagne en irréversibilité.

 

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Dès qu'il y a de la mémoire (donc de la rétroaction), à une même action donnée, la réaction sera, à chaque fois différente et unique.

De plus, la vitesse d'exploration de la mémoire étant ce qu'elle est, plus la réaction doit être rapide, plus l'exploitation des potentiels mémoriels se cantonnera dans la couche de la mémoire la plus active à ce moment-là, ce qui explique la notable imprévisibilité de la réaction.

En conclusion, plus un système est complexe, c'est-à-dire doué d'une mémoire plus importante, plus son comportement est non reproductible et imprévisible.

Plus un système est mécanique (donc avec un niveau très bas de complexité), moins il a de mémoire et, par conséquent, plus sa réaction à un stimulus identique, sera stéréotypée, reproductible, répétitive et prévisible.

Les systèmes mécaniques sont déterministes ; les systèmes complexes ne le sont pas.

Par exemple, on appelle "réflexe" ou "instinct" les réactions mécaniques qui activent peu ou pas du tout la mémoire accumulée.

"Réfléchir" signifie activer la mémoire avant de "réagir".

 

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La matérialité d'un corps, dit Bergson, ne s'arrête pas à sa surface apparente ; elle s'étend partout où son influence se fait sentir.

Il ajoute :

 

"Plus la conscience s'intellectualise, plus la matière se spatialise. (…) Il n'y a dans la Nature que des différences de degré. (…) La philosophie ne peut être qu'un effort pour se fondre à nouveau dans le tout."

 

Il n'y a donc pas de "corps" distincts, pas d'objets ; il n'y a que des vagues à la surface d'un océan continu.

La découpe du Réel en objets matériels, ou en êtres vivants, ou en consciences pensantes, est le fait du regard et non celui du véritable. La Matière, la Vie et l'Esprit sont un et partout présent ; mais ils s'expriment avec des intensités très différentes, d'une "portion" d'univers à l'autre.

 

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La Matière (la matérialité) est la propension volumique, elle est la capacité d'engendrer du volume et de l'espace (de l'entropie, donc).

La Vie (la vitalité) est la propension dynamique, elle est la capacité d'engendrer de l'évolution et de la cinétique (de l'énergie, donc).

L'Esprit (la spiritualité) est la propension eidétique, elle est la capacité d'engendrer de l'ordre et de la forme (de la néguentropie, donc).

 

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La physique classique en se cantonnant, essentiellement dans l'étude du mouvement spatial de points matériels, a totalement occulté les aspects eidétiques et dynamiques du Réel pour n'en prendre que l'aspect volumique.

La physique quantique, en étudiant les aspects ondulatoires du Réel, est entré dans le domaine de son aspect dynamique (harmonique : une longueur d'onde n'est autorisée que si elle mesure un nombre entier de fois la longueur de Planck). La physique complexe, en abordant les notions d'(auto)organisation et de néguentropie, a enfin osé investir les aspects eidétiques.

 

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Le 27/07/2018

 

Une différence essentielle :

 

  • Un objectif : je veux, cette année, dépasser la barre des 100.000 euros de gain (finalisme quantitatif).
  • Un but : je veux posséder, un jour, une maison dans le Morvan (finalisme qualitatif).
  • Une intention : je veux vivre chaque instant de ma vie le plus joyeusement possible (intentionnalisme).

 

Le Réel n'a aucun but, et encore moins d'objectifs. En revanche, le Réel est porté et guidé par une intention.

La sagesse voudrait que les individus et les communautés humaines imitent le Réel, renoncent à se définir des buts et des objectifs, mais se dotent, en revanche, de solides et nobles intentions.

Affirmer une intention, c'est affirmer aussi une vocation : c'est mon intention qui devrait appeler (vocare) chacune de mes actions.

