Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Juillet 2022

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/07/2022

 

Dans le Réel, rien n'est infini et rien n'est vide.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout s'accumule.

 

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La théorie éternaliste de l'univers-bloc qui postule que le temps n'existe pas et que la conscience (l'illusion d'un présent) parcourt une trajectoire fixe dans un espace-temps complet (incluant tout le passé et tout le futur) est une fumisterie.

Tout comme l'est la vision physicienne classique dite "présentiste", qui postule que le passé disparaît, que le futur n'existe pas et que seul le présent est réel.

Ces deux théories sont démenties radicalement par l'expérience puisque la croissance de complexité et l'indéterminisme excluent l'idée d'un futur déjà là de toute éternité (quelle raison y aurait-il à ce qu'existe une flèche du temps si ce temps … n'existait pas ?), et que la mémoire qui existe partout, exclut que le passé ait disparu.

Le temps existe bien (anti-éternalisme), mais il ne passe pas (anti-présentisme) : il s'accumule (constructivisme).

 

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L'interprétation des résultats expérimentaux impliquent une théorie préalable qui permette cette interprétation et la construction des instruments de mesure.

Le fait brut n'existe pas. On ne trouve que ce que l'on cherche.

 

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Ce que l'on appelle "énergie noire" et "matière noire" permettent de réconcilier les mesures expérimentales et le calcul théorique (basé sur la relativité générale). En fait cette énergie noire (de l'activité inobservable) et cette matière noire (qui n'est pas de la matière) participent de l'univers prématériel et constituent le "fond" dont l'activité et les masses matérielles ont émergé.

En réalité, nos expérimentations humaines participent intégralement et exclusivement de la "couche" matérielle de l'univers. La Vie (l'activité prématérielle) d'en dessous de la Matière (notre "couche" matérielle) et l'Esprit (la logicité immatérielle) d'au-dessus de la Matière, échappent à toutes nos observations et mesures humaines ; ils n'en existent pas moins et conditionnent notre réalité matérielle.

 

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Le big-bang n'est pas l'acte de naissance de l'univers, mais bien l'acte de naissance (de l'émergence) de la matière dans l'univers.

 

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Les trois piliers de la cosmologie de demain seront :

 

  • la relativité générale pour décrire les aspects topologiques du Réel, entre spatialité (volume) et matérialité (surface),
  • la modélisation quantique pour en décrire les aspects eidétiques, entre complexité (ordre constructif) et uniformité (ordre dissipatif),
  • la thermodynamique dissipative pour en décrire les aspects dynamiques (l'approche processuelle des émergences), entre temporalité (dissipation accumulative) et activité (dissipation émergentielle).

 

Du point de vue de la dynamique cosmologique (la cosmogonie), deux regards sont essentiels : celui portant sur l'émergence des noyaux galactiques (appelé aussi "trou noir"), à l'échelle gigascopique, et celui de l'émergence des neutrino et des protéus (alliance proton/électron) à l'échelle nanoscopique. Ces deux processus sont conjoints : il ne peut exister de production matérielle (protéique) que dans les noyaux galactiques (la matière étant l'émergence dissipative - l'exutoire - des tensions monstrueuses locales entre accrétion et expansion).

 

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Toute émergence (quelle que soit l'échelle où l'on se situe entre le protéus et l'amas galactique en passant par l'atome, la molécule, le cristal, la cellule, l'organisme, la communauté, la planète, l'étoile, la galaxie, …) est une encapsulation qui vise à concentrer les tensions dans un volume minimal (en les organisant sur un niveau supérieur de complexité) pour en libérer l'espace environnant.

 

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Le principe cosmologique postule que l'univers est homogène et isotrope.

Jusqu'à preuve du contraire, ce principe est largement confirmé par les observations au moins dans l'espace topologique.

En revanche, il ne l'est pas du tout dans la dimension temporelle où de l'inhomogénéité se développe entre les océans de vide et les archipels galactiques qui concentrent les complexités.

 

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Le libéralisme, c'est aussi le refus net du clivage entre gauche (égalitarisme) et droite (conservatisme).

Le Réel est fondamentalement inégalitaire (les différences sont une grande richesse et rendent les complémentarités possibles) et transformatrice (les évolutions fondent la réalité processuelle de tout ce qui existe).

 

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Les Européens ont difficile à comprendre que l'immense majorité des Américains sont des incultes et des ignares, totalement inféodés à une culture pseudo-biblique chrétienne, obsédés de puissance et d'hégémonie, mais malheureusement capables d'attirer et d'hypnotiser les meilleurs cerveaux du monde pour laisser croire que les Etats-Unis sont l'épicentre de l'intelligence, de la science et de la technologie.

 

Il est urgent de dissoudre l'OTAN et de rompre les liens entre l'Euroland et l'Angloland qui ne sont que des liens d'assujettissement du premier au second.

L'Euroland doit devenir totalement autonomie : économiquement, militairement, diplomatiquement, technologiquement et scientifiquement.

 

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Le plus grand ennemi des humains, c'est l'hédonisme c'est-à-dire cette propension au nombrilisme permanent et ce refus de se mettre au service de ce qui nous dépasse.

La vie ne prend sens et valeur que dans l'effort à se dépasser.

 

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La démocratie n'a, au fond, aucune importance et constitue un faux problème. Il faut seulement que le libéralisme triomphe partout, c'est-à-dire le principe essentiel de l'autonomie personnelle et collective.

Si cette autonomie est garantie, les "pouvoirs" politiques, noétiques et économiques seront forcés de s'y mouler et d'y trouver leur place, discrète et marginale, bienveillante et dévouée.

 

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Le 02/07/2022

 

Le choc pétrolier lié à la guerre de Kippour en 1973 a sonné le glas de la croissance exponentielle des "trente glorieuses" (1945-1975) et les prémisses des "trente piteuses" (1975-2005) … en attendant les "trente calamiteuses" (2005-2035).

Depuis, Malthus a de plus en plus raison face à Schumpeter pour la simple raison que la croissance des rendements technologiques se ralentit asymptotiquement face, d'une part, à une population - donc une consommation - qui croît exponentiellement et face, d'autre part, à des stocks de ressources qui décroissent exponentiellement (le ressources dites renouvelables et les ressources recyclées ne couvrant seulement qu'une petite part des besoins, entre 15 et 20%).

Et Philippe Charlez de conclure :

 

"Sur le long terme, la Nature donne donc raison à Malthus."

 

Dont acte !

 

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Il est urgent de sortir des stratégies consuméristes de l'offre (vendre à tire-larigot de l'inutile à grand coup de marketing) et d'entrer dans des stratégies préservatives de la demande (vendre seulement ce qui est nécessaire, voire indispensable).

 

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Le 20ème siècle a été le "siècle sale" qui a induit la majeure partie des pollutions du monde. Depuis la fin des années 1990, une certaine prise de conscience a permis de limiter les dégâts sans pour autant guérir la planète.

 

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Pour une entreprise, il y a deux manières d'engendrer du profit : soit par la tactique productive et compétitive (travailler plus et mieux), soit par la tactique financière et rentière (vendre ses actifs).

Une bonne partie de l'humanité (le Russoland, l'Islamiland, l'Afroland, notamment) a fait de même avec cet actif fabuleux mais limité et fragile qui s'appelle la Nature.

 

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L'endettement doit toujours être minimal et bref. Vivre sur la dette est une faute grave que beaucoup de pays (dont la France depuis le programme socialo-communiste de Mitterrand prolongé par les délires de Martine Aubry) commettent allègrement.

Mais cette même faute grave est commise depuis un siècle et demi par l'humanité entière vis-à-vis de la Nature qui nous "prête" des ressources que nous ne remboursons presque jamais. Mais aujourd'hui ce banquier généreux est proche de la banqueroute.

 

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Deux doctrines s'opposent : le libéralisme et l'idéologisme.

L'idéologisme se nourrit d'idéalité et promet un autre monde (ailleurs ou plus tard) meilleur que celui-ci.

Le libéralisme, lui, ne se nourrit d'aucune idéalité, mais de la seule réalité, et il ne promet aucun futur meilleur, mais il construit le présent du mieux possible.

 

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Là où l'autonomie personnelle et collective est protégée, la démocratie n'est plus nécessaire.

 

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La finance spéculative (la philosophie de la rente et du pari sur le futur) s'oppose radicalement à l'économie productive (la philosophie du travail et de la construction du présent).

La finance est le poison de l'économie.

 

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L'humanité doit dépasser les morales et réinventer l'éthique, tant vis-à-vis d'elle-même que vis-à-vis du monde naturel qui l'entoure.

L'essentiel n'est pas d'avoir de bons principes ; l'essentiels est d'avoir les bons comportements.

 

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D'Albert Einstein :

 

"La thermodynamique classique est la théorie physique de contenu universel dont j'ai la conviction qu'elle ne sera jamais mise à bas."

 

Quoique la traduction française de cette parole ne soit ni très bonne, ni complète, la mise en exergue de la thermodynamique, par un non thermodynamicien nommé Einstein, est importante.

 

Le texte exact d'Einstein dit ceci :

 

"Une théorie est d'autant plus impressionnante que ses fondements sont simples, qu'elle se rapporte à des domaines variés et que son champ d'application est vaste. C'est pourquoi la thermodynamique classique me fait une si forte impression. C'est la seule théorie physique de portée universelle dont je suis persuadé que, dans le cadre où ses concepts de base s'appliquent, elle ne sera jamais mise en défaut"

 

Dommage que le nom de cette science soit si moche, si restrictif et si désuet ; il faudrait plutôt l'appeler  par d'autres noms : "processologie" ou "transformatologie" ou "évolutologie" …

Car, en effet, la thermodynamique est la grande branche de la physique qui étudie tous les processus de transformation et d'évolution.

Elle parle d'états successifs, d'échanges, de dissipations … ; elle s'est inventée des concepts comme entropie et néguentropie, comme pression (tension) et température (activité), etc …

Depuis sa naissance au 19ème siècle (Carnot, Clausius, Boltzmann, Kelvin, …), la thermodynamique a diablement évolué, elle aussi ; elle a peu à peu quitté le domaine des machines dites thermiques, pour devenir la science des systèmes et processus complexes à partir des années 1960 grâce, surtout, à mon maître et mentor, Ilya Prigogine.

 

L'humanité étant un processus en marche, ainsi que la Nature qui la nourrit et sur laquelle elle s'appuie en tout, les modèles de la thermodynamique sont cruciaux pour comprendre les évolutions de l'humanité et de la Nature, ainsi que celle de leurs rapports réciproques.

 

La thermodynamique nous dit, au fond, des choses très simples :

 

  • Toute transformation constructive (comme la survie d'un être vivant, par exemple) consomme des ressources (matérielles et/ou énergétiques).
  • Tout monde fermé contient une quantité finie de ressources et, à l'énergie solaire (très diluée) près, la Terre est un système fermé.
  • Les ressources se conservent en quantité (masse), mais pas en qualité (néguentropie).
  • Consommer une ressource signifie la détruire.
  • Une ressource laissée à elle-même, voit sa qualité inexorablement se dégrader.

 

Ces quelques petites phrases montrent toute l'importance que la thermodynamique prend dans la compréhension de l'économie humaine (la question de la survie) et de l'écologie humaine (la question des ressources).

 

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Tout système évolue de manière à extrémiser la quantité d'informations qu'il contient. Soit en rendant cette quantité très petite : c'est la voie de l'uniformité (l'entropie devient maximale en dissipant de l'énergie : dilution, uniformisation, homogénéisation), soit en la rendant très grande : c'est la voie de la complexité (la néguentropie devient maximale en captant de l'énergie : organisation, construction, fractalisation).

 

Pour se maintenir en vie, tout système complexe doit se nourrir (donc détruire) d'autres systèmes apportant, à la fois, énergie et néguentropie (à noter : la matière est de l'énergie compactée et façonnée, donc informée), … mais pas n'importe lesquelles puisqu'elles doivent être compatibles c'est-à-dire assimilables (c'est le rôle du travail économique de rendre certaines ressources assimilables par l'humain).

 

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L'uniformité (l'autre nom de l'égalité), c'est la mort (le triomphe de l'entropie sur l'information).

La vie, l'évolution, l'organisation, la production, tout cela vient des différences c'est-à-dire des inégalités.

Au sens doctrinal, l'égalitarisme est une hérésie absurde et absolue. Les différences sont vitales et doivent être reconnues, non comme sources d'oppressions destructives, mais comme sources de complémentarités constructives.

 

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Il existe trois propensions néguentropiques :

 

  • Accrétion : tendance topologique qu'ont les systèmes compatibles à se rassembler.
  • Intégration : tendance dynamique qu'ont les systèmes rassemblés à échanger.
  • Emergence : tendance eidétique qu'ont les systèmes interactifs à fusionner

 

Il existe les trois propensions symétriques de nature entropique :

 

  • Dispersion : tendance topologique à s'éloigner et à fuir le semblable.
  • Individuation : tendance dynamique à préférer l'autarcie.
  • Désagrégation : tendance eidétique à détruire toutes les relations.

 

La réalité humaine est perpétuellement oscillante au sein de ces trois bipolarités.

 

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On ne comprend rien à l'évolution des processus, quels qu'ils soient, surtout s'ils sont complexes, si l'on ne comprend pas que cette évolution a un sens, c'est-à-dire qu'elle ne résulte ni d'un causalisme, ni d'un finalisme, mais bien d'un constructivisme porté et animé par une intention immanente et intrinsèque.

 

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Il faut noter ce très bon résumé de Philippe Charlez :

 

"Comme tout système dissipatif hors équilibre, pour maximiser son énergie libre [avoir de l'énergie en soi disponible pour agir} et minimiser son entropie interne [maintenir un haut niveau d'organisation et de complexité], la matière vivante a besoin d'absorber un flux d'énergie en entrée [des ressources nobles] et de rejeter un flux d'entropie en sortie [des déchets plus ou moins polluants]."

 

On peut tenter d'optimiser tout cela c'est-à-dire absorber les ressources les plus essentielles, sans gaspillage ni caprice, et rejeter les déchets les moins nocifs en quantité minimale, mais la logique globale demeurera quoiqu'on fasse. Même la bêtise humaine doit obéir aux lois de la physique, en général, et de la thermodynamique, en particulier.

 

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Il faut absolument bien comprendre que l'état d'entropie maximale que l'on appelle "état d'équilibre" est totalement synonyme à ce que l'on appelle prosaïquement "la mort" : un cadavre se décompose et se dilue dans l'environnement sans plus aucune différence de température ou d'activité.

Vivre, c'est fonctionner (aussi optimalement que possible) loin de l'équilibre !

Vivre, c'est dissiper, en permanence, des tensions irréductibles entre défense et conquête, entre conservation et construction, entre rigidité et adaptabilité.

 

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Selon Philippe Charlez, face à l'évolution défavorable de son environnement, trois scénarii sont déterminants :

 

  • la migration : je pars ailleurs là où l'herbe est plus verte,
  • la coopération : on se serre les coudes car ensemble on résiste mieux et ce, sous trois formes : le mutualisme, le commensalisme et le parasitisme,
  • l'innovation : j'invente de nouveaux modes d'existence sur un niveau supérieur de complexité.

 

C'est exactement le cas de notre époque qui connaît la fin de l'abondance et doit inventer de nouveaux modes de vie basés sur la frugalité démographique et consommatoire, la réticularité numérique et fraternelle, et l'accomplissement écologique et spirituel.

 

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Le 03/07/2022

 

Philippe reprend sa synthèse de définition d'un processus complexe (quoique le mot-clé "processus" n'y apparaisse pas, ce qui est dommage) :

 

"(…) Les structures dissipatives hors équilibre sont toutes traversées par un flux d'énergie entrant, brûlant d'autant plus d'énergie que la structure est complexe et riche en informations, toutes minimisent leur entropie interne, maximisent leur énergie libre et, par voie de conséquence, augmentent l'entropie du milieu extérieur en y rejetant des déchets fortement entropiques."

 

Reformulons …

 

Tous les processus complexes discernables (repérables comme une entité à part entière) et cohérents (animés d'une logicité propre) :

 

  1. absorbent des ressources venant de l'extérieur, faites d'énergie dense et très organisée (d'un bon niveau néguentropique),
  2. afin d'alimenter leur haut niveau néguentropique (qui est la mesure de leur complexité intrinsèque)
  3. et de constituer, au meilleur niveau, un stock d'énergie disponible pour leurs activités,
  4. et rejettent, à l'extérieur, des déchets faits d'énergie diluée et déstructurée d'un haut niveau entropique).

 

A noter que :

 

  • le premier principe de la thermodynamique enjoint que l'énergie se conserve (énergie interne = énergie entrante - énergie sortante),
  • le second principe exprime que le flux de néguentropie se dégrade toujours (néguentropie sortante << néguentropie entrante + néguentropie interne).

 

Cela signifie que plus la complexité d'une entité monte, plus elle dégrade son milieu.

L'écologie ne consiste pas à nier ou à empêcher cette dégradation inéluctable, mais à la minimiser en diminuant la taille de l'entité (décroissance démographique), en diminuant sa voracité (décroissance consommatoire : frugalité et économie de la valeur d'utilité pour moins d'activité), et en diminuant les rejets de déchets (recyclage et anti-gaspillage),

 

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Du point de vue des systèmes complexe, l'entropie, c'est le poison, l'entropie, c'est le danger, l'entropie c'est la mort.

La vie et un lutte continuelle contre le second principe de la thermodynamique.

 

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Un société humaine est d'autant plus puissante qu'elle possède une haute énergie interne.

Une société humaine est d'autant plus féconde qu'elle possède une haute néguentropie interne.

Mais puissance et fécondité ne sont pas la même chose et n'ont pas le même prix (au sens profond et non financier du terme).

 

Quatre types de sociétés humaines se dessinent alors :

 

  1. Hautes énergie et néguentropie : libéralisme de l'abondance (fécondité et puissance).
  2. Haute énergie et basse néguentropie : capitalisme consumériste de masse (médiocrité et arrogance).
  3. Basse énergie et basse néguentropie : égalitarisme populiste et étatiste (médiocrité et morbidité).
  4. Basse énergie et haute néguentropie : libéralisme de l'accomplissement (fécondité et humilité).

 

On l'a compris, la pénurisation de toutes les ressources interdit, désormais et définitivement, le libéralisme de l'abondance (l'ancien Angloland, l'ancien Indoland et l'ancien Euroland) et le capitalisme consumériste de masse et financiariste (Angloland et Islamiland).

Quant à l'égalitarisme (qui est contre-naturel puisque le Vie ne survit que par différenciation), il conduit à l'effondrement ; partout où il a été expérimenté (Russoland, Sinoland, Latinoland, Indoland avec leurs rousseauismes, socialismes, communismes, populismes, nazismes, fascismes, gauchismes, etc …), il a débouché, assez rapidement, sur de colossales faillites économiques malgré des montagnes de cadavres.

 

Le seul système sociétal qui puisse survivre à l'immense crise écologique actuelle est celui du libéralisme d'accomplissement (autonomie, frugalité, réticularité, intériorité, etc …).

 

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Répétons-le une fois encore : il n'existe que deux fonctionnements sociétaux possibles :

 

  • soit le libéralisme qui prône l'autonomie tant personnelle que collective,
  • soit l'étatisme plus ou moins teinté d'égalitarisme, de populisme, de totalitarisme, de démagogisme, etc …

 

Thermodynamiquement, le libéralisme est néguentropique donc fécond, alors que l'étatisme est entropique donc mortifère.

Ce constat, largement confirmé par l'histoire humaine, n'exclut en rien l'idée que le libéralisme n'implique pas des instruments de régulation de manière à maintenir, au meilleur niveau, l'homéostasie du système. Il implique seulement que cette régulation soit bâtie sur les connaissances scientifiques de la régulation des systèmes et processus complexes, et non pas sur une idéologie, quelle qu'elle soit, qui, par essence, est toujours conjecturale, simpliste, imaginaire et idéalisante.

 

En revanche, autre évidence historique démontre que plus l'étatisme devient totalitaire ou dictatorial, plus la létalité s'amplifie et plus vite le système se délite.

Par exemple, il faut donc s'attendre, à court terme, à la fin des dictatures de Poutine (qui laissera une Russie ultra-paupérisée) et de Xi Jinping (qui laissera une Chine enfin libérée d'un parti communiste complètement absurde).

 

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Notre monde humain vit, aujourd'hui, une bifurcation majeure : tous les modèles de fonctionnement issus de la civilisation de la Christianité (400-2050) et de son dernier avatar en date, la Modernité (1500-2050), sont incapables de réguler le monde humain après le faramineux saut de complexité qui s'est imposé ces 50 dernières années.

Or, toute bifurcation induit deux scénarii opposés : l'effondrement (bifurcation négative) ou l'émergence (bifurcation positive).

Pour la première fois, la bifurcation que nous vivons aujourd'hui, globalisation des problématiques (pénurisation de toutes les ressources, démographie galopante, dérégulation climatique et océanique, pandémies, …) et mondialisation des réseaux (géopolitiques, numériques, commerciaux, technologiques, scientifiques, etc …) obligent, concerne toute l'humanité en même temps.

 

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La grande question actuelle est celle-ci : les humains sont-ils capables de dépasser l'étatisme qui les condamne à l'effondrement, à l'entropisation (paupérisation, nivellement par le bas, crétinisation, ressentiment, violence, incivilité, xénophobie, etc …) et à la létalité, pour se hisser au niveau d'un libéralisme de l'accomplissement, construit sur l'autonomie personnelle et collective, sur la frugalité et sur la réticulation ?

J'ai le plus grand doute quant à ce saut spontané et naturel de la part des masses, droguées d'assistanats et d'idéologies simplistes (pléonasme).

 

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Pour qu'une démocratie soit viable et vivable, il est impérieux que le droit de vote doive se mériter par les œuvres faites, par les contributions réelles au bien commun : personne n'a le droit de voter, sauf ceux qui l'ont mérité.

La démocratie au suffrage universel où il suffit de naître pour obtenir le droit de voter, ne peut conduire qu'au populisme.

 

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Qu'il faille se montrer solidaire avec les vrais nécessiteux terrassés par un sort imprévisible et imparable, c'est une évidence ; qu'il faille sortir d'une logique d'assistanat généralisé, institutionnalisé, déresponsabilisant, aliénant et dispendieux, imposant à tous des dépendances assujettissantes, en est une autre.

 

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Le 04/07/2022

 

De Donah :

 

"L'humain est d'abord paresseux.

Hors passion ou besoin, l'humain ne fait rien ou, en vrai, le moins possible."

 

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Le libéralisme veut désétatiser l'économie.

Le capitalisme veut financiariser l'économie.

Surtout ne pas confondre !

 

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Du philosophe grec antique Bias de Priène :

 

"La majorité des hommes est méchante."

 

Cette sentence disqualifie, évidemment et immédiatement, tout projet démocratique. Mais elle est si vraie, n'en déplaise à ce pitre de Jean-Jacques Rousseau.

 

Un citoyen athénien anonyme de l'Antiquité va dans le même sens :

 

"(…) chez les meilleurs ("aristos"), il y a un minimum de dérèglement et d'injustice, et un maximum d'inclination au bien ; tandis que dans le peuple, il y a un maximum d'ignorance, de désordre et de méchanceté, dans la mesure où la pauvreté le pousse à l'ignominie, ainsi que le manque d'éducation et la rudesse qui, dans certains cas, naît de l'indigence (…)."

 

La démocratie serait magnifique si tous les humains étaient égaux en intelligence, en connaissance, en magnanimité, en fraternité, en solidarité, etc … mais la réalité est tout au contraire de cet idéalisme béat.

 

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Ce que l'on appelle aujourd'hui la solidarité sociale, voire la "justice sociale", n'est, en fait, que la perpétuation laïque de la "charité" chrétienne.

Toutes ces notions institutionnalisent l'idée d'une fraternité obligatoire, anonyme et générale.

Or, par définition, être "frères", c'est avoir même Père et même Mère.

Pour les croyants chrétiens, ce Père commun est Dieu et cette Mère commune, c'est Marie.

Pour les citoyens laïques, ce Père commun est l'Etat et cette Mère commune, c'est la Loi.

Aujourd'hui, Dieu a été intériorisé, la Vierge Marie ne concerne plus grand monde et l'Etat est déliquescent ; il ne reste plus que la Loi. La "solidarité est donc devenue légale et obligatoire, "gérée" par des hordes de fonctionnaires de plus en plus inintelligents, incompétents et inefficaces.

Cela signifie que la part des prélèvements effectivement redistribuée par "solidarité" ne cesse de s'amenuiser tant les coûts de sa gestion ne cesse d'augmenter exponentiellement.

 

Mais plus philosophiquement, une solidarité "obligatoire" est-elle encore une authentique solidarité ? Le fait que chacun doive être solidaire avec des gens méprisables, haïssables, profiteurs ou parasites a-t-il un sens ?

Le solidarisme de Léon Bourgeois tend à dépasser la dualité entre égoïsme et altruisme, entre individualisme et socialisme, en posant l'idée que je reformule par "autonomie interdépendante".

On peut aussi parler de "symbiose mutualiste" ou de "coopération constructive".

Le redistribution qui est la rétribution de l'interdépendance, naît de "contrats" ou "accords" librement consentis entre des personnes : rétribution volontaire en échange de services volontaires.

 

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Un bel exemple de disposition entropique absurde …

Le système des retraites par répartition (tel que pratiqué en France, par exemple) est calamiteux : comme chaque génération cotise pour financer les pensions de la précédente, comme l'âge de la retraite ne cesse de reculer, comme le nombre d'heures ouvrées par carrière n'arrête pas de diminuer, comme l'espérance de vie ne fait qu'augmenter (du moins pour l'instant), cela signifie qu'il y a de moins en moins de gens qui cotisent pour de plus en plus de gens qui profitent.

Le système est donc condamné à mort !

La seule alternative : chacun cotise pour lui-même tout au long de sa vie et, donc, le taux de chômage ne cessera de diminuer spontanément (les chômeurs ne cotisant pas), le nombre d'heures ouvrées ne cessera d'augmenter librement et l'âge de la retraire de cessera de reculer volontairement, puisque chacun travaillera dans son propre intérêt.

De plus, ce système de retraite devient une simple police d'assurance privée et personnelle où l'Etat n'a plus rien à voir, si ce n'est à la rendre obligatoire pour chacun.

 

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Chacun est au centre de son monde d'où mon expression concernant "le soi et l'autour de soi". Plus on s'éloigne du centre de ce monde ("soi") plus le sentiment de solidarité naturelle s'amenuise jusqu'à devenir nul hors d'une sphère d'une cinquantaine de personnes au maximum.

La solidarité et l'altruisme ne vont guère plus loin ; le reste de l'humanité indiffère copieusement.

D'où l'idée de "tribalisme" ou de "tribalisation" de mon ami Michel Maffesoli.

Il est urgent de comprendre que la notion de société (pour ne pas parler de celles de "peuple" ou de "nation" qui sont pires, encore) est complètement artificielle. Dans la réalité humaine, il n'existe qu'une vaste mosaïque de mondes personnels, réticulés entre eux par le phénomène de multi-appartenance (j'appartiens totalement à mon monde, mais mes enfants ont chacun leur monde qui ne se superpose pas totalement au mien, etc …).

L'idée qu'une société serait la simple addition de communautés élémentaires est fausse et induit des sociologies mécanistes déplorables ; le monde humain est bien plus un tissage, non linéaire et non mécaniste (complexe et néguentropique, donc), de processus appartenanciels intriqués.

Il faut donc rompre radicalement, à la fois, avec les concepts de "communautarisme" (la juxtaposition de communautés quasi fermées sur un même territoire) et de "républicanisme" et ses dérivés ou dérives que sont le "nationalisme" et le "patriotisme" (l'intégration et la dilution des communautés de vie dans un ensemble global et unique chapeauté par l'Etat).

 

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Les processus appartenanciels devraient être beaucoup plus étudiés qu'ils ne le sont. Ainsi :

 

  • Pourquoi une personne choisit-elle d'appartenir à tel groupe plutôt qu'à tel autre ?
  • Pourquoi s'y intègre plutôt bien ou plutôt mal (jusqu'au rejet, parfois, comme pour une greffe ratée) ?
  • Pourquoi certaines appartenances sont-elles incompatibles entre elles ?
  • Quelle est la part de biologique (ethnique, par exemple) et la part noétique (culturel, par exemple) qui fondent certaines appartenances ?
  • Quelles différences existe-t-il entre une appartenance par passion et une appartenance par besoin ?

 

Cette "thermodynamique des appartenances" doit être rapprochée des affinités moléculaires, des forces de Van der Waals, des phénomènes de viscosité dans les fluides, etc …

 

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Il existe des appartenances "pour" qui sont constructives et néguentropiques (comme, par exemple, l'Union Européenne).

Il existe des appartenances "contre" qui sont conservatives et entropiques.

Tous les systèmes totalitaires se sont construits sur de la propagande qui prêchait une appartenance "contre" en désignant l'ennemi (le Juif, le capital, l'infidèle, l'étranger, le riche, …) ; tous ces systèmes sont donc conservatifs (donc ennemi de toute évolution et enfermés dans une idéologie) et néguentropiques (condamnés à se dissoudre et à disparaître … non sans avoir provoqué bien des dégâts).

Désigner l'ennemi est le rôle premier du dictateur qu'il s'appelle Marx, Hitler, Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot, Chavez, Orban, Trump, Poutine, Erdogan, Xi Jinping, ou tant d'autres comme le hamas, le hezbollah ou les frères-musulmans.

 

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De Winston Churchill :

 

"Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère."

 

C'est une évidence thermodynamique : l'égalité appauvrit tout le monde via un nivellement par le bas.

Les égalités tuent.

Les inégalités stimulent.

 

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Les inégalités sociales ou économiques, qu'elles soient naturelles ou culturelles, biologiques ou noologiques, sont comparables à des différences de potentiel en physique.

Si l'égalité existe - ce qui n'arrive jamais, heureusement - il n'y a plus de différences de potentiel, donc il n'y a plus d'activité ; l'entropie triomphe et le système meurt et disparaît. C'est aussi simple que cela !

En revanche, il est important de distinguer les inégalités constructives ("pour" l'accomplissement des vocations positives) et les inégalités conservatives ("contre" les attaques des privilèges improductifs).

Les inégalités conservatives sont aussi entropiques que l'égalité, puisqu'elles figent le système dans un statuquo délétère qui, pour se maintenir en l'état, consomme beaucoup trop d'énergie (notamment pour maintenir les inégalités par la force et la violence) sans en produire assez (notamment du fait de l'oppression des forces productives). Le système ne peut que dégénérer et s'effondrer (c'est ce qui est arrivé à tous les totalitarismes qu'ils soient construit sur les privilèges de castes ou les nomenklaturas de classes).

 

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Pour se développer harmonieusement au profit de tous, le libéralisme doit se construire sur des appartenances "pour" (des reliances de passion) et sur des inégalités "pour" (des différences de mérite).

Dans tous les cas d'égalitarisme (totalitarisme et populisme de gauche) ou de conservatisme (totalitarisme et populisme de droite), l'entropie finit toujours par triompher, entrainant la mort du système.

 

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Il faut impérativement distinguer le libéralisme de projets (ou "autonomisme") et le capitalisme de rente (ou financiarisme).

 

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Là où l'autonomie interdépendante, tant personnelle que collective, est garantie, la démocratie n'est plus nécessaire et la technocratie suffit pour résoudre les problèmes réels.

 

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Il est urgent de transformer les systèmes éducatifs afin de promouvoir et de faire proliférer les appartenances positives (entreprendre ensemble des projets constructifs) et les inégalités positives (promouvoir en chacun des différences complémentaires), et de sortir lesdits systèmes de l'actuelle morbidité des égalitarismes et des assistanats.

Il faut libérer les systèmes éducatifs de la chape de plomb du fonctionnarisme étatiste.

 

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La morale (surtout chrétienne) traduit le besoin des humains à contrevenir aux lois de la Nature (l'égalité contre l'inégalité, l'immortalité contre la mortalité, la solidarité contre la sélection, l'amour contre la concurrence, etc …).

La morale est donc entropique, conservative et dégénérative.

Il faut ainsi instruire une éthique positive (les règles d'un comportement concret constructif et collaboratif) qui assume les lois de la Nature en les dépassant vers un niveau de complexité néguentropique supérieur.

 

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Il est essentiel de bien comprendre que tous les processus dans le monde réel exploitent soit des flux, soit des stocks. Cette bipolarité est universelle et cruciale.

Flux et stock s'alimentent mutuellement : il faut des flux pour renouveler les stocks, il faut des stocks pour alimenter des flux. Ce qui est flux, n'est pas stock ; ce qui est stock, n'est pas flux.

Un stock est une quantité et une qualité statiques.

Un flux est un quantité et une qualité dynamiques.

En somme : quantité (massivité), qualité (complexité) et activité (dynamicité).

Lorsque tous les stocks intérieurs sont épuisés, il ne reste que le recours aux flux extérieurs ; c'est exactement en ces termes que se pose la problématique énergétique actuelle de l'humanité sur Terre.

 

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Pour obtenir une unité d'électricité utilisable au bout de la ligne, il faut consommer (détruire, donc) quatre unités de combustible à la centrale, sans compter les unités consommées (détruites, donc) pour construire ladite centrale.

On touche là du doigt le facteur essentiel de toute la discussion sur les ressources : le rendement thermodynamique de transformation.

Il n'y a jamais de miracles en thermodynamique : plus on veut de l'énergie de haute qualité (haute densité, grande vitesse de distribution, souplesse d'utilisabilité, etc …) plus les rendements sont mauvais.

 

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Le 05/07/2022

 

Le boson de Higgs n'est, au fond, que le symbole de l'activité prématérielle dont la matière que nous connaissons a émergé lors du big-bang.

Il représente ce que j'ai appelé l'activité bosonique et que d'autres ont appelé l'énergie noire ou, encore, la vibration du vide quantique

 

De Joachim Mnich, directeur de la recherche et de l'informatique au Cern :

 

"Quand on parle de découverte en physique des particules,

il ne s'agit pas nécessairement de nouvelles particules."

 

C'est bien en ce sens que le "boson de Higgs" n'est pas une "particule", mais un symbole.

 

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De Brice Couturier :

 

"(…) notre modèle de gouvernement est mis en cause par des populistes

qui lui reprochent de biaiser avec la souveraineté populaire."

 

La "souveraineté populaire", ça n'existe pas et ça ne peut pas exister car elle signifierait la dictature des médiocres et des crétins au travers des démagogues qui les manipulent (Orban, Poutine, Chavez, Xi Jinping, Boris Johnson, Erdogan, Modi, … et tant d'autres).

Entre les masses et les décisions, il est essentiel d'interposer des "aristocrates" et des "technocrates".

 

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De Jan-Werner Müller :

 

"Les médias et les partis sont essentiels parce que c’est par eux que se forme l’opinion. Il faut que les électeurs puissent identifier les idées, les intérêts et les identités en compétition. Partis et médias structurent les conflits. Ils rendent visibles des clivages. C’est pourquoi les médias doivent être pluralistes."

 

Les médias et les partis ne sont en fait que des porteurs d'idéologie ; ils ne sont en rien des éclairages avisés et objectifs sur la réalité. Au contraire, les constats plus ou moins tronqués et truqués qu'ils disent faire dans la réalité, ne servent qu'à nourrir leur doctrine idéologique et donc à manipuler les masses qu'ils sont censés "éclairer".

 

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Puisque, selon la tradition, le nom de Dieu est imprononçable, cela signifie qu'il ne veut rien dire … mais que je peux lui faire me dire ce qui me grandit.

 

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Le fond de la tradition spirituelle juive, magnifié par la Kabbale (sa branche ésotérique et mystique) est l'Alliance. Ce n'est pas Dieu qui fait problème, c'est l'Alliance. La question est : comment le humain peut-il se hisser spirituellement jusqu'au Divin ou au Sacré ?

Mais pour que ce chemin puisse s'ouvrir, encore faut-il le désirer. Toute démarche spirituelle ou mystique commence par le Désir qui, en somme, en est le pas de porte.

L'Alliance est impossible s'il n'y a pas d'abord le Désir d'Alliance.

Il faut d'abord croire que cette Alliance est possible et, ensuite, il faut la désirer.

Il ne faut pas aimer Dieu (comme le soutient le christianisme), mais il faut désirer le Divin.

 

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De Paul Krugman (prix Nobel d'économie) :

 

"Bien entendu, la vie ne consiste pas uniquement à ne pas mourir."

 

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Les technologies, d'abord mécaniques, puis thermomotrices, puis numériques, sont amplificatrices des capacités humaines, mais non leurs substituts.

La grue a remplacé des pelleteurs, mais a induit le travail des grutiers, des ingénieurs, des métallurgistes, des soudeurs, des mécaniciens, etc …

Un ordinateur amplifie considérablement la mémoire et la puissance de traitement de l'esprit humain, mais il ne pourra jamais le remplacer car il faudra toujours un opérateur, un programmeur, un analyste et un concepteur pour le faire fonctionner adéquatement.

Les technologies déplacent les activités humaines, mais elles ne les éliminent jamais : les activités productives physiques sont remplacées par des robots qui engendrent des activités de conception, de programmation, de fabrication, de maintenance, de paramétrage, de mise au point, etc …

De même l'algorithmisation déplace les activités intellectuelles humaines vers des travaux plus conceptuels, moins analytico-rationnels, et engendre le développement d'activités imaginatives, relationnelles, intuitionnelles, etc …

 

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Le cerveau humain consomme beaucoup plus d'énergie que le reste du corps alors que le monde numérique en consomme beaucoup, beaucoup moins (10% de la production totale d'électricité du monde … mais il faut aussi intégrer la consommation énergétique pour extraire et assembler les composants des ordinateurs et terminaux) que le monde industriel et domestique.

Cette inversion laisse augurer d'une diminution importante de la production industrielle et des consommations matérielles (mais soutenues par une optimisation spectaculaire induite par le numérique), et d'une augmentation importante des activités numériques et des productions immatérielles.

Par exemple, lorsqu'il n'y aura plus de carburant, on ne se déplacera plus beaucoup, mais toutes les activités humaines passeront parla Toile (le télétravail aujourd'hui stimulé par la pandémie montre la voie).

 

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Le monde humain a définitivement et irréversiblement basculé d'une civilisation mécanique à une civilisation numérique … que cela plaise ou non.

 

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Ce que l'on appelle, à tort, "l'intelligence artificielle" (et qu'il vaudrait mieux appeler "intelligence humaine augmentée" ou "intelligence humaine amplifiée") n'est qu'un amplificateur de certaines capacités noologiques humaines (mémoire, traitement logique, puissance de calcul, analyse de données, spectre et précision des perceptions, etc …).

Mais cette amplification technologique restera toujours l'esclave docile des intentions purement humaines (en bien comme en mal). Un ordinateur n'a que l'intention qu'on lui a programmée au service d'une intention humaine.

Un ordinateur n'aura jamais ni intention, ni volonté, ni éthique. Il est et restera à jamais un esclave docile, de plus en plus puissant, sophistiqué, rapide, efficace et fort, au service de l'humain qui le programme et le contrôle.

 

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La révolution numérique pose l'épineuse question des qualifications et compétences, et, en amont, celle des systèmes éducatifs qui fabriquent des crétins fainéants, incultes et inintelligents (cfr. rapport Nelly-Rodi, entre beaucoup d'autres), totalement inutilisables dans un monde numérisés imposant intelligence et connaissance.

 

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Le réchauffement océanique et la fonte des glaces (et la désalinisation qui s'ensuit) sont des faits indéniables et prouvés.

L'augmentation exponentielle du CO2 anthropique et, en conséquence, la désoxygénation et la légère acidification océanique (la mer est une solution tampon régulant elle-même, vaille que vaille, son acidité) et l'augmentation induite de l'effet de serre (impactant bien plus le réchauffement océanique que les perturbations météorologiques), sont des faits indéniables et prouvés (même si le dioxyde de carbone n'est pas un polluant et constitue la nourriture première de tous les végétaux).

 

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Il est impérieux d'opposer farouchement les preuves scientifiques aux allégations écolo-gauchistes, non pour nier l'indéniable dérégulation terrestre, mais pour éliminer les biais manipulatoires.

Le problème de l'écolo-gauchisme n'est pas l'écologie, mais sa lutte viscérale et débile contre ce qu'il appelle le "capitalisme".

 

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Humanisme (le mot édulcoré pour "anthropocentrisme" affirmant la centralité, primauté et la supériorité de l'humain) et spiritualité sont incompatibles.

En effet, la spiritualité invite à sortir de l'humain et à le dépasser, vers le sur-humain, vers ce qui donne sens et valeur à l'humain.

 

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Le 07/07/2022

 

Le dérèglement climatique n'est pas principalement une conséquence directe de l'augmentation de l'effet de serre dû au dioxyde de carbone, mais bien une conséquence indirecte des rétroactions à cette augmentation sur les teneurs surtout en vapeur d'eau (dont l'effet de serre est plus de trois fois supérieur à celui de dioxyde de carbone).

S'il y a plus d'eau dans l'atmosphère, cela signifie qu'il y en a moins sur Terre et qu'un effet d'augmentation des sècheresses y est induit.

 

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Deux idéologies fausses, mais néfastes, s'opposent : le climatoscepticisme (il ne se passe rien et les activités humaines ne dérèglent en rien le climat) et la collapsologie (le dérèglement climatique s'amplifie irrémédiablement et entraîne l'humanité à la mort rapide : disparition de 90% des humains avant 2030 selon les plus extrémistes).

Bien sûr, les esprits simples (donc la majorité) ont tendance à ignorer les rapports scientifiques sérieux (mais complexes, prudents et modestes, avec des marges d'erreur) et à y préférer les positions tranchées, outrancières et simplistes : aveuglement radical ou apocalypse globale.

 

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Notre époque voit les masses se diriger vers une défiance de plus en plus marquée envers les élites scientifiques, économiques et politiques. Cette tendance se mesure au succès croissant des mouvances populistes (anti-élite et pro-médiocrité), de droite comme de gauche. Elle est terriblement amplifiée par les médias sociaux sur la Toile où aucune preuve sérieuse n'est exigée pour toutes les allégations qui y prospèrent.

 

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Le think-tank Momentum résume l'attitude alarmiste comme suit :

 

"Nous vivons aujourd'hui la fin de la période de la plus grande abondance jamais connue au cours de l'histoire humaine, une abondance fondées sur des ressources temporaires d'énergie concentrée et à bon marché (…). La transition (…) s'attache à complètement redessiner (…) la société et à œuvrer à un nouvel imaginaire social."

 

Il ne s'agit nullement d'œuvrer à un nouvel "imaginaire social", mais bien d'inventer une nouveau paradigme noétique et d'initier une nouvelle civilisation postmatérielle.

 

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L'identité de Kaya calcule l'émission de dioxyde de carbone comme le produit de quatre facteur :

 

  • cette émission divisée par la quantité d'énergie dépensée,
  • cette quantité divisée par le PIB,
  • ce PIB divisé par la population,
  • la population.

 

On comprend vite la nature des quatre leviers susceptibles d'influer l'effet de serre :

 

  • diminuer les combustibles carbonés (décroissance carbonique et changer de source vers le nucléaire et l'hydroélectrique, surtout, avec un peu de solaire pour certaines applications domestiques)
  • diminuer les dépenses en énergie (décroissance énergétique et améliorer, par la technologie, tous les rendements d'usage),
  • diminuer le PIB (décroissance économique en consommant moins de tout),
  • diminuer la population (décroissance démographique grâce à des politiques strictes de natalité).

 

Mais les choses ne sont pas aussi simple, parce que ces quatre facteurs sont multi-corrélés.

 

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De Gustave Flaubert :

 

"Ce ne sont pas les perles qui font le collier, c'est le fil."

 

Non ! Le collier est la résultante de la mise en complémentarité de la beauté des perles et de la solidité du fil.

 

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Le 08/07/2022

 

Pour augmenter leur pouvoir d'achat alors que la stagflation s'installe définitivement, il suffit, aux Français, d'enfin travailler beaucoup plus, beaucoup mieux et beaucoup plus longtemps. Il faut cesser l'assistanat !

 

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Depuis le néolithique, la courbe démographique humaine est une exponentielle d'abord très lente et douce, mais qui s'accélère incroyablement depuis les début du 19ème siècle (200 millions en 0, un milliard en 1800, 1.7 en 1900, 2 en 1925, 6 en 2000, 8 aujourd'hui et 10 en 2050).

Selon l'équation de Verhulst, cette courbe devrait s'infléchir et s'aplatir vers les 11 milliards en 2100.

Mais c'est là une courbe qui ne tient pas compte de l'épuisement accéléré de toutes les ressources. Si l'on tient compte de ce facteur crucial et vital, il faut que la population humaine totale sur la planète repasse sous le seuil des 2 milliards avant 2150 (c'est le nombre d'humain que la Terre peut durablement porter sur base du taux de renouvellement réel des ressources naturelles indispensables) .

Stabiliser mécaniquement cette population n'est de loin pas suffisant ; il faut la faire diminuer volontairement et très vite.

 

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La lutte contre les dérèglements biosphériques, aquasphériques et atmosphériques (conséquences évidentes du développement anthropique) passe par un seul paramètre crucial, malheureusement tabou et politiquement très incorrect : la diminution rapide et définitive de la population humaine sur Terre qui doit redescendre sous la barre des 2 milliards.

Toutes les autres gesticulations, notamment des écolo-gauchistes, ne servent à rien d'autre que de retarder, d'un petit siècle au mieux, l'inéluctable extinction de la quasi-totalité de l'espèce humaine.

 

Le problème n'est pas de garder le plus de gens possible, de plus en plus pauvres et malheureux, mais, tout au contraire, d'avoir de moins en moins de gens de plus en plus riches et heureux.

La quantité totale de ressources disponibles ne fait et ne fera que diminuer du fait de l'épuisement progressif des stocks ; ainsi le paramètre essentiel d'évolution écologique est la quantité de ressources disponible par personne ; moins il y a de gens sur Terre, meilleur devient ce paramètre.

 

Deux continents humains sont responsables de la surpopulation et de la surnatalité : l'Afroland et l'Islamiland. C'est là qu'il faut agir urgemment et prioritairement (éducation sexuelle, contraception, contrôle des naissances, planning familial, etc ...)

 

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Le développement scientifique et économique font automatiquement baisser le taux de natalité et monter l'espérance de vie.

Pour être franc et brutal : la surpopulation par natalité est causée par les pauvres et les analphabètes, et la surpopulation par longévité par les riches bien éduqués.

 

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La corrélation est frappante entre cinq facteurs anthropologiques profonds : pauvreté, religiosité, natalisme, analphabétisme et communautarisme.

Cette corrélation forte forme un tout où il est inutile d'essayer de trouver une relation linéaire de cause à effet.

 

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Chaque culture continentale passe par quatre phases successives : mythologisme (magicocentrisme), théisme (théocentrisme), athéisme (anthropocentrisme) et spiritualisme (cosmocentrisme).

Le retard d'un continent sur l'autre peut aisément se mesurer sur cette échelle.

 

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Tout monde humain étant un processus complexe qui ne se maintient en vie qu'en absorbant toujours plus de néguentropie, il est indispensable de limiter au maximum (par décroissance démographique et consumériste) la destruction de néguentropie matérielle et, au contraire, de faire croître la néguentropie immatérielle (par croissance noétique : connaissances, spiritualités, etc …).

En ce sens, Nicholas Georgescu-Roegen, le premier à avoir appliqué la thermodynamique aux mondes humains, a bien insisté sur l'indispensable dissociation entre développement (immatériel) et croissance (matérielle).

 

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Il est dommage de parler de décroissance matérielle sans parler, en même temps, de croissance immatérielle.

Le but de l'existence n'est ni de posséder et consommer beaucoup de choses, ni de vivre longtemps ; le but de l'existence est d'engendrer et de rayonner beaucoup de joie, et de vivre pleinement.

Les décroissances démographiques et consuméristes sont vitales et inéluctables (ceux qui ne les construisent pas, les subiront).

 

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Le livre de Paul Ariès intitulé "Désobéir et grandir : vers une société de décroissance", est ainsi présenté :

 

"Et si nous désobéissions, si nous cessions d’être de sages consommateurs ? Paul Ariès nous invite à suivre les réflexions des objecteurs de croissance, de l’alimentation à la désobéissance civile, en passant par la publicité, le rationnement et la gratuité. Quand 20 % des humains sapproprient 86 % des ressources disponibles sur Terre, parler de décroissance devient une nécessité.

 

Égratignant à la fois spéculateurs environnementaux et vendeurs de développement durable, il appelle à la « croissance » de l’imaginaire et des liens sociaux, pour s’offrir collectivement une vie plus libre, plus signifiante et, finalement, plus humaine. Il revient sur 10 ans de combats de la décroissance qu’il aime décrire comme un « chemin de crête », dont pourraient découler le pire et le meilleur."

 

La décroissance consumériste n'est pas une fin en soi, et ne peut pas être une idéologie (un anticapitalisme qui n'ose pas trop dire son nom).

Ce qui est clair, en revanche, c'est que cette décroissance est vitale et que l'idée d'un "développement durable" est profondément absurde si par "développement" on entend "croissance économique".

 

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La joie de vivre n'est pas une affaire d'argent (même si un minimum d'argent est indispensable). La joie de vivre n'est pas une affaire de possession ou de consommation (même si un minimum de consommation et de possession est important).

La joie de vivre est en fait la grande affaire de la spiritualité (elle ne s'achète ni ne se vend). Elle est affaire d'état d'esprit, d'accomplissement de soi et de l'autour de soi ; une affaire de vocation et d'œuvre.

C'est la croissance de la joie de vivre qui doit devenir la grande affaire du nouveau paradigme en émergence.

 

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Lorsqu'il est dit qu'un système complexe a besoin, pour vivre, d'être "hors équilibre" ou "loin de l'équilibre", cela ne signifie nullement qu'il lui faille croître mais bien qu'il a besoin de rester en grande activité et de refuser le repos.

La fainéantise tue au moins autant que la surconsommation.

Ne jamais confondre croissance et activité.

La croissance exige la consommation de beaucoup de ressources matérielles, l'activité peut se satisfaire de peu de ces ressources. C'est là qu'est le grand défi de notre époque.

 

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Quelques G interdits : Goinfrerie, Gaspillage, Gabegie, Grossièreté, Grossesses, Gâchis, Guerre, …

 

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Il semble bien que toutes les dictatures populistes soient fondées sur des nostalgies …

Mélenchon rêve d'être le nouveau Robespierre.

Marine Le Pen rêve d'être la nouvelle Jeanne d'Arc.

Erdogan rêve d'être le nouveau calife ottoman.

Poutine rêve d'être le nouveau tsar de toutes les Russies.

Xi Jinping rêve d'être le nouvel empereur de la grande Chine.

 

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De Mark Twain :

 

"La vérité est la chose la plus précieuse que nous ayons.

Economisons-la !""

 

Merci donc aux idéologues, aux politiciens et aux médias pour leurs incroyables économies.

 

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De plus en plus d'objet utilitaires dits "intelligents" imposent une dictature sécuritaire au prétexte que les humains deviennent de plus en plus débiles.

 

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Pour réduire sa consommation d'essence de voiture, il n'y a que deux moyens :

 

  • améliorer le rendement du moteur (technologie)
  • se déplacer moins (frugalité).

 

Ces deux tactiques ne s'excluent nullement mutuellement, mais la première est limitée par les lois de la physique et ne peut plus guère espérer d'avancée spectaculaire. Il ne reste donc, face à la pénurisation des carburants, que la seconde.

 

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Le PIB dépend de trois variables covariantes : la population, la consommation et le prix.

L'obsession de croissance du PIB implique la croissance de la population et de la consommation (avec, pour corollaire, une accélération des pénuries et des dérégulations) et/ou la croissance des prix (avec, pour corollaire, une inflation galopante). Ce qui, dans tous les cas, est suicidaire. Il faut donc abandonner l'idée de la croissance du PIB et stimuler la décroissance démographique et consumériste dans le maintien des prix (mais afin d'assurer une meilleure utilisabilité et durabilité des produits, et donc une baisse des fréquences d'achat, les prix pourront augmenter sans léser personne).

 

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En matière énergétique, le premier levier d'économie est la lutte contre les gaspillages domestiques (avec, en première position, le chauffage de l'air et de l'eau). Une gabegie !

Combien de citadins ne mettent-ils pas leur thermostat à 23 ou 25°C alors que 18 ou 19°C suffisent très largement en plein hiver ?

Combien sont-ils à prendre une douche quotidienne à 65°C alors qu'il est bien plus sain de se laver à l'évier à l'eau froide ?

Pour construire des logements bon marché, combien d'entrepreneurs n'utilisent-ils pas des matériaux légers et non isolants, de faible résistivité et de faible durée de vie ?

 

Le bon marché finit toujours par coûter très cher !

Le bon marché est de mauvaise qualité, de médiocre utilisabilité et de faible durabilité. Le "faible" prix d'achat induit d'énormes coûts de maintenance, d'entretien, de dépannage et  de remplacement, et une trop petite durée de vie.

 

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Nous entrons dans une ère économique où ce ne doit plus être la matière et l'énergie qui déterminent le prix des produits, mais bien la virtuosité et l'intelligence que l'on y injecte afin d'en maximiser l'utilité et l'utilisabilité et d'y minimiser les quantités de matière et d'énergie.

 

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Ne serait-ce que pour des raisons d'économie de temps (les trajets) et d'énergie (les déplacements, les bureaux à construire, à chauffer et à entretenir), le télétravail doit devenir la norme (ce qui implique l'éradication du contrat d'emploi et la généralisation des contrats d'association, de partenariat ou de sous-traitance - chacun devenant sa propre entreprise).

La robotisation et l'algorithmisation de beaucoup d'activités en rendent le pilotage à distance tout-à-fait envisageable, voire indispensable.

Il en résultera une sérieuse désurbanisation du monde humain (déjà largement en cours dans les pays développés).

 

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Le transport des personnes peut et doit être réduit au minimum vital car 90% des déplacements deviennent inutiles dès lors que le télétravail, l'e.commerce et les livraisons à domicile deviennent la norme.

Quant au transport des marchandises, il faut bannir la route au profit, d'abord, de l'eau (fleuves, canaux, mers) et, ensuite, du rail (le camion porte-conteneur ne servant plus qu'à la connexion finale entre le port ou la gare, et l'entrepôt).

Dans tous les cas, tant pour les personnes que pour les marchandises, l'avion doit être totalement proscrit.

 

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Aujourd'hui, dans les pays à grande tradition industrielle (donc pas en France, ni dans les pays non-OCDE), les processus industriels sont quasiment optimaux (à la condition d'être très vite totalement robotisés). Il n'y a plus guère de grands gains de rendement à espérer. Les ingénieurs ont fait, en ce sens, un travail remarquable ces cinquante dernières années (suite à la première crise pétrolière lors de la guerre de Kippour).

Mais l'évolution attendue est une moindre production généralisée du fait de l'indispensable frugalité consommatoire qui s'installe déjà.

Le gros consommateur d'énergie est l'industrie chimique qui, du fait de ses nuisances avérées, devra réduire fortement sa voilure (engrais, pesticides, herbicides, insecticides, cosmétiques, détergents, plastiques, …).

 

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Il faut bien savoir que le rendement moyen mondial pour la production d'électricité, toutes méthodes confondues, n'est que de 38%.

On comprend donc que le "tout électrique" (et notamment la voiture électrique) est une absurdité.

En revanche, comme je l'avais préconisé dès 1978 pour la filière nucléaire, les 68% d'énergie non convertie en électricité, peuvent être partiellement récupérés sous forme de chaleur et permet, alors, d'atteindre des rendements globaux (électricité ET chaleur) de l'ordre de 60%.

 

En revanche, les filières éoliennes et photovoltaïques sont des fumisteries au trois titres d'un rendement global (TRE) ridicule (entre 8 et 12%), d'une intermittence de production (donc impossibilité de stockage ou usage de batteries hautement polluantes) et d'une consommation énorme et non renouvelable de matières nobles et rares, non recyclables (fibres de carbone, circuits intégrés, terres rares, lithium, tantale, etc …) sans compter les coûts d'entretien pour le photovoltaïque et les bétonnages massifs pour les éoliennes.

 

Répétons-le : le problème n'est pas de produire autrement de l'énergie, en général, ou de l'électricité, en particulier, mais d'en consommer beaucoup moins !

 

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Il faut penser recyclage, bien sûr. Il faut migrer d'une économie linéaire à une économie circulaire, bien sûr. Mais il faut raison et lucidité garder.

D'abord, toutes les matières ne sont pas recyclables.

Ensuite, les rendements de recyclages sont décroissants.

Enfin, les recyclages ne sont pas illimités : par exemple, le papier et le verre ne se recyclent qu'une fois ou deux, ensuite, ils deviennent inutilisables.

 

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Les pays enfermés dans le populisme (Russie, Chine, Turquie, etc …) ont des performances économiques de plus en plus déplorables. Ils sont en quasi faillite, mais leur dictateur reste en place et, comble de crétinisme, sont soutenus (quoique de moins en moins) par leur population.

Pourquoi ?Trois réponses sont possibles (qui ne s'excluent pas mutuellement, bien au contraire) : la nostalgie d'une "grandeur passée", la promesse d'un "futur radieux", la désignation forcenée de "l'ennemi" (en gros, toujours le même : l'occident libéral).

 

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Le libéralisme, parce qu'il est la doctrine de l'autonomisation et de l'autonomie tant personnelle que collective, est évidemment l'ennemi juré et définitif de tous les étatismes, qu'ils soient forts (les dictatures) ou faibles (les social-démocraties basées sur les assistanats).

 

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Pourquoi donc l'ONU n'éjecte-t-elle pas les pays totalitaires ou populistes qui ne respectent pas la Charte des Nations Unies ? Que font encore la Russie, la Turquie ou la Chine (pour ne parler que d'elles) dans cette assemblée fondée pour la paix ?

 

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L'endettement est toujours une très mauvaise stratégie. S'il est indispensable et inéluctable, il doit être pratiquer a minima et sur le très court terme.

Le principe de base est : ne jamais dépenser de l'argent que l'on ne possède pas.

Plutôt que d'emprunter de l'argent, il vaut toujours mieux s'associer avec celui qui en a ou, mieux, renoncer à investir et évoluer autrement.

 

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Le 09/07/2022

 

Le dilemme de la croissance est résumé comme suit :

 

  • aujourd'hui, dans la réalité vécue, le monde humain est un processus complexe qui absorbe de la néguentropie énergétique à 85% non renouvelable, et qui rejette de l'entropie en grande quantité (les déchets, effluents, pollutions et chaleurs résiduelles en tous genres) ;
  • demain, dans les rêves utopistes, le monde humain devrait rester un processus complexe (et prospère, et en croissance), mais qui n'absorberait que de la néguentropie énergétique à 100% renouvelable, et qui ne rejetterait rien.

 

Cette seconde formulation est thermodynamiquement absurde, contraire aux lois de la Nature et de la physique.

Le second principe de la thermodynamique qui affirme l'entropisation universelle, interdit, tout simplement, la renouvelabilité totale de la néguentropie et la non dégradation entropique.

 

Dans la Nature, rien n'est gratuit et tout à un prix, même et surtout l'existence de humanité. Il n'y a jamais de miracle … et la croissance verte en serait un.

Dans la réalité du Réel, rien n'est infini et rien n'est éternel (pas même l'humanité, ni le Soleil, ni la Terre).

 

Pour durer le plus longtemps possible, l'humanité doit entrer dans une ère de décroissance démographique (surtout : revenir sous la barre des deux milliards d'humains sur Terre) et consommatoire ( donc industrielle) qu'il faudra compenser par une croissance immatérielle (noétique, donc).

La joie de vivre est bien plus essentielle que la goinfrerie consumériste.

 

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Sur Terre, seulement trois sources d'énergies sont disponibles : l'énergie solaire (éolienne, hydraulique de stockage et végétale - dont relèvent le charbon, le pétrole et le gaz naturel pétris dans l'athanor géologique), l'énergie gravifique (marémotrice et hydraulique de courant) et l'énergie géologique (géothermique et nucléaire).

Aucune de ces sources d'énergie n'est ni infinie, ni éternelle.

 

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Il faut bien distinguer les flux d'énergie et les stocks d'énergie. La plupart des stocks d'énergie ne se renouvellent pas du tout (le charbon, le pétrole, l'uranium), ou très lentement (les matières végétales), ou à grand frais (l'hydroélectricité). A terme, l'humanité devra dès lors compter surtout sur les flux d'énergie (le vent, les marées, les courants, les rivières, etc …) qui ont trois particularités plus que gênantes : leur mauvais rendement, leur intermittence et la non renouvelabilité des énormes machines nécessaires à leur reconcentration (ces énergie de flux sont par essence très diluées donc très entropiques).

 

Par exemple, le problème de l'électricité éolienne n'est ni le vent (quoiqu'intermittent), ni l'électricité (quoique chère à transporter), mais la machine éolienne qui convertit l'un en l'autre à très grands frais, avec des rendements ridiculement faibles (et donc de façon non rentable).

 

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Ce qui fait la valeur économique d'un produit, c'est sa densité néguentropique c'est-à-dire son organisation interne, son ordre intérieur, sa forme volumique ou surfacique. Plus cette forme est complexe, plus sa valeur économique (et son prix) est grande. C'est donc la complexité qui fait valeur (et la valeur de cette complexité exige de la simplicité, mais récuse la complication).

Le génie, c'est construire de la complexité simple, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

 

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Il ne faudrait plus parler d'énergies mais bien plutôt de "matières énergétiques" (une stère de bois, un litre de pétrole, un kilo d'uranium, etc …).

L'énergie est un concept physicien qui permet la mesure d'une activité. L'énergie n'est pas une "chose" utilisable ou échangeable, mais une mesure. Dans la réalité humaine, je ne peux jamais acheter un kilo, mais bien un kilo de patates ou de bananes ; de même je ne peux jamais acheter un joule, mais bien un joule d'électricité ou de méthane.

 

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La qualité et la valeur d'une matière énergétique, c'est sa complexité interne c'est-à-dire la densité d'activité nanoscopique qu'elle a réussi à emmagasiner, à encapsuler.

Un kilo d'uranium ou de pétrole a bien plus de valeur qu'un kilo de vent.

 

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La photosynthèse est un processus très illustratif de la difficile notion de valeur énergétique ; elle allie de la lumière solaire de faible néguentropie et économique, avec du dioxyde de carbone, de l'eau et des sels minéraux, eux aussi de faible valeur néguentropique et économique, pour en fabriquer du bois qui, lui, est de haute valeur néguentropique et économique.

La photosynthèse condense et concentre de la néguentropie.

La métallurgie en transformant du minerai en tôle d'acier, fait de même.

L'éolienne en transformant du vent en électricité, fait aussi de même.

Mais toutes ces transformations ont un coût qui sera d'autant plus élevé que l'on voudra qu'elles soient massives et rapides.

Un arbre engendre beaucoup moins de déchets divers qu'un haut fourneau, mais il fabrique beaucoup moins et beaucoup plus lentement ; on dira que son rendement est faible.

En fait, la règle est simple (et n'est qu'une conséquence directe du second principe de la thermodynamique) : plus on veut de hauts rendements, plus on produit d'entropie.

 

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L'équation globale et simplifiée dit ceci : le rendement (r) global d'une transformation est égal à la valeur d'utilité (V) qu'elle produit, divisée par le produit de sa durée (T) et de son coût (C) (la somme de la valeur des ressources détruites (R) et de l'anti-valeur des déchets engendrés (D)).

 

Cela donne :                     r = V/T.C      avec C = R+D

 

En somme, plus la valeur produite est faible, plus la durée nécessaire pour la produire est longue et plus les coûts en ressources et déchets sont élevés, plus le rendement est mauvais.

Les éoliennes en sont la parfaite illustration.

 

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Le débat sans fin et souvent surréaliste quant au "renouvelable", fait surtout l'économie de la réalité scientifique (en l'occurrence, les lois de la thermodynamique) au profit de postures et de dualisations idéologiques aussi absurdes que grotesques et infantiles.

 

Mais, de surcroit, la seule vérité essentielle ne veut pas être entendue et est politiquement incorrecte : si l'on veut baisser les consommations de tout (tant pour économiser les ressources que pour minimiser les déchets), il faut d'abord diminuer drastiquement le nombre de consommateurs.

 

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Autre vérité qui n'est pas bonne à dire : les riches polluent beaucoup moins que les pauvres.

 

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Encore une autre vérité mal venue : du fait de leurs faibles rendements thermodynamiques, les "énergies renouvelables" ne couvrent, aujourd'hui, que 17% de la demande et ne parviendront jamais à se hisser qu'à 20% de la demande totale actuelle.

Donc, de deux choses l'une : ou bien on divise par cinq le niveau de vie de tous les humains, ou bien on divise par 5 la population mondiale (et l'on tombe sous les 2 milliards).

L'arithmétique est sans pitié.

 

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Allez, une dernière vérité incontournable qui énerve : lorsqu'il n'y aura plus de matières énergétiques en stock (charbon, pétrole, gaz et, plus tard, uranium), la seule filière capable de produire de l'électricité de façon quasi renouvelable, est celle des centrales hydroélectriques (barrage de retenue des eaux et turbine). Toutes les autres filières sont et seront anecdotiques, limitées à des usages locaux et domestiques.

Le hic est que tous les sites ne se prêtent pas à la construction d'un barrage, et que presque tous les sites sérieusement envisageables, sont aujourd'hui soit équipés, soit en voie d'équipement. Encore une fois : le nombre de barrages ne sera pas infini et aucun barrage ne peut être éternel.

 

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L'électricité n'est pas stockable directement, mais, dans des batteries ou "accumulateurs électroniques", on peut la transformer en réacteur électrolytique.

Il faut, encore une fois, tempérer les enthousiasme : les rendements de stockage sont mauvais et à court terme, la fabrication des batteries consomme des métaux rares et précieux, la durée de vie des batteries est courte et leur recyclage est difficile voire impossible … et terriblement polluant. Ce n'est donc pas la bonne voie.

 

Mais il en existe une autre : utiliser l'électricité excédentaire pour pomper de l'eau en aval du barrage et pour la remonter en haut du barrage. Ce procédé est parfait, mais n'est utilisable que là où existe un barrage …

 

Une troisième voie (prometteuse) est l'électrolyse de l'eau et la production d'hydrogène utilisable, par exemple, dans une "pile à combustible" c'est-à-dire une "moteur à eau" ; par électrolyse (très onéreuse et gourmande en électricité), on casse de l'eau en hydrogène et en oxygène qui, en se recombinant naturellement, produisent de l'énergie.

Cet hydrogène (hautement inflammable et explosif, très dangereux à manipuler et à mettre en œuvre) peut aussi alimenter un réacteur de fusion nucléaire, mais les rendements de celui-ci est extrêmement faible (seulement 3% de l'énergie dégagée lors de la fusion nucléaire se retrouve sous forme d'électricité sortante, tout le reste sert à alimenter la réaction de fusion elle-même).

 

Mais ces trois voies de "stockage" de l'électricité n'ont aucun sens lorsqu'il y a (et il y aura) déficit de production d'électricité.

 

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Malgré la baisse relative des coûts de production d'électricité éolienne et photovoltaïque, les coûts réels globaux sont totalement grevés par trois phénomènes :

 

  • le décalage temporel notoire (tant quotidien qu'annuel) entre l'offre et la demande (cela s'appelle la "non-pilotabilité"), ce qui implique soit de fortes dépenses complémentaires de "stockage", soit le recourt à des productions alternatives complémentaires classiques,
  • les coûts prohibitifs (en matières, énergies, pollutions et déchets) de fabrication, montage, maintenance et démantèlement des installations (une "énergie grise" quatre fois supérieur à celle d'une centrale nucléaire pour une même production électrique),
  • les coûts de raccord au réseau électrique (des tonnes de cuivre pour un champ d'éoliennes),

 

Ces "énergies renouvelables" ne sont apparemment "compétitives" que grâce aux aides et financements étatiques (dont payés, in fine par les contribuables).

 

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Un autre beau délire "écologique" est la voiture électrique. Non seulement, cette électricité doit être produite quelque part par des centrales complémentaires, mais ces voitures nécessitent des batteries dont la fabrication et l'usage engendre des pollutions colossales.

 

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Beaucoup d'installations liées aux utopies vertes consomment beaucoup plus de ce que Philippe Charlez appelle les "métaux critiques" (lithium, cuivre, cobalt, platine, … et les lanthanides ou "terres rares", par exemple, dont l'extraction induit des pollutions calamiteuse et dont la majorité est extraite en Chine, au Congo et au Chili, ce qui induit des dépendances géopolitiques autrement fâcheuses que les dépendances pétrolières) que les technologies classiques.

 

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La pénurisation généralisée est en route et l'écolo-gauchisme fait des ravages.

Que tout cela va finir en grande crise économique et sociale, cela ne fait aucun doute (les masses ne sont pas prêtes à renoncer à leur logique consumériste d'abondance et les pénuries sont déjà là, entrainant le monde entier dans un processus définitif de stagflation).

Quant à savoir si cette crise sera progressive et digérable, ou brutale et violente, je n'en sais rien (tout dépend de la Chine et de la Russie, et de leurs appétits impérialistes).

Va-t-il y avoir des affrontement après l'été de cette année 2022 ? C'est probable surtout dans un pays comme la France dont le crétinisme  a fait monter en puissance les deux populismes de droite et de gauche, c'est-à-dire le démagogisme le plus stupide et abject qui puisse exister.

 

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Philippe Charlez" parle à très bon escient d'une "neutralité carbone raisonnée", c'est-à-dire d'une diminution notable, mais jamais absolue, des émissions de gaz à effets de serre (essentiellement le dioxyde de carbone qui, avec la vapeur d'eau, est la molécule finale de la combustion de n'importe quelle molécule organique), c'est-à-dire, encore, la diminution drastique de toutes les matières énergétiques d'origine végétale (bois, charbon, pétrole, gaz) qui alimenteront encore une grosse part du monde humain en 2050, n'en déplaise aux utopistes verts.

Le moindre barbecue, le moindre feu ouvert, le moindre poêle à pellets produisent du dioxyde de carbone. Va-t-on les interdire ? Et que dire du moindre kilomètre fait en voiture, même si celle-ci est électrique ?

 

Trois axes de réflexion s'ouvrent : l'habitat, les transports et l'industrie :

 

  • L'habitat : chauffage de l'air et de l'eau avec deux actions : isoler un peu mieux (la fabrication des isolants est très énergivore), chauffer beaucoup moins (18°C en hiver et un pull, manger cru, une douche par semaine, …).
  • Le transport : les télé-activités permettent de réduire de 80% les déplacements humains ; le bon usage du rail et des voies d'eau peuvent réduire de 80% le transport routier qui ne concernera plus que les livraisons de proximité ; limiter drastiquement les importations de tout et surtout du lointain (importer, par avion, des fraises à Noël venant du Brésil, est une aberration) ; développer une économie de stricte proximité à l'échelle continentale ; oublier les voitures électriques qui ne sont pas une solution (il faut produire l'électricité qu'elles consomment), et qui ne sont utilisables qu'en zones urbaines ou périurbaines (zones bientôt désertées grâce au télétravail) ; le moteur à hydrogène doit être promu, mais reste dangereux d'usage ; . En tout, partout et toujours : déplacer beaucoup moins. Presque tout faire localement.
  • L'industrie : on parle ici surtout des industries de fabrication utilisant énormément de chaleur (ciment, briques et tuiles, verre, métaux - notamment l'acier qui associe le fer et le carbone -, chaux, … et surtout, tout le secteur de la chimie) et non des industries d'assemblage. Le monde du bâtiment est donc très concerné, mais l'indispensable diminution drastique de la population mondiale et la disparition des bureaux du fait du télétravail impliqueront un immense rétrécissement de la demande. La plupart des produits chimiques sont inutiles ou aisément remplaçables (les emballages, notamment) ; ils doivent être éradiqués. Pour les métaux, le recyclage systématique est indispensable (bien plus que le verre ou le papier). le problème des cimenteries reste entier : ne peut-on leur trouver des alternatives ? Ciments et bétons ne peuvent-ils pas être remplacés (surtout dans les pays en développement généralement à forte natalité) ?

 

On l'aura compris, c'est dans les secteurs de l'habitat et du transport que la frugalité est la plus simple, la plus immédiate et le plus importante. L'effort des industries a, pour une bonne part, déjà été fait, même s'il reste pas mal de pistes.

 

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La première et grande leçon à tirer de tout ce qui précède tient en un mot : relocalisation de tout (ceci n'a bien sûr rien à voir avec le "localisme" qui dissimile un ostracisme et une xénophobie d'extrême-droite). Production et consommation locales, travail local, vacances locales, etc …. Aux grands plans nationaux, internationaux ou mondiaux, il faut substituer des petites unités locales desservant les usagers locaux (par exemple, fin du monopole EDF en France et, plus généralement, fin de tous les monopoles étatiques ou paraétatiques).

Triomphe des terroirs sur la mondialisation.

Triomphe des "somewhere" sur les "anywhere" pour reprendre la distinction faite par David Goodhart.  

 

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La seconde grande leçon à tirer est que, hors l'hydroélectricité et, peut-être, les biomasses, les énergies "douces", alternatives" ou "renouvelables" sont de grandes fumisteries uniquement adaptées à des usages locaux et domestiques.

 

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La troisième grande leçon est que toutes ces considérations convergent sur deux point : d'abord la décroissance démographique et ensuite la décroissance consumériste.

 

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La quatrième grande leçon montre que la capture du dioxyde de carbone est surtout l'affaire des forêts de feuillus qui doivent donc être protégées et promues par tous les moyens : planter des arbres partout, tout le temps, est un impératif stratégique majeur (et donc empêcher les forestiers d'abattre ; il faut bannir ce métier d'assassin).

 

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La cinquième grande leçon indique qu'en attendant que les décroissances démographiques et consuméristes soient effectives, la transition énergétique doit s'organiser sur trois filières : le nucléaire, l'hydroélectrique et l'hydrogénique. Tout le reste est anecdotique ou idéologique, donc vain !

 

A propos du soi-disant danger des centrales nucléaires, les chiffres proposés par Philippe Charlez sont éloquents et parfaitement avérés : la seule "catastrophe" du nucléaire civil est celle de Tchernobyl : elle a fait 31 victimes directes et moins de 3700 victimes indirectes (dont la plupart ont été des "liquidateurs" envoyés au casse-pipe par le pouvoir communiste). A ce chiffre dérisoire il faut opposer les 250.000 morts dans les mines de charbon chaque année.

Quant à la soi-disant catastrophe de Fukushima, aucun des 22.000 morts n'est une victime du nucléaire.

Quant au processus de traitement et de gestion des "déchets" nucléaires, il est parfaitement maîtrisé depuis plus de cinquante ans et ce, sans le moindre problème.

Il faut que cessent toutes ces affabulations d'ignorants idéologisés.

 

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Il ne faut jamais confondre la solidarité (fondée sur la pitié, la commisération, la charité, la sentimentalité, …) et la coopération (basée sur le projet, la collaboration, l'œuvre commune et partagée, la construction, …).

Dans la Nature, la Vie ne connaît pas la solidarité (bien au contraire, souvent), mais elle encourage et stimule toutes les coopérations volontaires et libres.

 

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En guise d'épilogue pour ces deux derniers chapitres …

 

L'Union Européenne monétaire existe et fonctionne bien.

L'Union Européenne souveraine, politique, juridique, fiscale, militaire, diplomatique, etc …, est indispensable.

Entre les deux, une Union Européenne énergétique est vitale (elle a enfin été proposée dans l'article 194 du traité de Lisbonne en 2007). La guerre en Ukraine et le chantage au gaz de la Russie en montrent clairement la légitimité et l'urgence.

 

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L'idée centrale de Philippe Charlez est que l'humanité étant un processus complexe (donc soumis aux lois de la thermodynamique), elle doit se maintenir loin de l'équilibre (l'équilibre serait le triomphe de l'entropie et de la mort) et doit donc continuer à consommer de la néguentropie et à produire de l'entropie afin d'accumuler de l'énergie interne.