 

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Comprendre un processus complexe requiert de comprendre chacune de ses cinq dimensions :

 

  1. Son Ontologie : ce qu'il est, son vécu accumulé, sa mémoire, ses potentialités, ses talents, sa tradition, son expérience, …
  2. Sa Téléologie : ses intentions, son projet, sa vocation, sa raison d'exister, ses moteurs de devenir, …
  3. Son Ecologie : son territoire,  son monde, ses ressources maîtrisées et accessibles, ses relations, ses alliances, …
  4. Son Axiologie : ses valeurs, ses règles de vie, son économie, ses méthodes, ses modèles, ses doctrines, ses croyances, …
  5. Son Métabolisme : ce qu'il fait, ses activités, comment il réalise son intention, avec ses ressources et talents, dans les règles fixées … 

 

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L'évolution de l'univers, dans sa montée en complexité, se déroule sur trois échelons dont chacun émerge du précédent - sans toutefois ni l'évincer, ni le remplacer : il y a d'abord l'échelon mécanique avec l'apparition de systèmes matériels stables, il y a ensuite l'échelon cybernétique avec l'apparition de systèmes mémoriels stables et il y a enfin l'échelon noétique avec l'apparition de systèmes intentionnels stables.

Notre âge terrestre se situe à la charnière entre l'ère cybernétique et l'ère noétique.

 

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Il est plus que probable que l'univers recèle bien des planètes habitées par des formes vivantes et pensantes. Cependant, il est fort peu probable que ces civilisations soient beaucoup plus avancées que la nôtre : le temps de maturation des processus est homogène dans l'univers qui est, ne l'oublions jamais, une unité organique globale. L'univers évolue à la même vitesse partout.

 

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En thermodynamique, il n'y a jamais de miracle : lorsque l'énergie entrante est très diluée et de mauvaise qualité (haute entropie comme pour l'éolien, l'hydrolien ou le solaire), les rendements et rentabilités sont toujours très bas et donc toujours mauvais. Tous ces "projets" débiles d'énergies dites "renouvelables" que l'on devrait dire "alternatives" (car leur installations n'ont rien de renouvelable), ne tiennent qu'à coup de subventions publiques dilapidées en pure perte. Il est temps de cesser de croire au Père Noël technologique !

 

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Il y a évidemment un concordance implicite entre l'intelligence humaine et le Réel, puisque cette intelligence émerge du Réel et selon le Réel, pour permettre à son porteur de mieux survivre dans le Réel. L'esprit humain est donc, ab initio, bien adapté au Réel. Mais cela ne signifie nullement que cet esprit soit capable d'appréhender la totalité nouménale du Réel : l'intelligence n'a développer que les capacités et grilles de lecture utiles à la survie ; le reste ne fait pas partie de sa mission originelle.

 

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D'Henri Bergson ("Introduction à la métaphysique") :

 

"(…) un absolu ne saurait être donné que dans une intuition , tandis que tout le reste relève de l'analyse. Nous appelons ici intuition la sympathie par laquelle on se transporte à l'intérieur de l'objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et par conséquent d'inexprimable. Au contraire, l'analyse est l'opération qui ramène l'objet à des éléments déjà connus, c'est-à-dire communs à cet objet et à d'autres. Analyser consiste donc à exprimer une chose en fonction de ce qui n'est pas elle. (…) la science positive a pour fonction habituelle d'analyser."

 

L'intuition est donc une intelligence holistique et immédiate de l'objet, non analytique et sans intermédiaire symbolique ou autre. La science positive - au sens du positivisme est effectivement purement analytique ; c'est la raison pour laquelle elle, sans le génie intuitif de quelques "mystiques du Réel", elle ne progresserait guère.

 

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La conscience, puisant dans la mémoire, traduit souvent la sensation en émotion, puis en sentiment. Mais ces traductions, la première primaire et la seconde plus sophistiquée, ne sont pas l'original : elles ne sont que la projection du perçu sur soi, elles ne sont que de la "compassion" au sens étymologique de "souffrance avec l'autre". Elles relèvent donc de l'imaginaire. Celui-ci se met alors au service de la socialité et en oublie la véridicité et la relativité des réalités du Réel. C'est pour ces raisons qu'il faut, non pas rejeter, mais se méfier scrupuleusement des sentiments que l'on éprouve et, surtout, des émotions que l'on ressent.

L'émotion ne révèle rien de réel, mais seulement de celui qui la ressent.

En disant : "j'ai peur", on dit seulement : "je suis peureux", mais ne dit rien de "ce qui fait peur". D'un mot, disons que l'émotion est nombriliste et narcissique.

 

A notre époque, presque tout se joue sur l'émotion contre l'intelligence. Tout s'y joue sur la peur, la pitié, la haine, le plaisir, la sensiblerie et la sentimentalité. La raison en est simple : notre époque est incroyablement narcissique et nombriliste. Tant qu'elle restera dans ce marais primaire et inintelligent, l'humanité demeurera enfermée dans son âge puéril et sera incapable de passer à l'âge adulte. Car l'âge adulte est précisément cette maturité qui préfère la véridicité à l'émotivité, qui préfère le réel à l'imaginaire, qui préfère le vécu au ressenti.

 

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Le 28/07/2018

 

L'actualité française, aujourd'hui, préfigure bien la grande guerre qui va se dérouler partout entre le "monde d'avant" ou "ancien monde" (socialo-populisme et conservato-bourgeoisisme, particratie, carriérisme politicien, électoralisme, obsession de "croissance" économique, de "plein-emploi" et du mythe de la technologie … thuriféraires, donc, de la "courbe rouge" de l'ancien paradigme sénescent) et le monde d'après ou "nouveau monde" (macronisme comme "brouillon" de la "courbe verte", celle du nouveau paradigme émergent).

Tous les médias, de gauche comme de droite, sont d'un anti-macronisme maladif et obsessionnel (en plus : le macronisme dédaigne - à juste titre - ces médias et ces réseaux sociaux, et les relègue à ce qu'ils sont : des instruments de sensationnalisme, de manipulation, de désinformation et de lynchage où tout fonctionne à l'agressivité, à la méchanceté, à l'émotion et à l'inintelligence).

Les partis de l'ancien monde, toutes tendances confondues, se déchaînent sur les registres de la haine, de la mauvaise foi, de l'invective, de la calomnie, mais sont incapables de la moindre contre-proposition intelligente et sérieuse (en revanche, le n'importe-quoi démagogique y va bon train).

Cela illustre parfaitement la devise des "Culturels créatifs" (que j'avais étudiés vers la fin des années 1990 d'après les travaux de Ray et Anderson) : "Ni gauche, ni droite ; en avant !".

Ce sont ces "culturels créatifs" et leurs émules, qui ont élu Macron. Ils ont été imités par des déçus des autres camps qui, quoiqu'il arrive, seront toujours des déçus de quelque chose et retournerons leur veste à chaque nouveau vent ou cap.

 

Ce que les Français ne semblent pas toujours comprendre, c'est que s'ils ne soutiennent pas Macron (malgré ses côtés jupitériens qui agacent sans doute les derniers invalides du bonnet phrygien) et que celui-ci, s'il venait à n'être pas réélu (ce dont je veux douter), cède la présidence à un dinosaure démagogique de l'ancien monde (de quelque bord qu'il vienne : FI, PS, LR ou RN), alors il arrivera à la France ce qui est arrivé en Irak, en Libye, en Palestine, en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan, presque partout en Afrique noire, dans le Maghreb, en Egypte, au Venezuela, - mais aussi en Grèce, en Grande-Bretagne ou en Italie - et bientôt en Pologne, en Hongrie, en Russie et aux USA -, et que Jared Diamond appelle un "effondrement".

S'il reste quelque chose debout dans cette logique générale d'effondrement, ce seront les deux piliers du monde de demain : le monde asiate (Chine, Japon, Corée et les autres) et le monde européen (surtout autour de sa composante celte (Germanie, Scandinavie, Alsace, Lorraine, Bretagne, grande Flandre de Groningen à Lens, Arras et Dunkerque, Suisse, Ecosse, pays de Galles, Irlande, … - sa composante méditerranéenne étant complètement dégénérée et corrompue - sauf du côté atlantique du Portugal et de l'Espagne).

 

 

N'en déplaise aux crétins de l'antiracisme compulsif, les moteurs de l'avenir de l'humanité, s'i elle en a un, seront le monde "jaune" et  le monde "blanc", car le "monde noir" (y compris méditerranéen) n'existe déjà plus : il n'est plus que l'immense fabrique d'une hallucinante démographie condamnée.

 

 

 

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Mes idées vivent et évoluent au fil de mes lectures et de mon cheminement. Elles sont ce qu'elles sont. Et je ne perdrai pas une seconde de mon temps trop court pour les défendre, les discuter, les argumenter, les débattre. Ce que les autres en pensent, m'indiffère royalement. Je fais ma vie intérieure ; qu'ils fassent la leur comme bon leur semble.