 

De là à confondre croissance économique, quantitative et matérielle, induisant des complications, et croissance noétique, qualitative et immatérielle, requérant de la complexité, il y a un pas à ne pas franchir.

Ce ne sont pas les PIB ou les masses monétaires qui doivent croître, mais bien l'activité (qui est précisément mesurée par l'énergie libre interne) et la joie de vivre.

Faire beaucoup de choses (gratuitement ou non, mais toujours à moindre coût) et vivre heureux … et non pas, piller la Nature, parasiter la société et gagner de l'argent pour l'argent.

 

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Ce qui plombe l'avenir de l'humanité, ce sont les retards des pays pauvres qui restent enfermés dans des croyances, des ignorances et des comportements archaïques.

Un pauvre ne reste pauvre que s'il le veut bien.

Un ignorant ne reste ignorant que s'il le veut bien.

Un esclave ne reste esclave que s'il le veut bien.

Un parasite ne reste parasite que s'il le veut bien.

Un fanatique ne reste fanatique que s'il le veut bien.

Etc …

Comme l'affirme Philippe Charlez, il est urgent de passer de la solidarité à la coopération. Et pour coopérer, il faut le vouloir vraiment, dans un projet commun.

 

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Si l'on regarde le classement des pays selon l'indice de développement humain (IDH) corrigé d'un facteur environnemental (voir Philippe Charlez PP. 473 à 476), on constate que, sur les vingt premiers classés, 17 sont membres de l'Union Européenne (les 11 premiers étant d'Europe du Nord, sauf la France qui tient la 5ème place). Les premiers pays non européens sont d'abord la Nouvelle-Zélande, puis le Japon, puis le Canada.

 

Cela indique acte que face à la Chine, aux Etats-Unis, à la Russie (tous trois enfermés dans l'ancien paradigme de la Modernité), voire à l'Inde et à toute l'Islamie, c'est bien l'Union Européenne qui est la pionnière pour la construction de la nouvelle civilisation humaine et du premier paradigme noétique qui l'inaugurera.

 

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Le 10/07/2022

 

C'est indéniable, la croissance économique, surtout aux Etats-Unis et dans les pays émergents (BRICS) est une des causes majeures de la chaotisation écologique dont le dérèglement climatique est une manifestation (mais pas la seule et pas la plus insidieuse).

Toute la question est de choisir entre "décroissance" ou "croissance autrement".

 

Comme déjà dit maintes fois, la décroissance démographique est indubitablement indispensable, et rapidement. La population humaine sur Terre doit descendre sous la barre des deux milliards avant 2150.

Ce qui importe, ce n'est pas le PIB global (la production de richesse), mais bien le PIB par humain. La croissance de ce dernier ratio est le seul que l'on puisse viser.

 

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La croissance économique incontrôlée que l'humanité a voulu au vingtième siècle, aura eu quatre conséquences néfastes majeures :

 

  • le dérégulation climatique et océanique,
  • la pénurisation rapide de toutes les ressources naturelles,
  • la pollution profonde des sols, des eaux et des airs,
  • la réduction accélérée de la biodiversité.

 

Contrairement à ce qu'allègue Dominique Méda, le risque nucléaire qu'elle montre du doigt, est quasi nul (cfr. supra). La catastrophe de Tchernobyl a été, somme toute, anecdotique, et il ne s'est rien passé, du point de vue nucléaire à Fukushima.

La haine des écolo-gauchistes pour l'industrie nucléaire est une fixation paranoïde que rien ne fonde sinon l'obstination de certains (dont Green Peace, mais pas que …) qui veulent absolument désigner un bouc émissaire pour exorciser leur mal-être idéologique.

Le risque nucléaire est à la crise écologique ce que le loup-garou est aux contes pour enfin : on en parle tout le temps, mais personne ne le voit jamais !

 

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Malgré les preuves des scientifiques et les discours des politiques, la situation écologique globale ne cesse de se détériorer.

Selon moi, les vociférations idéologiques des écolo-gauchistes sont contre-productives auprès des masses, car elles alimentent l'idée que la crise écologique est une invention politique qui ne concerne que quelques bobos ridicules, anticapitalistes et/ou marxistes.

 

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La seule science qui puisse modéliser la crise écologique est la thermodynamique dissipative, c'est-à-dire la physique des processus et systèmes complexes (c'est bien ce que fait Philippe Charlez). Les autres disciplines scientifiques ne peuvent qu'apporter des relevés de faits ou des revues partielles de détails (il est sans doute utile de rappeler ici que les "sciences humaines", en général, et l'économie, la sociologie ou la politologie, en particulier, ne sont pas des sciences, mais des conjectures le plus souvent idéologiquement orientées). Seule la physique complexe permet une réelle et véridique vue d'ensemble.

 

Inutile de dire que les politiciens, les "penseurs", les idéologues et les masses ne peuvent et ne pourront jamais y comprendre que pouic.

Et Dominique Méda de voir là une atteinte à la démocratie au suffrage universel et l'instauration d'une technocratie d'experts.

Rappelons-lui que ce sont ces mêmes masses, ces mêmes "penseurs" et ses mêmes idéologues (bref, tous ces ignares patentés) qui ont installés Lénine, Staline, Mussolini, Hitler, Mao, Hi-Chi-Min, Pol-Pot, Poutine Modi, Orban ou Xi-Jinping au pouvoir !

 

Plus généralement, notre monde humain a suivi la longue route de la complexification et la crise écologique actuelle ne fait que marquer un saut de complexité dont les teneurs sont inaccessibles aux cervelles de poulet de l'immense majorité de nos contemporains. Est-ce donc la fin de la démocratie au suffrage universel lorsqu'on demande à des millions de gens qui n'y comprennent rien de voter pour ou contre ce qu'ils ne comprendront jamais ? La réponse est affirmative. La démocratie doit être dépassée lorsque ceux qui votent ne comprennent pas du tout ce pour quoi ils votent.

La seule chose à faire c'est de mettre en place les procédures nécessaires pour qu'un indispensable régime technocratique (donc aristocratique) soit au plus près de l'intérêt commun et ne puisse virer en dictature ou en totalitarisme.

 

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Les économistes ont fait beaucoup de tort à l'économie.

Les écologistes font beaucoup de tort à l'écologie.

 

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La croissance économique liée au développement du modèle financiaro-industriel a eu des effets incroyablement bénéfiques, partout dans le monde, pendant deux petits siècles. Partout : beaucoup moins de pauvreté et beaucoup moins de mortalité.

Le prix de ces progrès a été payé par la Nature sous les trois espèces des stocks, des régulations et des vitalités.

L'humanité a détourné les néguentropies naturelles à son profit, laissant de l'entropie létale s'installer partout.

Les forces de Vie sont loin d'être épuisées, mais il faut à présent leur laisser le temps et la ressource pour se reconstituer. Les activités humaines doivent à présent se montrer légères et discrètes.

 

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Le paradigme de la Modernité (de 1500 à 2050) est le troisième et dernier paradigme de la Christianité (de 400 à 2050). Tous deux s'écroulent sous nos yeux et la crise écologique ne fait que manifester cet effondrement.

Qu'est-ce qui va et doit changer dans les rapports entre les humains et leur monde terrestre ?

Passer de l'idée de domination à l'idée de coopération.

L'idée de domination du monde par l'humain est centrale et partagée par les deux grands monothéismes dualistes que sont le christianisme et l'islamisme : deux religions théologiques qui veulent faire de l'humain un dieu et fusionner, ainsi, théocentrisme et anthropocentrisme.

Il faut que cette idée de domination disparaisse et soit remplacée par celle de coopération (tant entre les hum          ains qu'entre humain et Nature).

Non, René Descartes, les humains ne sont pas "comme maîtres et possesseurs de la Nature" ! L'humain n'est pas divin.

La coopération n'est affaire ni d'égalité, ni d'égalitarisme (laissons ces phantasmes contre-naturels aux écolo-gauchistes) ; elle est reconnaissance des différences et recherche des complémentarités, sans idée de domination.

Coopérer, ainsi que le montre l'étymologie latine, c'est "agir ensemble" au service d'un même projet.

C'est la cathédrale qui s'y construit, qui donne sens et valeur au chantier où l'on travaille et aux œuvriers qui s'y consacrent.

 

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L'antiquité s'était synchronisée sur le temps naturel.

La christianité avait opposé le temps éternel du salut et le temps éphémère de la vie.

Notre époque vit un temps aboli : celui de l'immédiateté numérique.

La civilisation qui vient, qui doit naître très vite, devra réinventer notre relation au temps : le temps orienté, la flèche du temps, le Réel comme processus au service d'une Intention.

 

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De Galileo Galilei :

 

"La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant nos yeux (ce livre qui est l'Univers), mais on ne peut le comprendre que si, d'abord, on ne s'exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. Il est écrit dans une langue mathématique, et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d'autres figures géométriques, sans lesquelles il est impossible humainement d'en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s'égarer dans un labyrinthe obscur."

 

Voilà tout le fondement de la Modernité, mathématicienne et mécaniciste, quantitativiste et calculatrice. Le monde de la complexité dépasse ce mathématisme quantitativiste forcené.

Par souci de rejet de toute idéalité, de tout idéalisme, de toute idéalisation (ce qu'est le langage mathématique), mais aussi par souci de lucidité, de scientificité, de réalité.

 

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La fin de la Modernité (18ème, 19ème et 20ème siècles) a été bourgeoise, obsédée depuis la Renaissance par la profusion, l'abondance, l'opulence, la prospérité. Le modèle financiaro-industriel, moteur de la croissance économique, est né en Angleterre dans la seconde moitié du 18ème siècle, en même temps qu'en France, naissait les revendications égalitaristes (d'essence bourgeoise et non pas populaire : la populace n'a que faire de l'égalité, elle ne veut que "du pain et des jeux").

 

L'Hellénité (de - 700 à -150) avait mis l'humain au service de la Sagesse.

La Romanité (de -150 à 400) avait mis l'humain au service de l'Empire.

La Christianité (de 400 à 950) avait mis l'humain au service de Dieu.

La Catholicité (de 950 à 1500) avait mis l'humain au service de l'Eglise.

La Modernité (de 1500 à 2050) a mis l'humain au service de la Prospérité.

 

Le nouveau paradigme naissant (de 2050 à 2600) devra mettre l'humain au service de la Joie de vivre.

 

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Si l'on généralise les concepts de Georges Dumézil (les artisans, les prêtres et les guerriers), toute société humaine participe de trois modes de régulation : la régulation économique par les flux et les stocks (essence du libéralisme), la régulation politique par les droits et les lois (essence de l'étatisme), la régulation noétique par les principes et les savoirs (essence de l'aristocratisme).

Le plus souvent, deux des trois pouvoirs s'allient pour trouver un équilibre entre eux et assujettir le troisième. Notre époque vit la fin de l'alliance entre le Politique et l'Economique contre le Noétique (l'enseignement, la recherche et la communication ont été amplement étatisés).

Le nouveau paradigme qui sourd, tournera autour du pôle noétique (c'est-à-dire aristocratique et technocratique). Avec qui s'alliera-t-il ? Comme l'Etat est aujourd'hui et durablement déliquescent, l'alliance probable se fera entre le noétique et l'économique, donc entre aristocratisme et libéralisme, qui balaiera l'économie de masse et de prix bas (celle du consumérisme et de la goinfrerie, dictée par la démagogie politicienne) pour instaurer une économie de la frugalité, de la valeur d'utilité et de la virtuosité (donc de la qualité durable au juste prix).

Bref, les deux mots-clés du monde qui vient, seront : autonomie (donc libéralisme contre tous les parasitismes) et virtuosité (donc aristocratisme contre toutes les médiocrités).

Alors que la domination politique au travers de la démocratie au suffrage universel, pour se maintenir au pouvoir, avait tout intérêt à amplifier tous les parasitismes (au travers des assistanats) et toutes les médiocrités (au travers de systèmes éducatifs détruisant la connaissance, la culture, l'ambition, le mérite et l'effort).

 

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La cohésion sociale naît de la force du projet commun vraiment partagé. Aujourd'hui, un tel projet commun n'existe plus qu'à l'intérieur de petites "tribus" (cfr. Michel Maffesoli) qui forment, chacune, une collectivité (semi-fermée) soudée par l'adhésion au projet.

Il n'y a plus de projet macrosociologiques (au niveau de la société globale), seulement une myriade de projets microsociologiques (au niveau des communautés restreintes).

La république, la mondialisation, les droits de l'homme, la démocratie, etc … ne font plus rêver grand monde.

 

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L'Etat n'est plus une référence identitaire ; il est devenu seulement un pourvoyeur d'assistanats.

 

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Il est urgent que les sociologues, psychologues, ethnologues et autres idéologues (presque tous gauchisants) comprennent que l'humain sain et équilibré n'a aucun besoin de "lien social". Il a certes un "besoin d'appartenance" et, au sein de cette appartenance, un "besoin de reconnaissance" (cfr. Abraham Maslow), mais cette appartenance est sélective et élective. Les masses, comme les foules, comme le "peuple", comme la "nation", sont des entités abstraites, artificielles et anonymes où personne ne se reconnaît.

L'appartenance est toujours communautaire, mais jamais sociétale.

Qu'est-ce qui fait le "lien" dans une société nationale et étatique ? Rien !

Personne n'appartient à la république française ; mais il y a des morvandiaux, des alsaciens, des bretons, les provençaux, etc … (et, je l'espère, pas de parisiens).

De même, personne n'appartient à "l'économie libérale" (même si le libéralisme est de plus en plus indispensable pour combattre les populismes et les totalitarismes), mais chacun donne sens à son engagement professionnel par une adhésion fraternelle au sein du projet de son entreprise, s'il est noble et enthousiasmant.

 

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Ce n'est pas le macroéconomique qui détermine le microéconomique, mais l'inverse.

Ce ne sont pas les marchés qui forgent les entreprises, mais l'inverse.

Ce n'est pas le macrosociologique qui détermine le microsociologique, mais l'inverse.

Ce ne sont pas les sociétés qui forgent les communautés, mais l'inverse.

Il faut donc garantir l'autonomie maximale (dans le respect de l'autre et l'interdépendance avec les autres) aux personnes, aux entreprises et aux communautés. Tout le reste n'est qu'intendance et logistique.

C'est cela le libéralisme.

 

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Il doit y avoir entre l'humanité et la Nature une dialectique constructive.

Le domination doit en être exclue.

L'écologisme profond qui affirme que l'humain doit se soumettre à la sauvagerie de la Nature, est une absurdité.

L'économisme profond qui affirme que la Nature doit se soumettre à la rapacité de l'humain, est une absurdité.

Encore une fois, il faut éradiquer la voie de la domination (dans les deux sens) et y substituer la voie de la coopération (la complémentarité des différences mutuellement respectées).

 

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La stratégie de la croissance économique naît en Angleterre entre 1780 et 1800. Elle s'étend à la France at aux Etats-Unis entre 1830 et 1860. Elle n'atteindra l'Allemagne qu'après le première guerre mondiale (qui fut une lutte entre l'économie industrielle et l'économie agraire). Aujourd'hui, elle est mondialisée.

 

Comme la prospérité combat victorieusement la pauvreté et la mortalité (les deux angoisses fondamentales de l'humain ; chaque humain aspire à une vie repue et longue), elle est donc plébiscitée en Europe et aux Etats-Unis dès après la première guerre mondiale. Elle atteindra, ensuite, le monde entier au fil des colonisations et des échanges.

 

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Il est ahurissant de lire, presque partout, chez les "penseurs", que les humains ont ou devrait avoir une propension à améliorer leur vie intérieure, intellectuelle ou spirituelle. Quelle bévue !

La majorité des humains n'ont qu'un cerveau reptilien et n'ont que faire de la connaissance ou de la mystique. Leur seul souci : "du pain et des jeux" … Ce qui fait le fonds de commerce de tous les démagogues depuis la nuit des temps.

Le problème essentiel de ces humains-là n'est pas de penser, mais bien de jouir !

La croissance économique leur a permis de jouir beaucoup plus qu'auparavant ; n'espérez pas qu'ils y renoncent. Après eux, les mouches !

 

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Lorsque l'humain grossier - soit 85% de la population - est mis devant un buffet à volonté, il s'empiffre jusqu'à l'indigestion et il se saoule jusqu'à l'ivrognerie.

Les penseurs grecs appelaient cela l'hybris, la démesure. C'est exactement cela qui s'est passé, partout dans le monde, depuis 1950, lorsque le consumérisme (importé des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale dans les bagages du plan Marshall) s'est installé sur la croyance, ô combien fausse, de l'infini pouvoir de la technologie et de l'infinie capacité des stocks naturels.

Aujourd'hui, la fête est finie.

 

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D'où viennent donc ce goût pour le "Toujours plus", disait François de Closets, cette obsession de  l'immodération et ce dégoût pour la frugalité qui, pourtant, devient déjà la règle de vie numéro un ?

Les sociologues et psychologues, jamais avares d'une conjecture hasardeuse pour croire en leur notoriété (ce qui procède de la même logique d'immodération), ont inventé mille "théories" sur ce sujet (crainte de manquer, besoin de satiété, mimétisme, jalousie, compétition sociale, esbrouffe, …).

La vérité me paraît bien plus simple : l'animal humain est, très majoritairement, un raté, incapable de régler ses propres appétits.

 

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L'humain est une animal inadapté à la vie sauvage ; il a émergé de la vie, la peur au ventre et cette peur ne l'a jamais quitté. L'accumulation de tout (c'est cela le consumérisme) lui donne une illusoire impression de sécurité.

 

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Le seul grand désir du prolétaire est de venir bourgeois, c'est-à-dire propriétaire et capitaliste.

Marx n'avait, là encore, rien compris !

 

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Tout l'enjeu essentiel de la bifurcation paradigmatique en cours est de passer d'un anthropocentrisme (forcément narcissique et nombriliste, même sous le masque d'un "humanisme" censé être plus affable) à un cosmocentrisme c'est-à-dire à la réintégration totale de l'humain dans le Réel, au service de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

L'humain, de parasite, doit devenir coopérateur.

 

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L'activité humaine transforme de la néguentropie naturelle en néguentropie artificielle, transformation qui, inéluctablement, injecte de l'entropie toxique dans le monde de la Vie.

Cette vision thermodynamique a été totalement ignorée, voire occultée, pendant deux siècles (elle ne peut réapparaître qu'aujourd'hui, avec la physique des processus et systèmes complexes - cfr. mon maître et mentor Ilya Prigogine).

L'équation n'est jouable et durable que si la néguentropie artificielle produite a une valeur supérieure (pour la Vie globale et pas seulement pour l'humain) au cumul de la néguentropie naturelle détruite et de l'entropie toxique injectée.

Toute l'écologie scientifique tient dans cette dernière petite phrase.

 

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Il faut rompre d'urgence avec une phraséologie fausse. Ce n'est pas de l'énergie que l'humanité consomme. L'énergie se conserve, quoi qu'il arrive. Ce qu'elle consomme, c'est de la néguentropie c'est-à-dire de l'ordre, de l'organisation, de la forme.

 

Quand on brûle du pétrole, on transforme de la néguentropie encapsulée dans les macromolécules d'hydrocarbure pour la transformer en chaleur, et en entropie résiduelle, plus ou moins toxique (du dioxyde de carbone, de la vapeur d'eau et de la cendre minérale). Cette chaleur produite est absorbée par les corps vivants pour les aider à produire la néguentropie biologique nécessaire à leur survie.

 

La survie de ces êtres vivants vaut-elle plus ou moins que les tonnes de pétrole que l'on brûle pour eux ? Voilà la question pratique d'essence économique.

Ne pourrait-on en brûler moins pour une résultat équivalent ? Voilà la question technique d'essence noétique.

Ne pourrait-on concevoir un monde avec moins d'êtres vivants à chauffer ? Voilà la question éthique d'essence politique ?

 

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Les humains qui se multiplient trop aujourd'hui, assassinent ceux qui pourraient naître demain.

 

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Lorsqu'on parle d'utilité, il faut clairement distinguer l'utilité de plaisir et l'utilité de nécessité.

Un paradigme de la frugalité ne tient compte que de l'utilité de nécessité dont le grand critère n'est pas le "plaisir", mais bien la "joie" (au sens de Spinoza).

 

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La dichotomie entre "artificiel" et "naturel" est au centre du débat actuel. La Modernité s'est inventée et construite une monde artificiel (urbain, social, mondain, culturel, ludique, mécanique, numérique, …) dont l'humain aurait été roi et dieu, et qu'elle a cru pouvoir déconnecter du monde naturel.

Le retour de manivelle, c'est maintenant. Il ne peut exister aucun monde artificiel déconnecté du monde naturel qui le nourrit en tout.

C'est cette dualité fantasmagorique qu'il est urgent de détruire : le monde humain doit redevenir un monde naturel.

"Naturel" ne veut pas dire sauvage ou primitif comme le voudraient les tenants du "retour à la Nature" (utopie débile : un humain ne survivrait pas deux ans dans un monde naturel sauvage).

"Naturel" signifie en harmonie avec les lois de la Nature, en relation de coopération avec la Nature, c'est-à-dire avec la Vie et l'Esprit au sens cosmique.

 

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Toutes les "sciences" humaines, en général, et la sociologie (après Durkheim), en particulier, ont voulu voir le "phénomène humain comme d'une "autre nature" que tous les autres phénomènes et processus de la Nature.

Cette posture, encore largement admise aujourd'hui, est d'une incommensurable bêtise. Le processus humain est un processus thermodynamique dissipatif et complexe comme tous les autres, soumis aux mêmes lois et aux mêmes modèles.

Le phénomène humain est de la même nature que tous les autres processus, même si ses modalités propres sont parfois spécifiques (mais réductibles aux modèles).

Cette volonté des "sciences humaines" de se distinguer des vraies sciences, leur donne un crédibilité quasi nulle et participe d'un dualisme métaphysiquement inacceptable au vu du monisme scientifique.

 

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Le 11/07/2022

 

Il faut cesser d'opposer le "Nord" et le "Sud" et éliminer les relents de tiers-mondisme pratiqué à gauche dans les années 1970 et 1980.

La mondialisation consumériste a bien profité à tout le monde … sauf aux classes moyennes occidentales (cfr. "Gilets jaunes" et autres).

 

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Il faut cesser de colporter le mensonge marxiste qui consiste à dire que la richesse est produite au détriment ou sur le dos des "classes laborieuses". D'abord, ces "classes laborieuses" n'existent pas et ceux qui travaillent vraiment et beaucoup ne sont pas les salariés, employés ou ouvriers, mais les indépendants, les cadres supérieurs et, surtout, les entrepreneurs.

 

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Les indicateurs macroéconomiques (PIB, IDH, etc …) ne signifient pas grand' chose et ne sont que de pures conventions indicatives.

L'évolution réelle de la "richesse des nations" est celle de ses patrimoines et non celle de ses activités.

Un pays, comme une entreprise, peut engendrer des bénéfices (et servir des dividendes) en puisant dans ses patrimoines et, donc, en s'appauvrissant.

Il faut de plus tenir de ces enrichissements artificiels et factices qui relèvent de la finance spéculative.

 

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La richesse réelle d'un monde humain n'est que très partiellement évaluable en termes quantitatifs, matériels et monétaires.

Que vaut la joie de vivre ? Que vaut la coopération dans la paix ? Que valent l'intelligence, le génie ou le talent ?

L'immatériel a de plus en plus de valeur, mais n'a pas de prix.

 

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Mesurer la contribution de quiconque au nombre d'heures de travail prestées, est une aberration. Et ce l'est d'autant plus que l'on se tourne vers des activités immatérielles.

Le temps de rumination ou l'énergie mentale nécessaires pour trouver la solution à un problème difficile, ne sont pas mesurables quantitativement.

Dans un monde où les opérations physiques sur la matière seront de plus en plus robotisées, et où les opérations logiques, mêmes compliquées, seront de plus en plus algorithmisées, continuer à réduire le travail à des heures de présence est une imbécillité.

Il faut donc en conclure que la notion même de contrat d'emploi salarié va disparaître : les entreprises ne paieront plus leurs collaborateurs pour des heures de présence plus ou moins productives, mais bien pour la résolution effective et efficace de problèmes réels.

 

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De la même manière que la valeur d'une entreprise se mesure à partir de ses comptes de bilan augmentés ou diminués d'un "goodwill" souvent artificiel ou subjectif, il faut y insister : l'évolution de la richesse d'un monde se mesure par l'évolution de ses patrimoines.

Et ces patrimoines sont de nombreuses natures, certaines mesurables, d'autres pas.

Certains patrimoines sont actifs et d'autres passifs, certains naturels et d'autres artificiels, certains humains et d'autres non-humains, certains matériels et d'autres immatériels, certains sont économiques et d'autres noétiques, certains sont structurels et d'autres culturels, certains sont pratiques et d'autres éthiques, etc …

 

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Plus le monde devient complexe, plus la grande majorité des populations devient incapable d'y comprendre quoique ce soit, et plus ses avis sont nuls et non avenus.

Cette complexification marque la fin de toute démocratisation.

Le principe devient : laisser faire ceux qui savent … et ceux qui savent, ce sont les experts scientifiques et certainement ni les politiciens, ni les économistes, ni les écologistes, ni les financiers, ni les sociologues, etc ….

 

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Comme toujours, il faut bien distinguer la mesure de la richesse d'un monde par ses patrimoines, de la mesure de la santé de ce monde par des indicateurs pratiques comme le taux de chômage, le taux d'inflation, le taux d'espérance de vie, le taux d'hospitalisation, le taux d'épargne, le taux de fécondité nette, le taux de criminalité, etc …

Mais, en général, les notions de richesse et de santé sont allègrement confondus tant par les politiques et les économistes, que par les médias.

 

De plus, il y a ce que l'on est (patrimoines et santé) et ce que l'on en fait. Et au service de quoi on le fait.

On arrive ainsi à quatre éclairages internes complémentaires : patrimoines, santé, activité et projet.

Il faut compléter par les deux modes d'interaction avec le monde extérieur : l'échange et l'influence.

A tout cela, il faut ajouter la régulation pour spécifier les processus d'arbitrage ou d'harmonisation entre les six pôles de base qui sont presque toujours en contradictions et en tensions mutuelles.

 

On retrouve ainsi les sept concepts-clés caractérisant de tout processus complexe.

 

*

 

Que vaut la Nature ?

Cette question saugrenue se pose dès lors que l'on veut mesurer l'évolution des patrimoines naturels (ce que les économistes n'ont quasiment jamais fait, partant de deux idées fausses : les réservoirs naturels sont infinis et la technologie humaine palliera toute défaillance).

L'orgueil des humains les a transformé en apprenti-sorcier dans la Nature, intervenant, perturbant, abîmant, blessant, traumatisant à qui mieux-mieux cet immense et précieux organisme appelé "Nature".

La Modernité de Descartes avait fait des humains "comme les maîtres et possesseurs de la Nature". C'était oublier que les humains sont parties intégrantes et prenantes de cette même Nature que les penseurs grecs invitaient à imiter et que les théologiens chrétiens ont tant diabolisée.

 

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Que vaut la Nature ?

La Nature est un patrimoine qui n'appartient à personne sauf à elle-même et dont l'humain fait intégralement partie.

Cette inclusion implique que dire ce que vaut la Nature revient aussi à dire ce que vaut l'humain.

Et comme ce sont les humains qui posent la question et tentent d'y répondre, la question devient : que vaut la Nature pour les humains ?

 

*

 

L'Univers, c'est le réel de la Matière du Réel.

La Nature, c'est le réel de la Vie du Réel.

Le Cosmos, c'est le réel de l'Esprit du Réel.

Et le Réel est le Tout-Un de tout ce qui existe.

Que vaut alors le Réel ?

Que vaut ce Réel pour l'humain ?

 

*

 

Classiquement, la Nature ne vaut, pour les humains, que par les flux d'échange entre les patrimoines humains et les patrimoines extérieurs aux humains.

Jusqu'à aujourd'hui, les humains captaient, dans la Nature extérieure à eux, de la bonne énergie et de la néguentropie (de la richesse et de la complexité) et y renvoyaient de la mauvaise chaleur et de l'entropie (des déchets et de la toxicité) : les humains vivaient sur le dos de la Nature comme des pillards et des parasites.

Mais la Nature et la Vie commencent à s'épuiser.

 

*

 

Comme tout système complexe, l'humanité construit et accumule de la néguentropie artificielle et, pour ce faire, consomme de la néguentropie naturelle et renvoie de l'entropie toxique.

Le patrimoine néguentropique terrestre s'épuise d'autant plus vite qu'on y puise plus et que l'on y rejette plus d'entropie.

Aucune technologie n'y pourra jamais rien faire.

Il faut donc puiser moins (décroissance démographique et consumériste) et rejeter moins (progrès technologique) afin que le taux de croissance du patrimoine humain soit harmonisé au taux de reconstitution du patrimoine naturel.

 

*

 

Dominique Méda pose une belle et bonne question :

 

"Quelle est notre priorité : les satisfactions que nous apporte la Nature ou l'existence de la Nature même ?"

 

Mais la question est aussi absurde car, sans Nature, il ne peut plus être question de l'humanité qui s'en nourrit pour survivre.

La question est cependant pertinente dans la mesure où elle pose la question du rapport du Tout à ses parties. L'humanité fait partie de la Nature alors : est-ce la Nature qui doit être au service de l'humanité, ou l'inverse ?

Et la réponse est : ni l'un, ni l'autre. Le rapport du Tout à ses parties est toujours dialectique où il faut harmonie garder afin que le Tout et toutes ses parties ne disparaissent pas.

Le mot-clé, ici, est interdépendance !

 

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L'interdépendance étroite entre la Nature et l'humanité impose l'élaboration d'une éthique globale pour réguler les comportements des humains dans leurs rapports et leurs échanges avec la Nature.

La Nature est bien plus qu'un réservoir de ressources ; elle est la Vie même qui irrigue, porte et nourrit toutes les vies, humaines et non-humaines.

 

En ce sens, Dominique Méda écrit :

 

"C'est cette idée d'une valeur intrinsèque de la Nature qui a été développée à partir des années 1980, suivant une optique fondamentalement anti-utilitaristes et anti-anthropocentrique."

 

 

Pour l'utilitarisme, la Nature n'est qu'un réservoir de ressources à disposition des caprices humains.

Pour l'anthropocentrisme, l'homme-dieu est roi, maître et possesseur de toutes choses.

 

*

 

La Nature a-t-elle une valeur intrinsèque ? Assurément.

Que vaut cette valeur pour l'humain ? Autant que vaut le corps entier pour chacune de ses cellules.

 

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La flèche du temps oriente la Matière cosmique (l'Univers), la Vie cosmique (la Nature) et l'Esprit cosmique (le Cosmos) vers leur propre accomplissement global et mutuel.

L'humanité participe de cet accomplissement (puisque la Vie l'a fait émerger dans son propre processus) et à cet accomplissement (parce que l'accomplissement de l'humain passe par l'accomplissement du Réel) ; ce sont cette participation et les contributions qui en découlent, qui donnent sens et valeur à chaque existence humaine.

Voilà donc la valeur de la Nature : donner du sens à l'existence humaine (vision spirituelle), en plus de lui donner ses nutriments (vision utilitariste).

 

*

 

Protéger la Nature. Ménager la Nature. Transmettre la Nature.

Cette idée de transmission du patrimoine naturel aux générations futures est une préoccupation nouvelle, mais essentielle.

Non seulement nous avons hérité la Nature de nos parents, mais nous l'empruntons à nos enfants (et à nos petits-enfants).

 

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La réalité économique n'implique nullement l'économisme c'est-à-dire la réduction de tout à la seule dimension économique et utilitaire.

Si on regarde la durée longue, les notions de valeur et d'utilité sont extrêmement variables et ce qui compte aujourd'hui, ne comptait pas hier et ne comptera plus demain.

 

Tout ce qui peut être évalué, doit l'être selon trois dimensions à savoir :

 

  • la dimension matérielle ou topologique (le territoire, la valeur patrimoniale : ce que je possède),
  • la dimension processuelle ou dynamique (l'activité, la valeur constructive : ce que j'en fais),
  • la dimension spirituelle ou eidétique (le projet, la valeur éthique : pour quoi et comment je le fais).

 

Les étalons d'évaluation évoluent d'une génération à l'autre.

 

*

 

Puisque les valeurs et besoins des générations à venir sont inconnues parce qu'inconnaissables, il convient de transmettre le plus intégralement possible l'ensemble des tous les patrimoines : ne rien abîmer, ne rien gaspiller, ne rien sous-estimer.

 

*

 

Hans Jonas, dans son œuvre majeur "Le principe Responsabilité" avait défini un grand principe éthique :

 

"Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre."

 

L'idée est belle. Mais la notion d'une "vie authentiquement humaine" n'a guère de sens. Qu'est-ce qu'une "vie authentiquement humaine" ? Bien malin qui peut répondre clairement et univoquement à cette question.

Ce qui est essentiel, c'est le biocentrisme de cette sentence qui remplace enfin l'anthropocentrisme de l'humanisme. La Vie est bien plus importante que l'humain puisque, sans la Vie, l'humain n'existe plus. L'humain doit être au service de la Vie ; et non l'inverse. L'accomplissement de l'humain passe par l'accomplissement de la Vie sous toutes ses formes.

 

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L'humanité n'aucune valeur intrinsèque.

Antihumanisme, donc.

Comme l'affirme Nietzsche avec raison, une vie humaine n'est authentique que si elle accomplit sa vocation, à savoir d'être un pont (un saut de complexité), entre l'animal et le Surhumain, entre la Vie et l'Esprit.

L'accomplissement de cette mission, de ce conatus (cfr. Spinoza) est la source unique de toute Joie.

 

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Très majoritairement, surtout hors Union Européenne (et peut-être, parfois, hors Chine et Inde), l'humain est un animal pillard et parasite qui ne fonctionne que pour satisfaire ses caprices.

 

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D'Axel Gosseries :

 

"Transférer plus au futur, c'est sacrifier

le sort des plus défavorisés du présent."

 

Quelle ineptie ! Il faudrait donc sacrifier le vin de demain à la lie d'aujourd'hui ? Qui sont ces "défavorisés" ? Ils sont eux-mêmes responsables de leur "défaveur".

Qu'ils se prennent donc en charge. Moi, je m'occupe de mes enfants ; à eux de s'occuper d'eux-mêmes, sans pillage ni parasitisme. La survie, ça se construit et ça se mérite ! Je préfère m'occuper de mes arbres que de ces animaux humains sans intérêt et sans avenir.

Dans trois mois, il y aura 6 milliards d'humains en trop sur Terre. A bon entendeur …

 

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Il faut arrêter de croire que l'humanité est une unité, un tout, une seule famille où tous les humains seraient frères. Cette vision humaniste et gauchiste (pléonasme ?) est fausse. Même si elle est outrancière, je préfère la vision de Hobbes, mais atténuée : chacun est le centre de son propre monde qui relie, en moyenne, une cinquantaine de personne, et l'ensemble de ces "mondes" personnels sont interconnectés par des processus appartenanciels (mon ami X qui fait donc partie de mon monde, fait partie du monde de Y que je ne connais pas et qui m'indiffère copieusement ; mais X connecte nos deux mondes). Mais connexion ne signifie nullement appartenance ou solidarité.

La réalité humaine est une intrication complexe de mondes personnels interconnectés.

 

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L

 

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Qu'est-ce que la "justice" ?

Cette notion parle, en même temps, de jugement et de répartition, ce qui, déjà, fait problème.

Un jugement est "juste" s'il est conforme à la loi en vigueur, qui peut être inique, ou à des principes moraux, à la fois flous et très variables, voire "plastiques".

Une répartition, pour être juste, doit satisfaire un critère. Lequel ? L'égalité ? Le mérite ? La puissance ? Le talent ? L'intelligence ?

On voit bien que, dans ses deux acceptions, l'idée de "justice" est totalement subjective et idéologique.

Alors, que peut bien signifier l'idée que la répartition des ressources naturelles doit être juste entre la génération présente et les générations futures ? Rien !

 

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La lassante et stérile discussion récurrente sur les "bons" indicateurs quantitatifs de comparaison entre contrées ou époques, se trompe au niveau des principes.

L'essentiel, pour caractériser un processus complexe, n'est pas quantitatif.

De plus, le choix de tel ou tel indicateur est bien plus idéologique que scientifique.

Qu'on nous fiche donc la paix avec les PIB, les IDH et autres fadaises.

 

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Le concept, cher aux sociologues et aux socialiste (pléonasme ?), de "cohésion sociale" est vide de sens.

Qu'est-ce qu'une société ? Quels sont les critères non idéologiques qui permettent d'en définir les limites ?

Par exemple, la société française n'est définissable qu'en référence aux institutions étatiques auxquelles 65 millions de gens sont censés obéir depuis 1871. Au-delà, les vraies appartenances ne sont plus jamais nationales, mais ethniques, culturelles, historiques, projectuelles, locales, réticulaires, spirituelles, religieuses, etc …, donc transnationales et transsociétales.

La "société" est une notion artificielle pour couvrir un ensemble de communautés de vie rassemblées, historiquement et violemment, sous un seul et même Etat.

Qu'est-ce, alors, que la "cohésion sociale" ? Rien ! Si ce n'est le mythe que l'idée abstraite et artificielle de "société" devrait engendrer, sui generis, un sentiment d'appartenance indéfectible et une solidarité évidente. Dans la réalité du Réel : rien de tel. Être "Français", cela ne signifie qu'une chose : avoir accès gratuitement à tout un menu d'assistanats (sans même devoir passer par la langue, la culture, l'histoire et les us).

 

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Le principe même d'une "croissance verte" ou d'un "développement durable" est une ineptie thermodynamique.

 

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Technologiquement, au sein de l'OCDE, l'intensité énergétique (la quantité d'énergie nécessaire pour produit une unité de valeur économique) a diminué de l'ordre de plus de 40% depuis 1970.

Oui mais voilà : les pays pauvres ont une natalité effrayante et une production de plus en plus "sale" (notamment du fait de l'explosion consumériste et des délocalisations industrielles).

Donc les mêmes conclusions s'imposent : décroissance démographique (le levier politiquement incorrect) et décroissance consumériste (le levier politiquement correct, surtout pour les écolo-gauchistes).