Il faut confronter et valider ses idées, bien sûr, mais c'est de grands livres et de belles expériences dont on a besoin pour cela ; pas les oiseuses discussions de café du commerce avec monsieur ou madame Tartempion.

 

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De Gabriel Attal pour décrire l'art des politiciens et des journalistes :

 

"15 tonnes de mousse avec 150 grammes de savon."

 

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Moins un système est complexe, moins il a de mémoire et plus il fonctionne mécaniquement. Et réciproquement et inversement.

 

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Le 29/07/2018

 

Le mot Elohim si banalement traduit par "Dieu" ou par "dieux" (le pluriel est seul exact), mais si étrange et mystérieux en fait, s'écrit, en hébreu, ALHYM.

Ce mot est le pluriel masculin de ALH, d'essence féminine (du fait du H final), qui signifie soit "déité", soit "déesse". Mais ce même mot ALH désigne aussi le verbe "jurer" et son objet : le "serment" (ce qui prend une singulière importance dans un contexte spirituel où la notion d'Alliance est cruciale). Et ce même verbe prend encore le sens de "se lamenter". Et l'on se prend à méditer sur le rapport qu'il pourrait exister entre ce "serment" et cette "lamentation" …

Le mot AL, dont ALH procède, signifie "dieu" ou "diviniser", mais indique aussi une destination, une intention, un dessein : "vers, pour" … ou une interdiction : "ne … pas" … ou encore "ceux-ci" ou "celles-ci", désignant des "autres".

Le fameux mot ALHYM peut aussi se lire autrement. Par exemple, comme AL-H-YM (El ha-Yam) qui dignifie : "dieu de la mer", ou comme Al-HYM (El-Haym) qui signifie  "dieu bruyant" ou "dieu gémissant" (ce qui rappelle un des sens du verbe ALH).

Mystère des mots …

 

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Les huit facteurs classiques d'effondrement selon Jared Diamond :

 

  1. La déforestation
  2. L'épuisement des sols
  3. La raréfaction de l'eau douce
  4. La chasse intensive
  5. La pêche intensive
  6. L'introduction de nuisibles allogènes
  7. La croissance démographique
  8. L'empreinte écologique par habitant

 

Auxquels il en faut ajouter quatre, plus originaux :

 

  1. Le dérèglement climatique
  2. La pollution chimique
  3. Les pénuries d'énergie
  4. La carence de photosynthèse

 

On est vraiment bien parti !

 

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Les dix commandements pour survivre demain :

 

  1. Vivre à la campagne, le plus loin possible des villes.
  2. Ne rien manger, ni boire qui soit industrialisé.
  3. Ne pas recourir à la médecine officielle et ne jamais aller à l'hôpital.
  4. Viser l'autarcie énergétique.
  5. Gérer un potager, un verger, un étang, un bois et des prairies, des poules et des lapins.
  6. Eliminer toutes les activités non indispensables.
  7. Acquérir de bons vêtements et les user.
  8. Se déplacer le moins possible.
  9. Posséder une panoplie complète de bons outils et un bon fusil avec munitions.
  10. Fuir la plupart des humains.

 

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Le 30/07/2018

 

Le grand combat idéologique de la modernité, au 19ème siècle (entre 1792 et 1914), fut de subordonner l'ontologie (la réalité) à l'axiologie (les valeurs, les "idéaux").

Un cas particulier extrêmement important et d'actualité, est celui de vouloir placer ce que chacun est réellement, au fond de lui-même (sa race, son sexe, sa religion, son terroir, sa famille, sa langue, sa culture, …), en-dessous du statut artificiel et administratif de citoyen national, et de l'y subordonner radicalement.

C'est cela le fondement axial de la laïcité, du laïcisme et des prurits laïcards : le statut de "citoyen" efface toutes les différences et, surtout, détruit toute autorité morale éventuellement liée à ces différences !

L'infâme abbé Grégoire, soi-disant "émancipateur" des Juifs, résuma bien le choix : "Tout pour les citoyens français de confession israélite, mais rien pour les Juifs en tant que Juifs". La messe est dite !

Il faudrait que chacun renonce à ce qu'il est, pour pouvoir "jouir" de la "promotion exceptionnelle" d'être citoyen et de tous les "droits et privilèges" liés à ce statut.

 

Aujourd'hui, ce statut de citoyen ne veut plus rien dire ; la carte d'identité ou d'électeur est juste une "carte de membre" comme les autres, qui permet de profiter (et pour certains, le mot est faible) des assistanats de l'Etat.

L'appartenance nationale est morte - et de plus en plus morte - chez les jeunes et les immigrés.

Ou plutôt, cette appartenance participe de tout un éventail d'appartenances diverses et variées et ne jouit d'aucun statut de prééminence ou de prédilection.

L'idée même de "Nation" a perdu tout sens … s'il en eut jamais un. Les concepts de "Nation" ou de "Peuple" sont d'ailleurs des miroirs aux alouettes, des leurres idéologiques qui sont censés légitimer l'Etat qui les "incarne". Ici, encore, il faut cesser de marcher cul par-dessus tête : l'Etat - monarchiste par essence - a imposé ses pouvoirs artificiels, au nom "du peuple, de la nation et de la société" (trois fictions idéologiques et abstraites) , sur une constellation de communautés de vie, autonomes et interdépendantes, qui ne lui demandaient rien.

 

Toute cette démarche s'inscrit dans une délétère inversion métaphysique (celle des rapports entre ontologie et axiologie) ; elle participe d'un idéalisme naïf (pléonasme !) et d'une idéologie simpliste (autre pléonasme !).

Quand on lit, dans la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" de 1789, des inepties aussi énormes que :

 

  • "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits."
  • "La Loi est l'expression de la volonté générale."
  • "Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément."
  • "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui"

 

… on rit jaune.

 

Il faut inverser toute cette fausse logique (si l'on veut contrer, par exemple, les délires facho-féministes, rétro-racistes, homolâtres et islamo-fascistes qui tous, avec une mauvaise foi flagrante, usent et abusent de l'égalitarisme citoyen pour imposer leur totalitarisme activiste) ; il faut remettre l'ontologie par-dessus l'axiologie, le réel par-dessus le phantasme.

Il y a urgence !

 

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Elle va finir par faire son chemin cette idée que je défends depuis longtemps que l'Europe de l'ouest et de l'est (en gros l'UE et la Russie), doivent faire bloc CONTRE les autres continents et, surtout, contre l'Amérique du Nord (totalitarisme économiste et technologiste) et l'Afrique (idéologisme humanitaire et parasitaire).

 

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D'Albert Einstein :

 

" Il est un droit humain qui est rarement mentionné, mais qui semble être destiné à devenir très important : c'est le droit ou le devoir de l'individu de s'abstenir de coopérer à des activités qu'il considère comme mauvaises ou pernicieuses."

 

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De Václav Havel  :

 

" L’espoir, ce n’est pas l’optimisme. Ce n’est pas non plus la conviction qu’une chose va bien se passer, mais au contraire la certitude que cette chose a un sens, quelle que soit la façon dont elle va se passer."

 

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Il faut relire ce livre de Michel Crozier, paru en 1971, je crois, et intitulé : "Le phénomène bureaucratique". Il n'a pas pris une ride.

L'idée en est simple et exacte : la bureaucratie (publique ou privée, d'ailleurs) se développe comme un cancer, au seul profit de sa prolifération, en se nourrissant, jusqu'à l'épuiser, du corps social qui la porte.

 

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Marche, mon ami, marche. La joie n'est pas au bout du chemin, la joie est dans le cheminement !

 

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La médecine a grand besoin d'être révolutionnée tant dans ses conceptions (la vision complexe holistique est indispensable contre les mauvais effets de la conception analytique et mécaniste) que dans ses pratiques (notamment, la pratique d'une médecine à distance grâce aux algorithmes et à la numérisation).

 

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Il faut combattre pour la Régularité maçonnique et, au-delà du brouhaha médiatique, idéologique et politico-affairiste des pseudo-obédiences non-maçonniques (GO, DH, etc …), faire rayonner la Franc-maçonnerie authentique, spirituelle et traditionnelle telle que nous l'avons héritée des œuvriers des chantiers gothiques.

Surtout, ne pas croire que la vocation maçonnique soit de changer les hommes, la société ou le monde, et bien voir que cette vocation est d'illuminer les âmes, les esprits et les cœurs afin que les initiés deviennent des foyers rayonnants d'Esprit.

 

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L’intuition primordiale de l’ordonnancement des choses … c'est le Grand Architecte de l’Univers !