 

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Pour maintenir un niveau de vie comparable à l'actuel pour tout le monde, étant donnés la pénurisation de toutes les ressources et l'exténuation des progrès technologiques, la seule issue est la dénatalité.

L'équation est simple : celui qui fait plus de deux enfants est un criminel, celui qui n'en fait qu'un, est un modèle et celui qui n'en fait pas, est un héros.

 

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Il faut couper les pattes aux chimères en affirmant quelques certitudes :

 

  • la technologie n'a rien de messianique : elle ne peut qu'améliorer, asymptotiquement (donc de moins en moins), les rendements de transformation,
  • les ressources dites renouvelables, ne le sont que très peu,
  • les ressources stockées seront bientôt toutes épuisées,
  • les déplacements de gens ou de biens seront proscrits,
  • la stagflation va s'installer durablement,
  • la seule décroissance supportable et efficace est la décroissance démographique.

 

l*

 

Dominique Méda demande :

 

"Comment faire dialoguer des sciences aux postulats

aussi différents que l'économie et la physique ?"

 

Tout simplement en prenant conscience que l'économie (comme toutes les "sciences humaines") n'est pas une science, mais un ensemble de conjectures idéologiques qui, parce qu'elles se veulent quantitatives, se prétendent objectives.

N'oublions jamais que ne sont scientifiques que les conséquences d'une dialectique stricte et méthodique entre théorie et expérimentation.

En économie (comme dans les autres "sciences humaines"), il n'y a pas d'expérimentations possibles, on peut donc dire, en théorie tout et n'importe quoi, sans crainte d'être contredit par l'expérience. Dont acte !

 

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Le titre du livre phare de Tim Jackson : "Le prospérité sans le croissance", résume, à lui seul, le chemin de demain.

La croissance consommatoire et la croissance démographique sont délétères, létales même. Il faut en abandonner la logique.

Cela n'implique nullement un monde humain tissé de privations, de malheurs, de misères ou de souffrances.

Cela implique seulement la redéfinition claire de ce que le mot "prospérité" signifie : il ne peut plus signifier "goinfrerie, caprice et gaspillage", mais il doit signifier "frugalité, joie de vivre et légèreté".

 

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Le défi ?

 

De la productivité à la virtuosité.

Du caprice à l'utilité.

Du jetable au durable.

De la quantité à la qualité.

Du prix bas à la valeur maximale.

De la consommation à la frugalité.

Du plaisir à la joie.

Du travail à l'œuvre.

Du comment au pour quoi.

De l'idéologie à la téléologie.

De la complication à la complexité.

Du sujet au projet.

De la modalité à la finalité.

De l'objet au processus.

De l'analytique à l'holistique.

 

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Le 12/07/2022

 

Le Point indique :

 

"12 juillet 1789. Camille Desmoulins lance la Révolution, après un discours enflammé au Palais-Royal. Pistolet à la main, le jeune avocat bègue saute sur une table pour soulever les Parisiens, qui s’en iront prendre la Bastille. "

 

Il est ahurissant que cette légende de la "révolution française" qui ne fut qu'une émeute parisienne récupérée par la propagande socialiste du 19ème siècle, puisse encore circuler.

Camille Desmoulins, Saint-Just et, surtout, Maximilien de Robespierre, tous avocaillons, n'étaient que des bourgeois rempli de haine, de jalousie et de ressentiment qui auraient totalement échoué si la famine n'avait pas surchauffé les cervelles reptiliennes des Parisiens.

 

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C'est précisément parce que la Nature appartient à tout le monde, donc à personne, que personne n'en prend soin et que tout le monde s'y sert à tort et à travers.

Le mythe gauchisant de la bonne gestion collective et solidaire est malheureusement démentie par les faits. Toute gestion collective, démocratique ou étatique, est condamnée à l'inefficience, par essence.

De plus, par nature atavique, l'immense majorité des humains sont des pillards et des parasites, sans aucune vision à moyen ou long terme.

Seule une minorité aristocratique se préoccupe de l'avenir ; les masses ne sont enfermées que dans le présent immédiat.

 

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Il faut absolument éviter la marchandisation de la Nature ; mais il faut éviter, avec plus de courage encore, sa dévalorisation.

Ce qui n'a pas de valeur, n'est pas précieux.

 

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La haine gauchiste du libéralisme, du capitalisme et de l'économisme amène certains à conspuer toute approche économique.

Le fait que la Nature ait une grande valeur, implique qu'elle doit aussi être gérée économiquement, en plus d'être considérée noétiquement (dans sa dimension cosmique et spirituelle) et politiquement (dans sa dimension juridique et éthique).

 

C'est d'ailleurs une caractéristique des gauchismes de tout vouloir binariser, de tout ramener à des dualités dont il faudrait encenser un des deux pôles pour mieux haïr et rejeter l'autre (cela s'appelle le simplisme qui rime bien avec populisme).

Il faut leur rappeler, avec fermeté, que tout ce qui est réel - et plus particulièrement, tout ce qui est complexe - est ternaire et trialiste, et qu'il ne s'agit donc jamais de trancher (les bons contre les mauvais, les méchants contre les victimes, les saints contre les diables), mais bien de faire émerger plus de richesse.

 

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Comme en tout ce qui concerne les mondes humains, en ce qui concerne le soin à apporter à la Nature, il y a et il y aura toujours des pays vertueux le plus souvent économiquement et culturellement plus développés, et des pays voyous le plus souvent économiquement et culturellement peu développés (le Brésil de Bolsonaro ou la Russie de Poutine en sont deux bons exemples).

Pauvreté n'est pas vertu ! Loin s'en faut.

De plus, la pauvreté est-elle une cause ou une conséquence de la bêtise ? Poser la question, c'est y répondre.

 

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La vertu est un luxe de riche.

Mais tous les riches ne sont pas vertueux puisqu'il faut aussi être intelligent.

Il en va ainsi des pays riches en Nature.

 

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Il faut revenir à Hans Jonas et réactualiser le "Principe Responsabilité".

Chacun doit se sentir et agir comme responsable de son rapport à la Vie et à la Nature. Et pour pouvoir devenir responsable, il faut commencer par devenir autonome, c'est-à-dire par se libérer de toutes ces servitudes volontaires que la bêtise et la paresse font accepter (c'est le fondement même du libéralisme).

 

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Le qualitatif n'exclut pas le quantitatif, il le sublime.

 

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Chacun vit au centre de son monde où vivent aussi, en moyenne, une cinquantaine de personnes. Il faut que chacun se persuade qu'il doit prendre soin de son monde, de soi et de l'autour de soi, humain ou non humain.

Ainsi, par exemplarité, viralité et capillarité appartenancielles, tout le monde prendra soin de tout, en toute conscience et responsabilité.

Les grandes déclarations et réglementations politiciennes ou étatiques ne servent à pas grand' chose.

L'écologie n'est ni une idéologie, ni une propagande ; elle est un état d'esprit qui percole … mais pas assez vite.

 

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L'humanité n'est pas face à la Nature (laissons cette aberration au christianisme et à Descartes), mais bien dans la Nature.

Prendre soin de la Nature, c'est prendre soin de nous et de notre descendance.

La prise de conscience de notre inclusion dans la Vie, au sens cosmique, est indispensable et vitale ; elle est d'essence spirituelle. Sans elle, les humains continueront à se croire hors de la Nature ou au-dessus de la Nature, comme un animal dénaturé, enfermé dans des villes d'acier, de verre et de béton, croyant que l'œuf qu'il mange sort de l'usine d'à-côté et non du cul d'une poule.

 

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Il est énervant de lire constamment le procès en immoralité que les gauchisants font systématiquement à l'économie et à ceux qui en sont les moteurs.

Rappelons, donc, quelques évidences :

 

  • Je ne connais quasiment pas d'entrepreneurs dont la finalité soit de gagner de l'argent, coûte que coûte ; la plupart des entrepreneurs sont habités par la passion d'un métier et d'une aventure humaine.
  • Une entreprise qui n'aurait pas de solide éthique, disparaîtrait très vite des marchés.
  • Le profit n'est pas un but, mais une conséquence (du travail bien fait, avec soin et économie) et un moyen (pour investir et continuer l'aventure).
  • La croissance n'est absolument ni nécessaire, ni souhaitable pour les entreprises actuelles où la numérisation et la noétisation des métiers ne produit plus aucune économie d'échelle (le succès ne dépend plus de l'argent, mais du talent).
  • Comme l'eau qui coule, les entreprises cherchent le chemin le plus économique dans le paysage, souvent absurde, fabriqué par les politiques et les bureaucrates.
  • Les entreprises se fichent comme d'une guigne du PIB et des autres indicateurs macro-économiques ; seule importe leur pérennité et leur résilience au travers des talents qu'elles réussissent à fédérer.
  • Un entrepreneur construit ; il ne détruit pas.

 

Comme la maltraitance des esclaves, jadis, ou des ouvriers, naguère, est totalement contre-productive dans la logique des entreprises (on n'a jamais vu quelqu'un de maltraité devenir motivé et productif), la maltraitance de la Nature est au moins aussi contre-productive.

La logique entrepreneuriale prône la préservation, le non-gaspillage, la reconstitution et l'économie des ressources, les entreprises ont donc tout intérêt à se comporter de la manière la plus écologique qui soit (et c'est bien ce que les chiffres montrent où l'industrie a divisé par au moins deux son empreinte écologique depuis 1980 … au contraire des ménages et spécialement des ménages les plus pauvres et les moins éduqués).

 

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La science capable de modéliser valablement les évolutions socioéconomiques et écologiques existe déjà (cfr. les travaux de Philippe Charlez commentés plus haut). Cette science est la physique des systèmes et processus complexes ou science de la complexité, issue de la thermodynamique dissipative de mon maître Ilya Prigogine.

Cette science qui débouche sur une véritable cosmologie, est, par ailleurs, fortement transversale et transdisciplinaire.

Et comme toute science exacte sérieuse, elle est largement incompréhensible pour le commun des mortels (tout comme la relativité générale ou la mécanique quantique).

Cette science est vulgarisable, mais elle n'est pas démocratisable.

 

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Face à la crise écologique majeure que nous vivons, selon Dominique Méda, trois discours se dégagent :

 

  • Le premier : face à la pénurie, aux dérégulations, il faut établir un pouvoir politique fort pour imposer la frugalité et la décroissance. c'est, en gros, le discours populiste à la sauce verte (le discours d'un Mélenchon, par exemple).
  • Le second discours (celui de Dominique Méda) : c'est celui de l'écolo-gauchisme qui profite de la crise écologique pour conspuer, une fois de plus et en mélangeant tout, le libéralisme, le capitalisme, le financiarisme, l'économisme, le consumérisme, … ; la grande idée est, sans le dire, le socialisme qui vise à assujettir le personnel au social, à combattre toutes les autonomies (personnelles et collectives) au profit du seul étatisme et de la "socialité", du "lien social", de la "cohérence sociale" … avec une seule obsession : l'égalitarisme. Et on ne voit pas bien en quoi tout ce charabia idéologique a quoique ce soit à voir avec la crise écologique …
  • Le troisième discours (qui est le mien) : assumer pleinement la fin de l'abondance, pratiquer la frugalité et la décroissance consumériste et démographique, et construire un nouveau paradigme non de la croissance matérielle, mais de la prospérité existentielle (autonomie, spiritualité, fraternité, libéralité).

 

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Le 13/07/2022

 

Pour moi, un ordinateur, c'est :

 

  • une machine à écrire,
  • une messagerie,
  • une encyclopédie,
  • un agenda.

 

Et surtout RIEN d'autre !

 

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Ce que l'on appelle l'école néoclassique a voulu fonder une "science" économique sur le modèle du mécanicisme physicien (réductionnisme, analycisme, déterminisme). L'économie étant un processus éminemment complexe, cela ne fonctionne évidemment pas. L'économie n'est pas mécanique.

 

A propos des théories économiques néoclassiques, l'encyclopédie Universalis dit ceci :

 

"Après les révolutions de 1848 en Europe, l'économie politique qualifiée de classique par Karl Marx, celle de l'Écossais Adam Smith et de l'Anglais David Ricardo, doit affronter une double contestation. Celle des milieux conservateurs d'abord qui accusent les théories de Ricardo, en ayant associé à chaque facteur de production une classe sociale – la terre à la noblesse, le capital à la bourgeoisie, le travail au prolétariat – d'avoir nourri les théories sur la lutte des classes et les excès révolutionnaires. Celle des milieux progressistes ensuite qui accusent ces théories de légitimer, au travers de la défense de la concurrence, le maintien des salaires à un niveau qui assure juste la survie des ouvriers.

Menacée politiquement, l'économie politique constate également qu'elle s'enferre dans des impasses. L'explication des prix par la référence à la quantité de travail incorporée dans les biens produits – la théorie de la valeur travail que défend Ricardo – n'est pas satisfaisante. Les économistes prennent conscience de la nécessité de prolonger l'œuvre des classiques en changeant à la fois leurs méthodes et leur description de la réalité sociale.

 

En termes de méthode, l'économie politique cherche à acquérir le statut de science. Pour atteindre cette scientificité, elle adopte le formalisme mathématique qui donne à la physique son ossature. C'est l'aboutissement d'un processus déjà engagé au début du 19ème siècle. En 1840, l'économiste allemand Johann Heinrich von Thünen (1783-1850) dérive une fonction pour arriver à une formule donnant, selon lui, le niveau de salaire optimal. Mais l'économiste qui assoit véritablement l'usage des mathématiques en économie est le Français Antoine Augustin Cournot (1801-1877). Ce normalien mathématicien traduit les idées de Ricardo en formules mathématiques, puis utilise des mathématiques pour développer ses propres théories. Il assimile l'entreprise à une fonction mathématique de la quantité produite mettant en relation le profit avec le coût et le prix. Il en décrit le fonctionnement en recourant à la dérivation de cette fonction. Il est aussi le premier à substituer la dénomination de science économique à celle d'économie politique.

 

L'usage des mathématiques, non seulement par la statistique qui permet de décrire la réalité sociale ambiante, mais également par le recours systématique à des équations fixant des relations fonctionnelles entre les paramètres de l'économie, comme la consommation, le revenu, l'épargne ou l'investissement, devient ainsi l'élément indispensable à l'expression des théories économiques.

 

L'économie néoclassique s'affirme après 1870. C'est Thorstein Veblen (1857-1929), un économiste américain d'origine scandinave, qui la qualifie de néoclassique pour en dénoncer à la fois le caractère peu imaginatif et la prétention à dominer toute production économique théorique. On considère que le premier économiste néoclassique est l'Anglais William Stanley Jevons (1835-1882) qui publie en 1871 une Théorie de l'économie politique qui est le premier texte vraiment néoclassique. Mais les trois plus importants initiateurs en sont le Français Léon Walras (1834-1910), qui enseigne à Lausanne, l'Anglais Alfred Marshall (1842-1924), enseignant à Cambridge, et l'Autrichien Carl Menger (1840-1921), fondateur de ce que l'on appelle l'école autrichienne."

 

Quant à Spiegato, elle en dit ceci :

 

"Développée à la fin du XIXe siècle, l’économie néoclassique est une approche de l’économie axée sur l’offre et la demande. Contrairement aux théories précédentes, l’économie néoclassique considère l’économie comme l’étude de la répartition des ressources entre des utilisations ou des fins concurrentes. Elle se différencie des autres philosophies économiques par les hypothèses fondamentales qu’elle formule sur l’économie et le comportement économique. L’école d’économie néoclassique suppose que les individus prennent des décisions rationnelles parmi des résultats concurrents, que les entreprises cherchent à maximiser les profits tandis que les individus maximisent la satisfaction ou le bonheur, et que les individus agissent de manière indépendante et possèdent des informations complètes et pertinentes. Collectivement, les théories fondées sur ces hypothèses expliquent la répartition des ressources rares entre des fins concurrentes et constituent l’économie néoclassique.

 

La valeur et le prix sont utilisés par les économistes néoclassiques pour expliquer le fonctionnement de l’offre et de la demande. Dans la vision néoclassique, les individus ont des besoins illimités qui se heurtent à la rareté. Les décisions que les individus et les entreprises doivent prendre alors qu’ils cherchent à maximiser la satisfaction ou les profits sont élaborées sur le marché par les actions de l’offre et de la demande pour attribuer de la valeur. En économie néoclassique, la valeur d’un bien est la satisfaction qu’il apporte à l’individu. Le prix est le mécanisme qui détermine comment et si les désirs contradictoires des entreprises et des individus peuvent être conciliés.

 

Par exemple, une personne peut vouloir acheter une voiture à un certain prix. D’autres pourraient également vouloir acheter la même voiture au même prix. Quoi qu’il en soit, les fabricants pourraient ne pas vouloir ou ne pas être en mesure de produire autant de voitures que les consommateurs le souhaitent à ce prix. La frustration des consommateurs commence à faire grimper le prix des voitures jusqu’à ce que certains acheteurs potentiels se retirent du marché en décidant que la satisfaction qu’ils obtiendraient en possédant la voiture à un prix plus élevé ne justifie pas le coût pour eux. La valeur de la voiture pour l’acheteur diminue à mesure que le prix change. Par l’élimination des acheteurs par des changements de prix et de valeur, la demande et l’offre sont mises en accord.

 

Depuis sa création en tant que successeur de la théorie de l’économie classique du XVIIIe siècle, l’économie néoclassique a eu un impact profond sur la pensée économique. Son insistance sur les mathématiques et les modèles comme base de la théorie économique a été fondamentale pour la formation des économies modernes. Aujourd’hui, une grande partie de ce qui est enseigné dans les cours collégiaux sur la microéconomie et la macroéconomie est dérivée de l’analyse économique néoclassique. L’économie néoclassique est devenue la théorie économique la plus enseignée."

 

Dans ce texte la phrase la plus fondamentale est celle-ci : "L’école d’économie néoclassique suppose que les individus prennent des décisions rationnelles parmi des résultats concurrents, que les entreprises cherchent à maximiser les profits tandis que les individus maximisent la satisfaction ou le bonheur, et que les individus agissent de manière indépendante et possèdent des informations complètes et pertinentes."

 

Cette déclaration de principe est totalement fausse ! Voici pourquoi :

 

  • "les individus prennent des décisions rationnelles" : rien n'est plus faux. L'immense majorité des individus prennent leurs décisions sur base d'affects ou de désirs irrationnels.
  • "les entreprises cherchent à maximiser les profits" : rien n'est plus faux, encore. Une entreprise est le lieu d'un projet fondé sur la passion d'un métier et sur le goût de l'aventure humaine ; le profit en est un moyen ou une conséquence, mais jamais un but (sauf pour les entreprises financiarisées et cotées en Bourse).
  • "les individus maximisent la satisfaction ou le bonheur" : faux, encore une fois. Ils l'espèrent seulement. Ils fantasment.
  • "les individus agissent de manière indépendante" : faux. L'effet de mode et de meute joue à plein, tout le temps.
  • "les individus possèdent des informations complètes et pertinentes" : faux. ils fonctionnent sur des informations publicitaires ou médiatiques toujours tronquées et fallacieuses.

 

Sur base d'une telle vision simpliste et naïve de la réalité économique et de la volonté de la "scientifiser" mathématiquement, on ne peut aboutir qu'à des inepties.

 

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Chaque entreprise est un processus complexe dont le management doit harmoniser six pôles contradictoires : le projet, le patrimoine, l'organisation, l'innovation, les marchés et la concurrence.

 

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Toute entreprise est un processus de transformation qui puise des ressources néguentropiques (ayant valeur, de ce fait) dans le monde extérieur pour alimenter ce même monde extérieur avec des produits de plus haute néguentropie (ayant plus de valeur) et des rejets de très haute entropie (donc de basse valeur et, parfois, de haute toxicité puisque l'entropie est l'ennemi de la vie, la mort étant son triomphe).

Pour être clair, la néguentropie mesure la complexité, la richesse et l'utilité d'une entité, quelle qu'elle soit. L'entropie, elle mesure, au contraire, l'uniformité, l'homogénéité, le vide et l'inutilisabilité d'une entité.

 

Par exemple, un tronc d'arbre qui possède de réelles valeurs et utilisabilités, va être transformé en un meuble de plus haute valeur et utilisabilité, et en copeaux et sciures de valeur et d'utilisabilité quasi nulles. Mais cette transformation ne pourra se faire que moyennant l'injection, dans le processus de transformation, de génie et de travail humains, amplifiés par des machines qui ont, elles-mêmes, consommé du travail, du génie est des ressources.

 

Le gros problème est que les concepts de néguentropie et d'entropie ne sont pas des grandeurs conservatives.

On ne pourrait, par exemple, jamais dire que la somme de la néguentropie et de l'entropie sortant du processus de transformation, serait égale à la néguentropie entrante augmentée de la néguentropie d'apport (génie et travail humains amplifiés par des machines). Le second principe de la thermodynamique et l'injection de travail et de génie amplifiés, s'y opposent.

 

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L'entropie mesure la propension à l'uniformisation, à l'homogénéisation.

La néguentropie mesure le propension à l'organisation, à la complexification.

Donc l'entropie comme la néguentropie mesure le niveau d'ordre dans un système sachant que cet ordre se manifeste soit par du vide entropique, soit par de la construction néguentropique. Et entre ces deux formes d'ordre, il y a la "désordre" chaotique qui annule les deux propensions à plus d'ordre (dans un sens comme dans l'autre).

 

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Pour qu'il puisse se passer quelque chose, il faut qu'existe des différences. L'uniformité (l'égalité) annule l'activité.

Les physiciens savent depuis longtemps que pour qu'il y  ait mouvement, il faut une différence de potentiel, et que pour qu'il y ait flux, il faut des différences de température, de concentration ou de pression.

 

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Tout travail qui peut ou doit être payé à l'heure, doit, urgemment, être robotisé ou algorithmisé.

 

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La règle thermodynamique fondamentale qui constitue un "second principe" généralisé, dit ceci : le chaos doit toujours être optimalement dissipé, soit par dilution, uniformisation ou homogénéisation (c'est la propension entropique bien connue), soit par encapsulage (c'est la propension néguentropique qui induit l'émergence de systèmes complexes, propension qui commence seulement à être étudiée).

Aussi, le second principe de la thermodynamique généralisé se résume à ceci : guerre au chaos, dans tous les sens.

 

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Une inéluctable conséquence des lois thermodynamiques …

Plus l'humanité se développe, tant économiquement que démographiquement, plus elle raccourcit son espérance de vie globale.

On ne peut pas vivre sans consommer ; et on ne peut pas consommer sans appauvrir.

 

Nicholas Georgescu-Roegen écrit :

 

"Tout se passe comme si l'espèce humaine avait choisi de mener une vie brève mais excitante, laissant aux espèces moins ambitieuses une existence longue mais monotone."

 

Tout est dit !

 

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L'univers réel n'est pas mécanique ; il est thermodynamique. Ses lois essentielles ne sont pas des lois de conservation.

La conservation de quelque chose ou de quoique ce soit est l'obsession fondamentale du mécanicisme. Pas de chance : l'univers réel n'est pas conservatif : la flèche du temps existe et dirige tout. L'irréversibilité est la règle d'airain.

 

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Tout a un coût. Rien n'est gratuit.

 

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Tout procède par accumulation, le pire comme le meilleur. Rien ne passe. Tout reste.

 

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L'auteur du premier chapitre du livre de la Genèse (verset 27) avait proclamé que l'humain avait été engendré dans une "image" divine. Ce mensonge a vite été démenti dans les chapitres suivants puisque l'humain a été amené à devoir quitter le mythique jardin d'Eden pour revenir dans le monde réel : celui de la sueur et de la douleur.

 

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La non-conservativité et la non-mécanicité du Réel implique que l'on ne peut jamais utiliser de signe "égale" entre l'avant et l'après de tout ce qui se passe.

 

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L'immortalité serait la pire des punitions.

 

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Le 14/07/2022

 

L'entropie mesure l'uniforme (la forme plate, la forme vide).

La néguentropie mesure la sophistication de la forme.

Le chaos signifie l'informe (ni forme, ni uniforme).

Vu comme cela, on comprend que l'entropie soit une grandeur univoque, n'ayant qu'une dimension et une valeur ; elle est scalaire.

En revanche, la néguentropie nécessite plusieurs dimensions et valeurs puisqu'il faut de nombreux paramètres pour spécifier les caractéristiques d'une organisation ; elle est vectorielle.

La néguentropie n'est donc ni le contraire (-S), ni l'inverse (1/S) l'entropie ; elle en est l'opposé au sein d'une bipolarité qui est celle de l'ordre du système concerné.

 

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Le chaos n'est pas un état intermédiaire entre ordre entropique et ordre néguentropique. Il est le troisième pôle de la spécification de l'état eidétique du processus étudié.

 

Prenons un exemple : un ensemble nombreux d'humains.

L'entropie y sera maximale lorsque tous ces humains seront parfaitement identiques, parfaitement alignés, parfaitement immobiles.

La néguentropie y sera maximale lorsque tous ses humains participeront d'une seule et même organisation parfaitement ordonnée comme un défilé militaire, une équipe de football en match, une usine performante ou des danseurs interprétant "le lac des cygnes" de Tchaïkovski.

Quant au chaos, ce serait une foule en panique dans un immeuble en feu.

 

L'entropie, c'est tous identiques sans activité (égalitarisme, autoritarisme, totalitarisme).

La néguentropie, c'est tous organisés au service d'un projet commun (libéralisme, constructivisme, fraternalisme).

Le chaos, c'est chacun pour soi (individualisme, anarchisme, libertarisme).

 

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La néguentropie d'un système (son eidétique) est d'autant plus élevée que le projet commun de cet ensemble (sa téléologie) est fort.

 

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Dès lors que, pour extraire une ressources, il faut consommer plus de ressources que l'on en extrait, il faut s'abstenir.

C'est le cas de l'éolien, du photovoltaïque, du schiste bitumineux, mais aussi des gisements profonds ou diffus de charbon, de pétrole ou de gaz naturel. C'est le cas aussi des "terres rares" et de beaucoup de métaux.

 

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S'il suffisait de croire pour être heureux, les saints pulluleraient.

 

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La croissance est affaire de production (les finances).

Le développement est affaire d'innovation (les métiers).

La prospérité est affaire de joie de vivre (les bonheurs).

Ce distinguo est essentiel à notre époque où le développement est vital afin de juguler la(les) croissance(s) et d'augmenter la prospérité.

 

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La prise de conscience écologique date du début des années 1970 (1972 : le rapport OCDE "The limits of growth" et 1973 : la guerre de Kippour et la première crise pétrolière) ; mais elle a été très marginale et très critiquée par les pontes de l'économisme de l'époque qui croyaient, dur comme fer, à l'inépuisabilité définitive des ressources et en la puissance infinie de la technologie.

Les trente "piteuses" (1975-2005) balayèrent cette prise de conscience écologique sous le paillasson doré de la financiarisation et de la mondialisation, faisant le jeu du funeste amalgame entre écologie et gauchisme (et de l'amalgame contre-nature de l'antilibéralisme, de l'anticapitalisme et de l'antifinanciarisme idéologiquement forcenés).

Aujourd'hui, au beau mitan des "trente désastreuses" (2005-2035), la prise de conscience écologique reprend du poil de la bête malgré cet infect boulet de l'écolo-gauchisme.

 

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La plupart des entreprises ont une conscience écologique bien plus développée que les ménages (surtout les moins aisés).

 

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La haine de ce que l'on ne comprend pas, rend aveugle et bête.

 

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Etymologiquement, la "prospérité", c'est ce qui est bon "pour" (pro) nos "espérances" (speres). Mais, qu'espérons-nous ? quelles sont nos espérances les plus profondes ? De quelle nature sont-elles ?

 

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Je hais tous les idéalismes car ils rendent aveugles et sourds aux extraordinaires richesses et splendeurs du Réel, ici et maintenant.

 

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Cette obsession des gauchismes à pleurnicher amèrement et agressivement sur les inégalités des revenus, est aussi aberrante que ridicule.

Qu'importe le fait que les plus riches deviennent de plus en plus riches, si les pauvres deviennent de moins en moins pauvres, partout dans le monde, depuis 150 ans ?

Qu'est-ce que ça peut bien fiche qu'il y ait des très riches, pourvu qu'il n'y ait plus de très pauvres ?

Il faut que cesse cette absurde propension idéologique à amalgamer égalité, justice, équité et morale. L'égalitarisme est un entropisme létal.

Les humains ne sont pas égaux, ne le seront jamais et ne doivent surtout pas le devenir. La seule idée qui tienne la route, est que les vrais malheureux le soient beaucoup moins.

 

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Les seules réalités qui soient illimitées, sont immatérielles. Tout ce qui est matériel, en revanche, connaît des limites infranchissables.

 

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A propos de l'absurde "philosophe" Jean-Jacques Rousseau, précurseur et inspirateur de Karl Marx et de tous les gauchismes, le site "la-philosophie" écrit:

 

"La philosophie de Jean-Jacques Rousseau constitue un immense édifice moral et politique. Depuis "l’Emile" jusqu’au "Contrat Social", Rousseau présente sa vision de l’humanité, telle qu’elle devrait être et non telle qu'elle est. Rousseau a en effet une profonde répugnance pour l’homme tel qu’il est. Sa philosophie est donc essentiellement réactive, réactionnaire par rapport à la société et à la modernité. Dans le" Discours sur l’origine des inégalités parmi les hommes", Rousseau développe une longue métaphore sur l’état de nature, l’état pré-civilisationnel. Il décrit cette période de l’humanité comme étant la plus heureuse. Dans l'état de nature selon Rousseau, l’homme est autosuffisant et cultive son bout de terre librement. Être stupide, robuste et candide, l’homme naturel vit aussi dans un état pré-moral, ne connaît ni le bien ni le mal et vit au présent, sans soucis des lendemains. Contre Hobbes, qui décrit l’état de nature comme un état de guerre, Rousseau fait de l’état pré-civilisationnel une époque de paix et défend le mythe du bon sauvage, être pur face à l’homme civilisé perverti. Cet état de nature idyllique étant posé, Rousseau décrit comment cet état a été rompu par la propriété. Un beau jour, raconte Rousseau, il se trouve quelqu’un pour affirmer son droit sur une terre cultivable : la propriété est née, et avec elle la déchéance de l’humanité. L’avènement de la propriété génère des inégalités et une concurrence nouvelle entre les hommes. La société civile est instituée, volant à l’homme son innocence."

 

La "pensée" de Jean-Jacques Rousseau a probablement été l'une des plus fausses et des plus néfastes de ces derniers siècles. Ses vue sur l'homme primitif feraient mourir de rire n'importe quel paléoanthropologue. Ayant eu deux enfants qu'il a lâchement abandonnés, ce personnage prétend écrire sur l'éducation ("Emile ou de l'éducation"). Bourré de vanité égotique, il a été paranoïde toute sa vie, se croyant persécuté par on ne sait qui. Il a été un parasite social, un pique-assiette, vivant aux crochets des gens aisés qui eurent le malheur de tomber sous son charme.

Ce pitre est immonde tant par ce qu'il a été que par ce qu'il a écrit.

 

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La théologie de Malthus - en plus de ses thèses quant aux limites de la croissance productive et consumériste - est intéressante. Il prétend que la souffrance existe dans le monde humain parce que les humains n'assument pas leur mission fondamentale : faire émerger l'Esprit à partir de la Matière.

Cette thèse a progressivement été éliminée des écrits de Malthus et de la philosophie en général. Elle est pourtant totalement vraie : la vocation humaine n'est ni matérielle (produire et consommer : le plaisir), ni vitale  (jouir et s'amuser : le bonheur), mais bien spirituelle (penser et contempler : la joie).

Tant que les humains n'assumeront pas cette vocation intime et profonde, ils se condamneront à une éternelle quête d'une satiété charnelle impossible, incompatible avec la finitude des ressources.

 

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Le 15/07/2022

 

"Le Point" note :

 

"L'État de droit (…), la Commission en donne une définition assez claire, subdivisée en quatre piliers : l'État de droit est satisfaisant quand la justice est saine et crédible, la lutte contre la corruption effective, les institutions équilibrées et les médias libres et pluralistes."

 

Quatre piliers que l'on peut interroger :

 

  • Justice saine et crédible ? Quels critères de santé et de crédibilité ?
  • Lutte effective contre la corruption ? Quel critère d'effectivité ?
  • Institutions équilibrées ? Quels critères d'équilibre ?
  • Médias libres et pluralistes ? Quels critères de liberté et de pluralisme ?

 

On comprend vaguement l'intention générale, mais tout cela est bien aisément contournable, interprétable, manipulable.

La notion d'Etat de Droit est vide et artificielle ; en somme, une abstraction théorique, un sophisme juridique (pléonasme ?).

Je ne connais pour ma part qu'une seule définition pour ce que cache cette notion : le droit absolu et garanti à l'autonomie, personnelle et collective, dans le respect absolu et garanti de l'autonomie des autres.

 

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De Luc de Barochez :

 

"L'Union soviétique a perdu la guerre froide parce qu'elle avait tourné le dos aux enseignements de Joseph Staline. La Chine, elle, doit y rester fidèle pour tenir tête aux États-Unis : tel est le raisonnement du numéro un chinois, Xi Jinping. L'humiliation de la dissolution de l'URSS en 1991 joue un rôle clé dans sa conception du monde. (…) La « résolution historique », qu'il a fait entériner l'an dernier par le plénum du PCC, est entièrement tournée vers la nécessité de maintenir le rôle dominant du Parti et le contrôle qu'il exerce sur la population, afin de faire pièce aux « complots » occidentaux. À l'instar de Staline, Xi utilise les purges pour éliminer ses opposants et asseoir son pouvoir au sein du PCC. Il a instauré un culte de la personnalité qui n'a rien à envier à celui dont s'entourait le bolchevique ; fait emprisonner des centaines de milliers de Ouïgours dans des camps de « rééducation », comme Staline avait fait déporter les Tatars de Crimée ou les Allemands de la Volga ; lancé la plus sévère répression idéologique depuis les événements tragiques de Tian'anmen en 1989. Il s'est opposé sans pitié aux revendications démocratiques des manifestants hongkongais. Il a introduit un contrôle social de la population sans équivalent dans l'Histoire.

Aujourd'hui en Chine comme hier en URSS, le Parti ne souffre ni dissidence ni concurrence idéologique. Même la société civile, à partir du moment où ses organisations ne sont pas soumises au Parti et contrôlées par lui, ne peut être qu'un cheval de Troie des forces capitalistes anticommunistes et donc antichinoises. La culture, l'art et la littérature n'ont de droit d'existence que pour servir les objectifs du Parti et l'endoctrinement des masses."

 

Toutes les visions du monde construites sur des dichotomies dualistes engendrent, mécaniquement, des totalitarismes. Le capital et le travail, les riches et les pauvres, les bourgeois et les prolétaires, l'étatisme et le financiarisme, la droite et la gauche, etc … Toutes ces dualités sont purement artificielles, donc idéologiques. La réalité n'est jamais dichotomique : toutes ses caractéristiques donnent lieu à des répartitions gaussiennes : il n'y a pas les petits d'un côté et les grands de l'autre puisque la taille des gens, comme leur richesse ou leurs revenus, est un continuum statistique.

 

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De Francis Bacon dans "La Nouvelle Atlantide" (écrite en 1624) :

 

"(…) les juifs (…) dans les autres parties du monde (…) exècrent le nom du Christ et nourrissent une haine secrète et invétérée pour les peuples parmi lesquels vivent."

 

Cette phrase est effrayante de contre-vérité.

Les juifs se fichent comme d'une guigne de Jésus-le-Christ et du "témoignage chrétien" … alors qu'en sens inverse, le christianisme a purement et simplement volé, phagocyté et exproprié la Bible hébraïque pour lui faire servir ses propres desseins.

Les juifs ne nourrissent aucune haine pour quiconque … alors qu'en sens inverse, le christianisme a inventé l'antijudaïsme (et les persécutions et pogroms qui l'accompagnent) qui est devenu antisémitisme (et la Shoah) puis antisionisme (et les agressions et terrorismes islamistes).

 

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L'évolution des prix sur les marchés peuvent avoir trois causes majeures : soit les fluctuations de l'offre (par exemple, à cause d'une pénurisation), soit les fluctuations de la demande (par exemple, à cause de modes consommatoires), soit les impacts des spéculations (par exemple, à cause d'achats et stockages massifs en vue de provoquer une raréfaction artificielle).

 

Cette troisième cause (la spéculation) me paraît relever du grand banditisme et doit être strictement interdite et sévèrement punie.

La spéculation financière et la finance spéculative (la logique des rentes et de l'argent sans travail) doivent être éradiquées, et les Bourse, fermées.

 

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La "justice sociale" est un euphémisme gauchiste qui masque (mal) un syndrome pathologique d'égalitarisme.

L'équité sociale, bien au contraire, reconnaît les différences de talent, d'intelligence, de travail et de mérite entre les humains, mais elle exige l'autonomie de chacun dans l'interdépendance de tous, et la recherche des complémentarités dans les différences

 

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Le pic de consommation d'une ressource, quelle qu'elle soit, est le moment où commence sa pénurisation, c'est-à-dire le moment où la demande devient définitivement et irréversiblement supérieure à l'offre.

Ce pic, pour la plupart des ressources, a été franchi vers l'an 2000 et, pour les autres, sera franchi avant 2050. Une autre étude récente du MIT fixe le "peak of everything" entre 2017 et 2022 (ce qui colle bien avec mes propres estimation).

Cela signifie donc que, dès à présent, nous sommes dans une logique de pénurie généralisée qui impliquera une décroissance consommatoire et, conséquemment, une décroissance démographique.

Alors, de deux choses l'une : ou bien ces décroissances sont anticipées et gérées, ou elles seront aveugles et violentes. Je crains que la bêtise des masses et le court-termisme des politiques n'imposent ce second scénario, aveugle et violent.

Quoiqu'il en soit, la synthèse et conclusion sont simples et définitives :

 

L'abondance, c'est fini ! La frugalité s'impose !

 

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Staline (1878-1953), le Géorgien, coupable de l'assassinat de dizaines de millions de personnes, mégalomane du "culte de la personnalité", affameur de peuples et tortionnaire, inventeur des "hôpitaux psychiatriques", des goulags, des "procès de Moscou" et des purges massives contre ses opposants.

Staline (ce surnom signifie : "homme d'acier"), l'ami de Hitler et de Mussolini, et le maître à penser de Mao Tsé-toung, de Poutine et de Xi-Jinping, l'ennemi de Trotski qu'il a fait assassiné, et le renié de Khrouchtchev.

Staline, le fomenteur de toutes les guerres de "libération" en Amérique du Sud et en Afrique noire et du nord, mû par l'espoir de détruire le monde libéral, en plaçant partout des pions autochtones du KGB.

Staline l'antisémite et l'antisioniste qui a fait choisir et former cette crapule égyptienne de Yasser Arafat et soutenu l'OLP (devenu le Fatah).

Staline, monstre de tyrannie sanguinaire de 1929 à 1953 : trente années d'ignominie.

Staline, surtout, un idéologue obtus et inculte, adorateur du marxisme-léninisme le plus radical, le plus simpliste, le plus débile, seule voie possible, pour lui, du progrès et du salut de l'humanité.

 

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Tout ce qui n'est pas continental ou continentalisé, est désormais dérisoire.

 

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Au sein d'une entreprise, il y a une différence colossale entre un collaborateur (celui qui "travaille ensemble" - cum laborare -  à l'œuvre commune) et un employé (celui qui est "utilisé", comme une serpillère, moyennant un chèque de fin de mois).

En ce qui me concerne, dans mes entreprises, je ne veux aucun employé, je ne veux que des collaborateurs.

 

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Les gauchismes répètent, ad nauseam, que la joie de vivre dépend du lien social, de la cohésion sociale, de l'appartenance sociale, de la reconnaissance sociale, etc …

Rien n'est plus faux !

Chacun vit au centre de son monde qui ne contient, tout au plus, et de façon très intermittente, qu'une cinquantaine de personnes et souvent bien moins.

La socialité humaine est née de l'incapacité de l'humain à survivre seul dans un monde sauvage pour lequel il n'est pas armé et où "l'union fait la force" ; il y a belle lurette qu'un tel monde n'existe plus.

Tout au contraire, dès qu'elle en a les moyens, toute personne tend à s'isoler, à se construire un monde clos dont l'immense majorité des autres sont exclus et où elle est malvenue. Chacun rêve de vivre dans une belle maison isolée, entourée d'un jardin bien clôturé et strictement privé.

Cette notion de privauté est cruciale si l'on veut comprendre le fonctionnement et le comportement réels des humains ; vivre sur son quant-à-soi, loin des autres qui sont tous et toujours des intrus.

La seule vraie et unique communauté sociale, permanente et quotidienne, est le couple avec ses enfants non adultes. Toutes les autres relations humaines sont des amitiés électives et sélectives, que l'on aime de temps en temps, mais certainement pas tout le temps.

L'humain est fondamentalement misanthrope … et on le comprend.

J'aime à répéter ce bel adage :

 

"Plus je connais les humains, plus j'aime mes arbres."

 

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Donner la voix à la populace, c'est prendre la voie de la médiocrité.

 

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La socialité est un comportement de parasites.

Les poux et les morpions vivent en bandes. Les malfaisants aussi.

 

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Toute idéologie est une religion.

Toute religion est une idéologie.

Et toute religion ou idéologie dérive, nécessairement, vers un totalitarisme.

En ce sens, le judaïsme authentique (ce qui exclut les "orthodoxes" obtus et ridicules), comme certaines traditions indiennes ou asiates, n'est pas une religion, mais une spiritualité ou une philosophie de vie.

 

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La civilisation humaine est née en Judée et dans ses environs immédiats, il y a 12.000 ans ; elle est le résultat de la rencontre (20.000 ans plus tôt) et de l'hybridation entre l'homo africanus (appelé à tort "sapiens") et de l'homo neanderthalensis, inventeur européen des arts et de la spiritualité. Les peuples asiates sont nés, eux, de la rencontre, plus tard, et de l'hybridation entre cet hybride africano-européen (que l'on peut, lui, appeler sapiens), et de l'homo denisovensis.

L'arbre humain a donc bien trois branches faîtières (avec quelques petites branches adjuvantes et de très nombreux rameaux). Ces trois branches sont "noire" (homo africanus), "blanche" (hybride africanus-neanderthalensis) et "jaune" (hybride africanus-neanderthalensis-denisovensis).

De là, les indéniables et incontournables différences raciales (donc biologiques, noologiques et sociétologiques) entre ces trois groupes ; ce qui n'implique ni n'excuse, en rien, quelque racisme ou racialisme que ce soit (les différences font la richesse et appellent la complémentarité).

 

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On ne trouve que là où l'on cherche.

 

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Le 16/07/2022

 

La thermodynamique n'est la science des transformations d'énergie qu'en apparence. En fait, la thermodynamique est la science des transformations de la néguentropie.

Et comme la néguentropie, au contraire de l'énergie, n'est pas conservative, sa mathématisation passe non par des équations d'égalités, mais par des inéquations d'inégalités.

 

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L'espace topologique est la mesure de la répartition relative des entités.

Le temps dynamique est la mesure de l'évolution relative des entités.

La forme eidétique est la mesure de l'organisation relative des entités.

 

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Tout processus est le terrain d'affrontement de trois bipolarité :

 

  • la dialectique topologique entre Volume et Surface,
  • le dialectique dynamique entre Inertie et Puissance,
  • la dialectique eidétique entre Uniformité et Complexité,

 

le tout étant animé par une intention d'optimisation.

 

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"Les vrais amis de la vérité sont ceux qui la cherchent,

non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée."

 

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Le trop tue l'assez.

 

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Lorsqu'on a affaire à une inégalité comme A>B (fondement du second principe de la thermodynamique), on peut toujours la ramener à une égalité plus manipulable, en écrivant A=n.B (avec n>1). Le hic est que ce "n" n'est, le plus souvent, pas une constante scalaire, mais une fonction dépendant de très nombreuses grandeurs, y compris A et B, ce qui induit des non-linéarités et des boucles de rétroaction propres aux processus complexes.

 

Toute la méthodologie mécaniciste a consisté à idéaliser le "n" en en faisant une constante ou, au pire, une fonction simple (polynomiale, souvent) d'un nombre très restreint de grandeurs dites "de milieu" considérées comme indépendantes du phénomène concerné (ce qui élimine toutes les rétroactions).

Dans le réalité du réel, rien ne fonctionne jamais comme ça et tout interagit avec tout (l'observation perturbe et l'observé et l'observateur).

 

Le plus bel exemple de cette idéalisation naïve et linéaire est l'équation de Newton qui dit que l'accélération d'un point matériel est égale à la force externe qui s'exerce sur lui divisée par sa masse, c'est-à-dire sa capacité de résistance à tout changement de vitesse.

On sait à présent que de nombreuses non-linéarités et boucles s'imposent dans cette réalité :

 

  • un point matériel, cela n'existe pas ; il n'existe que des systèmes plus ou moins complexes, plus ou moins malléables et adaptables, où l'énergie reçue se dissipe de nombreuses manières et pas seulement sous la forme d'une accélération,
  • les forces, cela n'existe pas, en revanche, sur tout ce qui existe s'exerce toute une série d'influences, tant extérieures qu'intérieures, qui interfèrent entre elles,
  • la masse, cela n'existe pas : c'est seulement une manière de dire que l'intégrité de l'entité considérée s'oppose à des déformations outrancières, tant internes qu'externes, qui mettraient son existence en danger,
  • l'accélération du mouvement dans le domaine spatial, n'est qu'une des façons dynamiques de dissiper une tension (ici, entre masse et force, c'est-à-dire entre résistance et influence), mais il en existe d'autres manières, topologiques ou eidétiques.

 

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Le 17/07/2022

 

Qu'est-ce qui fait l'amitié ? Des bons souvenirs communs.

Qu'est-ce qui fait la fraternité ? De bons projets communs.

 

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Rien, jamais, n'est un droit acquis.

Tout, toujours, doit se mériter.

 

Tu veux vivre bien, mérite-le.

Tu veux du respect, mérite-le.

Tu veux de l'argent, mérite-le.

Tu veux des droits, mérite-les.

Tu veux voter, mérite-le.

Tu veux des aides, mériter-les.

Tu veux faire des enfants, mérite-le.

Tu veux de l'appartenance, mérite-la.

Tu veux de la reconnaissance, mérite-la.

 

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Le 18/07/2022

 

De Claire Meynial, à propos du wokisme :

 

"Les suicides d'adolescents des années 2010 ont accentué la culture de la « sécurité ». Dressés pour entrer dans une bonne université, ils ont multiplié les cours de chinois ou de piano au détriment du jeu sans supervision adulte, où ils apprennent à interagir et négocier. Résultat, ils pensent, à 18 ans, qu'un intervenant dont les idées les dérangent est « violent » et qu'il faut punir un étudiant qui ne pense pas comme eux, plutôt que de débattre avec lui. Ils en réfèrent à un adulte, le directeur, qui souvent fait de la « sécurité » intellectuelle une priorité. Les réseaux sociaux et les concepts de justice sociale mal maîtrisés accentuent la dérive."

 

Le wokisme, essentiellement, revendique la "prise de conscience des inégalités" (toutes artificielles, selon lui), mais surenchérit est imposant un égalitarisme intégriste et victimaire (comme si dire que A<B faisait de A la victime de B).

Les humains ne sont pas égaux, mais, selon les wokistes, ils doivent l'être et doivent, surtout, être considérés comme tels, sous peine d'ostracisation (cancel culture).

 

Il est urgent et vital de combattre cette idée d'égalité entre les humains. Dans le Réel, rien n'est l'égal de rien. Je le répète encore : ce sont les différences qui font la richesse et qui permettent les complémentarités.

Et la différence, c'est le contraire de l'égalité.

 

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Une autre idée gauchisante, au moins aussi pénible et ridicule que celle d'égalité, est celle de cohérence sociale, celle de l'indispensabilité supposée ou imposée du "lien social", de l'interaction de tous avec tous, surtout au moyen des "médias sociaux", pour former des "communautés" (celle des supporters de tel club, celle des clients de telle marque, celle des amateurs de tel mets, …).

 

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De Anna Krylov et Jay Tanzman, pour Quillette, à propos de l'ostracisation des scientifiques américains (mais pas seulement américains …) :

 

"(…) 40 % des Américains s'autocensurent, ce qui dépasse largement les niveaux observés durant le maccarthysme. Il est dramatique de constater que le niveau d'autocensure est plus élevé sur les campus universitaires et parmi les individus les plus éduqués. Mais cette terreur omniprésente n'est pas sans fondement, car exprimer des opinions (ou des résultats de recherche) contraires à l'idéologie dominante est une recette pour s'attirer une vague de harcèlement."

 

L'ostracisation porte sur les auteurs de propos considérés comme "offensants".

Cette notion d'offense est clairement absurde : n'importe qui peut se sentir blesser ou offenser par à peu près n'importe quoi.

On a inverser une expression que j'ai souvent entendue dans mon enfance : "C'est celui qui se sent morveux, qui se mouche".

 

Constater des différences, même sans faire de différence, est censé être toujours offensant pour celui ou ceux qui sont différents.

Dire : "Tu es grand", à un grand, n'est pas offensant, mais dire à un petit qu'il est petit, l'est parce que "petit" pourrait être compris comme "inférieur".

On en est là !

 

"(…) l'université Brock demande de faire attention à : 'tout contenu qui pourrait raisonnablement offenser une personne en raison de son âge, de son sexe, de sa race, de son orientation sexuelle, de ses convictions religieuses ou politiques, de son statut marital ou parental, de ses caractéristiques physiques, de son origine nationale, de son statut social ou de son handicap', ou qui est 'susceptible d'être choquant, insultant ou répréhensible pour certaines personnes ou pour la plupart'."

 

Le problème n'est en fait pas le propos de "l'offensant", mais bien la susceptibilité de "l'offensé", notamment de la totale absence de sens de l'humour ou de sens de autodérision (essence profonde de l'humour juif).

 

Et la scientifique Anna Krylov, ayant fui l'URSS communiste, de poursuivre :

 

"Je n'ai aucun mal à admettre que les conservateurs cherchent depuis longtemps à injecter leurs croyances dans la science – du créationnisme au changement climatique, en passant par la recherche sur les cellules souches et les politiques de santé publique lors de l'épidémie de Covid-19. Sauf que ces exemples sont déjà bien documentés, et la nécessité qu'il y a à rejeter de telles pressions ne suscite guère de controverse parmi les scientifiques. En revanche, le danger provenant de l'extrême gauche est plus difficile à reconnaître et à combattre, car il jouit souvent d'une approbation officielle sous des termes euphémiques tels que justice sociale, diversité, inclusion et équité. Et être aujourd'hui conspué comme un adversaire de la 'justice sociale' n'est pas un anathème si différent que le 'bourgeois' en URSS d'il y a un siècle. À l'époque soviétique, ceux qui s'opposaient à la ligne du Parti étaient traités en 'ennemis du peuple' ; aujourd'hui, on vous traite de 'raciste' et de 'sexiste'. En outre, l'extrême droite a tendance à attaquer la science objective dans des domaines précis, alors que les doctrines gauchistes actuelles cherchent à saper l'entreprise scientifique dans son ensemble, en allant jusqu'à faire de la vérité objective et de la méthode scientifique des outils de colonialisme et d'oppression."

 

La science (ses principes, ses méthodes, ses fondations, ses résultats premiers) est typiquement d'origine européenne (on pourrait même dire grecque présocratique).

Elle est tout entière fondée sur un esprit de rationalité et de logicité. Et cette science européenne (donc "blanche") a effectivement conquis le monde entier et "subverti" toutes les cultures préscientifiques ; d'où la ridicule et absurde accusation de racisme et de colonialisme.

Comme on mange, aujourd'hui, partout dans le monde, des bananes et des ananas, on pourrait formuler les mêmes ridicules accusations contre l'Afrique noire … ou contre le Vietnam à propos des nems ou contre la Japon à propos des mangas.

 

Et nos auteurs de conclure :

 

"Nous devons rompre le sort de l'idéologie illibérale et revenir à la raison collective – cesser de nous autocensurer par peur d'être lynché et d'excuser des absurdités parce qu'elles viennent de nos alliés politiques pour commencer à défendre les valeurs du pluralisme, de l'humanisme et de la démocratie. Il est temps, enfin, que la majorité silencieuse et libérale donne de la voix."

 

C'est en effet bien d'idéologie illibérale dont il faut parler puisque, tant à gauche qu'à droite, son ennemi juré et définitif, c'est le libéralisme, c'est-à-dire le culte de l'autonomie (économique, sociale, intellectuelle, culturelle, religieuse, etc …) dans le respect des différences et des interdépendances.

 

Puisque l'illibéralisme est l'opposé radical du libéralisme qui est le culte de l'autonomie, il devient clair que l'illibéralisme prêche le contraire absolu de l'autonomie, c'est-à-dire l'assujettissement des corps, des cœurs, des esprits et des âmes à un mythe généralement quelconque qui va du roman national aux croyances religieuses, en passant par les théories égalitaristes ou genristes sans queue ni tête.

 

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En tout, partout, il faut remplacer la philosophie des droits, par une philosophie des mérites.

Rien dans le Réel n'est gratuit. Même au niveau de la physique élémentaire, tout fonctionne par le donnant-donnant.

 

Il faut remplacer la démocratie par la méritocratie.

Chacun n'a que les droits qu'il mérite.

Et le mérite se mesure à la contribution de chacun à l'intérêt de tous et du Tout.

 

Wikipédia définit la méritocratie comme suit :

 

"Un modèle méritocratique est un principe ou un idéal d'organisation sociale qui tend à promouvoir les individus — dans différents corps sociaux ; école ; université ; grandes écoles ; institutions civiles ou militaires ; monde du travail ; administrations ; État, etc. — en fonction de leur mérite (aptitude, travail, efforts, compétences, intelligence, vertu) et non d'une origine sociale (système de classe), de la richesse (reproduction sociale) ou des relations individuelles (système de « copinage »)."

 

Par essence, une méritocratie est inégalitaire, mais l'inégalité entre les individus est l'effet de leurs efforts à construire une œuvre utile à la Vie et à l'Esprit.

L'effort ne suffit ; il faut encore le résultat.

 

La méritocratie est une forme d'aristocratie, au sens étymologique (la gouvernance par les meilleurs).

Inutile, je pense, d'insister sur le fait que la plupart des sociologues et politologues - comme les gauchisants de façon générale - ne cessent de conspuer toute forme de méritocratie au nom de l'égalitarisme qui les intoxique.

 

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Le 19/07/2022

 

Fraternité …

 

Mot immense s'il en est. Du "Tous les hommes sont frères" de Gandhi, au "Fraternités" de Jacques Attali, ou au "Liberté. Egalité. Fraternité" républicain, ce mot trop grand a été mis à toutes les sauces, des plus lénifiantes aux plus larmoyantes.

Pourtant, au sens le plus rigoureux, ne sont frères que des hommes nés d'une même mère et d'un même père.

C'est donc par cette mère et ce père que se définit la fraternité. Il y a les mères et pères naturels, génétiques. Mais il y a aussi des Mères et Pères intellectuels, culturels, spirituels.

Alors la Mère est celle qui nourrit, qui offre le lait de la Terre, et le Père est celui qui élève, qui montre la voie du Ciel.

Qui est ta Mère ? Qui est ton Père ? Si l'on répond à ces deux questions, on sait qui l'on est au plus profond, et l'on sait qui sont ses propres frères. Hors de là, point de fraternité.

 

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Fraternité biologique …

 

La différenciation sexuelle a été un coup de génie de la Nature qui, en faisant de tout enfant le descendant d'un couple formé d'un mâle et d'une femelle, a mis en place un processus ingénieux d'enrichissement permanent du capital génétique.

Donc, tout animal un tant soit peu évolué possède un géniteur et une génitrice qui sont des individus distincts, de sexes différents.

 

Constatons dès l'abord deux éléments :

 

  • Seules les espèces dites supérieures s'occupent longtemps de leurs petits et instituent, ainsi, par la pratique, l'idée d'appartenance à un clan ou une famille, ce qui fonde quelque chose que l'on pourrait appeler "communauté" voire "fraternité".
  • Chez beaucoup d'espèces, la fidélité conjugale n'est pas la vertu dominante. Dès lors : qui est mon "vrai" frère ?

 

Parmi les humains, la fratrie existe clairement et est souvent bien identifiée, mais elle n'implique nullement une fraternité entre membres de cette fratrie. On peut s'aimer, mais on peut aussi se détester ou s'ignorer, surtout après l'envol hors du nid.

La fratrie ne peut devenir fraternelle, du moins au départ, qu'au travers des parents, de leur tendresse et affection, ensuite l'amitié, la complicité et/ou la connivence peuvent prendre le relai.

 

Pour moi, les choses se sont bien compliquées (pour mon plus grand bonheur) le jour (il y a peu) où mon fils aîné est devenu mon Frère … (Comprenne qui pourra …).

 

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Fraternité religieuse …

 

Le christianisme, en général, et le catholicisme, en particulier, utilisent beaucoup la notion de fraternité : les moines ne s'appellent-ils pas "frères" ou "mon frère" entre eux et, lorsque le prêtre (curé ou pasteur) monte faire son homélie, ne commence-t-il pas par un percutant : "mes bien chers frères" (Eddy Mitchell l'a très bien rappelé dans une célèbre chanson) ?

 

Pour les chrétiens (et avec parfois de vraies nuances importantes), le Père est, bien sûr, le Dieu trinitaire (Père, Fils et Esprit) et la Mère est l'Eglise symbolisée, parfois, par la Vierge Marie (pour les catholiques) ou par l'incarnation du Christ (pour tous).

Les chrétiens sont donc frères entre eux par Dieu et l'Eglise … et comme il existe plusieurs Eglises chrétiennes pour le même Dieu, ils sont frères ou demi-frères selon leur appartenance.

 

La notion d'une "union fraternelle" de tous les chrétiens est importante et porte toutes les mouvances œcuméniques qui visent la communion de tous les fidèles (le mot "communion", dans son acception chrétienne, signifie le partage du pain et du vin, symboles de la chair et du sang du Christ … on verra que ce n'est pas là le sens étymologique du mot).

 

La belle idée de fraternité est assez absente des autres religions monothéistes (judaïsme ou islam) où l'on préfère user du mot "communauté" (également prisée par la protestantisme). Constituer une communauté (comme on le reverra plus loin), c'est partager un trésor commun, en l'occurrence une Foi (incarnée dans un livre sacré : la Torah de la Bible ou le Coran) et une Tradition (des rites, prières, réunions, fêtes, consécrations, lectures, … et, parfois, des "fraternités" mystiques comme le kabbalisme ou le soufisme).

Dans les traditions asiatiques, en revanche, la plupart des cultes étant soit personnels, soit domestiques, l'idée de fraternité ou de communauté y sont moins en vogue. 

 

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Fraternité militaire …

 

La fraternité de combat. Avoir partagé, avec d'autres, des dangers souvent périlleux dans des opérations risquées où, pour survivre ensemble, chacun doit veiller sur tous les autres : chaque geste doit être parfait, la vigilance doit être totale, à chaque seconde, jamais la moindre distraction, maîtriser cette peur qui ronge le ventre, établir toutes les complicités, toutes les complémentarités, toutes les connivences avec ceux qui risquent leur peau en même tant que soi.

Oui, bien sûr, il y a des grades. Oui, bien sûr, il y a une hiérarchie. Mais celle du courage et de l'entraide est au moins aussi forte et efficace que celle des galons.

 

J'ai servi dans les commandos israéliens durant la guerre de Kippour (du 6 au 26 octobre 1973) et j'ai dû quitter les opérations le 10 (mon véhicule a sauté sur une mine et j'ai eu le dos massacré ; j'avais vingt ans et j'ai réappris à marcher). Cette petite confidence personnelle n'a d'autre but que celui, loin de tout militarisme, de témoigner combien la guerre est un autre monde où tous les acteurs arrivent en étranger et qui demeure étranger à tous les autres qui n'y participent pas.

Je me souviens en ce sens d'un ami, GI américain, qui, de retour chez lui, revenant du Vietnam en 1974, s'est tellement fait agonir d'insultes par des hippies gauchisants et drogués, qu'il a fini par se suicider. Je ne prétends aucunement faire quelque jugement de valeur sur cette guerre du Vietnam ; je témoigne seulement de l'immense gouffre qui sépare les soldats qui la font, des civils qui ne la font pas.

 

Il y a là comme une forme d'initiation … une initiation à la peur, à la souffrance et à l'atrocité, une initiation au mal absolu, en somme. Et c'est cette initiation- là, sans beaucoup de rites ni de formes, qui forge la fraternité de combat, indicible, intransmissible. Il ne faut jamais oublié que ce sont les politiciens qui déclenchent les guerres, les soldats, eux, ne font qu'essayer de la terminer le moins mal possible.

Et je peux témoigner qu'il y faut des tripes …

 

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Fraternité haineuse …

 

Malheureusement, comme déjà effleuré avec les "Frères musulmans", la fraternité peut aussi se fonder sur la négativité, sur la clandestinité, sur l'idéologie du mensonge, sur la haine des autres ou de leurs croyances ou idées, sur la subversion, etc … C'est ce que j'appelle la "fraternité de complot".

Ce qui lie ici, c'est le fait d'être "contre", de vouloir faire du mal.

Pour ces fraternité de complot, le Père c'est la certitude (d'avoir raison et de pouvoir tout imposer) et la Mère c'est la haine (de tous ceux qui ne partagent pas cette certitude et qu'il faut assujettir, persécuter, opprimer, voire éliminer).

 

Ceux-là sont frères de haine. Et l'histoire humaine en montre des kyrielles d'exemples infâmes et immondes : l'Inquisition espagnole, la Saint-Barthélemy, la croisade des Albigeois, l'extermination des Templiers, … et plus proches de nous : la "cagoule", l'OAS, les magouilles de la CIA au Vietnam, en Afrique du Sud, en Afghanistan, celle du KGB au travers des "Organisation de Libération" en Afrique, en Amérique du Sud, au Proche-Orient … sans parler de la Shoah, le plus monstrueux de tous les complots jamais ourdi !

 

Cette fraternité de la Haine est vieille comme le monde, aussi vieille que l'humain car la haine est le propre de l'homme. Il est tellement plus facile de haïr les autres que de construire quelque chose avec eux. Mais ne soyons ni naïfs, ni bisounours, il existe des humains haïssables parce qu'abjects et immondes, par leurs actes, surtout, par leurs paroles, parfois aussi ; mais nul besoin de comploter pour les neutraliser ou, au moins, pour les écarter et les éviter, au vu et au su de tous.

 

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Fraternité initiatique …

 

Les religions à "mystère" antiques, comme celle d'Eleusis consacrée à Dionysos, ou comme celle d'Orphée, constituaient des communautés initiatiques et fraternelles dont on sait, finalement, très peu de choses.

Les initiés prêtaient un serment de secret … et le secret a été incroyablement et hermétiquement gardé.

N'étant pas compétent pour y répondre, je laisse ouverte la question de "fraternités mystériques" dans l'Antiquité grecque. Pour mémoire, donc …

 

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Fraternité universitaire …

 

L'Ecole polytechnique de Bruxelles - fondée, comme celle de Paris et celle de Lausanne, par Gaspard Monge sur ordre de Napoléon - était partie intégrante de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), une université fondée par les Francs-maçons belges pour contrer l'influence trop unilatérale de l'Université Catholique de Louvain (UCL).

C'est dans cette Ecole polytechnique que j'ai fait mes études d'ingénieur-physicien pendant cinq années.

 

Dans cette université existaient et prospéraient des "fraternités étudiantes", bien sûr très secrètes, qui recrutaient leurs membres (entre trente et cinquante par fraternité) parmi les étudiants des dernières années, dans toutes les facultés. Ces fraternités avaient pour Père, le principe du Libre Examen qui fonde la Libre Pensée et l'idéal de l'ULB (dont la devise est Scientia vincere tenebras : "Par la science, vaincre les ténèbres"), et pour Mère, l'Université elle-même qui nourrissait toutes ces intelligences.

Il y avait deux fraternités principales :

 

  • l'Ordre des Frères Macchabées (imitation étudiante du Grand Orient de Belgique, mais très imprégnée de la tradition des Carabins de la Renaissance),
  • l'Ordre du Phallus (dont je fus Grand Maître et qui s'inspirait, plutôt, des mystères d'Eleusis et du culte de Dionysos, du grand Pan, de Priape, etc …

 

Ces deux fraternités étudiantes étaient rivales (nous plutôt libéraux, eu plutôt gauchistes), mais se retrouvaient régulièrement autour d'un bon pot (ou plusieurs), bien amical …

 

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Fraternité maçonnique …

 

La seule question, sur ce thème, qui sera abordée dans ce court paragraphe, sera celle du "Père" et de la "Mère" des Frères francs-maçons.

Aussi loin que l'on puisse remonter, aux origines de la Franc-maçonnerie opérative, quelque part entre les 11ème et 12ème siècles (peut-être un peu avant selon Paul Naudon), la réponse n'a pas varié sur le fond.

 

Le Père de tous les Francs-maçons est ce que l'on appelle, depuis le 17ème siècle, le Grand Architecte de l'Univers qui symbolise le grand principe de cohérence et de logicité de tout ce qui existe (comme tout architecte garantit la cohérence des édifices qu'il conçoit et fait construire sur le chantier). Le Grand Architecte, bien plus qu'une personne divine (comme dans les monothéismes qui sont des exotérismes religieux), est le principe divin qui est le moteur intime, intrinsèque et immanent de l'évolution de tout ce qui existe et émane de lui, le principe d'accomplissement de tous les mondes et de tout ce qui les peuple.

C'est ce Grand Architecte que l'on retrouve, en filigrane, dans tous les grands textes sacrés de toutes les traditions spirituelles, pour qui manie l'herméneutique ésotérique et symbolique.

Il est pénible de constater que la tradition philosophique, surtout française, s'obstine à confondre le symbole de "Dieu" avec le dogme du "Dieu personnel créateur" des monothéismes (qui n'est même pas celui de la Torah où Elohim est pluriel et où YHWH symbolise l'Alliance particulière et formalisée entre l'humain israélite et un des dieux qui symbolise l'ordre cosmique, le Logos).

Il y a là une singulière myopie métaphysique et spirituelle.

"Dieu" est transcendant, c'est-à-dire au-delà de tous les concepts affirmatifs comme personnel, éternel, parfait, créateur, céleste, juge, sauveur, etc … Ces qualificatifs ne Le concernent pas ! Ils ne sont que des fantasmes idolâtres.

Cette conception de Dieu est purement infantile et immature.

 

La Mère de tous les Francs-maçons est la Tradition ; une Tradition initiatique, ésotérique, symbolique et rituélique. Une Tradition qui repose sur une Foi mais dénuée de toute croyance. Une Tradition dont le mot-clé est "construire" dans la sacralité, au service du Chantier du Grand Architecte de l'Univers.

La Tradition ne s'occupe pas des mondes profanes ; qui serait-elle pour se substituer aux institutions que les humains non initiés se sont inventées pour résoudre leurs problèmes "humains, trop humains". La Tradition ne s'occupe ni des religions, ni des politiques des profanes. Elle ne s'occupe de sacralisation.

Les Francs-maçons opératifs du l'ère gothique ne s'occupaient que de sacraliser la pierre pour en faire une cathédrale tout en étant tenu, par serment, "de respecter les lois et de pratiquer la religion" de tous les lieux où on leur permettait de travailler en paix (cfr. manuscrits Regius et Cook - 13ème et 14ème siècle). De ce point de vue, rien, absolument rien n'a changé. C'est cela la Règle d'or de tous les Francs-maçons. C'est cela qui fonde leur Régularité.

 

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Le 20/07/2022

 

Le Temple de Jérusalem, reproduction "en dur" de la Tente de la Rencontre, était le seul lieu d'épiphanie reconnu par la tradition lévitique.

Outre le fait que le mot "épiphanie" désigne une fête chrétienne, ce mot d'origine grecque signifie "rencontrer" (phanein) "à l'intérieur" (épi est une préposition qui signifie ; "dans, à l'intérieur, parmi, en présence de, …").

Une épiphanie est à la spiritualité ésotérique ce qu'une théophanie est à la religion exotérique.

Voilà cette "affirmation forte" et ce "grand secret intérieur", évoqués plus haut, qui sont toute la raison d'exister du Temple et donc aussi du projet maçonnique : l'épiphanie.

Le Trésor de la Langue Française (TLF) définit l'épiphanie comme ceci : "Manifestation d'une réalité cachée". Sur quoi, le Larousse en ligne surenchérit : "Prise de conscience soudaine et lumineuse de la nature profonde de".

Et on comprend évidemment et clairement le lien entre "épiphanie", "Tente de la Rencontre" et "Temple de Jérusalem".

Le Temple est le lieu de la rencontre avec l'autre (Fraternité), avec le monde (Science), avec la sagesse (Philosophie), avec le divin (Spiritualité), avec l'illimité  (Mystique).

L'épiphanie, au fond, est la rencontre avec la réalité profonde au-delà de toutes les apparences. Voilà donc dévoilé le projet maçonnique : découvrir cette réalité profonde du Réel qui unit et unifie tout ce qui existe dans une forme de Fraternité universelle au service de l'accomplissement divin et cosmique du Tout-Un.

Être Frères, c'est, on le sait, avoir un projet commun et s'unir à son service.

 

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Le Temple de Jérusalem n'est pas une création neuve puisqu'il n'est que la réplique, en pierres, de la Tente de la Rencontre, encore appelée Tabernacle. Selon le livre biblique de l'Exode (aux chapitres 25, 26 et 27), cette Tente de la Rencontre devait être le centre itinérant du culte des Hébreux durant les quarante années qu'il fallut pour aller de l'Esclavage à la Promesse et passant par la Révélation.

Telles sont, en effet, les trois stades de tout cheminement initiatique : le premier (symbolisé par le franchissement de la mer de Joncs) est celui de la Libération (sortir des esclavages et servitudes volontaires, sortir de ces caprices que l'on appelle "idéaux", sortir des apparences et des illusions, sortir de la profanité), le deuxième (symbolisé par le théophanie en haut du mont Sinaï) est celui de la Révélation (recevoir l'Alliance, recevoir la Loi, recevoir la vision cosmique de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, recevoir le sens profond et la valeur sacrée du monde et de l'existence) et le troisième (symbolisé par la traversée du désert) est celui de la Purification ou, comme l'on voudra, de la Sacralisation (comprendre que tout ce qui existe et arrive, a une bonne raison d'exister et d'arriver, comprendre que tout est au service de l'accomplissement du Tout, comprendre que ce Tout est Un, comprendre que la Promesse sacrée se réalisera au bout du chemin).

 

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La Tente de la Rencontre possède une architecture bien particulière : un Parvis clôturé mais non couvert, un Saint, première salle de la Tente et un Sain des Saints, seconde salle de la Tente.

Le Parvis n'était accessible qu'à ceux qui avaient reçu la Loi et l'Alliance (en Franc-maçonnerie, on les appelle les "Apprentis") et qui, donc, étaient sorti de la profanité sans être encore sur le chemin de la sacralité. Le Parvis était un espace clos, entouré de toiles maintenues par des piquets. On y entrait par une passage faisant face à l'entrée de la Tente proprement dite qui se situait au fond du Parvis. Dans le Parvis, on trouvait l'Eau de la Mer d'airain, un bassin servant à la purification des officiant, et on trouvait le Feu de l'Autel des sacrifices où les officiants sacrifiaient ("rendaient sacrées") les offrandes apportées par les fidèles.

Le Saint était la première chambre de la Tente. Elle n'était accessible qu'aux lévites (les membres de la tribu sacerdotale - la treizième -, celle des Lévy que les Francs-maçons appellent les "Compagnons". Dans le Saint se trouvaient trois meubles sacrés : la Terre où poussèrent les grains composant les douze Pains de proposition, posés sur leur autel, l'Air de l'autel des Parfums où brûlait de l'encens, et la Lumière de la Ménorah (le chandelier avec sept branches où brûlait l'huile sacrée, rappelant les sept jours de l'émanation universelle), .

Ainsi, à l'entrée du Saint des Saints, les cinq éléments avaient livré leur message et leurs secrets : l'Eau, le Feu, la Terre, l'Air et la Lumière.

Le Saint des Saints était la seconde et dernière chambre de la Tente de la Rencontre. Elle n'était accessible qu'aux descendant d'Aaron, le frère de Moïse, donc à des membres de la famille lévitique des Cohanim (pluriel de Cohen qui signifie "officiant") que la Franc-maçonnerie nomme les "Maîtres". Dans le Saint des Saints était posée l'Arche d'Alliance : un coffre en bois d'acacia recouvert d'or et surmonté d'un couvercle propitiatoire sur lequel trônaient deux Kéroubim (des Taureaux ailés que, bizarrement, le christianisme a transformé en "chérubins" joufflus, potelés et très juvéniles). Que contenait l'Arche d'Alliance ? Personne n'en sait trop rien et les légendes sont multiples ; celle qui est la plus répandue - parce que la plus probable, sans doute - dit que l'Arche d'Alliance contenait les deux Tables de la Loi en pierre que Moïse tailla, sur le mont Sinaï, sous la dictée de YHWH et qui reprenait le décalogue.

 

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Constructivisme …

 

Dans un univers déterministe, comme celui de Laplace ou d'Einstein, toutes les trajectoires des systèmes dans l'espace des états sont des fonctions continues et continument dérivables.

Mais l'univers réel n'est pas un univers déterministe ; il est un univers constructiviste, ce qui implique que certains paramètres qui le caractérisent - sinon tous - sont susceptibles de sauts quantiques.

 

Tout ce qui existe se construit par accumulation, sans plan mais mû par une intention unique et immanente, en inventant, au fil du chantier, les pratiques de construction les plus adéquates pour que le processus d'ensemble s'accomplisse, optimalement, en plénitude.

Le constructivisme n'est jamais assemblage, mais il est toujours émergence, comme un arbre qui pousse à partir de sa graine fécondée.

Le constructivisme est la doctrine qui affirme que tout se construit par accumulation de "couches" successives, sans plan prédéfini, mais porté par une intention de plénitude, en faisant comme on peut avec ce qu'il y a de disponible, ici et maintenant.

Telle est la grande loi du Réel.

 

Tout ce qui existe dans le Réel se construit par accumulation, comme l'arbre qui pousse et dont le cambium produit la dernière couche de vie par-dessus le bois mort. C'est ce processus accumulatif qui distingue le constructivisme des quatre autres thèses. Tout ce qui se construit se construit dans le présent, sans déterminisme, sans finalisme, sans hasardisme, sans causalisme. Tout ce qui se construit, se construit dans une incessante dialectique entre ses potentialités internes héritées de ses propres généalogies, et les opportunités externes offertes par le milieu … et le tout soumis à une principe d'optimalité qui exprime seulement que toute évolution tend à atteindre les meilleurs résultats possibles, en consommant le moins de ressources possibles.

 

Il faut dépasser l'évolutionnisme et le hasardisme qui s'y loge, souvent, implicitement.

Il faut résolument adopter le point de vue du constructivisme qui implique, tout à la fois, un processualisme, un émergentisme et un intentionnalisme.

Le Réel se construit comme on construit une cathédrale. Il se construit en vue de l'accomplissement progressif de sa propre plénitude (qui n'est pas un but à atteindre, mais un élan continu). Il se construit par essais et erreurs, par continuités et bifurcations.

La dialectique du Projet et du Trajet est cruciale : ils se forgent l'un l'autre.

 

La métaphore adéquate est celle d'un voyage qui s'organise en fonction d'une intention générale (visiter le Morvan et y admirer tout ce qui y est admirable), et qui progresse, pas à pas, parfois en improvisant, en fonction de l'expérience des trajets et visites déjà réalisés, ainsi que des opportunités.

 

Le progressisme est une fuite en avant.

Le conservatisme est une fuite en arrière.

Ces deux idéologies doivent être rejetées et combattues. Elles ont fait assez de torts et de morts.