 

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Je crois que tout homme est porteur d'une vocation profonde. Je crois que l'existence ne prend sens et valeur que tout entière dédiée à cette œuvre qui réalise cette vocation. Chaque existence est une manifestation de Vie et d'Esprit dont la seule justification est de produire une œuvre qui contribue à l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit. C'est donc l'œuvre qu'il faut regarder, pas l'intermédiaire égotique qui n'est qu'un ustensile assez dérisoire.

 

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De Georges Bernanos, dans "La liberté pour quoi faire ?", dit ceci à propos de l'homme occidental contemporain :

 

"(…) l'orgueil de ce perpétuel fuyard, l'appétit de jouissance de ce malade qui ne peut plus jouir qu'au prix des plus grands efforts, qui éprouve une fringale pour tout, parce qu'il n'a réellement plus faim de rien."

 

L'expression est terrible, parce que terriblement vraie : "qui éprouve une fringale pour tout, parce qu'il n'a réellement plus faim de rien".

Se goinfrer n'est pas se délecter.

 

Et Bernanos ajoute :

 

"L'homme des machines est un anormal".

 

Ce n'est pas la machine qui est en cause, mais bien la mécanisation (et la numérisation complète mais insidieuse) de l'homme qui, par servitude volontaire, se complaît à n'être plus qu'un rouage d'une énorme machine à produire et à consommer, comme le dit Ivan Illich.

 

Ah ! Ce cri de Bernanos :

 

"Il faut se hâter de sauver l'homme, parce que demain il ne sera plus susceptible de l'être, pour la raison qu'il ne voudra plus être sauvé."

 

Ce n'est pas l'homme qu'il faut sauver, c'est son patrimoine intellectuel. La foule des humains, elle, ne vaut pas la peine d'être sauvée.

Tout l'essentiel de l'humanité tient en quelques milliers de livres dus à quelques milliers d'hommes et de femmes authentiques. Le reste …

 

Encore une fois, il faut saluer, ici, pour sa pertinence et sa profondeur philosophiques, le film des frères (des sœurs ?) Wachowski : "The Matrix" où, finalement, tout se réduit à faire le choix entre la pilule rouge (le Réel) et la pilule bleue (l'Illusion).

"La liberté pour quoi faire ?" : pour faire ce choix entre deux pilules …

Mais il faut bien comprendre que cette pilule bleue pour laquelle optent 85% des humains d'ici et dont rêvent 95% des humains d'ailleurs, est un poison mortel qui, pour être fabriqué industriellement, saccage la Vie et l'Esprit.

La pilule bleue tue la Vie car elle mobilise beaucoup plus de ressources que la Vie ne peut, ne pourra jamais en produire : la Vie s'épuise et la Nature en meurt.

La pilule bleue tue l'Esprit car elle impose de ne plus penser, de ne plus cultiver aucun esprit critique, elle impose de se laisser imposer les questions et les réponses, les envies et les plaisirs, les besoins et les satiétés.

"No tracas, no fracas".

 

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De Lorant Hecquet ("Convergences de Vézelay") :

 

" La vision cosmique d'Hildegarde de Bingen, au 12ème siècle, est celle d'un monde de beauté et d'harmonie, régi par les lois divines, créé par Dieu. Chaque créature vivante, homme, animal, végétal, minéral, participe de ce rayonnement, sur la terre où se manifeste la vie, au cœur des éléments, entouré par les étoiles ... et chaque créature vivante est vivifiée par cette source illimitée de vie, d'amour et de lumière. Selon Hildegarde, il appartient à l'humanité de chérir la création tout entière et de la magnifier. L'homme est le réceptacle de toutes les énergies du cosmos et de la terre, et le pouvoir lui a été donné de transformer ces énergies. L'homme peut faire chanter la terre et le ciel.  Cette grandeur de l'homme, bien qu'il ne soit qu'une créature limitée à l'échelle d'un univers grandiose, lui confère une immense responsabilité."