La seule posture raisonnable est le constructivisme anidéologique, ancré dans le présent, assumant le Réel tel qu'il est et va, animé par une téléologie forte qui met l'activité humaine au service de ce qui la dépasse : la Vie et l'Esprit.

 

Tous les processus complexes évoluent, dans le temps, par constructivisme.

Le constructivisme suppose trois étapes :

 

  • Une étape de prolifération et d'accumulation.
  • Une étape d'amplification de tensions.
  • Une étape de dissipation des tensions au moyen d'une émergence.

 

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Le 21/07/2022

 

Allitération …

 

On s'est assis ici, sous les cyprès scissipares, les sourcils si saisis d'aussi soucieux soucis que six cents silos de saucisses.

 

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Certains semblent devenus thuriféraires de LFI et disciples de ce pitre de Piketty (qui confond économie et idéologie, et dont les thèses ont été dûment démenties par les faits).

Les chiffres statistiques sérieux ne montrent nullement une montée des inégalités, mais une médiocrisation de plus en plus générale (aux niveaux scolaires autant que professionnels).

Dans la réalité du Réel, rien n'est jamais l'égal de rien. Tout est unique donc différent. L'égalité, c'est l'uniformité, la victoire de l'entropie, donc de la mort sur la vie.

Les différences, au contraire, dans le respect réciproque, constituent une grande richesse et permettent de construire toutes des complémentarités. L'égalité des humains n'est possible que dans un seul cas : ils sont tous esclaves d'un tyran.

Pour qu'un système évolue, il faut des différences, donc des inégalités.

 

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Il y a une différence colossale entre faire du travail (le salarié), faire une œuvre (l'indépendant) et faire risette (les fainéants, les parasites et donc la plupart des jeunes).

Il faut faire reset sur la risette !

 

Je le répète souvent : la vie n'est pas faite pour s'y amuser, la vie est faite pour s'y construire.

 

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De William Shakespeare :

 

"Le mal que font les hommes, leur survit."

 

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La Fraternité fait prendre conscience aux Frères qu'ils sont autant de rameaux (ou de bourgeons, plutôt, en train de s'ouvrir et de surgir dans le ciel du Sacré) d'un même et unique arbre ; et cet arbre, comme tout arbre, à des racines profondes et un tronc fédérateur dont émergent toutes les branches (obédientielles et rituelles).

Les racines de l'arbre maçonnique sont nombreuses ; corporations médiévales, christianisme, Rose+Croix, druidisme, kabbalisme, illuminisme, etc …

Mais son tronc est unique et unitif, et c'est la Tradition : une tradition spirituelle, rituelle, initiatique et symbolique..

 

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Les Frères communient.

Cette phrase ne veut pas dire ici que les moine pratiquent l'eucharistie. Ici, bien plus profondément, elle signifie que la Fraternité entre les Frères qui mettent leur existence au service du projet maçonnique (la (re)construction du Temple de l'épiphanie à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers), est une communion.

En effet, l'étymologie latine du mot "communion" renvoie à cum munire, c'est-à-dire "construire ensemble" !

 

Construire ensemble (communier, donc) sur le Chantier du Temple, telle est la meilleure définition de la Fraternité maçonnique.

 

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Aujourd'hui, la Géométrie sacrée ne parle plus des formes et figures selon les voies mathématiques. Elle nous parle de la bonne méthode pour utiliser valablement et efficacement les outils dont dispose notre esprit.

La Géométrie sacrée est ainsi symbolisée par des outils du Métier de l'Art royal qui sont représentés sur le tapis symbolique placé au centre de la Loge des Compagnons.

 

D'abord et avant tout, l'Equerre et le Compas (posés sur la Bible … on en reparlera). Ensuite la Règle dont nous disserterons plus loin. Les autres outils symboliques utilisés en Loge (maillet, ciseau, levier, niveau, perpendiculaire, truelle, …) ne sont pas des outils de Trait, mais des outils de taille et d'appareillage des pierres.

Equerre et Compas, donc …

 

L'Equerre …

 

Une Equerre, c'est avant tout un angle droit parfait : quatre-vingt-dix degré exactement, pas un degré de plus ni un de moins. Elle symbolise la rigueur.

La rigueur de la pensée qui appelle la rationalité de l'intelligence, la capacité de raisonner juste, l'art difficile de la cohérence et de la logicité.

La rigueur de l'action, aussi, qui appelle l'éthique, les règles du comportement que l'on applique et que l'on s'applique, strictement, envers soi-même, les autres, le monde et "Dieu[1]".

L'Equerre symbolise donc le souci de la plus grande cohérence.

Tout ce qui existe, est en quête de cohérence, dans son organisation (encombrement optimal), dans sa relation (tension optimale) et dans son action (travail[2] optimal).

La cohérence affirme un "tout" unitaire au-delà du "tas" des parties.

 

Le concept de rationalité renvoie à la notion de cohérence : est rationnel ce qui est cohérent, que ce soit dans la pensée d'une personne ou que ce soit dans la réalité du Réel.

Tout n'est pas rationnel puisque tout n'est pas cohérent ; mais le principe de cohérence qui est le moteur directeur de tout ce qui existe, exige que ce qui n'est pas cohérent et rationnel, le devienne.

Cependant, deux confusions majeures doivent impérativement être évitées : celle entre raison et raisonnement logique (voire ratiocination), et celle entre rationalité et rationalisme (au sens de la doctrine qui pose la raison discursive comme seule source possible de toute connaissance réelle).

 

Le Compas …

 

Le Compas a deux usages géométriques : soit tracer une circonférence parfaite autour d'un point central convenablement choisi, soit reporter une longueur d'un endroit à un autre (par exemple depuis un gabarit vers une planche ou une pierre pour garantir la fiabilité des longueurs).

C'est le premier de ces deux usages qui nous interpellera ici car il est le seul qui soit en relation avec l'Art du Trait.

 

Le Compas est le complémentaire de l'Equerre exactement comme l'imagination créative est la complémentaire la rationalité rigoureuse. Le cercle que trace le Compas nécessite deux éléments qui relève de la liberté du "traceur" : le centre et le rayon. Mais la création commence dès lors que l'on trace plusieurs cercles qui s'entrecroisent, se mêlent et engendrent des figures complexes dont les entrelacs font émerger des ogives, des lentilles, des arcs, … de plus, tous les centres peuvent être reliés entre eux et former, eux aussi, des figures complexes.

 

La Beauté émerge du Compas comme la Sagesse émerge de l'Equerre. La Force, elle, viendra de la Règle.

 

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Nous avons tous vécu cette expérience d'être plongé dans un pays dont on ne connaît rien, ni la langue (qui, comme par hasard, ne ressemble à rien de connu par nous), ni la culture, ni les mœurs, ni les habitudes …

Mais lorsqu'il faut tout de même communiquer (on a toujours des questions à poser, n'est-ce pas ?), on se rabat alors sur des langages plus élémentaires, plus primaires voire primitifs : le plus souvent le langage des gestes où les doigts montrent, où les yeux ou les bouchent grimacent ou sourient, où les mains voltigent …

 

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L'initiation enclenche et nourrit un cheminement. Soit. Mais quel en est la destination ? Où mène cette initiation ? Que cherche-t-on au sein d'un processus initiatique ? Quelle en est, sinon la finalité, du moins l'intentionnalité ?

Deux mots reviennent souvent : la Connaissance (la Gnose) et/ou la Sagesse ? Ces deux notions ne s'excluent pas mutuellement. Voyons cela …

 

La Connaissance …

Gnosis en grec qui a donné "Gnose" c'est-à-dire "connaissance absolue et finale de la réalité du Réel, de sa substantialité, de son évolutivité et de sa logicité, c'est-à-dire, selon l'expression poétique d'Albert Einstein : "connaître la pensée de Dieu".

La Connaissance initiatique est cette connaissance absolue qui intègre toutes les autres à savoir la connaissance des mondes extérieurs et de leurs évolutions qui est la connaissance scientifique, la connaissance des mondes intérieurs et de leurs évolutions qui est la connaissance animique, et la connaissance suprême qui est la synthèse des deux précédentes.

La Connaissance vivante (qui évolue au rythme des évolutions réelles de ce qu'elle connaît) n'est ni encyclopédisme érudit (la somme des savoirs ne fait pas la connaissance), ni idéologisme partisan (les idéaux sont des rêves, des fantasmes ou des caprices qui ne font pas partie du seul Réel qu'il y a à connaître).

La Connaissance se construit comme on construit un édifice, avec les matériaux que l'on glane et qui se compénètrent non pas selon un plan prédéfini, mais selon une méthodologie rigoureuse.

Cette méthodologie recherche les complémentarités et les analogies qui offrent à l'intuition de l'œuvrier attentif.

La Connaissance est donc un constructivisme (ni causalisme, ni finalisme).

 

La Sagesse …

Sophia, en grec est cette "sagesse" qui a donné, entre autres, "philosophie" (amitié de la sagesse), cosmosophie (la sagesse de l'ordre et de la beauté cosmiques) ou écosophie (sagesse de l'habitat c'est-à-dire sagesse de l'humain qui habite la Nature et doit y fonder une éthique d'échange avec elle).

La Sagesse est essentiellement une pratique : la mise en œuvre de règles de conduite qui permettent de vivre (construire) une belle et bonne vie.

Les philosophes, depuis longtemps, tâchent de définir cette sagesse, c'est-à-dire de spécifier ce que l'on peut appeler une "belle et bonne vie", ainsi que les règles de conduite qui y mènent. Et les écoles et doctrines divergent à cœur-joie.

La Sagesse maçonnique est une Sagesse à naître, une Sagesse à inventer.

Non pas contre, mais au-delà des philosophies anciennes.

Comme une maïeutique d'un nouvel homme, d'une nouvelle humanité, d'un nouveau "vivre ensemble", mais surtout d'un nouveau "vivre soi-même", loin des artificiels ersatz et des illusoires ivresses de ce monde de consommations effrénées et de plaisirs médiocres.

Une méthode de vie qui ne ferme rien mais qui ouvre tout, qui ne rejette rien mais anoblit tout, qui ne hait rien mais qui détache de tout.

Alors notre Sagesse sera cet apprentissage de la Liberté vraie, de l'autonomie vraie, loin de tous les esclavages, externes et internes, et de la Foi pure loin de toutes les croyances et idolâtries, religieuses ou laïques.

Devrons-nous réapprendre à vivre la Vie ? De fond en comble !

Notre monde humain a atteint une taille, un volume et une complexité tels que nous voici face à un terrible effet de seuil.

Ou bien nous réussissons à vivre autrement et nous passerons le cap.

Ou bien nous ne changeons pas assez et nous disparaîtrons dans un cataclysme quelconque.

Il ne s'agit plus ici de réforme ni de progrès ni d'améliorations ou de corrections : il s'agit de rupture radicale, de mutation en profondeur, de métamorphose.

L'homme-chenille doit devenir homme-papillon …

 

Le rapport entre Connaissance et Sagesse est dialectique : on ne peut pas se comporter sagement dans un monde que l'on ne connaît pas comme on ne peut pas connaître un monde où on se comporte sottement.

Et cette dialectique entre Sagesse et Connaissance, c'est très précisément l'Initiation, c'est un double constructivisme, une double construction conjointe : celle de la Connaissance et celle de la Sagesse.

 

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La mode est, sur les médias sociaux, aux "influenceurs" et, surtout, aux "influenceuses" c'est-à-dire des représentants de commerce, beaucoup trop bien rémunérés, qui envahissent la Toile pour bonimenter à propos de produits de toutes sortes, surtout les plus toxiques.

Le principe en est simple : ouvrir un site personnel, fabriquer des vidéos qui vantent telle ou telle bricole, se faire grassement payer par la marque de ladite bricole, et répondre aux questions et messages des "prospects", thuriféraires ou contempteurs.

Et après quelques années de délabrement quasi total de sa vie privée, se retirer de la Toile pour exercer - peut-être - un vrai métier utile.

 

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Ritualiser un processus (un protocole), c'est le sacraliser en lui donnant une forme précise, où chaque officiant a son rôle, où chaque geste et chaque parole sont fixés, immuables, et sont symboles, riches de sens possibles, où chaque vêture suggère un message, où chaque objet revêt une signification seconde, etc …

Le rituel est le résultat d'une telle ritualisation

 

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Les talents et les compétences ne construisent rien si la liberté d'entreprendre et la jouissance des résultats ne sont pas garantie

 

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De l'économiste Daron Acemoglu :

 

"Plus on avance vers le léviathan despotique en acceptant d'étendre le champ d'intervention de l'Etat dans nos vies, plus l'Etat se renforce et la société s'affaiblit."

 

La bureaucratie, comme le cancer, se développe en détruisant les tissus sains.

Les institutions étatiques, ne l'oublions jamais, sont de pures bureaucraties cancéreuses.

 

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Le 22/07/2022

 

Le wokisme est une des plus pénibles manifestations d'une tendance bien plus générale et profonde, bien plus grave : l'affaiblissement moral.

Nous vivons dans un monde qui refuse l'obstacle et l'effort, un monde d'apologie de la Faiblesse, sous toutes ses formes.

La Force est le mal (et le mâle) et la Faiblesse est le bien (et le lien).

Tout ce qui est fort est mauvais, même si cette force est constructive et sans violence. Il faut être faible parce qu'il faut être victime.

 

Et dans un monde de faibles, dans un monde qui fait l'apologie de la faiblesse, tout devient agression. Voilà le mot-clé actuel : agression !

Tout est agression : la moindre taquinerie, la moindre critique, la moindre ironie, la moindre drague, le moindre désaccord, la moindre opinion, la moindre moquerie, le moindre humour, etc …

Le faible se sent perpétuellement agressé par tout et par tous. Il n'ose plus affronter ni les autres (surtout s'ils sont différents), ni le monde (surtout s'il est, comme le nôtre, chaotique, à cheval entre deux paradigmes, entre deux civilisations), ni le Réel (surtout s'il est masqué par des myriades d'écrans numériques).

 

La faiblesse est le terreau de pousse de toutes les facilités, de toutes les sinécures, de toutes les négligences, de tous les avachissements.

Rien n'est plus important que ce qui amuse.

Rien n'est plus répugnant que ce qui demande effort et dépassement de soi.

Une forme vulgaire et médiocre d'hédonisme s'est installée promouvant le confort physique et moral, intellectuel et spirituel, en valeur première.

Se battre pour quelque chose ? Jamais. "Laissez-moi dans ma bulle", et dans ce sacro-saint "projet personnel" qui n'est, en fait, qu'un prétexte et une excuse à la fuite loin du Réel, loin de la réalité de la condition humaine.

 

D'où donc vient cet affaiblissement moral, cette peur de tout qui mène droit à la fatigue de tout ?

Sans doute cette faiblesse morale a trois causes principales : le laxisme de parents tout occupés à faire carrière ou fortune ou à profiter paresseusement de toutes les allocations offertes, la médiocrisation des systèmes scolaires gouvernés par un égalitarisme délétère et un fonctionnarisme sans exigence, et les assistanats généralisés engendrés par un étatisme démagogiques.

Toujours est-il que les jeunes adultes d'aujourd'hui (entre 18 et 35 ans) ne veulent se battre, pour quoique ce soit ; rien ne vaut la peine (mot pénible s'il en est) et cet indifférentisme est une forme de nihilisme.

Nombrilisme et narcissisme leur font slogan. 

 

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Pour gagner du temps, il faut oser en prendre.

 

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La cosmologie complexe distingue trois grands champs :

 

  • Celui de la spatialité matérielle, inscrit dans le champ relativiste
  • Celui de la temporalité processuelle, inscrit dans le champ quantique
  • Celui de l'optimalité organisationnelle, inscrit dans le champ thermodynamique.

 

Ces trois champs se déploient chacun autour d'un des trois grands pôles cosmologiques, dont chacun est travaillés par une bipolarité tensionnelle, à savoir, respectivement :

 

  • Le pôle de la substantialité topologique avec la tension entre :
    1. l'expansion volumique
    2. l'accrétion encapsulée
  • Le pôle de l'Intentionnalité dynamique avec la tension entre :
    1. l'inertie conservative
    2. l'activité constructive
  • Le pôle de la logicité eidétique avec la tension entre :
    1. la complexité néguentropique l'uniformité entropique.

 

Cette structure sémantique me paraît, aujourd'hui, la plus perfectionnée et la plus adéquate.

 

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La vie humaine a deux dimensions : l'une horizontale et extérieure qui concerne les relations avec les autres, avec le monde, avec la Nature ; l'autre verticale et intérieure qui concerne le voyage vers ce plus-haut qui nous appelle et celui vers ce plus-profond qui nous fonde.

L'Initiation nourrit la dimension verticale du Franc-maçon, alors que la Fraternité nourrit sa dimension horizontale.

Oublier une de ces deux dimensions, c'est trahir l'Esprit maçonnique, c'est devenir un renégat. Renégat celui qui renie la verticalité de son état pour se concentrer sur l'horizontalité humaine et ses vicissitudes morales, politiques, idéologiques ou religieuses.

Renégat celui qui renie son horizontalité pour se déguiser en pur anachorète, fermé à toute extériorité, uniquement préoccupé des angoisses et espérances de son âme.

Il faut nécessairement qu'au travers du processus spirituel, ces deux dimensions complémentaires soient harmonisées.

 

*

 

La Sagesse est aimée du philosophe, mais cela n'implique nullement que le philosophe possède la Sagesse et puisse être dit "sage". Il est des "sages" non philosophes … et des philosophes complètement abrutis, loin de toute Sagesse … comme Diogène de Sinope, ou comme Jean-Jacques Rousseau, ou comme Jean-Paul Sartre …

 

La Sagesse doit éviter deux pièges, si elle veut rester le ciment consolidateur d'une Fraternité : le conformisme et l'idéologisme.

Pour le conformiste, la Sagesse doit se confondre avec l'acceptation et l'assomption des lois morales ambiantes, quelle que soit leur absurdité.

Pour l'idéologue, la Sagesse est le reflet évident et indiscutable des idéaux qu'il ne sait pas n'être que des fantasmes.

Non ! La Sagesse est une pratique de la Vie réelle telle qu'elle vit et évolue …

 

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La Force d'une Fraternité, c'est la Force de l'Intention qui unit les Frères au sein d'un beau et noble projet commun.

Sans cette Force qui unit, il ne reste que la faiblesse qui fait tout se déliter, s'effondrer.

La cohésion et la cohérence au sein d'une Fraternité émerge de la qualité du projet que ses Frères partagent.

Ce projet, on le sait, c'est la (re)construction du Temple de l'épiphanie initiatique, dans le respect de l'architectonique traditionnelle, symbolisée par les textes bibliques.

 

Le symbole de la Force nous parle de la source d'énergie où l'on peut et doit aller puiser pour s'opposer aux puissances de destruction, tant morales que physiques.

L'œuvre que l'on construit ensemble, comme tout ce qui existe (cfr. le second principe de la thermodynamique), a tendance naturelle à se décomposer et à devenir poussière si une Force suffisante ne s'oppose pas à cette tendance que les physiciens appellent entropique.

Puiser dans la Force est indispensable … mais "Force" ne signifie ni violence, ni guerre, ni barbarie, ni assujettissement, ni cruauté. Tout au contraire ! Le barbare est un faible d'esprit qui croit que ses muscles et sa massue le rendent invincible, voire immortel.

 

La Force (noble et pacifique, constructive et travailleuse) est donc vitale sur le Chantier du Temple ; elle induit effort, travail, discipline, engagement, courage, …

Et là, un constat s'impose : notre époque et ses plus jeunes conspue la Force et font l'apologie de la faiblesse …

 

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En des temps de temporalité chaotique comme les nôtres, la quête de l'intemporel (du Sacré, du Divin, autrement dit) devient vitale.

Le cheminement initiatique est très précisément la quête de l'intemporel au-delà des effervescences du temporel.

La spiritualité et la fraternité sont, très précisément, les ferments, intérieurs et extérieurs, de cette quête.

 

Les existences humaines sont éphémères, mais la Vie cosmique est immortelle, éternelle et intemporelle. Et il en va de même pour la Matière et l'Esprit cosmiques.

J'aime à répéter ceci …

Ce n'est pas moi qui existe ; c'est la Matière qui s'incorpore à travers moi.

Ce n'est pas moi qui vit ; c'est la Vie qui se vit à travers moi.

Ce n'est pas moi qui pense ; c'est l'Esprit qui se pense à travers moi.

 

La Tradition n'est, an somme, que la mémoire collective : le tronc commun évoqué plus haut. Et ce tronc, comme celui de l'arbre, est une accumulation progressive de bois dur qui soutient et consolide l'ensemble de l'arbre et qui porte cette mince couche vivante (le cambium) où circulent toutes les sèves et où se fabriquent toutes les nouvelles cellules qui feront grandir l'arbre.

Et lorsque ce tronc n'existe plus, tout devient broussaille disparate sans consistance, sans cohérence, sans permanence comme les deux-cents et quelques "obédiences" dites maçonniques qui, en France, étouffent le paysage.

 

La Tradition ne nie nullement le temps qui passe ; elle dit seulement que le temps ne passe pas, mais qu'il s'accumule dans la mémoire (le tronc) portant la mince couche vivante (le cambium) qui bouge et fait tout évoluer.

La temporalité de la Vie vivante ne s'oppose nullement à l'intemporalité foncière de la Loi structurante. Il y a une dialectique permanente entre elles, comme il y a dialectique entre la Vie globale et cosmique et les vies locales et individuelles.

Il ne peut y avoir de temporalité sans intemporalité pour la fonder ; comme il ne peut y avoir d'intemporalité, sans temporalité pour la nourrir.

 

La Tradition maçonnique fait d'ailleurs une distinction fondamentale entre le temps profane qui est celui des horloges mécaniques, et le temps sacré (de Midi à Minuit lorsque l'on en a l'âge …) qui est celui, immuable, des rituels d'ouverture et de fermeture des travaux de la Loge.

 

*

 

La Fraternité authentique entre deux personnes est beaucoup plus difficile que la simple amitié entre eux.

 

*

 

Le grand public, bien à tort, assimile la Franc-maçonnerie à une série de termes censés portraiturer des organisations non-maçonniques.

Quels sont ces termes ? Et regardons-les de près …

 

Humanisme …

 

L'humanisme est le mot joli pour définir l'anthropocentrisme. L'humain serait le centre, le sommet ou le but du monde. Descartes désignait l'humain comme "maître et possesseur de la Nature". Protagoras d'Abdère déclarait que "l'homme est la mesure de toute chose". Et cet anthropocentrisme a abouti, aujourd'hui, à ceci : les humains ont parasité, détruit, exploité, sali, tué une bonne par de la Nature qui est leur terreau nourricier. L'humanisme est donc suicidaire. Il est temps de passer de l'anthropocentrisme au cosmocentrisme ou au théocentrisme (Théos est le Dieu toujours au sens de Spinoza : le Grand Architecte - immanent - de l'Univers).

 

Laïcisme …

 

La laïcité - typiquement française - avait peut-être un sens au début du 20ème siècle pour libérer le pouvoir politique des supposés pouvoirs ecclésiaux (complotisme inversé). Le laïcisme est la généralisation de ce principe juridique constitutionnel de laïcité, et sa transposition sous forme d'une idéologie absurde : comme si quiconque allait remplir ses devoirs de citoyen en oubliant ses croyances et convictions religieuses.

Le laïcisme est, en fait, le nom édulcoré de l'athéisme militant et de l'anti-spiritualité et de l'anti-religiosité. Or, l'athéisme est la religion de la haine des religions ; métaphysiquement, elle est la négation totale d'un principe immanent de cohérence et d'intention qui, seul, explique la beauté et l'évolution des mondes.

 

Rationalisme …

 

Le rationalisme est l'exacerbation infantile de la rationalité. La rationalité est un des moteurs de l'intelligence qui cherche la logicité du Réel, en dialogue permanent avec la sensibilité, l'imagination et l'intuition.

Le rationalisme, lui, affirme que la rationalité est le seul et unique chemin vers plus de véridicité à propos de soi et du monde. Le hic s'appelle le théorème de Gödel : tout système axiomatique (rationaliste, donc : axiomes + logique) débouche, fatalement, sur des impasses et des incohérences.

 

Idéologisme …

 

La Franc-maçonnerie s'oppose à tous les idéalismes (cfr. mon livre paru chez Dervy : "La Franc-maçonnerie est-elle un idéalisme ?"). Tout idéologisme affirme un idéal, humain, social, sociétal, économique, politique, juridique, etc … Et un idéal est toujours la formulation édénique d'un fantasme, d'un rêve, d'une utopie, d'un caprice, d'un délire. Le Réel est ce qu'il est et va comme il va. Il faut l'accepter et m'assumer tel quel, non par fatalisme passif, mais dans un esprit constructiviste : construire ce qui peut l'être, avec les moyens dont on dispose et, surtout, n'avoir aucun plan préconçu en tête : le Réel ne va nulle part, il se construit au jour le jour, du mieux qu'il peut.

 

Anticléricalisme …

 

La fin du 19ème siècle, comme souvent, pour sortir de son marasme économique, social, politique et noétique (l'absurde positivisme d'Auguste Comte et le scientisme qui en découle), a dû désigné un bouc émissaire pour se construire "contre" quelque chose (ce qui rallie plus facilement les foules). Ce bouc émissaire, ce fut la cléricalité.

Loin de moi d'oublier que ma famille a été chassée d'Espagne vers Amsterdam, du fait de l'acharnement des Dominicains de l'Inquisition sous la férule de Torquemada.

Mais libre à moi, sur base des faits historiques, d'affirmer qu'à cette époque, le cléricalisme était déjà très largement déclinant et que le fléau était l'émergence du socialisme et du marxisme qui, partout et toujours, ont été des facteur de misère.

 

Affairisme …

 

La Franc-maçonnerie n'a que faire des affaires d'argent. Elle vit de ses cotisation, comme n'importe quelle organisation sans but lucratif. Mais cela n'empêche pas, ici ou là, que quelques faux Frères véreux ne voient en elle la possibilité d'enclencher des chaînes de Ponzi bien juteuses ou des collusions bien fructueuses. Malgré toutes les précautions prises, il peut arrivé que des crapules entrent dans les Loges et y fassent leur toxique tripotage. A cela, une seule réaction : l'exclusion immédiate !

 

Politicisme …

 

Pour reprendre un slogan de Mai'68 : "Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique, elle, s'occupera de toi. Tout est politique !". Quelle idiotie. La politique ne s'occupe que du système juridique (tout est loi) du monde profane. La politique doit donc être considérée comme une activité profane où la Franc-maçonnerie n'a rien à voir (ce n'est pas du tout de sa compétence) et où les Francs-maçons peuvent ou doivent s'impliquer, mais à la condition expresse que ce soit sous leur nom propre, en tant que simple citoyen comme les autres. Les déclarations et opinions publiques du "Grand Maître" du Grand Orient n'ont absolument aucun intérêt, mais nuisent car elles jettent de l'huile sur un feu journalistique qui ne demande qu'à devenir bûcher.

 

Népotisme …

 

Une dernière accusation des antimaçonniques : la Fraternité maçonnique oblige les Frères à favoriser ou à privilégier ou à placer ou à promouvoir, … leurs autres Frères.

Je l'ai dit plus haut, à égalité de tout le reste, je préfère travailler avec un Frère qu'avec un profane, pour des raisons de confiance, d'engagement, de connivence, etc …. Mais la condition essentielle est "à égalité de tout le reste" !

Il ne peut être question, en aucune circonstance, de placer ou favoriser quelqu'un qui ne le mérite pas intrinsèquement, Frère ou pas !

 

Deux petites sentences pour finir …

La Franc-maçonnerie ne s'occupe pas du monde profane, mais uniquement du monde sacré.

La Franc-maçonnerie est un Ordre reposant sur une Règle éthique intangible et définitive.

Hors de cette sacralité et de cette éthicité, aucune Fraternité authentique n'est possible.

 

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Le pouvoir implique la responsabilité.

La responsabilité autorise le pouvoir.

 

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Plus un humain est inculte, plus il est immoral.

 

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La bêtise est aussi sordide que l'ignominie qui en découle.

 

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La misanthropie est la seule issue pour survivre dans la masse des crétins.

 

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A force de protéger les cons, la loi devient conne.

 

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Les imbéciles deviennent d'autant plus nocifs que la loi les protège.

 

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A force de voir assister les fainéants, les autres les envient.

 

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La bêtise est toujours méchante : elle détruit tout.

L'inculture est toujours avilissante : elle salit tout.

 

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La méchanceté peut se faire humble et flatteuse pour être plus cruelle.

 

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Seuls les hommes émasculés dans leur tête insultent les femmes.

 

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La médiocrité explique bien des choses, mais n'excuse rien.

 

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Il est urgent de faire taire les médiocres.

 

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Celui qui préfère un feuilleton télévisé à un essai philosophique est perdu pour l'humanité.

 

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La médiocrité, comme la bêtise, est contagieuse.

 

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Ne parle qu'aux humains de haut niveau ; les autres ne font que pleurnicher ou revendiquer.

 

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A quoi mesure-t-on la médiocrité ? A la vision courte, à l'engagement faible, à l'effort minimal.

 

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A ne jamais oublier : sur cent humains, il y a 15% de constructeurs, 25% de toxiques et 60% de parasites.

 

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Un salarié est toujours un parasite ou un toxique ; jamais un constructeur.

 

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Dans le monde des médiocres, tricher est la norme.

 

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Les médiocres ont le talent de s'unir pour préserver leur médiocrité.

 

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Le 24/07/2022

 

Rien n'est sacré en soi ; c'est toujours le regard qu'on lui porte qui le sacralise.

 

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Pourquoi donc la plupart des humains ont-ils oublié que ce sont eux qui dépendent du Réel, et non l'inverse ?

 

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Un livre n'est jamais ce que son auteur a voulu dire ; un livre, c'est ce qu'il me dit.

 

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Le croissant de la lune, c'est le sourire de la nuit.

 

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La Vie grouille en nous et autour de nous. Pourquoi l'ignorons-nous si souvent ?

 

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L'arbre pousse …

Il pousse quoi, pourquoi, pour quoi, comment ?

 

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Chronologiquement, au sein d'un couple solide, l'amour, c'est d'abord Eros, l'attirance charnelle, puis c'est Agapê, le projet de vie en commun, puis c'est Philia, l'a connivence mentale et, enfin, c'est Storguê, la tendresse affective.

Aucun ne chasse l'autre. Chacun prend seulement sa place au fil du vieillissement.

 

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La lucidité est la vertu la plus haïe dans le monde humain.

 

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Apprendre, c'est accumuler.

Penser, c'est construire.

Il y a des constructeurs de Temple et des constructeurs de cabanes de jardin … Et puis, il y a des squatters et des dynamiteurs.

 

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Une fleur ouverte invite un inconnu qui passe à la féconder.

Une idée aussi.

 

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La Vie, c'est la Matière qui évolue selon les lois de l'Esprit.

 

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La Cosmosophie désigne la Sagesse (Sophia) de l'ordre et de la Beauté (Kosmos) universels.

 

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Un livre est comme un papillon : il l'ouvrir pour qu'il s'envole.

 

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Entre Terre et Ciel, entre Passé et Futur, entre Mémoire et Intention, l'humain digne et noble doit être une pont.

 

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Sur le chemin de la Vie, beaucoup tournent en rond.

 

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Les idoles font croire aux humains qu'ils sont sanctifiables.

 

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La Nature, donc la Vie, n'est ni morale, ni juste.

 

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Quel est mon pays ? Celui des idées et des connaissances.

Les racines au Ciel et les fruits sur Terre.

 

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Ne plus confondre le travail et l'ouvrage.

Le travail produit des chèques de fin de mois.

L'ouvrage produit des œuvres.

 

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Que tous ceux qui se croient enfermés dans une prison intérieure sachent qu'il a beaucoup de portes et qu'aucune n'est fermée à clé. Il suffit de pousser.

 

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La Vie s'incarne dans des vies singulières, locales et éphémères.

La naissance et la mort leurs donnent les limites, mais la Vie est intemporelle, immortelle et éternelle.

 

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Le Ciel est bleu parce que cela va bien avec la couleur de ses yeux.

 

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Les humains sont blancs, noirs ou jaunes parce qu'aucun n'a jamais bien pu choisir entre la pureté, le désespoir ou la lumière.

 

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Jalousie ou ressentiment : les pires pestes contagieuses de l'esprit.

 

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Dire la vérité est impossible.

On ne peut jamais dire que sa propre vérité.

C'est la différence entre la véracité et la véridicité.

 

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Ouvrir le oreilles ne sert à rien, si, derrière elles, personne n'écoute.

 

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Le génie est cette petite flamme magique de l'esprit qui porte les sept facultés (mémoire, volonté, intelligence, imagination, sensitivité, intuition et conscience) à l'incandescence.

 

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L'humain a prêté aux constellations et aux astres toutes sortes de puissances et de vertus. Eux, jamais, ne lui ont prêté quoique ce soit.

 

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Le plus terrible des féaux, c'est la bêtise.

 

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L'abondance et la prodigalité qu'elle permettait parfois, ne sont plus que des souvenirs d'un temps passé.

L'heure est à la frugalité.

 

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La spiritualité et l'érudition devraient être les prolégomènes à toute activité de l'esprit.

Sinon, on pense à vide et sans but. d'où les errements que l'on connaît aujourd'hui.

 

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On l'a oublié, mais battre la chamade, c'était annoncer sa capitulation.

Beaucoup aujourd'hui, surtout parmi les plus jeunes, battent la chamade face à la Vie, à l'Esprit et, plus généralement, au Réel.

 

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Les huit péchés capitaux ont souvent des péchés capiteux.

 

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Le 25/07/2022

 

Plan de travail pour une petit traité de cosmologie nouvelle …

 

Prologue : Qu’est-ce que la cosmologie ?

 

Du grec Kosmos ("ordre , beauté") et Logos ("étude") : l’étude de l’ordre et de la beauté de l’univers réel, pris comme un tout vivant, à toutes les échelles, à tous ses stades ...

La synonymie grecque entre "ordre" et "beauté" n'est pas un hasard ...

 

L'univers est un processus en évolution

 

Un univers vivant et évolutif ...

Qu'est-ce qu'un processus ?

Pourquoi un processus est plus organique que mécanique ? Interdépendance ...

Le temps ne passe pas, il s'accumule ...

Le temps ne coule pas, il pulse ...

L'idée d'intention ...

Un constructivisme sans causalisme ni finalisme ...

 

Regarder l'univers :  trois domaines et six pôles ... plus un

 

Les trois domaines d'Aristote et du bon sens : la substance, le mouvement et la forme.

La substance : le domaine topologique et la Matière cosmique

Le mouvement : le domaine dynamique et la Vie cosmique

La forme : le domaine eidétique et l'Esprit cosmique

L'idée de bipolarité :comme du yin et du yang ...

Entre concentration et expansion ...

Entre conservation et construction ...

Entre complexité et uniformité ...

L'idée de tension et d'équilibre ...

L'idée d'optimisation ...

 

L'idée d'émergence ...

 

Plus on est loin de l'équilibre, plus les tensions deviennent puissantes et douloureuses

L'idée de dissipation des tensions ...

Deux stratégies : la dilution et l'encapsulation.

Une plus belle histoire de l'univers ...

          Le prématériel ... La Vie primordiale ...

Le matériel ... La Matière émerge (premier big-bang) ...

          Le minéral ...

          Le biotique ...

          Le mental ...

L'immatériel ... L'Esprit se révèle (second big-bang) ...

La dialectique du global et du local, du grand et du petit ...

 

Le très grand et très chaud (gigascopique) ...

 

L'expansion par accumulation mémorielle ...

Les ondes cosmiques et leurs interférences ...

Les noyaux galactiques : des réacteurs à matière protéique ...

 

Le très petit et très chaud (nanoscopique) ...

 

La soupe bosonique ...

L'émergence du neutrino ...

L'émergence du protéus et de ses deux modes : hydrogénique et neutronique ...

 

Le grand et le chaud (macroscopique) ...

 

Les galaxies : des réacteurs à fusion nucléaire : hydrogène et hélium ...

Les étoiles : des réacteurs à noyaux atomiques lourds ...

 

Le petit et le chaud (microscopique) ...

 

Le jeu électronucléaire et ses quatre formes ...

Electronique (entre électrons et protons : l'amour fou)...

Magnétique(entre charges, le manège tourne) ...

Leptonique (nucléaire faible dans le neutron) ...

Hadronique (nucléaire fort entre noyaux atomiques) ...

Et la lumière, visible et invisible, dans tout cela ...

 

Le moyen, entre grand et petit, et le tiède (mésoscopique) ...

 

Les planètes : des réacteurs à complexification ...

Des cristaux ...

Des molécules ...

Des cellules ...

Des organismes ...

 

Epilogue :

 

L'univers est un patatoïde à quatre dimensions d'espace-temps (avec de multiples dimensions de forme), fermé sur lui-même (donc de dimension spatiale finie), rempli de substance prématérielle (mémorielle)

L'univers est un vaste océan de vide matériel parsemés de myriade d'archipels galactiques foyers de concentrations gravitationnelles, de constructions électronucléaires et de complexifications néguentropiques (là où il ne fait ni trop grand ni trop petit, ni trop chaud ni trop froid, ni trop figé ni trop chaotique).

 

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Le protéus, comme tout ce qui existe, est un processus.

Le protéus est un processus d'encapsulation de l'activité prématérielle.

 

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L'émergence du protéus à partir de la substance prématérielle est, en fait, l'objet d'étude des modèles des particules élémentaires.

Ce qu'ignorent les physiciens qui travaillent sur le modèle standard des particules élémentaires, c'est qu'il n'existe qu'une seule particule matérielle primaire : le protéus. Ce qu'il ne savent pas, c'est qu'en étudiant les grumeaux instables, "brouillons" de la matière, ils cherchent, en fait, à définir les propriétés de la substance prématérielle et les conditions d'émergence du protéus. Par exemple, la substance prématérielle n'est NI onde, NI particule, qu'elle ne possède Ni masse, Ni charge, Ni aucune des propriétés de la matière. C'est en cela que tous leurs modèles sont tous faux : en-deçà de la matière, il n'y a pas de matière donc il n'existe aucune des propriétés propres à la matière.

 

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En tant que processus, le protéus est tripolaire avec :

 

  • une dimension topologique (encapsulation spatiale stable c'est-à-dire individuation ou "bulle locale" en conséquence d'un processus d'émergence à partir de la substance bosonique prématérielle) à toute rupture de cette bulle engendre l'impérieuse nécessité d'être reconstituée, intégralement et stablement
  • une dimension dynamique (une encapsulation d'activité dans un volume fermé induisant une activité interne cyclique c'est-à-dire des oscillations, des pulsations et/ou des rotations) à les influences électronucléaires internes reflètent ces différents types d'activités premières encapsulées
  • une dimension eidétique (une logicité interne stable c'est-à-dire des règles, structures et organisations fixes) qui traduit l'encapsulation d'une optimalité locale et fermée.

 

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Le secret des effets électronucléaires réside dans la quête de toutes les activités possibles tant du point de vue topologique (qui transforme le volume) qu'eidétique (qui transforme la structure).

Tant que l'activité protéique reste confinée, le protéus apparaît comme neutre et n' a aucune influence sur son milieu : il est électriquement neutre et nucléairement inactif. En revanche, dès que ce confinement est rompu, le protéus est arraché de son état d'équilibre et il tend à le reconstituer en recherchant dans son milieu ce qui lui manque.

 

C'est cela que l'on appelle "les forces" électromagnétiques, hadroniques ou leptoniques.

 

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Au sein d'un protéus, il est pédagogiquement nécessaire que chacun des trois pôles soit identifié en terme usuel de "particule". Pour cela, nommons :

 

  • Proton, le pôle hadronique (c'est lui qui "engendre" à la fois la force hadronique et la masse du protéus),
  • Electron, le pôle leptonique (c'est lui qui enferme le protéus dans sa "bulle" et qui "sculpte" les diverses formes et couches internes du protéus)
  • Photon, le pôle photonique (c'est lui qui "véhicule" toutes les informations sur l'état du protéus, qui tient le tout ensemble et qui "signale" à l'extérieur ses éventuels déséquilibres).

 

*

 

Un protéus est donc la compénétration d'une "proton", d'un "électron" et d'un "photon". Ces trois éléments ne sont pas des particules constituantes mais des modalités de fonctionnement. Une fois le protéus brisé, ces modalités dissociées cherchent à se réencapsuler et deviennent, alors seulement, des "particules" c'est-à-dire des entités "orphelines" en quête de leurs complémentarités naturelles.

 

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Il n'y a, en toute généralité, que six processus d'émergence possibles.

Une émergence topologique est forcément :

  • soit dynamique : un objet engendrant des processus,
  • soit eidétique : un objet engendrant des structures.

Une émergence dynamique est forcément :

  • soit topologique : un processus engendrant des objets,
  • soit eidétique : une processus engendrant des structures.

Une émergence eidétique est forcément :

  • soit dynamique : une structure engendrant des processus,
  • soit topologique : un structure engendrant des objets.

 

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Dès l'aube, au réveil, dès la première sortie dehors, regarder les arbres, le ciel, les oiseaux qui passent, la fleur qui frissonne et dire : merci !

Cette reconnaissance profonde du cœur, chaque matin, donne, pour toute la journée, une belle énergie à l'esprit et un joyeux sourire à l'âme.

 

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Vieillir n'est pas un problème. C'est devenir vieux qui en est un.

 

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Le monde réel est fait pour ceux qui veulent le vivre.

Les autres se donnent des idéaux.

Ceux-là ne vivent pas, ils rêvent et fantasment la vie.

 

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* *

 

Le 26/07/2022

 

La guerre en Ukraine et le subséquent chantage russe au gaz ont eu tout de même une conséquence positive : celle de rendre pratiquement vécue ce qui est une évidence pour les prospectivistes depuis plus de trente ans : les ressources en général et les ressources énergétiques en particulier, sont en cours de pénurisation et, donc, deviendront de plus en plus chères et rares (avec, pour conséquence, la baisse de tous les pouvoirs d'achat, une stagflation généralisée et des hausses des taux de chômage).

 

Toute l'économie, tant mondiale que domestique, en sera totalement bouleversée, avec cinq axes forts :

 

  • l'abandon de la boulimie consumériste et de l'équation fausse et abrutissante qui affirme que pour être heureux, il faut consommer beaucoup,
  • une frugalité (joyeuse) forte et indispensable,
  • l'abandon du modèle économique de masse et de prix bas qui s'est installé partout, surtout après 1975,
  • l'instauration d'un autre modèle économique basé :
    • sur la valeur d'utilité,
    • sur la virtuosité des petites entreprises,
    • sur la robotisation et l'algorithmisation des grandes entreprises industrielles,
  • l'évolution des humains vers des existences fondées plus sur la joie que les plaisirs, plus sur l'intériorité que sur l'extériorité, plus sur l'accomplissement personnel que sur la réussite sociale.

 

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Le secret des effets électronucléaires à l'échelle quantique réside dans l'expression de toutes les activités possibles tant du point de vue topologique (qui informe le volume) qu'eidétique (qui informe la structure).

 

  • Les forces électromagnétiques (qui sont des forces à longue portée) se déploient dans le domaine volumique et concernent les activités topologiques.
  • Les forces nucléaires (qui sont des forces de contact, non spatiales, mais structurantes) se déploient dans le domaine organisationnel et concernent les activités eidétiques.

 

Plus généralement, le protéus est le siège de trois types d'activité locale (analytique) :

 

  • L'activité topologique électromagnétique (gradiente ou rotationnelle),
  • L'activité eidétique nucléaire (interne faible et externe forte),
  • L'activité dynamique dissipative (gestion des flux photoniques incidents).

 

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La force gravitationnelle correspond aux activités topologiques holistiques (globales).

La force électromagnétique (sous les deux formes électrique eu magnétique) correspond aux activités topologiques analytiques (locales).

La force nucléaire (sous ses deux formes forte et faible ou, autrement dit, hadronique et leptonique) correspond aux activités eidétiques analytiques (locales).

 

ACTIVITES / FORCES

Holistique (globale)

Analytique (locale)

Topologique

Gravifique

Electromagnétique

Dynamique

Intentionnelle

Dissipative

Eidétique

Thermodynamique

Nucléaire

 

Les forces gravifique, électromagnétiques et nucléaires sont bien connues des physiciens.

En revanche, les trois autres doivent être explicitées.

 

La force thermodynamique est celle qui pousse un processus ou un système à optimiser son rapport néguentropie/entropie ; cela correspond, grosso modo, à la généralisation du second principe de la thermodynamique.

 

La force intentionnelle est typiquement une force qui croît avec la complexité du processus ou du système ; elle tend à pousser ceux-ci à s'accomplir le plus optimalement pour atteindre l'état le plus riche et le plus complet qu'il est possible d'atteindre.

 

La force dissipative, elle aussi très pertinente surtout pour les systèmes et processus complexes, pousse ceux-ci à dissiper les tensions "exagérées" que les bipolarités universelles engendrent en eux ; ces forces dissipatives sont à l'origine des processus d'auto-organisation, d'autopoïèse et d'émergence.

 

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Dans l'espace des états (donc l'ensemble des domaines topologique, dynamique et eidétique), quels mouvements un point peut-il faire ? Disparaître, essaimer (exploser en plusieurs points), bouger (sur une trajectoire ouverte ou fermée), vibrer (autour d'un point dit d'équilibre), demeurer (fixité), fusionner (deux points s'accouplent), …

 

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Le Dieu de la Bible n'est qu'un des visages du Grand Architecte de l'Univers.

Il en possède beaucoup d'autres, plus ou moins masqués.

 

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Recevoir n'est de donner à l'envers.

 

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La joie est une ivresse, mais toutes les ivresses ne sont pas joyeuses.

 

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La Vie est élégante et belle ; ce sont les vivants qui ne le sont guère.

 

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L'accent désigne l'origine, pas l'homme.

 

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L'intelligence est une faculté trop précieuse pour la déléguer aux crétins.

 

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Plus on court dans sa cour au cours du jour, plus on tourne en rond.

 

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Lune fleur qui s'ouvre, est un baiser de la Vie.

 

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Le bourdon butine le premier et le dernier, grand travailleur des nectars floraux, puis viennent les papillons, puis, seulement, les abeilles et, enfin, les moro-sphynx.

Mes lavandes et arbres à papillons font bien la différence entre les bosseurs et les glandeurs.

Les entreprises humaines aussi.

 

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Il faut préparer l'avenir sans le prédire.

Alors il n'y a que de bonnes surprises.

 

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Un livre est bon s'il fait produire plus de pages qu'il n'en contient.

 

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Lire un livre, c'est comme regarder un paysage : il y a ceux qui voient les reliefs, les forêts, les lacs et les chemins ; il y a ceux qui hume chaque fleur et observent chaque oiseau ; et il y a ceux qui scrutent les couches géologiques.

Souvent, ces derniers découvrent que, sous la surface jolie, il n'y a rien de solide.

 

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Mathématiquement, pour un volume donné, plus la surface doit être minimale, plus on tend vers une sphère lisse et uniforme ; en revanche, plus la surface doit être maximale, plus on tend vers un objet fractal et complexe.

Il en va de même pour les activités humaines : moins on veut d'interactions avec le monde, plus on se construit une vie sphéroïdale lise et uniforme (et plus on s'ennuie) ; dans le cas contraire, on se construit une vie fractale pleine de potentialités.

 

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Le comble du bonheur, c'est la mort ; là plus aucune souffrance n'existe.

Le comble de la joie, c'est la vie ; là tout est risque et richesse.

 

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Demande ton chemin à un sourd, il ne te répondra pas.

Demande ton chemin à un aveugle, il te parlera de sa canne.

Demande ton chemin à un cul-de-jatte, il te parlera de son fauteuil.

Demande ton chemin à un idiot, il te parlera de ses rêves.

Demande ton chemin à un crétin, il te dira de le suivre.

 

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L'existence est un cheminement au pays de la Vie.

La pensée est un cheminement au pays de l'Esprit.

 

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Regarde autour de toi … et tu ne verras que ton propre regard.

 

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Un arbre que l'on abat, c'est une promesse de vie que l'on tue.

 

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Pourquoi faut-il donc que les humains tuent inutilement ?

Ils aiment trop les déserts et la mort.

 

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Demain matin, au réveil, n'oublie pas de dire merci à la Vie.

 

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Il ne suffit pas d'exister pour vivre.

Il faut encore accomplir le Vie.

Il faut encore l'accomplir en soi et autour de soi.

 

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Le 27/07/2022

 

De Xavier Gorce :

 

"L'astuce populiste consiste à faire croire à chaque type défendant son bout de gras qu'il résiste héroïquement pour le profit de tous."

 

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L'économie, comme tout processus complexe est tripolaire : l'offre (ressources, technologie, transportabilité), la demande (utilité, rareté, prix) et la monnaie (comme étalon d'échange entre l'offre et la demande : valeur abondance, crédibilité).

 

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L'inflation se caractérise toujours par la hausse des prix du fait de la raréfaction relative des produits à cause du manque de ressources (tant matérielles et financière qu'humaines), de l'inefficience des techniques (tant technologiques que régulatoires : législations, normes, fiscalités) ou du blocage des flux (pour des raisons infrastructurelles ou politiques : protectionnisme, guerres, embargos).

 

La déflation est l'inverse de l'inflation : elle se caractérise par la baisse durable des prix (excès fort de l'offre sur la demande) pour des causes symétriques aux causes de l'inflation.

 

La stagflation est la combinaison d'une croissance de l'inflation et d'une faiblesse voire une stagnation de la croissance (c'est-à-dire de la production nette de richesse ou de valeur).

 

Le financiarisme (donc la spéculation financière tant sur les ressources et les investissements que sur les monnaies) est un facteur majeur d'amplification de l'inflation puisqu'elle raréfie artificiellement les stocks de produits pour en faire grimper les prix.

 

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Pour éliminer une source majeure de spéculation financière, donc d'inflation à l'échelle mondiale, il serait nécessaire de créer une monnaie unique pour tous les pays du monde.

Dès ce moment, tous les risques de surévaluation ou de dévaluation seraient définitivement écartés, et la planche à billet pourrait fonctionner à plein, tout le temps.

Chacun pourrait, à tout moment, disposer de la quantité d'argent qu'il souhaite : les prix des biens et des services n'auraient plus aucune importance, les salaires n'auraient plus de sens.

Tout le monde serait infiniment riche (sauf limitations légales pour cause de régulation globale des échanges) et pourrait librement s'adonner à ses passions.

Le seul véritable hic serait que la production des biens et services serait extrêmement limitée puisqu'il n'y aurait plus grand monde pour travailler, hors les passionnés de robotisation et d'algorithmisation, ou les passionnés d'un métier ou d'un art.

Travailler ne serait plus une nécessité économique, mais une obligation morale et civique, voire légale.

 

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De François-Xavier Oliveau, directeur associé d'Initiative & Finance :

"L'inflation revient, dit-on ? C'est loin d'être sûr. Un autre scenario très plausible se dessine, celui d'un puissant contre-choc déflationniste. Car la hausse de prix actuelle est avant tout liée à l'exceptionnel déséquilibre qui a suivi la crise sanitaire et qui a été aggravé par la guerre en Ukraine : d'une part, une demande très forte stimulée par l'épargne forcée des ménages et des aides publiques considérables ; de l'autre, une offre contrainte par des usines au ralenti et des stocks vides. Ce monumental décalage a impacté les prix, qui ont naturellement joué leur rôle d'arbitre. En augmentant, ils ont stimulé la production et absorbé la demande excessive.

La situation semble désormais s'inverser. Du côté de la demande, les ménages ont dépensé leur excès d'épargne, et les prix élevés ont nettement freiné les ventes, par exemple dans l'informatique, l'automobile ou l'habillement. Les comportements de consommation, prudents, alimentent désormais les craintes de récession.

Le blé est revenu à son cours d'avant la guerre.

Du côté de l'offre, les biens de base fortement cycliques, dont la hausse avait démarré le mouvement, amorcent leur inévitable recul. Le blé est revenu à son cours d'avant la guerre, et le pétrole n'en est plus très loin. L'acier et le cuivre sont au plus bas depuis un an. Le transport maritime est en baisse de 25 % sur les quatre derniers mois. Quant aux stocks, ils sont revenus au-dessus de leur niveau d'avant la pandémie.

Ces baisses, si elles se confirment et s'accentuent, mettront plusieurs trimestres à se transmettre dans les prix à la consommation. Elles risquent d'être retardées et atténuées par des hausses salariales nécessaires dans de nombreux métiers en tension, ainsi que par la faiblesse actuelle de l'euro. La guerre en Ukraine et la politique sanitaire chinoise rendent aussi très incertains le rythme et l'ampleur de la baisse. Mais, tôt ou tard, nous redescendrons des sommets atteints, surtout si le ralentissement économique se confirme.

Au point d'entrer, à horizon 12-24 mois, en inflation négative ? C'est loin d'être invraisemblable. Ce serait l'effet mathématique de six à douze mois consécutifs de baisse des prix. Ce fut d'ailleurs le cas en zone euro en 2009 et 2015, en contrecoup d'une inflation de 3 à 4 % liée, déjà, aux matières premières. Dans ce scenario, les taux d'intérêt, en forte hausse au printemps, reflueraient. Malgré la récente hausse de la BCE, ils sont maintenant plutôt orientés à la baisse. L'État emprunte aujourd'hui à 1,7 %, contre 2,4 % il y a un mois.

L'économie est structurellement déflationniste.

Dans ce contexte incertain, la prudence est de mise pour les dirigeants publics et privés. Les députés qui planchent sur le pouvoir d'achat pourraient ainsi privilégier les mesures réversibles, chèques ou baisses d'impôts, aux augmentations durables. S'agissant des salaires, les entreprises ont intérêt, si possible, à mettre en place une partie des hausses sous forme de primes exceptionnelles, avec engagement de les intégrer dans les salaires en cas de maintien durable de l'inflation.

Car aussi surprenant qu'il paraisse, ce scenario alternatif est rendu crédible et même probable par la nature même de l'économie : comme l'ont montré Schumpeter ou Fourastié, elle est structurellement déflationniste. Ingénieurs, acheteurs et entrepreneurs tentent chaque jour de produire mieux et moins cher. Leur action collective crée le progrès technologique, qui rend, grâce à la concurrence, les biens et les services plus accessibles et plus abondants.

Dans son dernier rapport, le Giec constate ainsi la baisse vertigineuse des coûts des énergies renouvelables, et souligne combien cette déflation technologique est cruciale pour la décarbonation rapide de l'économie. Nous l'oublions parfois, perturbés par la création monétaire ou par des chocs temporaires : notre économie est une machine à créer l'abondance par la baisse des prix. Hors effets monétaires, prépondérants dans les années 1970 et 1980, l'inflation ne peut être durable dans un marché libre et innovant."

 

Cet article, paru dans "Le Point", est typique de la littérature financière.

Quand il parle de la "baisse vertigineuse des coûts des énergies renouvelables", il oublie de spécifier qu'il s'agit des coûts de production en régime, mais non des coûts financiers et écologiques de leur fabrication, de leur construction, de leur maintenance et de leur démantèlement.

Mais surtout, il ignore superbement la pénurisation réelle de toutes les ressources (et non seulement leur pénurisation artificielle pour cause de spéculation). Cela lui permet de conclure par cette ânerie ubuesque : "notre économie est une machine à créer l'abondance par la baisse des prix".

Et cette finale : "l'inflation ne peut être durable dans un marché libre et innovant". Les marchés ne sont pas libres (en tous cas, ils ne sont pas libérés de la bêtise humaine) et l'innovation ne fait jamais de miracle comme, par exemple, fabriquer quelque chose avec rien.

 

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Le mystère des activités nucléaires : pourquoi le pôle protonique du protéus est-il poussé, dans certains cas, à fusionner soit, internement, avec son pôle électronique pour donner un neutron, soit externement avec un autre nucléon pour former des noyaux atomiques de plus en plus lourds ?

Le mystère des activités électromagnétiques : pourquoi une couche électronique autour du pôle protonique, repousse-t-elle toute autre manifestation électronique , Pourquoi absorbe-t-elle ou émet-elle de l'activité photonique et fait-elle évoluer ses niveaux d'excitation ?

Ces deux "mystères" sont autant de réponses à l'impératif de dissiper optimalement des tensions systémiques. Mais lesquelles ?

 

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Il faut se représenter le protéus comme un noyau central massif, protonique, complètement entouré d'une sphère fermée, électronique, qui est, en somme, sa "bulle". Le tout est en équilibre et donc électriquement neutre.

Et ce tout est le siège de mouvements vibratoires de rotation autour d'un axe (origine du champ magnétique) et de pulsation (origine de la liaison photonique entre pôle protonique central et pôle électronique périphérique).

 

Voyons quelques cas de figure :

 

  • Si l'enceinte électronique s'effondre sur le noyau protonique, se forme un neutron : on a là affaire à une réaction nucléaire dite faible.
  • L'activité qui retient l'enceinte autour du noyau, est d'essence photonique, on l'a vu. Si l'enceinte vient à capter un photon extérieur de la bonne fréquence (seules certaines formes et volumes d'enceinte sont compatibles avec les règles harmoniques du protéus), il peut y avoir un saut électronique c'est-à-dire un élargissement de l'enceinte qui s'éloigne du noyau et qui, plus elle s'en éloigne, prend des formes non sphériques.
  • Si la "bulle" électronique vient à être crevée par un événement extérieur, l'activité électronique qu'elle avait, se réencapsule pour prendre la forme d'une petite particule chargée appelée "électron" dont la seule préoccupation sera de retrouver un autre noyau protonique afin de reconstituer un protéus entier à l'équilibre (c'est là l'origine de la force électrique et de l'opposition de charge électrique entre proton et électron). En même temps, l'activité photonique qui retenait l'enceinte autour du noyau, est devenue inutile et elle se dissipe dans l'espace sous la forme de lumière.
  • Si des protéus sont portés ensemble à haute température, dans un milieu dense, ils vont nécessairement se heurter violemment et certains vont fusionner par compénétration pour donner un gros noyau (d'une masse proche de la somme des masses protoniques fusionnées) autour duquel les "bulles" électroniques vont se réorganiser en plusieurs couches, plus ou moins concentriques et plus ou moins éloignées du gros noyau (selon les règles d'équilibre du nouvel atome).

 

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Un musulman a besoin de haïr pour vivre.

L'Islam est le religion du ressentiment.

 

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Le rapport 2022 de la "radiographie de l'antisémitisme en France" (Fondapol) montre clairement que l'antisémitisme est le fait , d'abord, des musulmans (surtout ceux qui fréquentent les mosquées), puis de l'extrême gauche (LFI), puis de l'extrême droite (RN).

La cause première de cet antisémitisme est d'abord, la haine envers l'Etat d'Israël et, ensuite, l'idée que les Juifs se tiennent et soutiennent entre eux (communautarisme et solidarisme qui sont aussi les causes premières de l'antimaçonnisme).

 

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Les statuts d'autonomie et de salariat sont incompatibles.

Il faut choisir.

Du fait de l'évolution des métiers (dématérialisés), des technologies (avec le télétravail) et des mentalités (surtout chez les plus jeunes), le salariat est condamné à disparaître.

 

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Le 28/07/2022

 

Lorsque tu ne sais plus où tu en es, regarde autour de toi, puis regarde en toi.

 

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Le "en soi" et le "autour de soi" marquent les deux faces de ce que l'on est et, surtout, de ce que l'on vit ; ce sont les deux faces de ce qu'il reste à accomplir.

 

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Les ressources non renouvelables ne se renouvellent pas. Les ressources renouvelables se renouvellent UN PEU (le vent se renouvelle, mais l'éolienne ne se renouvelle pas) et ne peuvent couvrir, au mieux que 20% de la demande actuelle (rendement théorique maximum de Carnot). Pour garder le même niveau de vie MOYEN sur Terre, la population humaine doit diminuer donc de 80% avant 2200 et donc descendre sous la barre des 2 milliards. Cela, tous les prospectivistes scientifiques comme moi le savent depuis 30 ans. Mais toucher à la démographie et être malthusien est politiquement incorrect. Il reste donc les fantasmes, comme croire que la technologie peut contrevenir aux lois de la physique et de la thermodynamique.

 

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De Bernard-Henri Lévy à propos de l'antisémitisme de la gauche :

 

"On constatera ensuite la poussée d'un antisémitisme de gauche totalement décomplexé.

 

Ce fut un courant fort, au début du XXe siècle, au sein du jeune Parti socialiste : n'était-il pas fréquent, alors, chez les amis de Jules Guesde, de se dire "républicain, socialiste et antisémite" ? de fustiger, avec Drumont, "les youtres de la finance et de la politique" ?et  Jaurès lui-même ne fut-il pas capable d'écrire, avant le procès Dreyfus, que "la race juive" est "dévorée par une sorte de fièvre du gain" et qu'il appartient aux socialistes de "vieille race catholique" de "briser" ce "mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion"?

 

C'est un courant qui resurgit, au pic des années 1930, dans les rangs de la gauche pacifiste : le socialiste Fernand Bouisson accusant Mandel de vouloir la guerre "comme tous les Juifs" … le radical Yvon Delbos, ministre des Affaires étrangères du Front populaire, expliquant que "les Juifs chassés de partout cherchent leur salut dans une guerre mondiale"… ou le patron du Parti, Paul Faure, s'indignant contre Blum "prêt à nous faire tuer pour les Juifs" …

 

Ces textes sont cités par Michel Dreyfus dans deux études, l'une parue en 2009 aux Presses universitaires de Rennes, et l'autre, en 2010, consultable sur Cairn.info.

 

Il faut croire que cette troisième crise, aujourd'hui, de la conscience libérale et démocratique éclate dans une France qui n'a rien appris, rien oublié. De Mélenchon insultant le CRIF , défilant avec des islamistes qui hurlent « mort aux Juifs » ou accusant tel grand rabbin d'avoir eu la peau d'un gouvernement ami, on dit qu'il se « corbynise ». Oui et non. Il est surtout fidèle à cette part sombre dont les plus lucides des militants de gauche savent qu'elle hante la mémoire de leurs partis et qu'il faut, non la flatter, mais l'exorciser.

 

Et puis aux femmes et hommes de bonne volonté qui n'y comprennent plus rien et posent la question : "qu'en est-il, au juste, du sort des Palestiniens en Israël ?", on fera remarquer ceci.

 

Des territoires occupés lors de la guerre de 1967 il en est déjà un, Gaza, où l'accusation d'apartheid est grotesque puisqu'il est vide de Juifs depuis la décision d'Ariel Sharon, en 2005, de s'en retirer.

 

Dans l'autre, la Cisjordanie, il faut beaucoup de mauvaise foi, ou de bêtise, ou les deux, pour confondre lutte contre le terrorisme et ségrégation.

 

Et quant à Israël proprement dit, celui dont la résolution déclare qu'il est, depuis 1948 », régi par "un seul groupe racial", il faut inlassablement rappeler que c'est un pays multiethnique et pluriconfessionnel où deux millions d'Arabes, musulmans comme chrétiens, jouissent des mêmes droits économiques, sociaux, politiques que leurs concitoyens juifs ; il faut dire et répéter que c'est une démocratie parlementaire où cette minorité arabe est représentée à la Knesset par plusieurs partis dont l'un, le Raam, se trouve être, à cet instant, en position de faiseur de roi, arbitrant entre le centriste Lapid et son opposant Netanyahou ; et on retiendra enfin que c'est un État de droit où il n'y a pas une construction, un arrachage d'olivier centenaire ou un soupçon de discrimination qui ne soient susceptibles d'être portés devant une Cour suprême où un juge sur cinq est arabe et dont personne de sérieux ne met en doute l'équité.

 

Les preuves de cela sont innombrables. J'y reviendrai si nécessaire.

Le "socialisme des imbéciles" (August Bebel) doit impérieusement baisser la tête."

 

L'antisémitisme de gauche est consubstantiel à la gauche pour la simple raison que l'élitisme et le communautarisme juifs sont incompatibles avec l'égalitarisme et l'étatisme de toutes les gauches.

 

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Il faut en finir, définitivement, avec le mythe puéril du sport.

Regarder du sport est une débilité.

Faire du sport ne sert à rien.

Apprendre à manger bien et marcher. Tout le reste n'est que bêtise.

 

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Un chômeur est un parasite.

De travail, il y en a. Partout. A la pelle.

Mais les fainéants sont de plus en plus allergiques au travail.

Les jeunes ne veulent plus travailler vraiment ; ils veulent s'amuser et être payés pour cela.

Et tous les assistanats absurdes rendent la paresse plus lucrative que l'ouvrage.

Alors on exporte le travail ou on importe des travailleurs que l'on case dans des banlieues où leurs enfants ne travaillent plus, mais se goinfrent de trafics lucratifs.

 

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Décrocheur : jeune abandonnant toute étude et toute recherche de travail. Parasite par vocation.

 

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Seul le sexe biologique est réel.

Le genre est une fantasmagorie psychosociologique artificielle.

 Quand une figue se rêve banane (c'est souvent dans ce sens-là), il en résulte une compote de poire.

Le genre, cela n'existe tout simplement pas : on est ce que l'on naît. Tout le reste est déviance ou délire.

Ce sont leurs parents ou des dysfonctionnements hormonaux qui fabriquent les "transgenres".

Heureusement, chez 99% des humains (un cas sur 14.705 chez les femmes et un cas sur 38.461 chez les hommes), sexe et genre se confondent totalement.

Il y a plus de femmes qui croient - à tort - qu'être une homme, ce serait mieux … que l'inverse.

Ce genre de bêtise n'est possible que dans un regard où l'individu nombriliste et narcissique règne ; il devient absurde là où l'idée de couple et de complémentarité des différences s'affirme.

Il faut en finir une bonne fois pour toute avec ces fumisteries LGBT : tous ces gens font ce qu'il veulent, mais ce sont des tarés.

 

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Toujours la même absurdité abjecte : les Juifs seraient eux-mêmes la cause de l'antisémitisme.

Ben voyons … Merci Jean-Paul Sartre !

 

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La mode et l'habitude de manger beaucoup de viandes (surtout grillées) est typiquement nord-américaines. Ailleurs, la viande était un plat plutôt de luxe. L'ordinaire était bien plus constitué de féculents, de légumes, de fruits, d'œufs  et de soupes

 

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Comment a-t-on pu en arriver là : les contre-vérités, les mensonges, les affabulations, … ont aujourd'hui droit de cité, prospèrent sur les médias sociaux, sont colportés dans la presse, forgent l'opinion et sont assénés par n'importe qui au mépris de tout sérieux scientifique.

C'est déplorable.

Comment faire pour que les crétins se taisent, écoutent et apprennent ?

 

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Demain est à construire aujourd'hui avec les matériaux d'hier.

 

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Il faut regarder les étoiles pour voir les atomes.

Il faut comprendre les atomes pour comprendre les étoiles.

 

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Dans la vie, comme dans le champagne, l'ivresse n'est pas dans les bulles.

 

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Chacun possède, symboliquement, un élément dominant associé à un élément mineur.

Je suis Terre avec une association de Feu (lumière et chaleur) ; je n'aime pas trop l'Air (le vent) et moins encore l'Eau.

La plupart des gens, en revanche, sont plutôt Eau (réminiscence du liquide amniotique ?) …

Quatre éléments dans une matrice : profondeur et élévation, chaleur et froid.

La Terre est profondeur et chaleur, et le Feu est élévation et chaleur aussi.

L'Eau est profondeur et froideur. L'Air est élévation et froideur.

La profondeur symbolise la réalité. L'élévation, la spiritualité. La chaleur, la passion. Et la froideur, la raison. 

 

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Aimer quelqu'un, c'est se mettre au service de son accomplissement.

 

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Le 29/07/2022

 

Le big-bang n'a rien d'un "commencement de l'univers" ; il traduit seulement un saut de complexité manifesté par l'émergence de ce que les humains appellent la "matière" et qui constitue le fondement, l'horizon et la limite de l'univers humain et de la science classique.

Avant l'émergence de la "matière", existait un univers prématériel dont la substance était de l'activité bosonique pure (le big-bang correspond donc au passage d'un univers purement bosonique à un univers à la fois bosonique et fermionique sous les deux formes du neutrino (encapsulation fermée et élémentaire) et de protéus (encapsulation ouverte et complexe).

 

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L'univers se déploie et s'accomplit (intentionnellement) dans un espace des états dont l'espace-temps classique n'est qu'un sous-ensemble.

Cet espace des états comprend trois domaines :

 

  • Le domaine topologique qui est celui des volumes et des masses, celui des approches relativistes (expansivité et concentrativité),
  • Le domaine dynamique qui est celui des évolutions et des activités (les forces électronucléaires), celui des approches quantiques (conservativité et constructivité),
  • Le domaine eidétique qui est celui des organisations et des émergences, celui des approches thermodynamiques (entropicité et néguentropicité).

 

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Faut-il le répéter : un boson n'a rien d'une "particule élémentaire", il caractérise une type particulier d'activité propre à la substance primitive prématérielle (que j'ai appelée le hylé par clin d'œil à Aristote).

La hylé n'est pas de la matière au sens humain du terme, mais une substance prématérielle qui résulte de l'accumulation pulsatile de "couches" successives de nature purement mémorielle. A chaque pulsation du Réel, une nouvelle couche mémorielle active enveloppe l'intégrale de toutes les couches antérieures devenues inactives, mais toujours bien présentes sous la couche active (comme les cernes du bois sous le cambium des arbres).

 

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La fumeuse théorie de quarks (chaque nucléon serait l'assemblage de trois "particules" rendues nécessaires par la modélisation mathématique, mais indétectables, indiscernables, impalpables) aboutit néanmoins à une tripolarité intrinsèque du pôle protonique du protéus.

Cette tripolarité est omniprésente, à toutes les échelles, dans tous les domaines.

Si l'on part de ce constat, on pourrait exprimer que le protéus étant tripolaire (le pôle protonique étant massique et central, le pôle photonique étant structurant et diffusant, et le pôle électronique étant périphérique et dynamique), chacun de ses trois pôles est porteur de deux des six propensions (trois pôles et deux propensions par pôle, donc : expansion et concentration, conservation et construction, entropie et néguentropie), chacune déployant une tension intrinsèque :

 

  • Le pôle protonique est tenaillé entre une propension néguentropique (la force nucléaire forte) et une propension concentrative (presque toute la masse du protéus y est concentrée).
  • Le pôle photonique est tenaillé entre une propension entropique (il tend à engendrer de la lumière qui se dilue dans l'espace) et une propension conservative (la conservation de l'énergie).
  • Le pôle électronique est tenaillé entre une propension expansive (l'excitation de l'électron traduit le "volume" du protéus qui tend à croître en absorbant les photons qui passent) et une propension constructive (la force électrofaible).

 

Cela signifie que le pôle protonique est, à la fois, topologique et eidétique, que le pôle photonique est à la fois eidétique et dynamique, et que le pôle électronique est à la fois topologique et dynamique.

On comprend alors que c'est précisément le fait de ce "mélange des genres" qui induit la cohérence et la cohésion du protéus qui est tout sauf l'assemblage de trois "particules" chacune porteuse d'un "pôle pur".

 

En regardant les choses autrement, en vue de reconstituer les pôles purs et les couples de tension originels, on constate que :

 

  • La tension topologique entre expansivité et concentrativité est partagée par les pôles protonique et électronique : cette tension est le moteur de l'activité électromagnétique.
  • La tension dynamique entre conservativité et constructivité est partagée par les pôles photonique et électronique : cette tension est le moteur de l'activité chimique (moléculaire et cristalline).
  • La tension eidétique entre entropie et néguentropie est partagée par les pôles photonique et protonique : cette tension est le moteur de l'activité nucléaire (forte et faible).

 

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Un commentaire lu dans "Le Point" à propos de la privatisation des canaux radiophoniques et télévisuels publics :

 

"A l'heure d'internet, de la prolifération des radios et télés via les réseaux sociaux, la voix d'antan de la communication publique est inaudible, et devient bien trop coûteuse pour une efficacité minimale. Et cette fenêtre de communication publique est d'autant plus choquante qu'elle est pervertie par une caste de commentateurs, de journalistes de ces médias publics qui refusent la neutralité qui sied au statut public et s'affichent ouvertement de gauche voire d'extrême gauche dans leurs éditoriaux, leurs émissions ou documentaires. "

 

L'Etat a un rôle de législateur, pas un rôle d'entrepreneur. La preuve : il est mauvais dans TOUT ce qu'il gère (cfr. EDF ou SNCF). L'entrepreneuriat, le management et la gestion sont des métiers à part entière (un art qui ne s'apprend pas à l'ENA .. où l'on n'apprend rien d'utile), incompatibles avec la bureaucratie et le fonctionnariat.

 

Mais, à propos du phagocytage de la sphère publique par la gauche et l'extrême gauche, il y a pire : celui de la magistrature, car il biaise complètement les notions de valeurs morales et de justice pénale sur la base d'un a-priori gauchiste : les individus ne sont responsables de rien, c'est la société qui est responsable de tout.

Cette position aberrante alimente tous les wokismes, toutes les victimisations, tous les communautarismes sectaires au nom de l'égalitarisme.

 

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De François Lassagne :

 

"Percevoir, c'est déjà penser."

 

Si penser signifie organiser des informations élémentaires, toute perception envoie à l'esprit des messages déjà organisés (ce qui explique, entre autres, les illusions d'optique ou autres biais sensitifs).

 

Derrière cette remarque se profile une autre réflexion, autrement plus profonde et féconde, qui s'oppose radicalement aux neuroscientismes actuellement en mode : l'esprit qui pense, est consubstantiel à la totalité du corps (chaque cellule contribue à l'esprit par ses mémoires, ses sensations, ses stresses) et n'est pas du tout localisé dans le cerveau qui n'est qu'un central téléphonique pour certains messages véhiculés par les nerfs et la moëlle épinière.

Le mécanicisme neuroscientiste n'est que le chant du cygne des combats d'arrière-garde du rationalisme et du positivisme du 19ème siècle.

 

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D'Yves Gingras :

 

"La science occidentale n'existe pas. Les mouvements actuels visant à décoloniser la science, reprochent à celle-ci d'être occidentale. Or, par essence, la science n'a pas de nationalité."

 

Cette accusation de la science d'être occidentale donc colonisante et l'appel à fonder des sciences alternatives autochtones reprennent un slogan imbécile d'étudiants sud-africains (2016) : "Science must fall".

Oui, la science, aujourd'hui mondiale et universellement reconnue et pratiquée, a une origine européenne (née en Ionie, vers le 7ème siècle avant l'ère vulgaire).

Aucun autre bassin culturel n'a réussi à faire émerger une connaissance scientifique digne de ce nom … et certainement pas l'Afrique noire (le bassin chinois a été plus enclin au développement des technologies pratiques, alors que le bassin indien inclinait plus pour la métaphysique).

Il faut cesser de parler de "colonisateur" pour des processus de prolifération mondiale exclusivement liés à la qualité, à la véracité et à la fiabilité des résultats obtenus.

Il n'y a pas de science africaine parce qu'il n'y a pas d'Africains scientifiques.

 

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Les cinq choses qu'il faut offrir à ses enfants : la santé, une éthique, une maison, un métier et un toit.

 

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Le paradoxe de Fermi : la probabilité est forte que des vies se soient développées sur bien des exoplanètes, mais jamais il n'a pu y avoir de preuve réelle les concernant. Pourquoi ?

A ce paradoxe, trois réponses ont été données :

 

  1. d'autres vies existent, mais elles sont rares et donc trop éloignées pour qu'une communication soit possible …
  2. d'autres vies existent, mais ne se perpétuent pas assez longtemps pour atteindre le niveau technologiques suffisant pour entrer en communication avec d'autres vies …
  3. d'autres vies existent, plus développées que la nôtre (forcément, puisque nous, les humains, sommes à une stade de développement où la communication avec d'autres vies ne nous est pas technologiquement possible), et elles ne désirent pas être connues et reconnues (chacun chez soi, en paix).

 

Donc : trop de rareté, ou trop d'éphémérité, ou trop de timidité.