 

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Toutes les infamies accumulées du 20ème siècle, les catastrophes guerrières de Verdun, du Chemin des Dames ou de l'Yser, les catastrophes génocidaires d'Auschwitz, Bergen-Belsen ou Treblinka, les catastrophes militaires de Stalingrad, d'Hiroshima et de Nagasaki, les catastrophes totalitaires du Goulag, des Camps de rééducation ou des Khmers rouges, les catastrophes industrielles de Bhopal, de Seveso ou de l'Amoco-Cadiz, et toutes les autres catastrophes qui, pour être moins connues, n'en sont pas moins nombreuses, ni moins atroces, tout cela n'a qu'une seule et unique cause et relève d'une seule et même généalogie : la Modernité, c'est-à-dire cette religion théurgique de l'Homme et du Progrès, c'est-à-dire le triomphe de la voie idéologique (toute idéologie est toujours, à la fois, théurgique et totalitaire) sur les voies de la Vie et de l'Esprit.

 

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Ce n'est pas au Réel de devenir ce que l'homme en désire, c'est à l'homme de faire ce que le Réel en exige !

 

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Le 31/07/2018

 

On confond souvent la problématique de la démographie humaine globale, celle des flux migratoires qui, quoique corrélés à la démographie, n'en sont pas des conséquences automatiques, celle du vieillissement des populations dans certaines zones du globe et celle des pénuries mondiales de ressources.

Personne ne remet plus en cause l'infernale logique de la croissance démographique globale qui nous amène aux alentours de 10 milliards d'humains sur Terre en 2050 … ce qui, "toute autre chose restant égale par ailleurs", nous fait 8 milliards de trop par rapport aux capacités d'auto-régénération de la planète.

La question reste ouverte sur la supposée déferlante migratoire africaine vers l'Europe, telle que décrite dans "La ruée vers l'Europe" de Stephen Smith ; les chiffres se contredisent … mais : "mieux vaut prévenir que guérir".

Le vieillissement des populations en Europe, en Amérique du Nord et en Chine est une excellent nouvelle puisque cela implique, en quelques décennies, une décroissance démographique à la fois rapide et indispensable.

Enfin, on ne parle pas du tout assez du rapport entre les réserves totales de ressources et la population mondiale ; c'est pourtant ce rapport (la capacité de ressource par humain) qui est crucial et vital, … et il diminue à toute vitesse.

 

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Ce que Bernanos appelle "l'instinct de justice" est exactement ce que Nietzsche appelait "la morale du ressentiment" : c'est la haine des insatisfaits envers les satisfaits, leur désir jaloux de les ravaler à leur rang à eux, leur incapacité d'assumer ce simple fait que chacun est responsable de soi et du sort qu'il se construit.

Cet instinct de justice braille, à tout va, que ce sont "les autres" qui sont responsables de nos malheurs et de nos misères.

Je le répète avec force et vigueur : un pauvre peut l'être en matérialité, en vitalité, en socialité, en intellectualité ou en spiritualité ; un pauvre, ce n'est pas quelqu'un qui ne possède pas assez, c'est quelqu'un qui vit au dessus de ses moyens ; un pauvre, ce n'est pas quelqu'un qui ne gagne pas assez, c'est quelqu'un qui dépense trop.

Il ne s'agit aucunement de renoncer à toute forme de solidarité. Il s'agit de voir cette solidarité sous deux angles : le premier est que la solidarité doit être libre et non imposée (elle ressort de la sphère privée et non de la sphère publique), et le second est que la solidarité n'est pas une solution, mais un pis-aller : elle ne peut et ne doit jouer que par exception rare et à titre très temporaire.

Chacun doit prendre sa propre vie dans ses propres mains ! Ce qui n'empêche nullement un coup de pouce occasionnel …

 

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Au sein d'une communauté civilisationnelle continentale, chaque bassin socioéconomique peut et doit développer et affirmer ses singularités, ses spécificités et son génie (la richesse naît de la diversité), mais jamais au détriment de la cohésion et de la cohérence globales du continent concerné.

A ce titre, toutes les velléités locale de nationalisme, de patriotisme ou de souverainisme sont des cancers destructeurs qui l'affaiblissent considérablement face à la puissance des autres continents actifs.

N'oublions jamais que les Etats modernes et les nationalismes qu'ils ont engendrés, sont des phénomènes récents, essentiellement européens et datant seulement de la fin du 19ème siècle.

Les réalités continentales et civilisationnelles sont bien plus anciennes et fondamentales que cela.

Les nationalismes n'ont aucun fondement ; la France, l'Allemagne ou l'Italie sont des constructions artificielles et récentes.

 

[1] Le haut moyen-âge fut la seule période où exista un réel christianisme unitaire.

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Le Tome 17 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)