En plus de ces trois réponses, une quatrième peut être proposée : comme l'univers a le même âge pour tous et que le temps nécessaire au développement de vies à hauts niveaux de culture est le même partout, aucun "nid" de vie n'est suffisamment ancien pour atteindre le niveau minimum technologique nécessaire pour entrer en communication avec les autres.

 

Quoiqu'il en soit, ce paradoxe de Ferme relève plus de la masturbation intellectuelle, que de la science prioritaire.

 

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Le problème fondamental des physiciens du modèle standard des particules, est de penser, justement, en termes de "particules".

Il n'existe pas de "particules" ; nulle part, jamais ! Il n'existe que des processus plus ou moins encapsulés qui travaillent trois domaines d'état : le domaine topologique (les volumes, les masses), le domaine dynamique (les évolutions, les activités) et le domaine eidétique (les organisations, les complexités), le tout animé par une intention fondamentale d'accomplissement optimal.

L'univers n'est pas un assemblage de particules élémentaires interagissant par des forces élémentaires, régies par des lois élémentaires.

En affirmant cela, malgré tout, on nage en pleine vision mécaniciste du Réel, vision propre aux 17ème, 18ème et 19ème siècle, qui aurait dû s'effondrer au 20ème siècle, mais qui se perpétue, artificiellement (du fait des financements des projets de recherche), en ce début de 21ème siècle.

Si elle ne sort pas définitivement et radicalement de sa vision mécaniciste particulaire, la physique se condamne à la stérilité.

 

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De Nathalie Besson (CEA) :

 

"Les masses des particules sont très disparates. Comprend-on pourquoi ? La réponse est non. L'échelle des masses est bizarre et il n'y a aucune explication."

 

Forcément, puisque ces "particules" n'existent pas (et encore moins les "antiparticules" qui sont de purs fantasmes liés aux délires mathématiques de Paul Dirac dans les années 1930 : on ne trouve pas d'antimatière parce qu'elle n'existe pas) !

La seule entité matérielle réelle est le protéus et sa "masse" reflète seulement, sa capacité à résister à tout changement topologique et à réagir à la force de gravitation qui exprime la géométrie topologique (masse inertielle et masse gravitationnelle qui sont, au fond, la même chose comme l'a montré Albert Einstein et qu'il vaudrait mieux appeler charge topologique). Cette masse varie légèrement selon que le protéus est sous sa forme hydrogénique ou sous sa forme neutronique.

La masse du neutrino est inconnue parce que par essence, il n'interagit avec rien.

En revanche, la masse des bosons est un concept qui n'a aucun sens puisqu'un boson n'est que de l'activité pure, non encapsulée, une activité qui, par définition, ne connaît pas d'inertie et n'interagit pas avec les influences gravitationnelles (topologiques).

 

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Dans le domaine nanoscopique (échelle subnucléaire), il n'y a plus rien de réellement expérimentable. Les critères de vérification d'un modèle théorique ne sont plus expérimentaux (au-delà des limites nanoscopiques et gigascopiques, plus rien n'est expérimentable). Les seuls critères qui restent valables sont ceux de cohérence  (logicité et superposition parfaite des univers réel, image et modèle) et de simplicité (qui n'est en rien facilité mais le rasoir d'Occam a toujours raison).

 

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En jetant, plus ou moins violemment, une pierre dans un bac de lait, on finira toujours par détecter la goutte qu'il faut, pour confirmer n'importe quelle théorie lactique. C'est exactement ce que fait le LHC pour les fantasmes du modèle standard des particules.

 

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La guerre est une chose absolument détestable et haïssable, mais plus encore pour ceux qui ne la font pas et comptent sur d'autres pour aller au front.

C'est tellement confortable de disserter sur les "horreurs de la guerre" (qui sont bien réelles) quand on est assis dans son fauteuil devant un feu ouvert.

 

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La frugalité volontaire est hors de portée des masses consuméristes et des démagogues qui les gouvernent.

Pour eux, le seul long terme envisageable est la perpétuation, voire l'amplification de l'hédonisme présent.

La chute sera douloureuse !

 

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Le 30/07/2022

 

Il me paraît essentiel de bien faire comprendre que le monde numérique n'est un monde concurrent du monde humain.

La machine ne remplace pas l'humain, mais elle amplifie ses performances dans un nombre restreint d'activités, physiques (robotisation) et mentales (algorithmisation).

La puissance de calcul d'un ordinateur est énorme, mais n'est pas de l'intelligence ; l'intelligence, dans ce cas de figure, est tout entière dans le programme qui, lui, est issu de l'intelligence humaine que l'ordinateur se contentera de simuler en en amplifiant les effets.

Un ordinateur ne fait qu'exécuter ce pour quoi il a été programmé (même s'il est programmé pour introduire du hasard et de l'aléatoire dans des processus dits "créatifs").

Un ordinateur ne pense pas ; il amplifie une pensée humaine lorsque celle-ci est compatible avec du calcul logique et des codes analytiques.

 

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La matière noire n'existe pas ; il ne s'agit pas de "matière", mais bien d'une encapsulation intragalactique d'énergie noire en surtension (ce noyau galactique "noir" a aussi été appelé "trou noir".

Quant à l'énergie noire, elle correspond à une activité "noire", prématérielle, un fond diffus vibrionnant dont ce que nous appelons "la matière" (les protéus) a émergé lors du soi-disant big-bang.

 

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L'approche atomistique dont la physique des "particules" est le dernier avatar, est analytique (l'univers y est vu comme un assemblage de briques élémentaires, interagissant par des forces élémentaires, régies par des lois élémentaires). C'est une approche mécaniciste.

Or, il devient de plus en plus évident que l'univers réel est un continuum holistique et non analytique, relevant d'une logicité organiciste et non mécaniciste.

Il y a là un saut conceptuel que la plupart des physiciens (classiques) répugnent à franchir car ils savent, plus ou moins confusément, que ce saut implique l'obsolescence du langage mathématique pour traiter les problèmes les plus fondamentaux de la réalité.

De là, depuis Paul Dirac, une effervescence de théories physico-mathématiques de plus en plus fumeuses , et de plus en plus éloignées de la réalité ; l'enjeu est effectivement de taille : sauver, par une mathématisation abracadabrantesque, l'idée de "particule" (et donc l'atomistique analyticiste et mécaniciste).

 

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Le principe d'encapsulation est capital pour la nouvelle cosmologie et la nouvelle physique qui émergent.

Un neutrino ou un protéus sont des encapsulations ; l'atome, le cristal et la molécule aussi ; la cellule vivante encore plus … mais, à l'autre bout de l'échelle des grandeurs, la galaxie, l'étoile ou la planète en sont également.

L'encapsulation est le symétrique de l'homogénéisation entropique : elle engendre une émergence néguentropique par un saut notable de complexité au sein d'une "bulle" de l'espace des états, "bulle" qui, ainsi, procède localement à une individuation constructiviste.

L'encapsulation libère, ainsi, son milieu d'origine d'un "nœud de tensions" en transformant ce "danger" en "opportunité" de complexification.

 

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Le protéus est l'encapsulation nanoscopique la plus fondamentale, génératrice de tout ce que nous appelons "la matière". Le protéus n'est donc pas un assemblage de trois particules (proton, électron et photon), mais bien une unique entité tripolaire, organique et unitaire.

 

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Le big-bang n'est pas une singularité topologique, mais un saut eidétique non localisable dans l'espace.

L'évolution volumique de l'univers n'en fut pas affectée et l'univers a continué son expansion normale. En revanche, c'est sa géométrie surfacique qui a été bouleversée par l'émergence de la matière et, conséquemment, de la gravitation.

 

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L'univers est un "objet" limité et fermé, à quatre dimensions : une dimension temporelle et radiale, dynamique (accumulative et pulsatile), et trois dimensions géométriques et surfaciques, topologiques.

En chaque point de sa surface, il existe un tenseur eidétique (généralisant le tenseur métrique de la géométrie riemannienne) qui exprime tous les facteurs organisationnels de l'univers en ce point.

 

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Ni déterminisme, ni hasardisme : constructivisme (eidétique).

Ni causalisme, ni finalisme : intentionnalisme (dynamique).

Ni analycisme, ni infinitisme : substantialisme (topologique).

 

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Mes trois centres d'intérêt scientifique : la Cosmologie (l'Univers comme processus organique holistique), l'Ecologie (la Terre comme processus organique holistique) et la Protéologie (le Protéus comme processus organique holistique).

Trois piliers, donc : processualisme, organicisme et holisme …

Les galaxies peuvent également être un bon centre d'intérêt … pour les trois mêmes raisons.

 

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Contrairement aux discours sur la "transition" et autres vœux pieux, le surconsommation de ressources naturelles ne fait que s'accélérer exponentiellement depuis 1950.

De nouvelles ressources apparaissent, mais elles ne se substituent en rien aux anciennes qui, soit continuent d'être exploitées, soit sont affectées à de nouveaux usages.

 

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Il n'y a pas de "crise" écologique car l'idée de crise sous-entend une situation difficile momentanée. Il n'en est rien.

Il s'agit d'une profonde bifurcation écologique, définitive et irréversible !

Les comportements humains doivent donc également profondément bifurquer en conséquence, sous peine de l'élimination d'une grande partie de l'humanité hors du jeu de la vie sur Terre.

 

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Anthropocène …

L'humanité appauvrit dangereusement la Terre tant du point de vue minéral que végétal ou animal.

Cet appauvrissement est dû au pompage, par l'humain, de la néguentropie terrestre et il est irréversible (comme tous les processus thermodynamique).

 

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Lorsqu'un processus induit trop de surtensions, il doit les dissiper efficacement soit par effondrement, soit par émergence (au moyen d'une encapsulation).

Les surtensions écologiques entre l'humanité et le reste de la planète atteignent des niveaux intolérables. Il ne peut y avoir que deux solutions : décroissance forte (démographique et consumériste) et/ou encapsulation humaine (absorption des surtensions par un niveau supérieur de complexité engendrant sa propre néguentropie).

Autrement dit : consommer beaucoup moins de matérialité venant de l'extérieur, et vivre beaucoup plus d'immatérialité à l'intérieur.

Ou , plus prosaïquement : vivre très frugalement sur un mode anachorétique ou cénobitique, selon les tempéraments.

 

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Le maintien, à son plus haut niveau, de la biodiversité est un enjeu vital, souvent négligé. En effet, plus un système contient de diversité, plus il est résilient puisque la multiplicité des acteurs démultiplie la capacité à absorber les perturbations, dégradations et dysfonctionnements.

 

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L'accomplissement conjoint de l'humanité et de la planère est indispensable pour la survie de la Vie sur Terre ; il implique que l'humanité se mette au service de la Vie (la sienne et celle de toute la Nature) et réforme sa vision des choses : la Nature n'est pas un réservoir à exploiter, mais une partenaire à soigner afin que la Terre devienne un jardin d'Eden pour toutes les espèces, y compris l'espèce humaine.

 

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Pour renforcer ses propres chances de survie, l'humain doit œuvrer à encourager et alimenter les chances de survie de toutes les autres espèces.

 

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Le problème n'est pas tant de protéger ou de reconstituer la "sauvageté" naturelle, que de promouvoir l'accomplissement de la Vie sous toutes ses formes (y compris humaine, mais pas au détriment des autres).

 

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La grande majorité des espaces terrestres sont anthropisés ou le seront. Soit. Mais cette anthropisation générale doit être revue au bénéfice de toutes les espèces vivantes afin qu'elles aussi profitent du génie humain pour s'y accomplir.

 

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L'hypothèse "Gaïa", posée dans les années 1970 par l'anglais James Lovelock et l'américaine Lynn Margulis, a été une avancée remarquable dans la compréhension systémique et processuelle de la planète Terre et de ses évolutions possibles et probables.

Et bien sûr, le fait de regarder tout ce qui existe comme des organismes vivants et non comme des mécaniques hasardistes (comme le font Richard Dawkins ou Stephen Jay Gould), implique, nécessairement, un regard spiritualisant quant aux intentions et aux "moteurs" de cette Vie au-delà des vies.

Cette "spiritualisation" heurte, bien sûr, les matérialistes obtus et les athées stupides qui croient encore que la science peut se passer de métaphysique.

Le mécanicisme, l'analycisme, le réductionnisme, le déterminisme … sont des maladies intellectuelles graves !

 

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Le quatrième de couverture de "La revanche de Gaïa" de James Lovelock, dit  :

 

"Il y a deux milliards d'années, la Terre était jeune et vigoureuse. A présent, elle lutte pour sa survie. Car une espèce a tragiquement aggravé ses conditions climatiques, l'espèce humaine, en passe de devenir, selon James Lovelock, le pire ennemi de la planète. Grande figure de l'écologie, scientifique hors norme, Lovelock a consacré la majeure partie de son existence à étudier le fonctionnement du système Terre. Il est l'inventeur d'une théorie singulière, aujourd'hui mondialement connue, " l'hypothèse Gaia " : la Terre est un être vivant doué d'une capacité d'autorégulation préservant les conditions propices à la vie. Et cette capacité est dangereusement mise en péril par le réchauffement climatique. Alors comment faire face à la crise environnementale planétaire qui se profile ? Comment maintenir la composition chimique de l'atmosphère et assurer un climat relativement clément ? Lovelock nous livre ses propositions, à rebours de l'écologiquement correct : les "avantages" des engrais, des pesticides, des pluies acides, du stockage des déchets nucléaires ; les inconvénients des biocarburants, les limites des énergies renouvelables ; le bénéfice de l'énergie nucléaire, dont il faut généraliser l'usage de toute urgence. Pour Lovelock, le développement durable n'est pas plus viable que la poursuite de nos activités. Seul un repli démographique et économique peut redonner à la Terre les moyens de demeurer une planète habitable. Si nous n'engageons pas dès maintenant le processus de paix, le pire est à prévoir : l'extinction de la plupart des espèces vivantes, la nôtre en particulier."

 

Je ne suis donc pas le seul à penser tout cela (aux engrais et pesticides près) … !

 

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Le respect, comme tout le reste, cela se mérite.

Rien n'est jamais gratuit dans le monde réel.

 

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L'illibéralisme wokiste s'enracine dans la notion américaine de "discrimination" c'est-à-dire de "victimisation" des minorités face à une "oppression" de la majorité.

Qu'est-ce qui définit une "minorité" ? La race (pourvu qu'elle soit noire), le sexe (pourvu qu'il soit homosexuel), le genre (pourvu qu'il soit différent du sexe), la religion (pourvu qu'elle soit islamique). Pourquoi seulement ces critères-là ? Tout critère, quel qu'il soit, peut être discriminant et permet de définir une "minorité" par différence d'avec la majorité. Et des critères comme ceux-là, il peut y en avoir une infinité.

On comprend donc vite que ce qui est "discriminant" pour une minorité, c'est que ce soit elle-même qui se proclame discriminée et victime.

 

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La civilisation européenne a presque tout inventé de ce qui fait, aujourd'hui, le socle culturel d'une bonne part de l'humanité : la science, la technologie, l'état de droit, la démocratie, la liberté, les droits civils, l'instruction publique, la philosophie, la métaphysique, les mathématiques, l'industrie, l'informatique, la presse, … et tant d'autres choses.

Il faudrait que les autres foyers culturels le reconnaissent et lui disent "merci" plutôt que de pleurnicher sur la soi-disant rapacité colonisatrice de l'occident.

Tout le monde reconnaît, aujourd'hui, sans acrimonie, que ce sont les Chinois qui ont inventé l'imprimerie à caractères mobiles, la poudre à canon et la boussole : bravo et merci ! Ce n'est pas une raison pour "passer au bleu" les crimes monstrueux de Mao Tsé-toung ou de Xi Jinping.

 

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Rien, chez l'humain, n'est universel.

Les humains ne sont ni semblables, ni égaux.

L'universalisme est une illusion d'optique idéologique, typiquement européenne et moderniste : un pur produit de cet idéalisme puéril appelé les "Lumières".

Les continents culturels existent et leurs colossales différences doivent être affirmées et respectées comme sources potentielles de complémentarité.

 

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Entre égalité et complémentarité, il faut choisir car ce sont deux notions incompatibles.

 

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Les cultures sont "incommensurables" (ne peuvent être mesurées, entre elles, avec les mêmes étalons), mais il est patent que certaines cultures sont plus accueillantes et plus positives que d'autres, au sens, par exemple, du respect des personnes et de l'encouragement à leur autonomie.

Les grands mouvements migratoires, aujourd'hui, un peu partout, en sont la preuve tangible, quel que soit le bassin d'origine des migrants. On pourrait parler, au sens premier, de plébiscite par les pieds : c'est curieux, il y a très peu d'Africains ou de sud-Américains qui migrent vers l'Iran, la Russie ou la Chine, alors que, vers l'Europe ou les Etats-Unis, en revanche, …

Autrement dit, les migrants, factuellement, plébiscitent les zones les plus libérales et fuient les zones les plus autoritaires ou totalitaires. On les comprend, même si changer de base culturelle est bien difficile et traumatisant.

 

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Il ne s'agit nullement, au nom de l'universalisme, de nier les différences colossales qui distinguent les cultures humaines.

Mais il ne s'agit pas non plus de nier que certaines de ces cultures ont engendré d'immenses bienfaits et progrès, et les autres pas.

Les cultures ne sont pas égales. Elles sont différentes et, parfois, complémentaires mais, parfois, inconciliables. Par exemple : l'obsession assujettissante et dominatrice de la culture musulmane (sur les femmes, les filles, les "infidèles", le incroyants, les "dhimmis", les homosexuels, les mystiques, etc …) est incompatible avec la plupart des autres cultures contemporaines.

 

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Une valeur, parce que partagée par une large majorité, au sein d'une culture particulière, n'est en rien un gage de véracité.

La bêtise et l'inculture étant l'apanage de la plupart des humains, il n'est pas étonnant que des âneries puissent y avoir force de vérité et de loi.

 

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Les anthropologues culturalistes cultivent un relativisme "absolu" : rien n'est vrai absolument, mais ce que l'on croit majoritairement "vrai", fait "vérité".

On peut admettre la position à une seule condition : dès qu'une "vérité" culturelle admise contredit l'expérience avérée et vécue du Réel, elle doit être éliminée.

Ainsi, par exemple, le marxisme, le communisme, le nazisme, le maoïsme, bref : le totalitarisme ont été désastreux, abjects et outrageusement meurtriers partout où ces idéologies ont été imposées ; il faut donc les interdire, les combattre et les éradiquer partout, en Chine comme en Russie ou au Vénézuela !

 

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Un "relativisme absolu" est une contradiction dans les termes, un oxymore.

Rien n'est absolument relatif.

Rien n'est relativement absolu.

Le même problème sémantique se glisse régulièrement entre universalisme et particularisme.

Pour s'en sortir, une seule issue : tout ce qui existe est unique, donc absolu et universel pour soi (qui a raison pour soi), relatif et particulier pour les autres (qui ont raison pour eux).

 

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La terrible maladie de notre époque est l'essentialisation et l'essentialisme : tu appartiens à telle catégorie, telle classe, tel groupe, tel réseau, donc tu es comme ceci et comme cela, et ton appartenance prime sur ta personne !

Négation péremptoire et criminelle de cette noble évidence libérale : tout ce qui existe, est unique !

 

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Chaque personne est elle-même, fruit de son propre vécu, au-delà de tous ses héritages naturels ou culturels, seule responsable de ces actes et de ses paroles.

La société n'est responsable de rien : elle n'est que le véhicule d'héritages.

La personne seule, est responsable de tout ce qu'elle est et de tout ce qu'elle fait ou dit.

Il ne s'agit évidemment pas de nier les forces de conditionnement, mais il ne s'agit pas plus de nier la nécessité d'investir beaucoup de courage et d'efforts pour y résister et pour les corriger.

 

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Le 31/07/2022

 

La psychosociologie causaliste affirme que tous les comportements individuels sont déterminés par le milieu social ou sociétal.

Cette idéologie est évidemment fausse quoique largement répandue tant dans les milieux académiques (côté "sciences" humaines) que de côté de la magistrature (très gauchisante, comme l'on sait) !

Mais elle est dramatique puisqu'elle nie la personne au profit d'une abstraction artificielle : la "société", où la personne n'intervient plus que comme un rouage mécanique interchangeable (égalitarisme oblige).

Elle fonde une idéologie de l'irresponsabilité et de la déresponsabilisation, une idéologie de la victimisation généralisée (tout individu est victime de la société), une idéologie qui débouche sur cette idée nauséabonde que tout crime est un geste héroïque de révolte.

 

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Il est rassurant de constater, en ces temps de Modernité finissante, que la plupart des idéologies issues des 19ème et 20ème siècles, sont aujourd'hui moribondes : anarchisme, marxisme, positivisme, scientisme, communisme, socialisme, psychosociologisme, psychanalycisme, structuralisme, bourgeoisisme, conservatisme, nationalisme, etc …

Il n'existe plus, aujourd'hui, que deux doctrines : le libéralisme (la primauté de l'autonomie personnelle et collective, responsable et interdépendante) et le populisme (un étatisme fort pour combattre les "ennemis" du "peuple").

 

Il faut remarquer que cette notion désignant les "ennemis du peuple" est bien commode pour asseoir l'autoritarisme, voire le totalitarisme, étatisé … et ce, pour deux raisons majeures :

 

  • la notion de "peuple", comme celle de "nation", est totalement artificielle, notion bricolée au 19ème siècle pour attribuer la "souveraineté" à quelqu'un, faute de rois ou d'empereurs pour l'incarner ;
  • la désignation des "ennemis du peuple" est un formidable tremplin pour toutes les démagogies, comme l'ont très bien compris les dictateurs (Poutine, Orban, Xi Jinping, Chavez, Bolsonaro, Erdogan, etc …) ou les aspirants-dictateurs comme Mélenchon ("les ennemis du peuple, ce sont les riches") ou Le Pen ("les ennemis du peuple, ce sont les immigrants").

 

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Selon Carl Schmitt, chantre de l'illibéralisme, le plus grave péché du libéralisme serait de réduire le politique à de la gestion.

Ce n'est pas un péché : c'est une gloire !

La politique, c'est de l'intendance, de la logistique, de l'aménagement des territoires, de la police et des lois qui garantissent la paix et l'autonomie de tous et de chacun.

Et surtout rien d'autre !

La politique doit devenir l'outil de la gestion optimale des moyens collectifs, sans idéaux, sans idéalismes, sans idéologies : chacun construit sa vie comme il l'entend et en est responsable. La solidarité est une bonne chose, mais elle doit être un libre choix de chacun envers ceux que chacun considère comme concrètement "proches".

 

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Le libéralisme ne fait en rien la gloire d'un individualisme égocentré. Le libéralisme se construit sur la notion d'autonomie, tant personnelle (le droit, pour chacun, de vivre sa vie intérieure comme on l'entend, sans nuire aux autres personnes) que collective (le droit, pour chacun, de vivre sa vie extérieure en association avec qui l'on veut et comme on l'entend, sans nuire aux autres collectivités).

Le libéralisme n'est ni anachorétique, ni cénobitique, mais il intègre volontiers ces deux modalités pour autant qu'elles ne deviennent jamais ni des prisons qui enferment, ni des chars d'assaut qui attaquent.

 

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Trop souvent, la notion de "communauté" est réduite à celle de "communauté normative ou coercitive" (comme le veut le communautarisme islamiste) et met de côté celle de "communauté fraternelle" (comme l'est une Loge maçonnique).

C'est en ce sens que des penseurs comme Simmel, Weber ou Durkheim ont considéré que le passage de la "communauté" à la "société" est libératoire.

Je crains que ces penseurs n'ait été abusé par la courte vue de la réduction de toute communauté à ses modalités coercitives et normatives.

Aujourd'hui, il devient clair que la notion de "communauté normative et coercitive" est simplement haïssable et condamnable, et que la notion de "société étatisée" implique nécessairement un fonctionnement bureaucratique et fonctionnaire incapable de relever les défi d'un monde humain en plein "saut de complexité".

Aussi, un conséquence s'en impose : celle de la fin conjointe des communautés normatives et coercitives, et des sociétés étatiques, ainsi que leur remplacement par des réseaux de communautés fraternelles, transnationales, respectueuses de l'autonomie de chacun et de tous, pratiquant la multiappartenance joyeuse et pacifique.

 

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Il existe un profonde dialectique immémoriale entre la personnalité et la collectivité. Le libéralisme enjoint de préserver cette dynamique dialectique en combattant toute mainmise d'un des deux pôles sur l'autre.

Les humains ont appris à constituer des collectivités, depuis toujours, tout simplement parce que "l'union fait la force" et que l'individu seul est peu et mal armé pour survivre dans un monde sauvage.

Les humains ont aussi appris à affirmer leur personnalité, depuis toujours, tout simplement parce que chacun sent qu'il est unique et que la complémentarité des différences permet de développer une authentique joie de vivre.

 

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Le rejet de toute "société idéale" et donc de tout idéalisme et de tout idéologisme, a désigné le libéralisme comme agent du "désenchantement du monde".

Rien n'est plus faux. Mais pour le comprendre, il faut impérativement faire la distinction nette et franche entre "idéalisation" du monde et "spiritualisation" du monde.

Le monde n'a pas à être idéalisé, mais le monde a impérieusement besoin d'être spiritualisé.

Il n'existe pas de monde idéal (idéal pour qui ? selon quel(s) critère(s) ? avec ou sans discipline de fer ? avec ou sans évolution forcée ?) ; mais le monde humain doit monter à la rencontre de l'Esprit cosmique pour prendre, à la fois, sens et valeur.

 

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L'idéologie opère par magie et, par ses simplismes, intoxique facilement les esprits faibles, enclins au ressentiment et la recherche de boucs émissaires.

Les idéologues et les démagogues, presque par définition, conquièrent facilement la masse des crétins.

 

Ce qui est plus surprenant, à première vue, c'est que cet idéologisme simpliste puisse aussi conquérir des îlots, loin de la vie pratique et réelle, du monde intellectuel et académique. Pourquoi ? Par fascination magique du rêve éveillé.

Un intellectuel, surtout s'il penche du côté littéraire, n'est pas un scientifique qui s'échine à faire converger la théorie des idées et l'expérience des faits. Au fond, il se fiche, le littéraire, de la véridicité de ses discours ; la seule chose qui l'importe, c'est leur utilité au service de sa notoriété ou de sa gloriole.

 

Quand on se souvient, dans les années 1960 et 1970, de la verve que les Sartre, Beauvoir, Althusser, Derrida, Foucault et autres mettaient au service de la "glorieuse révolution" en cachant les atrocités communistes en URSS ou en Chine, au Vietnam ou au Cambodge, on en devient écœuré, nauséeux, haineux.

 

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L'ordre libéral est-il parfait ? Non !

Peut-il engendrer des effets pervers ? Oui !

Mais soyons lucides et réalistes : aucun ordre n'est parfait, mais il faut préférer un ordre imparfait qui évolue et s'adapte aux réalités, qu'un ordre réputé "idéal" et qui, face aux résistances croissantes de la réalité, doit devenir, pour se maintenir, de plus en plus sectaire, doctrinaire, autoritaire, voire totalitaire et sanguinaire.

 

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Jusque dans les années 1950 et 1960, les "sciences" humaines tendaient vraiment à se rapprocher, pas à pas, peu à peu, des sciences authentiques en tentant de s'appliquer, à elles-mêmes, la méthodologie d'une permanente dialectique rigoureuse et exigeante entre théorie et empirie.

Mais le nihilisme sceptique des années 1960 et suivantes, a rejeté ces méthodologies de convergence vers la véridicité, au profit d'un simplisme : toute connaissance n'est que croyance, toute étude n'est qu'interprétation, tout savoir n'est qu'opinion. Dès lors, toutes les dérives devinrent possibles (surtout sur la campus américains, terreau de l'actuel wokisme).

La porte fut grande ouverte à la confusion coupable entre connaissance évérée et idéologie fantasmée.

Il ne fallait plus que les connaissances humaines fussent véridiques ; il fallait qu'elles fussent utilisables aux fins de quelque manipulation, large ou ciblée, élitaire ou populaire, sordide ou spectaculaire.

 

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L'égalitarisme est une maladie grave conduisant à ce que Tocqueville appela "la tyrannie de l'opinion" et que l'on appelle aujourd'hui "le politiquement correct" ou "la bienpensance".

 

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Partout, dans le monde humain, depuis les années 1980, à tous les niveaux, montent l'ignorance, l'inculture, l'innumérisme, l'illettrisme, l'illogicité, …

Cette "marée de la bêtise" implique l'inondation mortifère de champs entiers de connaissances (surtout scientifiques et mathématiques : les disciplines "ascétiques"), mais surtout un retour angoissant à une "pensée" magique faite de croyances et d'opinions infondées, contraires à la réalité observable et avérée.

 

La cause principale de cette bérézina de l'esprit est l'effondrement du niveau d'exigence des systèmes scolaires et universitaires qui, d'élitaires qu'ils étaient, durent, égalitarisme oblige, devenir égalitaires : tous ignares, mais tous diplômés.

 

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Au contraire de toutes les idéologies qui ne recherchent que les données et informations qui les confortent, les approches anidéologiques (comme les sciences "dures" dans le champ naturel ou le libéralisme dans le champ sociétal) cherchent à construire non pas la "Vérité" mais une véridicité par convergence progressive, mais opiniâtre, entre théorie et empirie, par un processus dialectique entre l'univers-image (les faits observés, contrôlés et répétés) et l'univers-modèle (les théories et modèles visant à intégrer, en toute cohérence, les faits avérés) : les faits nourrissent des idées et les idées recherchent des faits.

 

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Il ne s'agit pas de "juger" la réalité, mais de la "comprendre".

La moraline est devenue le poison académique que Nietzsche suspectait : il y a eu colonisations et esclavagisations à toutes les époques et dans toutes les contrées (et entre tribus noires, spécialement, et grâce aux Arabes, principalement).

On peut avoir un avis moral sur la colonisation et l'esclavagisation (et le mien est horriblement négatif), mais ce n'est pas une raison pour déguiser, détourner, dévoyer ou juger la réalité historique : l'univers est d'abord mémoire et cette mémoire est ineffaçable, que cela plaise ou non.

Si ce qui a été fait ne devrait plus être refait, l'humanité est telle que les leçons de l'histoire glissent sur ses plumes comme l'eau sur celles d'un canard.

 

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Lorsque la "morale" est opposée à la "connaissance", il faut s'attendre à bien des déboires … dont l'actuelle montée insupportable de la censure par le "politiquement correct" contre toute idée ou hypothèse contraires à ses convictions.

 

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Le libéralisme est bien plus qu'une doctrine économique ; elle est une vision de l'humain basée sur l'autonomie personnelle et collective, dans le respect des autres autonomies, y compris celle de la Nature (libéralisme écologique, donc).

Ce libéralisme philosophique a été soigneusement détourné, conspué et dévoyé, à gauche comme à droite, au prétexte que le capitalisme industriel anglais (dès 1850) et le financiarisme spéculatif américain (dès l'entre deux guerres) s'en réclamaient.

Il faut rappeler que la capitalisme a toujours et surtout été un capitalisme étatique et que le financiarisme est un illibéralisme patenté puisqu'il entrave les autonomie entrepreneuriale dans les filets du court-termisme de la rentabilité rentière.

Mais tout cela ne signifie nullement que le libéralisme ne contienne pas, aussi, une vision économique basée sur l'entrepreneuriat privé et la libération des marchés.

 

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Dans un monde de plus en plus complexe, la compréhension des réalités devient de plus en plus difficile et requiert une formation de niveau de plus en plus élevé. Voilà une des causes du succès des idéologies et des démagogies de "prisunic" qui fleurissent partout et façonnent tous les populismes.

Fasse à la complexité du Réel, les esprits faibles (donc la grande majorité) réclament des convictions faciles et primaires, simplistes et vulgaires, même si elles sont fausses et fallacieuses.

C'est ainsi que triomphent les désignations des boucs émissaires (les "ennemis du peuple") et les théories du complot qui en découlent.

 

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La pauvreté, le plus souvent, n'est pas un indice de fatalité, mais un indice de paresse. Cela est vrai pour les personnes, comme cela est vrai pour les populations.

 

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Pareto répartissait les idées, les modèles et les théories dans les quatre cases d'une matrice simple faite, d'un côté, de ce qui est vrai et de ce qui est faux, et de l'autre, de ce qui est utile et de ce qui est inutile.

Ce qui est vrai et utile est accepté sans trop de difficulté. Ce qui est vrai mais inutile remporte bien moins de succès. Ce qui est faux et inutile est éjecté. En revanche, ce qui est faux et utile (comme le marxisme ou le tiers-mondisme, par exemple) pose de graves problèmes, surtout lorsque la compréhension de cette fausseté demande un niveau de connaissance un peu élevé.

Pour les esprits faibles (la grande majorité des humains, répétons-le), le critère d'utilité passe donc toujours avant le critère de vérité qui, lui, demande une meilleure formation intellectuelle, surtout si les idéologues et les démagogues surenchérissent.

 

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C'est une profonde erreur de confondre "libéralisme" et "démocratisme". Non que ces deux notions ne puissent se rencontrer voire converger, mais surtout du fait qu'elles ne parlent pas du tout de la même chose.

Le libéralisme enjoint aux institutions de pouvoir, quelles qu'elles soient, de préserver et de garantir les autonomies tant personnelles que collectives, à la condition du respect des autres autonomies.

Le démocratisme, lui, prône le suffrage universel comme la meilleure méthode pour assigner lesdites institutions de pouvoir.

Le libéralisme est philosophique alors que le démocratisme est méthodologique.

 

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Il faut d'urgence faire une distinction cruciale et nette entre culture et divertissement.

La culture appelle le génie et la virtuosité. Le divertissement amuse ou étonne.

Les masses sont hermétiques à la culture.

Les élites répugnent au divertissement.

Mais l'amalgame est quotidien puisque, dans n'importe quel magazine ou journal de masse, la rubrique "culture" parle de télévision, de hit-parades, de bandes dessinées, de spectacles, de cirques, de parcs d'attraction et autres kermesses.

 

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Pardon d'être vulgaire, mais ça soulage …

Les subventions publiques, par essence, favorisent les production de "merdes". Et cela est vrai dans toutes les dimensions : entreprises, arts, divertissements, recherches, produits, études, universités, écoles, etc …

L'explication en est simple : celui qui a un vrai talent d'excellence et de virtuosité , n'a nul besoin de "lécher le cul" à quelque bureaucratie que ce soit.

Les contribuables ne sont pas là pour financer la médiocrité des parasites.

Les institutions étatiques ne sont pas là pour se déguiser ni en "mécènes", ni en "entrepreneurs", pour satisfaire des effets de lobbying ou de mode, mondains ou métropolitains.

Toute activité, quelle qu'elle soit, doit être autoportante, sinon elle est inutile et dispendieuse, et ne finance que des parasites.

 

Il faut virer tous les intermittents du spectacle, par exemple. Il faut fermer toutes les radios et télévisions publiques. Il faut cesser de financer tous ces musées que personne ne visite. Il faut arrêter de subventionner tous ces "artistes" ou tous ces "auteurs" ou tous ces "chercheurs en sciences humaines" parasites qui ne produisent que du vent. Etc …

 

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Le libéralisme se fonde sur l'unicité de la personne, sur l'autonomie responsable et sur la complémentarité des différences contre l'uniformité égalitaire.

 

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Ceux qui, au nom de l'égalitarisme, disent combattre les inégalités, ne font que les amplifier.

Un exemple : les systèmes éducatifs, obsédés d'égalitarisme, de pédagogisme et social-gauchisme, ont vu leur niveau global s'effondrer (cfr. PISA) et leur taux d'illettrisme, d'innumérisme et de d'illogicité croître démesurément ; la conséquence en est que les milieux pour qui l'éducation, la culture et l'intelligence sont une priorité absolue, ont trouvé les moyens financiers pour développer des réseaux éducatifs privés particulièrement élitaires, exigeants et performants.

Autre exemple : le tiers-mondisme a voulu remédier aux inégalités économiques et sociales entre "pays du Nord" et "pays du Sud" et, pour se faire, ont distribué, à qui mieux-mieux, des subventions, aides, mannes diverses qui, pour leur immense majorité, se sont retrouvées sur les comptes en Suisse appartenant aux tyranneaux locaux, au détriment notoire de la population qui se retrouve encore plus appauvrie.

 

Les aides ne profitent qu'à ceux qui les distribuent, et non à ceux qui en ont besoin.

Les assistanats ne profitent qu'aux fonctionnaires et aux parasites, pas aux miséreux.

 

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Face à l'effondrement en cours de toutes les idéologies (ressuscitées à partir de 1975, à la fin des "trente glorieuses") et en attendant la victoire par knock-out du libéralisme (après les "trente piteuses" de 1975 à 2005, et les "trente désastreuses" de 2005 à 2035), s'installe une résurgence du nihilisme sous ses deux modalités : l'indifférencialisme ("tout se vaut") et l'indifférentisme ("rien ne vaut") qui se trouvent être l'apanage de l'actuelle génération "piteuse/désastreuse" qui a entre 20 et 35 ans.

 

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Le plus grand foyer d'illibéralisme est la presse de masse qui, par souci d'audience, balance à tour de bras les contre-vérités qui font plaisir aux parasites (pardon : aux "victimes") de tous poils.

 

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L'égalitarisme est, dans les faits, ennemi de l'équité : l'égalité n'est jamais équitable puisqu'elle élimine les différences qui font les richesse de la personnalité.

 

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D'après Adam Smith, les trois pouvoirs régaliens de l'Etat sont :

 

  1. s'opposer aux invasions des autres Etats (la paix extérieure),
  2. imposer la justice pour le respect de chacun (la paix intérieure),
  3. maintenir les infrastructures utiles à tous (l'intendance logistique).

 

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[1] Chaque fois que j'utilise le mot Dieu, que mon lecteur se souvienne qu'il s'agit du Grand Architecte de l'Univers, très proche du Dieu de Spinoza dans son "Deus sive Nature" ("Dieu, autrement dit ce qui fait naître"), de Maître Eckart, du Vedanta ou de la Kabbale, et non du Dieu personnel et créateur, étranger au monde, qui est le Dieu des monothéismes dualistes.

 

[2] Rappel : en physique, travail et énergie sont synonymes.

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Nouveau : depuis ce 1/04/2022 : Le Tome 28 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).